Déclaration de Mme Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'État chargée de la prospective et du développement de l'économie numérique, sur les enjeux et l'extension de la télévision numérique terrestre, à Kaysersberg le 14 avril 2009. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'État chargée de la prospective et du développement de l'économie numérique, sur les enjeux et l'extension de la télévision numérique terrestre, à Kaysersberg le 14 avril 2009.

Personnalité, fonction : KOSCIUSKO-MORIZET Nathalie.

FRANCE. Secrétaire d'Etat à la prospective et au développement de l'économie numérique

Circonstances : Inauguration de la télévision numérique terrestre à Kaysersberg, Ammerschwihr et Kientzheim (Alsace) le 14 avril 2009

ti : Monsieur le Président du Conseil régional, cher Adrien ZELLER,
Monsieur le Président du Conseil général, cher Charles BUTTNER,
Messieurs les Maires, cher Henri STOLL, cher Jean-Marie FRITSCH, cher Joseph FRITSCH,
Monsieur le Président du GIP « France Télé Numérique », cher Philippe LEVRIER,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs,


Nous sommes ici aujourd'hui réunis pour lancer la télévision numérique terrestre à Kaysersberg, Ammerschwhir et Kientzheim et en faire bénéficier les 5500 habitants de vos trois communes. Le 4 février dernier, nous avons mené la première opération pilote du passage à la télévision tout numérique. C'était à Coulommiers. Aujourd'hui, la deuxième opération pilote a lieu en Alsace, chez vous. Je suis heureuse d'être parmi vous aujourd'hui, parce que ces expériences pilotes livrent des enseignements absolument essentiels au bon déroulement de l'ensemble du processus. Il s'agit à bien des égards d'un apprentissage, que nous poursuivons sur ces sites pilotes et dont nous tirons peu à peu les leçons.

Certains parmi vous se demandent peut-être pourquoi nous avons choisi Kaysersberg, Ammerschwihr et Kientzheim ? La réponse est très simple : ce sont les plus beaux villages du monde. Accessoirement, je vois bien d'autres raisons de ce choix. Tout d'abord, il s'agit de tester la technique du « multiplex précurseur », celui qui annonce les 18 chaînes gratuites de la TNT. Ensuite, il se trouve que nous avons également à préparer ici le basculement de l'Alsace, qui aura lieu le 2 février 2010. Je reviendrai d'ailleurs le 27 mai prochain, ici, à Kaysersberg, pour éteindre la télévision analogique et m'assurer que l'ensemble des foyers auront été informés et accompagnés de la meilleure façon.

Le passage à la télévision tout numérique est l'une de mes grandes priorités. Ce passage participe pleinement au développement de l'économie numérique dont j'ai la charge. L'économie numérique est à ce jour l'un des secteurs les plus dynamiques de l'économie mondiale. Elle représente désormais plus de 25% de la croissance mondiale. Voilà pourquoi le développement de l'économie numérique est l'une des réponses les plus pertinentes à la crise économique que nous traversons. J'aurai l'occasion plus tard dans la journée de mettre en valeur des initiatives remarquables du Département et de la Région en matière d'usages numériques. Je pense notamment à l'informatisation du livre foncier en Alsace.

L'une des premières questions que chacun se pose, en matière de télévision, est bien sûr celle de savoir pourquoi nous avons besoin d'éteindre notre fidèle télévision analogique ici puis dans toute la France. Eh bien d'abord, pour profiter des 18 chaînes gratuites de la TNT, là où la télévision analogique n'en offre que 6 voire 3 comme ici. En réalité, la TNT n'est pas une absolue nouveauté dans le paysage télévisuel. Elle existe déjà et elle est largement présente dans les foyers français.

Du coup, une seconde question se pose : puisque la TNT est déjà largement présente dans les foyers, pourquoi et comment convaincre les français de passer au tout numérique et de renoncer à l'analogique ? Tout simplement parce que les fréquences que libère l'abandon de l'analogique vont être utilisées pour de nouveaux usages numériques. La technologie numérique libère de la place, et nous allons nous en servir parce que nous avons là quelque chose à gagner.

Tout d'abord, la télévision en haute définition. Il s'agit du premier usage innovant, c'est la réalité même de l'outil télévisuel qui est en train de changer. Il ne s'agit tout simplement plus de la même télévision. La télévision en haute définition est lancée depuis à peine quelques mois, elle touche déjà près de la moitié de la population, et c'est une télévision dont la qualité est entièrement nouvelle. Nous assistons là à un bouleversement semblable à celui de l'introduction de la couleur dans les postes, en octobre 1967.

Ensuite, c'est le deuxième nouvel usage : la Télévision Mobile Personnelle va se développer, notamment sur les fréquences libérées par l'extinction de la télévision analogique. La TMP représente une évolution majeure des modes de consommation télévisuels, puisqu'elle rend possible un usage mobile, à la demande, et non plus simplement domestique. La définition du modèle économique de la TMP reste encore difficile : faut-il qu'elle soit gratuite ou non, payable à l'acte ou par abonnement ? Quel mode de rémunération des distributeurs faut-il promouvoir ? Afin de clarifier cette nouvelle donne, j'ai lancé au début du mois de mars une mission visant à faciliter d'ici la fin du mois les discussions entre les différents éditeurs et distributeurs de services.

