Déclaration de Mme Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, sur la nécessité d'un véritable plan de relance dans le cadre de la loi de finances pour 2010, à Paris le 12 novembre 2009. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, sur la nécessité d'un véritable plan de relance dans le cadre de la loi de finances pour 2010, à Paris le 12 novembre 2009.

Personnalité, fonction : BUFFET Marie-George.

FRANCE. PCF, secrétaire nationale

Circonstances : Discussion générale à l'Assemblée nationale de la loi de finances pour 2010 (2ème partie, Mission Economie, plan de relance de l'économie), à Paris le 12 novembre 2009

ti : Madame la présidente, monsieur le ministre, mes chers collègues, « l'industrie n'en finit

pas de souffrir : elle a reculé de 1,5 % en septembre ». Voilà ce que titrait hier non

pas le journal L'Humanité, mais Le Figaro dans ses pages économiques.

L'optimisme des ministres, est-il écrit dans l'article, « doit être relativisé. La

production industrielle accuse une chute de 11 % au troisième trimestre par rapport à la

même période en 2008. Quant aux prévisions de croissance de l'investissement dans

l'industrie, elles sont en retrait de 22 % ». L'inefficacité de votre plan de relance

semble être reconnues bien au-delà de nos rangs !

Les banques ont reçu des aides publiques sans que l'État leur ait demandé des comptes.

Aussitôt reçues, les aides ont été utilisées sans aucune transparence, et les banques se

vantent aujourd'hui de leur possibilité de boursicoter à nouveau. Au lieu d'un grand

emprunt, n'est-ce pas là qu'il fallait chercher les moyens de la relance, ainsi que dans

la suppression du bouclier fiscal ? La commission chargée du grand emprunt parle de 32

milliards... je rappelle que le bouclier fiscal, c'est 15 milliards !

L'État a accordé 65 milliards d'aides aux entreprises sans que, là non plus, il leur soit

demandé des garanties sur l'utilisation de cet argent pour l'emploi ou l'amélioration des

productions. Bien au contraire, l'État a même conditionné son aide au groupe Trève à la

fermeture de deux usines !

Comment pouvez-vous encore parler d'un plan de relance pour relancer croissance et emploi

? Le chômage ne cesse d'augmenter et les entreprises peinent toujours à accéder au

crédit. Signe révélateur de la crise qui se poursuit, les impayés de cotisations des

entreprises bondissent ; et malgré l'action tant vantée d'OSÉO, 46 000 salaries de PME

ont subi la fermeture de leur entreprise dans les trois derniers mois ; depuis janvier

2009, 100 000 emplois industriels ont été supprimés. Si les banques ont renoué avec le

profit, pour les femmes et les hommes de ce pays, le plus dur est à venir. Le Président

veut moraliser le capitalisme pour que tout continue comme avant, mais la crise est celle

d'un système : le capitalisme. En allongeant toujours plus d'argent sur la table pour les

actionnaires et pour les plus fortunés, en poursuivant dans la logique du tout marchand

et de la libre concurrence au détriment de l'intérêt général, c'est à de nouvelles crises

que l'on nous conduit.

Il faut un véritable plan de relance, qui rompt avec les logiques en place responsables

de la crise. C'est de cela dont notre pays a besoin. Il faut construire une économie

moderne, une politique industrielle conforme aux défis du développement durable. Les axes

que nous proposons pour la relance sont donc très différents, vous l'aurez compris, de

ceux que vous portez, monsieur le ministre.

Ils consistent d'abord à soutenir ceux et celles qui créent les richesses dans ce pays en

améliorant les conditions de travail, en valorisant les missions et métiers, en assurant

une véritable sécurité d'emploi et de formation, et, surtout, en incitant à utiliser les

richesses créées par le travail pour les salaires, pour la recherche, pour une nouvelle

façon de produire.

Les axes que nous proposons d'emprunter visent à conquérir un vaste champ pour les

services publics. Assurer à nos concitoyens le droit à la santé, à l'éducation, aux

transports, à l'énergie ou au logement appelle une mobilisation des financements publics

vers des investissements humainement rentables. Pour appuyer une croissance durable, il

faut orienter l'argent vers des projets utiles, agir à la racine et construire et

construire une maîtrise publique du crédit. C'est le sens de notre proposition d'un pôle

financier public, apte à donner les moyens d'une nouvelle politique industrielle.

Il faut également mettre en oeuvre des fonds publics régionaux afin de bonifier les

crédits des entreprises qui ont des projets créateurs d'emplois et respectueux de

l'environnement.

Il faut enfin faire en sorte que ce plan de relance soit maîtrisé par les salariés

eux-mêmes. Nous devons mettre en valeur notre plus belle richesse : l'intelligence de ces

hommes et de ces femmes qui, par leur travail, assurent notre développement.

C'est pourquoi nous proposons de donner un vrai pouvoir de décision dans la gestion des

entreprises aux salariés et aux organisations syndicales des entreprises publiques ou

privées. Les choix de gestion doivent permettre à nos entreprises de répondre aux

besoins.

Vous le voyez, il s'agit de donner les véritables outils d'une relance porteuse de

progrès sociaux et de développement durable. Vous comprendrez donc que le groupe GDR se

prononcera contre votre plan.


Source http://www.groupe-communiste.assemblee-nationale.fr, le 26 novembre 2009

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