Interview de Mme Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat à la prospective et au développement de l'économie numérique, à Canal Plus le 29 janvier 2010, sur la relaxe de D. de Villepin dans l'affaire Clearstream et sur les élections régionales. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat à la prospective et au développement de l'économie numérique, à Canal Plus le 29 janvier 2010, sur la relaxe de D. de Villepin dans l'affaire Clearstream et sur les élections régionales.

Personnalité, fonction : KOSCIUSKO-MORIZET Nathalie.

FRANCE. Secrétaire d'Etat à la prospective et au développement de l'économie numérique

ti :
M. Biraben et C. Roux .- M. Biraben : N. Kosciusko-Morizet est arrivée. Bonjour, soyez la bienvenue ! Je rappelle que vous êtes le secrétaire d'Etat chargée de la Perspective et du Développement, de l'Economie numérique. Vous allez répondre aux questions de Caroline dans un instant. Mais d'abord, évidemment, après l'annonce de la relaxe de D. de Villepin, Cyrille s'est précipité au Sénat. [Chronique « L'infoman »]... Voilà que la « Villepin Pride » est donc lancée, le 28 janvier de chaque année. Merci, beaucoup Cyrille, quelle bonne idée ! N. Kosciusko-Morizet, la secrétaire d'Etat, chargée de la Prospective et du Développement de l'Economique numérique est avec nous. L'UMP réduit sérieusement la voilure pour le lancement de sa campagne ce week-end, avec un meeting en catimini. Il faut dire que les sondages sont très mauvais et une mauvaise nouvelle chassant l'autre, voilà, maintenant que D. de Villepin est relaxé et que revient le spectre de la division à droite. N. Kosciusko-Morizet, bonjour.
 
Bonjour.
 
C. Roux : Bonjour. M. Biraben : Soyez la bienvenue !
 
Merci.
 
C. Roux : Alors D. de Villepin, relaxé, est-ce que c'est une bonne nouvelle pour la droite, pour la majorité ?
 
C'est une nouvelle, le procès est fini. Je ne crois pas qu'il faille interpréter cette nouvelle en termes aussi politiques que tout ce qu'on voit passer sur les écrans de télévision ici ou là. Le président de la République, quand il n'était pas président de la République, avait porté plainte contre une machination. La machination a été démontrée, puisqu'il y a des condamnations assez lourdes, au moins à l'égard de deux des prévenus. Voilà ! C'est la fin du procès, et comme partie civile, N. Sarkozy a eu la réponse à la question qu'il avait posée. Il y a bien eu une machination, et il y a des personnes qui ont été condamnées, pour ça.
 
C. Roux : C'est un non évènement politique, un ancien Premier ministre comme D. de Villepin qui dit : je vais être une alternative, c'est un non évènement ?
 
on, mais je trouve que l'interprétation qui est faite du procès est terriblement politique, alors que c'était un procès avant tout, sur une machination contre un homme. Alors évidemment, on pouvait se poser la question de savoir si la machination avait des visées politiques ? Et d'ailleurs le procès ne répond pas bien à cette question, de savoir quel était éventuellement le mobile des condamnés. Mais enfin, c'est un procès sur une manipulation, ce n'est pas un procès sur une relation politique. Les interprétations qui en sont données sont exclusivement politiques, on oublie d'ailleurs les condamnations qui sont proposées pour ne parler que de la relaxe de D. de Villepin.
 
C. Roux : Sauf que là, on n'est pas dans le registre de l'interprétation, mais de la déclaration, celle encore une fois, d'un ancien Premier ministre de la majorité qui dit : je vais être une alternative à droite, rassembler les gaullistes, fédérer dit-il, même, les gaullistes, ça ce n'est un sujet...
 
Ce que D. de Villepin dit précisément - bien sûr que c'est un sujet politique - mais ce que D. de Villepin dit précisément, c'est : je veux servir la France, je veux servir mon pays. Et H. Mariton dans votre sujet, très justement, disait : oui, moi aussi. Et ce n'est pas forcément une déclaration de quoi que ce soit de candidature.
 
C. Roux : Autant que H. Mariton, D. de Villepin ?
 
Vous savez, ce n'est pas le sujet, de toute façon, c'est les Français qui décident. Les Français, ils ont envie de quoi ? Pour le moment, à mon avis, plutôt qu'on s'occupe de la crise et sortir la France de la crise et de relancer l'emploi. Et puis, pour la suite, je pense qu'ils ont envie d'unité, notamment dans notre famille. Et la famille politique c'est vraiment très, très claire. Ils ont envie d'unité.
 
C. Roux : Voilà, c'est ça ! Est-ce que c'est un danger de voir ressurgir le spectre de la division à droite, c'est une vieille histoire ?
 
C'est surtout une exigence forte des électeurs, des Français. Une exigence forte qu'ils feront valoir le moment venu. C'est eux qui décideront quelque part, c'est eux qui diront, qui montreront : voilà, on a envie d'unité. Je pense que D. de Villepin y est sensible.
 
C. Roux : A quoi ?
 
Au fait que les Français aient envie d'unité. Et que les Français l'expriment. Les Français n'ont pas envie...
 
