Déclaration de M. Alain Joyandet, secrétaire d'Etat à la coopération et à la francophonie, sur la grâce accordée à deux Françaises détenues en République dominicaine, à Paris le 24 décembre 2009. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Alain Joyandet, secrétaire d'Etat à la coopération et à la francophonie, sur la grâce accordée à deux Françaises détenues en République dominicaine, à Paris le 24 décembre 2009.

Personnalité, fonction : JOYANDET Alain.

FRANCE. Secrétaire d'Etat à la coopération et à la francophonie

ti : Je me réjouis que, par décret présidentiel cette nuit, le président Léonel Fernandez ait accédé à notre demande de grâce pour Céline Faye et Sarah Zaknoun.

C'est une très bonne nouvelle. Une décision qu'on n'osait pas espérer.

Je suis profondément heureux pour elles et pour leur famille.

Je leur ai annoncé leur grâce dans la nuit. Je les ai appelées dans la prison, j'ai attendu qu'elles soient toutes les deux proches du combiné de téléphone pour leur dire qu'elles étaient graciées. Il y a eu un grand silence et puis des cris de joie et des larmes... beaucoup d'émotion.

J'ai confirmé la nouvelle aussi cette nuit à leurs familles que j'avais mises dans la confidence hier après-midi.

Cette annonce n'est pas seulement le fait d'une décision rarissime, c'est aussi le résultat d'une mobilisation décisive de la part, d'abord, de Carla et de Nicolas Sarkozy ainsi que de toute notre équipe diplomatique.

Le 13 novembre dernier, à St Domingue, je signais une convention de transfèrement permettant à tous les détenus français et dominicains de purger leur peine dans leur pays respectif.

Jusqu'à la semaine dernière, nous étions dans une perspective de transfèrement pour Céline et Sarah vers une prison française.

Ce n'est que ces derniers jours, le 17 décembre, au cours d'une longue discussion avec le président dominicain, Léonel Fernandez, que le mot "grâce" a été lâché.

Cette grâce qui vient d'être accordée est le signe de la bonne entente entre nos deux pays.

Ce geste prouve la motivation des Dominicains à mettre en place rapidement la convention de transfèrement pour les dix-sept autres Français actuellement détenus en République dominicaine.

Je dois dire que la grâce accordée par le président dominicain donne à ces deux jeunes filles une deuxième chance pour leur vie.

La justice dominicaine avait mené son enquête et rendu ses conclusions. Cette grâce ne les efface pas. Je crois qu'il faut comprendre cette décision comme un cadeau fait à Sarah et Céline pour repartir dans la vie.

Au lieu de purger leur peine pendant encore 6 ans, jusqu'à l'âge de 27 ou 28 ans, elles vont pouvoir être libres dans quelques jours, et retrouver leurs proches... tourner, d'une certaine façon, cette sombre page de leur existence.

Il faudra les entourer dans les prochaines semaines car je crois, et j'ai senti, qu'elles avaient subi une lourde épreuve psychologique, quand je suis allé les voir dans leur cellule.

Je dois avouer que j'ai plaidé leur cause, quel que soit le fond du dossier, car elles ont déjà vécu, à un très jeune age, 18 mois de prison à 9 000 km de leur famille.

Elles venaient de ma région, la Franche-Comté, je connaissais leur famille. Au président Fernandez, j'ai expliqué le cataclysme que leur incarcération avait provoqué dans la vie de leurs proches.

Ces personnes, de milieux modestes, ont dépensé toutes leurs économies - l'épargne d'une vie- en billets d'avion et en frais de justice pour leur enfant. Dans leur existence, il y aura un avant et un après.

Ce que je voudrais ajouter, avant de répondre à quelques-unes unes de vos questions, c'est que le président Sarkozy nous a donné, à Bernard Kouchner et moi-même, une feuille de route claire : mettre tout en oeuvre pour rapatrier les citoyens français détenus à l'étranger. Nous travaillons d'arrache-pied pour Florence Cassez au Mexique, pour Clotilde Reiss en Iran et pour chacun des 2.230 Français détenus à l'étranger. Je pense particulièrement à Michaël Blanc, détenu depuis 10 ans en Indonésie, et soutenu de façon exemplaire par sa mère.

Vous devez savoir que la France a signé, en son nom propre ou dans le cadre de l'Union européenne, des conventions de transfèrement avec près de 80 pays étrangers.

En aucun cas - certains le ressentent comme une frustration- nous ne pouvons exercer notre justice à l'étranger. Nous ne pouvons passer que par le canal diplomatique. Et nous avons la chance d'avoir un très beau réseau diplomatique, capable de se mobiliser totalement pour une personne, incarcérée au bout du monde.

Au-delà des cas de Sarah et de Céline, qui étaient les deux plus jeunes détenues dans le pays, les 17 autres Français incarcérés là-bas vont bénéficier d'une procédure de transfèrement accélérée comme jamais : ils pourront, dans l'année qui vient, rentrer en France, se rapprocher de leur famille et bénéficier du système de remises de peines français.

Chaque cas est singulier. Et nous nous en occupons, à chaque fois, avec une détermination sans faille.

Réjouissons-nous de cette bonne nouvelle de ce matin !

Joyeux Noël ! Merci.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 28 décembre 2009

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