Déclaration de Mme Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'État chargée de la prospective et du développement de l'économie numérique, sur la mise en oeuvre du plan "France numérique", notamment dans le département de la Manche, Paris le 17 juin 2009. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'État chargée de la prospective et du développement de l'économie numérique, sur la mise en oeuvre du plan "France numérique", notamment dans le département de la Manche, Paris le 17 juin 2009.

Personnalité, fonction : KOSCIUSKO-MORIZET Nathalie.

FRANCE. Secrétaire d'Etat à la prospective et au développement de l'économie numérique

Circonstances : Signature d'une charte pour la promotion de l'authentification sur Internet avec quatorze acteurs du numérique dans le cadre du plan Numérique 2012,

ti : Mesdames et Messieurs les présidentes et présidents,
Mesdames et Messieurs les directrices et directeurs,
Chère Laurence Franceschini,
Mesdames, Messieurs,


Mon cher Jean-François, nous ne nous quittons guère ces derniers temps !

Nous avons eu souvent l'occasion d'évoquer les questions qui nous réunissent aujourd'hui, et je voudrais redire, avec gratitude, quelques unes des nombreuses raisons pour lesquelles je suis très heureuse d'être de nouveau à tes côtés, chez toi.

Nous avons voyagé ensemble au Japon et en Corée, il y a de cela à peine une semaine, pour y mener un voyage d'étude et d'observation.

Nous avons pu découvrir et comprendre la manière dont ces deux pays s'étaient engagés, avant nous et sans doute autrement que nous, sur la voie du numérique.

S'agissant de la Corée, nous avons pu noter que l'industrie numérique est très largement tournée vers l'exportation - près de 80% de son activité y est consacrée. Ce pays conçoit des stratégies de sortie de crise semblables aux nôtres, en choisissant avant tout de privilégier les infrastructures et l'investissement dans des activités non délocalisables.

L'équipement en infrastructures, que l'on soit en Corée ou dans la Manche, reste la priorité d'une action publique qui ne veut pas abandonner sur son territoire de zones blanches dont le numérique serait absent.

Par ailleurs, nous avons pu nous faire une bonne idée des recherches très avancées sur l'Internet des objets, notamment au Japon, avec l'insertion de puces RFID sur une multitude d'objets.

On peut par exemple mettre en relation une ordonnance avec des boites de médicaments, afin d'aider le patient à ne pas confondre ses différents traitements, à savoir si la dose prescrite est respectée, et enfin, à anticiper le renouvellement de ces médicaments.

Nous avons été attentifs encore aux travaux sur la robotique, qui sont intimement liés à la problématique du vieillissement de la population au japon.

Les robots sont considérés comme des assistants pour les personnes fragilisées, et les recherches vont clairement dans le sens de « robots de compagnie », ce qui est très loin de la vision très industrielle que nous avons ici de la robotique.

Enfin, nous avons constaté quelques paradoxes. On dit par exemple de la Corée qu'elle est le pays le plus avancé en matière de TMP.

C'est vrai en nombre d'utilisateurs de ce service. Mais le modèle économique semble ne pas encore avoir été trouvé. Malgré un total proche de 18 millions d'utilisateurs entre offre payante et offre gratuite, les diffuseurs disent ne pas gagner d'argent, et les opérateurs télécoms être obligés de proposer ce service, mais ne pas en retirer non plus de bénéfices.

Seuls les fabricants de terminaux semblent, dans un premier temps, avoir tiré leur épingle du jeu.

Je viens de lancer hier une mission pour favoriser l'émergence d'ici le 30 avril prochain d'un modèle économique viable pour la TMP en France. L'exemple coréen sera donc à méditer.

La distance qui sépare la Corée de la Manche peut paraître grande aux voyageurs que nous étions il y a quelques jours. Mais elle se trouve donc singulièrement réduite pour qui oeuvre au développement des usages citoyens du numérique. J'ai d'ailleurs noté que la Manche « négociait » un accord de partenariat avec Séoul afin de réduire plus encore cette distance. Je soutiens fortement cette initiative.

Parce que ma mission gouvernementale est le développement de l'économie numérique, je devrais bien sûr rendre hommage aux initiatives dont vous avez été tous l'artisan et le véritable pionnier.

Les collectivités locales ont pu trouver dans les succès de Manche Numérique des leçons et des exemples, en matière de notamment de services et d'usages citoyens.

Mais ce ne serait pas rendre justice à l'activité de ce département que de la saluer ainsi au passé.

Car ce qui a été mis en route ici se poursuit et se développe, et ce sont les accomplissements d'aujourd'hui et de demain dont je souhaite évoquer l'importance. D'autant plus qu'ils sont au coeur de mes missions et qu'ils ont vocation à jouer encore un rôle de modèle dans la mise en oeuvre du plan « France Numérique ».

Ceci à tous les points de vue : couverture du territoire en haut et très haut débit, compétitivité économique liée au développement des TIC, nouveaux services et usages du multimédia pour les entreprises comme les citoyens.

Permettez-moi d'en préciser l'essentiel.

Vous avez adopté ici une démarche unique.

Cette démarche consiste à intégrer les pouvoirs publics et les entreprises privées à votre développement numérique, dans le syndicat mixte « Manche Numérique ».

Depuis 5 ans, « Manche numérique » a permis à ce département rural de devenir une des collectivités françaises les plus en pointe avec notamment :
- 100% de la population de la Manche a accès au haut débit, soit par l'ADSL, la fibre, le WiFi, le WiMAX ou le satellite ;
- l'implantation du pôle « transactions électroniques sécurisées » qui rassemble au niveau régional plus de 80 entreprises numériques innovantes ;
- 95% de la population a accès à un minimum de 3 fournisseurs d'accès Internet contre 75% sur plan national ;
- 50 espaces publics numériques et 50 visio-relais de services publics déployés à travers le territoire ;
- un équipement informatique des ménages supérieur à la moyenne nationale, en dépit du caractère rural du département, 63,2% fin 2007 contre 60,1.

