Déclaration de M. François Fillon, Premier ministre, en réponse à une question sur les relations entre le président de la République et le Premier ministre et sur les priorités de la politique gouvernementale, au Sénat le 25 mars 2010. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. François Fillon, Premier ministre, en réponse à une question sur les relations entre le président de la République et le Premier ministre et sur les priorités de la politique gouvernementale, au Sénat le 25 mars 2010.

Personnalité, fonction : FILLON François.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Question posée par M. Gérard Longuet, président du groupe UMP, lors des questions d'actualité au Sénat le 25 mars 2010

ti : Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les sénateurs,
Monsieur le Président Longuet,


Avant de répondre à votre question, je voudrais devant le Sénat faire une mise au point solennelle. Tout ce que vous avez pu lire depuis dimanche soir sur mes relations avec le Président de la République est faux et relève de la manipulation.

Toutes ces rumeurs n'ont d'ailleurs qu'un seul objectif, qui est celui de déstabiliser l'exécutif, et je le dis, je ne le laisserai pas faire. Il n'y a pas de divergence, et encore moins de rivalité entre le président de la République et moi, il ne peut pas y en avoir, parce que ce qui est en cause, Mesdames et Messieurs les sénateurs, c'est la cohérence du gouvernement de la France, et c'est donc l'intérêt national. Moi, depuis trois ans, j'ai été loyal au président de la République, je le suis et je le resterai.

Cette cohérence de l'exécutif, elle est d'autant plus nécessaire, Monsieur Longuet, que gouverner la France ça n'est pas facile. Et nous ne sommes pas les premiers à en avoir fait l'expérience.

Nous avons, dimanche dernier, aux élections régionales, rencontré une défaite.

Et cette défaite doit nous amener avec beaucoup d'humilité à faire l'analyse de la situation et à prendre les décisions nécessaires.

C'est ce que nous allons ensemble faire avec la majorité, mais je veux dès maintenant dire, comme l'a fait le président de la République hier, il y a une chose sur laquelle nous ne transigerons pas, c'est la nécessité de moderniser notre pays.

Nous sommes 65 millions de Français dans un monde de 6 milliards d'êtres humains. Et notre devoir c'est de protéger le modèle de vie qui est le nôtre, c'est de protéger la prospérité de nos concitoyens.

Et nous ne pouvons pas le faire sans réformer notre pays. Et je voudrais, Monsieur le Président Longuet, vous dire quelles seront les trois priorités du Gouvernement dans les prochains mois.

La première de ces priorités, c'est évidemment l'emploi et la croissance. Nous allons poursuivre notre effort et ajuster les dispositifs de lutte contre le chômage, chômage qui devrait d'ailleurs s'inverser dans la deuxième partie de l'année 2010, compte tenu de la reprise de l'activité économique.

Nous allons mettre en oeuvre, dès que vous en aurez débattu et que vous l'aurez votée, la loi de modernisation agricole qui est une des réponses à une des crises les plus graves que l'agriculture française et européenne rencontre. Nous allons mettre en oeuvre, le plus rapidement possible, les investissements d'avenir, et je veux dire sur ce sujet que je serai intransigeant sur l'affectation des 35 milliards, que vous avez votés, aux priorités et aux objectifs qui ont été décidés par le Gouvernement et par la majorité.

Nous continuerons d'améliorer les dispositifs permettant de renforcer la compétitivité de notre économie, et je veux dire sur ce sujet que s'agissant de l'ensemble des mesures que nous devons prendre en matière de développement durable, nous les prendrons en cherchant une meilleure coordination avec les autres pays européens, parce que nous ne devons pas accroître le différentiel de croissance, notamment avec notre voisin allemand.

La deuxième priorité du Gouvernement, ce sera la réduction des déficits, réduction des déficits nécessaire dans un contexte financier européen dont chacun voit bien qu'il est préoccupant.
Cela veut dire que les dépenses de l'Etat seront strictement maintenues, cela veut dire que nous continuerons à mettre en oeuvre la Révision Générale des Politiques Publiques, et cela veut dire...

Monsieur le Président, je voudrais, une seconde, parce que ce n'est pas la première fois que ce problème se pose au Sénat... Le Premier ministre, à l'Assemblée nationale comme au Sénat, qu'il soit de gauche ou qu'il soit de droite, s'exprime autant qu'il le veut. Alors, moi je viens au Sénat, c'est la Constitution de la République française. Alors, si vous voulez que je vienne vous répondre, je viens vous répondre mais je le ferai comme je l'entends. -

Je reprends ma réponse, monsieur Longuet, en vous disant que la troisième priorité du Gouvernement concernera le renforcement des deux grands piliers de notre pacte républicain que sont la sécurité et la laïcité.

Sur la sécurité, il est incontestable que nous devons inventer de nouvelles réponses, parce que la violence s'adapte en permanence aux initiatives que nous prenons.
Et sur la laïcité, nous allons trancher cette question qui, même si elle ne concerne pas un grand nombre de nos concitoyens, est devenue un symbole important, qui est la question du voile intégral.

Monsieur le Président, avec le président de la République, nous avons un engagement vis-à-vis des Français, et cet engagement nous le tiendrons parce que l'honneur d'un homme politique c'est le courage et c'est le respect de la vérité.


Source http://www.gouvernement.fr, le 26 mars 2010

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