C. Roux : Ça ressemble à une mise en garde ?
 
Non.
 
M. Biraben : Nous avons un mail de Gaëlle, là, qui nous demande : est-ce que ça ne serait pas plus cohérent si D. de Villepin ne fondait pas son propre parti politique ?
 
Le club Villepin, ça apparaît un petit peu comme un embryon de ça, avec une hésitation. On a l'impression, vous savez qu'autour de D. de Villepin, il y a comme des hésitations. Moi, ce que je crois, c'est que D. de Villepin, qui dit beaucoup qu'il veut servir la France, qui a servi la France, est aussi sensible à l'appel qui est celui des Français, en ce moment, qui est : occupez-vous de la crise, occupez-vous... Je vous donne un exemple : lundi, le président de la République était sur un plateau télé pour « Le 20 heures » et après devant 11 Français ; est-ce qu'il y en a un seul qui a parlé du procès Clearstream ? Oui, la journaliste sur le plateau télé. Mais après, les 11 Français ? Les Français s'en fichent. Les Français qu'est-ce qui les intéressent aujourd'hui ? Ce qui les intéresse, c'est qu'on sorte du problème du chômage, ce qui les intéresse c'est que l'année 2010 ce soit l'année du rebond. Du rebond économique, et aussi l'année où on va sortir de la crise du sens pour donner un sens à la crise.
 
C. Roux : La différence, c'est que c'est vrai, D. de Villepin, dit : je veux redresser la France. Il dit que la politique qui est menée n'est pas bonne. Ça peut les intéresser, les Français, qu'on ait quelque chose à leur dire d'autre ?
 
Ce n'est pas du tout ce qu'il disait hier. Là vous êtes en train de nous faire un patchwork, de différentes déclarations...
 
C. Roux : Non, non, attendez : « Je veux contribuer au redressement », ce sont ses mots exacts, « le redressement de la France ».
 
On est en situation de crise, chacun peut le constater. Et personne ne se satisfait, par exemple, de la situation actuelle du chômage, c'est tout l'enjeu des actions qui sont menées par le Gouvernement. C'est tout l'enjeu, par exemple, des investissements d'avenir, avec les 35 milliards...
 
C. Roux : On va y venir. Dernière question sur D. de Villepin, est-ce qu'il porte quelque chose sur le fond que N. Sarkozy ne porte pas ?
 
Toutes les personnalités sont différentes, mais en ce moment, et sans ambiguïté aucune, c'est N. Sarkozy qui porte l'action pour la réforme et l'avenir du pays. D. de Villepin n'est pas en ce moment porteur d'action. D. de Villepin est porteur de déclarations, certaines tonitruantes, certaines remarquées, mais il est porteur de déclarations. Je voudrais dire quelque chose d'un peu personnel : moi, j'apprécie comme politique de ma génération, qu'il y ait eu un homme politique du niveau du président de la République, qui ait eu le courage de porter plainte, sur une affaire comme celle-là. Pourquoi ? Parce qu'on dit toujours que quand on porte plainte, ça finit par revenir en boomerang, on en reparle...
 
C. Roux : C'est ce qui s'est passé ?
 
Oui, mais j'apprécie qu'il y ait eu un homme qui ait eu le courage de porter plainte, qu'on soit allé au bout du procès. La machination a été démontrée, la machination a été prouvée, et j'espère que c'est la porte définitivement refermée sur ces séries d'affaires qui ont existé dans la 5ème République et dont on voudrait ne plus avoir à souffrir et entendre parler.
 
M. Biraben : Alors parlons de demain maintenant, avec les régionales ?
 
C. Roux : Oui, vous êtes, on va le rappeler, tête de liste dans l'Essonne et secrétaire générale adjointe de l'UMP. A ce titre-là, donc une question : ce week-end, il devait y avoir, annoncé en grandes pompes, des têtes de liste UMP pour les régionales. Au final, ça se traduit par une réunion en catimini. C'est si mauvais que ça, les projections pour les régionales ?
 
Non, attendez, ce n'est pas du tout ça. Ce n'est pas une réunion en catimini, il y a un conseil national pour valider les listes aux élections régionales. Simplement, on s'est rendu compte et c'est assez logique, que les candidats voulaient dès l'après-midi, puisque ce jour-là, on annonçait les listes, voulaient dès l'après-midi être dans leur région, avec leur presse quotidienne régionale, pour faire la photo, pour présenter les candidats à la presse quotidienne régionale. C'est une élection régionale, donc c'est vrai qu'initialement, on avait prévu une grande journée du samedi avec annonce des listes, vote sur les listes et finalement on est allé sur une matinée du samedi avec annonce des listes à Paris, pour que les candidats puissent être dans leur région l'après-midi. C'est tout ! Ce n'est pas plus compliqué que ça ! Moi, je prévois d'être dans l'Essonne, samedi après-midi, pour pouvoir présenter la liste Essonne, à la presse locale.
 