Vous avez enfin entrepris de relancer l'année dernière une nouvelle stratégie à 3 ans, autour de 4 axes, performance territoriale, proximité des services dans les territoires, solidarités numériques, internet et vous. Vous allez orienter votre développement encore plus vers les usages pour tous, notamment vers les publics sensibles et la démarche de l'Internet accompagné.

J'ai déjà pu ce matin visiter un visio-relais de service public. C'est une bonne façon d'utiliser les TIC pour améliorer le service rendu aux usagers, dans un contexte où les services publics ont tendance à s'éloigner du rural.

La Manche a réussi la performance de couvrir 100% de la population en haut débit.

La généralisation du très haut débit sur la Manche néanmoins nécessitera quelques étapes supplémentaires, notamment en termes de mutualisation des réseaux et de l'ensemble des capacités d'investissement.

Cette initiative, tout comme celle du Conseil général des Hauts-de-Seine, montre qu'un investissement public sera nécessaire pour développer le très haut débit, tant en zone dense qu'en zone rurale.

Voilà pourquoi j'ai lancé une étude auprès de la Caisse des dépôts et consignations pour identifier la place de l'investissement public dans le très haut débit, notamment dans les zones rurales. Je réunirai l'ensemble des acteurs, opérateurs et collectivités, le 7 avril prochain pour faire le point sur le développement de la fibre optique en France.

La manche n'est pas la Silicon Valley ni le Silicon Sentier, mais une filière numérique de plus d'une centaine d'entreprises s'est tout de même constituée autour de quelques activités, notamment sous l'impulsion de la société CEV que j'ai rencontré ce matin, qui a su fédérer les acteurs sur un projet de pôle de compétitivité, le pôle transactions électroniques sécurisées.

Ce pôle est sur un marché très porteur, celui de la confiance électronique, de la transaction et du paiement sécurisé, de la personnalisation des services pour les consommateurs. Les produits et les services issus de ce pôle sont susceptibles de profiter à tous les secteurs de l'économie.

Je tenais à rappeler que les pôles de compétitivité sont une très belle initiative du Gouvernement pour faire naître des écosystèmes d'innovation dans les territoires, dont le pôle TES est une parfaite illustration.

Nous venons d'aborder la couverture du territoire en téléphonie mobile. La Manche, à l'instar de sa démarche sur le haut débit, a pris l'initiative de réfléchir en amont sur l'idée d'une intervention publique sur la couverture mobile pour étendre l'accessibilité des services, y compris le haut débit mobile, pour tous les habitants de la Manche.

La Manche voit ainsi des opportunités d'un partenariat avec les opérateurs pour une couverture adaptée aux besoins et aux spécificités de chaque territoire, grâce à la mutualisation des réseaux 3G et l'attribution des fréquences issues du dividende numérique.

Je soutiens donc Manche Numérique pour être un site pilote de la mutualisation 3G, selon un processus que l'ARCEP doit prochainement proposer au niveau national.

Je serai néanmoins attentive à ce que cette mutualisation, si elle se révèle techniquement viable, permette aux opérateurs a minima de respecter leurs objectifs vis-à-vis de l'ARCEP, outre l'impact sur les paysages par la diminution du nombre de pylônes.

Le GIP « France Télé Numérique » vient de nous présenter le dispositif d'arrêt de la télévision analogique terrestre qui sera mis en place à Cherbourg.

Cherbourg est la première opération pilote de grande ampleur. Un véritable challenge pour tout le monde, sur lequel Manche Numérique pourrait être un bon relais, car les collectivités ont un rôle très important à jouer, en complément de tout ce que l'Etat et le GIP France télé numérique vont mettre en oeuvre.

Je tiens à rappeler mon engagement que l'ensemble du dispositif national d'accompagnement vers le numérique soit finalisé pour l'opération de Cherbourg c'est-à-dire avant le 31 mai 2009.

Le lancement de la TNT à Kaysersberg en Alsace le 14 avril 2009 sera l'occasion de tirer de nouveaux enseignements afin de parfaire ce dispositif, après l'opération de Coulommiers.

Je vais dans quelques instants visiter une site de visio-enseignement.

Le développement de la visio-conférence, notamment pour l'enseignement, est une initiative visionnaire et structurante de la part de Manche Numérique.

Il y a de multiples applications de ces technologies, dans l'enseignement, dans le travail à distance, dans le domaine de la santé aussi et pourquoi pas sur le sujet du maintien à domicile des personnes âgées, mais globalement elles permettent de réduire les déplacements de tout le monde.

On est bien dans un domaine où la technologie est au service des besoins de la population. Dans le domaine de l'enseignement, la visio-conférence trouve déjà dans la Manche des applications concrètes, qui intéressent l'Education nationale.

Le Gouvernement va continuer à soutenir les investissements dans le domaine de la visio-conférence comme cela a été le cas dans la Manche car, lorsqu'ils sont installés dans des sites mutualisés, ces équipements bénéficient à tous les domaines d'applications et constituent un outil mis très concrètement au service du développement durable.

A ce titre, l'engagement pris par le Gouvernement de débloquer un budget de 50 millions d'euros pour équiper les écoles en « classes numériques » permettra de soutenir le développement des dispositifs de visio-conférence.


Je vous remercie.


Source http://www.prospective-numerique.gouv.fr, le 21 avril 2010

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