Déclaration de M. Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères et européennes, lors de la conférence de presse conjointe avec M. George Mitchell, émissaire spécial américain pour le Proche-Orient, sur la nécessité de la relance des pourparlers indirects entre Israël et l'Autorité palestinienne, Paris le 20 mars 2010. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères et européennes, lors de la conférence de presse conjointe avec M. George Mitchell, émissaire spécial américain pour le Proche-Orient, sur la nécessité de la relance des pourparlers indirects entre Israël et l'Autorité palestinienne, Paris le 20 mars 2010.

Personnalité, fonction : KOUCHNER Bernard.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères et européennes

Circonstances : Visite en France de George Mitchell, émissaire spécial américain pour le Proche-Orient, à Paris le 20 mars 2010

ti : Je remercie mon ami George Mitchell d'être passé par Paris après la réunion du Quartet à Moscou qui vient de se tenir. Je sais que cette réunion fut difficile et que le texte publié après la conférence est très important. L'engagement du Quartet est clair, les conditions sont claires, et cela constitue, grâce à George Mitchell en particulier, un argument supplémentaire pour avoir un peu d'espoir. Je ne dis pas que les derniers jours ont été très encourageants avec l'annonce de la construction de 1 600 logements à Jérusalem et en Cisjordanie. La France a réagi, comme avaient réagi les Etats-Unis, par des déclarations très fermes.

Nous sommes, les Etats-Unis d'Amérique, la France et l'Union européenne, extrêmement fermes. Je rappelle brièvement que les 27 pays de l'Union européenne ont publié, le 8 décembre dernier, un texte allant également dans ce sens. La France est aux côtés des Etats-Unis pour affirmer la nécessité du démarrage immédiat des pourparlers indirects, "proximity talks". M. le sénateur Mitchell se rend ce soir à Jérusalem et rencontrera demain matin le Premier ministre israélien, M. Netanyahou, qui s'est entretenu avec le président de la République française, il y a deux jours. Ensuite, M. Mitchell rencontrera les dirigeants palestiniens. Je lui donne la parole tout de suite mais je veux vous renouveler, ainsi qu'à la délégation américaine, notre plein soutien. Nous sommes tous ensemble désireux de voir les échanges, les "proximity talks", recommencer ; je ne parlerai pas de négociations puisque ce n'est pas le bon mot. Nous vous soutenons de manière ferme, déterminée et, je l'espère, efficace.

Je rappelle que Mme Ashton a visité Israël et est allée à Ramallah et à Gaza avec, nous le savons, le plein soutien des 27 pays de l'Union européenne. George, merci beaucoup d'être passé par la France, de nous avoir rencontrés. Merci beaucoup pour votre détermination, vous en aurez besoin. Si nous pouvons être davantage utiles encore, comme je vous l'ai proposé, nous le serons.

(...)

Le président de la République sera à New York et à Washington le 28 et le 29 mars prochains.

Q - (A propos des relations entre les Etats-Unis et Israël et leurs incidences sur le Processus de Paix au Proche-Orient)

(...)

R - C'est une position que nous partageons mais, il est vrai que de temps en temps nous pouvons être déçus, vous avez rappelé ce qui s'est passé il y a quelques jours. Je crois que le monde entier est persuadé que le début de la solution est la création d'un Etat palestinien qui garantira, par sa présence, par son existence, la sécurité d'Israël. Tout le monde le sait. Ce qui est parfois un peu désespérant, bien que nous continuions à espérer, c'est que, connaissant cette solution, nous n'y arrivons que lentement.

Q - Monsieur le Ministre, Monsieur l'Envoyé spécial, que demandez-vous aujourd'hui à Israël ? S'agit-il du renoncement à la construction de 1 600 logements à Jérusalem ? Quelles sont les conditions aujourd'hui pour les négociations indirectes ?

R - M. le Sénateur se rendra demain dans la région et rencontrera les autorités israéliennes et palestiniennes, je lui laisse donc la parole. Pour nous, qui ne demandons pas mieux que d'être impliqués dans le processus même des négociations - ce que j'ai répété, et nous soutenons nos amis américains dans cette longue insistance pour que le dialogue reprenne entre les Israéliens et les Palestiniens - la position française est connue : deux Etats, un Etat palestinien viable et démocratique à côté d'un Etat israélien auquel nous tenons absolument, avec Jérusalem pour capitale des deux Etats. C'est notre certitude et je vous rappelle que les 27 pays de l'Europe, les 500 millions d'Européens ont accepté dans ce document de décembre dernier cette même position. C'est une force considérable qui est à la disposition des deux camps et bien sûr de nos amis américains.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 23 mars 2010

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