Déclaration de M. François Fillon, Premier ministre, sur la coopération nucléaire entre la France et la Chine, à Pékin le 21 décembre 2009. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. François Fillon, Premier ministre, sur la coopération nucléaire entre la France et la Chine, à Pékin le 21 décembre 2009.

Personnalité, fonction : FILLON François.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Signature de contrats de joint venture entre EDF, Areva et la société cantonaise CGNPC (China Guangdong nuclear power group), au palais du Peuple, à Pékin le 21 décembre 2009

ti : Monsieur le vice-Premier ministre,
Madame la Ministre, Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs,


Il était très important pour moi d'être ici aujourd'hui pour évoquer la coopération nucléaire parce que c'est l'une des pièces maîtresse du dialogue entre la France et la Chine. En partageant notre excellence dans ce secteur fondamental, nous marquons et nous renforçons la confiance qui doit caractériser l'ensemble des relations entre nos deux pays.

La France est le pays où le nucléaire a la place la plus importante au monde. La Chine est le pays qui construit le plus grand nombre de réacteurs nucléaires. Ces choix nous assurent une position stratégique, au moment où le nucléaire civil est en plein renouveau. Une position stratégique en matière de responsabilité environnementale. Le nucléaire est une source d'énergie puissante qui ne produit pas de gaz à effet de serre. C'est aujourd'hui le meilleur moyen de concilier la croissance économique à laquelle la Chine comme la France sont tellement attachées, et en même temps et la lutte contre le changement climatique. Une position stratégique ensuite, en matière de savoir-faire. La technologie nucléaire exige impérativement l'excellence. L'excellence à tous les niveaux : dans la conception, dans la construction, dans l'exploitation, et jusque dans le démantèlement des installations. Cette excellence elle ne peut pas s'acquérir en un jour : elle résulte pour nous-mêmes d'une expérience qui nous garantit l'ancienneté de notre engagement dans la filière.

Pour la France, c'est un honneur et c'est une fierté d'avoir pu contribuer à la maîtrise de la technologie nucléaire par la Chine, au cours d'un partenariat qui a été initié il y a presque trente ans. C'est en effet en 1982 que nos deux pays signaient leur premier accord de coopération dans le domaine des applications pacifiques de l'énergie nucléaire. Nous avons parcouru depuis lors beaucoup de chemin. 500 ingénieurs et chercheurs chinois ont été formés en France. 4 réacteurs parmi les meilleurs de leur catégorie, ont été réalisés avec EDF et AREVA sur les sites de DAYA BAY et de LING'AO.

A la suite de ces coopérations, un modèle de réacteur a été développé par la Chine : le CPR-1000, dont une vingtaine d'exemplaires sont en cours de construction. C'est aujourd'hui le standard du développement nucléaire chinois. Et comme les Petites et Moyennes Entreprises françaises du secteur sont familières de cette technologie, elles peuvent lui apporter la contribution de leur savoir-faire.

Ma visite est aujourd'hui l'occasion de marquer le prolongement de notre partenariat dans de nouvelles directions. Je pense d'abord au grand projet en cours de réalisation à Taishan, avec EDF et AREVA. Ce sera le premier EPR construit en Chine. L'EPR c'est le réacteur de troisième génération le plus sûr au monde. C'est aussi celui dont la maturité technologique est la plus grande et c'est enfin le plus puissant. L'organisation de ce chantier, nous allons la renforcer aujourd'hui par la création de deux sociétés communes : l'une où CGNPC va s'associer à EDF pour la maîtrise d'ouvrage et l'exploitation des EPR construits sur le site de Taishan. L'autre où CGNPC s'associera à AREVA, société d'ingénierie qui maîtrise la technologie de ce type de réacteur.

Je pense aussi à la formation de nos ingénieurs. Un accord sera signé aujourd'hui même entre l'université Sun Yat-Sen de Canton et un consortium des grandes écoles françaises, conduit par l'institut polytechnique de Grenoble. Cet accord va lancer l'ouverture d'une grande école franco-chinoise d'ingénieurs nucléaires, dès l'année prochaine avec le soutien financier des grands opérateurs nucléaires de nos deux pays. Je pense enfin à l'exigence de responsabilité que nous partageons. La France et la Chine réfléchissent toutes deux au nucléaire durable et en particulier au retraitement des combustibles usés. C'est avec le retraitement que l'on pourra tirer tout le parti de l'uranium existant dans le monde. C'est en explorant cette voie que l'on pourra faire du nucléaire une véritable énergie d'avenir.

La France et la Chine ont dès à présent choisi de recycler les matières nucléaires dans des combustibles pour lesquels le réacteur EPR a été spécifiquement conçu. Elles unissent leurs forces pour permettre à la Chine de mettre en service une usine de retraitement et de recyclage des combustibles usés, qui s'appuie sur une technologie française qui a fait ses preuves depuis plus de 25 ans et que nous n'avons cessé de perfectionner. C'est ainsi que nous voulons être en pointe dans la recherche sur les réacteurs de quatrième génération, avec lesquels la gestion du cycle du combustible sera encore plus efficace. Parmi les dépenses d'avenir que nous avons annoncées, un milliard d'euros vont être consacrés à la recherche sur le réacteur de quatrième génération. Nous savons que, là encore, la Chine partage nos analyses et s'oriente dans la même direction. Le développement d'un secteur nucléaire durable et responsable c'est pour notre coopération nucléaire, un nouvel axe essentiel.

La déclaration que nous allons adopter aujourd'hui en ce sens, Monsieur le Vice-Premier Ministre, me paraît extrêmement importante. Et dans les minutes qui viennent, le Commissariat à l'Energie Atomique qui est le pionnier de notre coopération nucléaire, va compléter les accords déjà passés avec ses homologues en développant les liens en matière de recherche et développement dans ces secteurs essentiels pour l'avenir.

J'ai souhaité marquer l'importance de ces nouveaux accords parce que je crois que notre coopération nucléaire s'enracine dans l'histoire commune de nos Républiques, qui ont valorisé l'innovation technologique, qui ont valorisé l'indépendance énergétique. Mais aussi parce qu'elle témoigne de la confiance qui entoure aujourd'hui les relations franco-chinoises et parce que je suis convaincu qu'elle nous permettra d'être demain au premier rang de la responsabilité écologique mondiale.


Source http://www.gouvernement.fr, le 23 décembre 2009

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