C. Roux : Alors c'est une élection régionale ! ? Cette phrase, c'est vrai quand on l'entend aujourd'hui, elle paraît assez naturelle, sauf qu'elle ne l'est pas. Ce n'est pas ce qu'on avait entendu, dans la bouche de N. Sarkozy ou même de F. Fillon. Rappelez-vous, il avait donc : "ce n'est pas en faisant, 22 campagnes régionales chacun dans son coin que la majorité ripostera aux attaques de la gauche". Donc c'est devenue une élection régionale. Quand il le disait, F. Fillon - c'est il n'y a pas si longtemps - qu'est-ce qui s'est passé entre ce moment-là et aujourd'hui ?
 
Il y a forcément une dimension nationale, dans une élection à mi-mandat, aussi majeure que les élections régionales. Et d'ailleurs, il y a des engagements nationaux. Par exemple, nous prenons l'engagement de faire le contraire de ce que les socialistes ont fait pendant 6 ans, c'est-à-dire de ne pas augmenter les impôts. C'est un engagement national, que prennent tous les candidats UMP, à travers la France. Pour autant, on parlait de présentation de listes. Moi sur ma liste, je prends des jeunes élus très remarquables, ils sont connus en Essonne, ils n'ont pas encore la prétention d'être connus nationalement et internationalement. Donc au national, vous vous en fichez, tout simplement un peu, de savoir qui est sur ma liste et c'est normal, que je la présente d'abord localement.
 
C. Roux : C'est juste que, comme vous le disiez, vous incarnez une nouvelle génération, une nouvelle manière de faire de la politique. Les Français, ils ont entendu le président de la République, ils ont entendu F. Fillon, ils ont entendu des ministres nous dire « c'est un scrutin national » etc. Et aujourd'hui, ça ressemble vraiment à un changement de pied. Pourquoi ne pas assumer ce changement de pied et prendre, au final, les téléspectateurs, qui nous regardent, comme s'ils n'avaient pas de mémoire ! Mais ils en ont de la mémoire !
 
Non, je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites. Il y a une dimension nationale, il y aura de toute façon une interprétation nationale du scrutin ; une élection à mi-mandat, ça a une dimension nationale. Et on l'assume, on l'assume, parce que, moi, dans mes réunions locales, je défends le bilan qui est celui du Gouvernement. Je parle des réformes, quand je suis interpellée sur le sujet, j'y vais et j'y vais bille en tête, j'y vais tout droit.
 
C. Roux : Vous y allez, N. Sarkozy devait y aller, il n'y va plus, pourquoi ?
 
C'est autre chose, il est dans son rôle de président de la République...
 
C. Roux : Il ne l'était pas en novembre dernier ?
 
Ca ne l'empêche pas d'assumer la dimension nationale de la campagne. Mais pour autant, moi, quand je distribue des tracts dans le RER, en Essonne, je parle des problèmes sur la ligne B, la ligne C et la ligne D du RER.
 
C. Roux : Pourquoi voulait-il le faire en novembre ? Pourquoi ne veut-il plus le faire au mois de janvier ?
 
Je crois qu'on a un peu sur interprété ce qu'il a dit en novembre. La dimension nationale de la campagne, elle est assumée, encore une fois, on a des engagements nationaux à l'UMP : pas d'augmentation d'impôt.
 
M. Biraben : On va passer au « J'aime, j'aime pas ». Vous allez nous dire si vous aimez la fameuse tablette révélée hier, le iPad ?
 
C'est-à-dire que j'attends de la voir, en fait. Parce qu'ils ont une espèce de talents chez Apple, pour faire du teasing. Alors on a des images de Steve Jobs, qui présente son truc, que personne n'a vu, enfin moi, je ne l'ai pas vu. Vous l'avez vu ?
 
C. Roux : Non.
 
On attend un petit peu de voir en quoi c'est différent d'un genre de grand iPhone.
 
M. Biraben : On attend la révolution, donc, en clair.
 
On attend la révolution et puis moi, alors à titre de secrétaire d'Etat à l'Economie numérique, je m'interroge aussi sur la migration de plus en plus, des contenus vers des équipements qui sont très propriétaires dans des systèmes qui sont très fermés. Vous savez, vous avez l'iPod, vous avez l'iPhone, vous avez un iPad, il faut que tout ça reste ouvert à tous les contenus et puis essayer de partager... parce que vous comprenez, quand l'équipement est lié au contenu, après on devient prisonnier d'un système. Il ne faut pas qu'on soit prisonnier d'un système Apple.
 
M. Biraben : On aura l'occasion d'en reparler certainement. Caroline. C. Roux : « J'aime, j'aime pas » une liste PS en Languedoc- Roussillon ?
 
Je crois qu'il n'était que temps. Je l'ai écrit, hier, tout de suite sur mon Blog, quand j'ai étendu les déclarations de G. Frêche, ce n'est pas la première qu'il le fait quand même ! Vous vous souvenez, il avait quand même expliqué que les Harkis étaient des sous-hommes. On a eu des déclarations de ce genre-là, il les a enchaînées. Il n'était que temps que le Parti socialiste marque un peu plus clairement sa désapprobation, c'était le minimum. (.../...)
 
Source : Premier ministre, Service d'Information du Gouvernement, le 29 janvier 2010

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