Enfin, troisième usage innovant, la radio numérique permettra plus de services. Elle permettra l'affichage d'informations sur des écrans - la météo, le trafic routier, des informations culturelles ou boursières. Le CSA finalise actuellement le premier appel d'offres qui verra l'année prochaine les services de radio numérique terrestre se déployer sur 19 agglomérations, soit 30% de la population. C'est trop peu. Et c'est pourquoi, grâce aux fréquences qui seront bientôt libérées par Canal+ dans la bande III, de nouveaux appels d'offre seront lancés. Le CSA doit d'ailleurs publier en juin prochain le calendrier complet de l'opération et songe déjà à élargir dès maintenant son premier appel d'offres. Je sais que les radios indépendantes et associatives voient dans ce passage au numérique à la fois une opportunité mais aussi un risque pour leur viabilité économique. Je serai attentive aux moyens financiers dégagés par l'Etat en la matière. De même, il me semble naturel de proposer des perspectives claires au secteur en matière de radio analogique.

Ces nouveaux services audiovisuels vont donc voir le jour grâce au passage au tout numérique.

Tout d'abord, permettez-moi de rappeler ainsi l'engagement du Gouvernement à tenir la date du 30 novembre 2011. Il ne doit pas y avoir d'ambiguïté. Qu'il y ait des discussions techniques pour savoir si le rythme doit être d'une région par mois en moyenne, avec regroupement autour de dates précises, ou d'une région tous les mois, je le conçois. Le débat et la concertation sont précieux ; il va de soi à mes yeux qu'ils doivent avoir lieu. Mais certainement pas par voie de presse ou à la faveur de déclarations intempestives.

Travaillons posément et sérieusement sur les expériences pilotes. L'opération de Coulommiers, qui fut un succès en février, a livré des enseignements. Le tout premier d'entre eux est que la mobilisation des élus et du tissu associatif est la clé pour assurer la réussite du projet. Et c'est à ce titre que je tiens à remercier personnellement Henri STOLL, Jean-Marie FRITSCH et Joseph FRITSCH, les maires des 3 communes, pour leur implication résolue. En plus, deux frères pour la TNT, cela devient une affaire de familles. Viennent ensuite les difficultés techniques, les « réglages ». L'expérience de Coulommiers a servi à les identifier. Vient enfin l'accompagnement financier des foyers, qui est très réel, mais qui demeurait peu lisible et pas toujours efficace. Nous devions simplifier ce dispositif, et nous l'avons fait ; vous serez donc les premiers à le découvrir.

Je dois dire toutefois que l'une des raisons pour lesquelles cette assistance financière est méconnue, tient tout simplement à la satisfaction des foyers. Les enquêtes que nous avons menées donnent un taux de satisfaction de 85%.

Il n'en demeure pas moins qu'il faut accompagner, y compris financièrement, les citoyens les plus démunis et ceux qui n'ont pour l'instant aucun usage du numérique. Il s'agit notamment des personnes âgées, puis des foyers les plus fragiles. J'ai donc souhaité accélérer la mise en oeuvre de ces aides. Ainsi, les personnes exonérées de redevances et disposant d'un revenu fiscal de référence inférieur à 8000 euros pour une personne peuvent recevoir une aide de 25 euros pour l'achat d'un équipement de réception. En outre, et en cas de travaux sur les antennes, les foyers exonérés de redevance disposent d'une aide financière de 120 euros. Enfin, dans le cas où ces foyers seraient dans une zone ne recevant plus la télévision par l'antenne-rateau, ils pourront disposer d'une aide de 250 euros pour l'achat et l'installation d'une parabole « satellite ».

Pour les personnes âgées et handicapées, le GIP mettra en oeuvre une prestation globale de service. Elle comportera deux volets. D'une part, des conseils techniques pour adapter les installations. D'autre part, le GIP fournira une assistance administrative pour la mise en oeuvre, s'ils sont en droit d'en bénéficier, des aides financières que je viens de mentionner et qui pourront s'ajouter à cet accompagnement.

Nous allons donc ensemble déployer cette assistance ici à Kaysersberg, Ammerschwihr et Kienztheim, avec Delphine COLON, Hubert BECKER, Pierre GRASS et bien sûr Gilles MISSLIN, le délégué régional du GIP, que je suivrai jusqu'au 2 février 2010.

Après Kaysersberg, ce sera au tour du Nord Cotentin où je me rendrai en juin prochain afin de faire le point avec les élus sur l'opération qui se terminera pour les 180 000 habitants de la région le 18 novembre prochain.

Néanmoins, avant d'arrêter la télévision analogique, il faut achever la couverture de notre territoire en TNT. C'est la raison de ma présence parmi vous aujourd'hui. Le CSA a publié en décembre dernier une liste d'émetteurs. Pour les zones qui ne sont pas concernées et qui vont devoir s'adapter à la disparition de la diffusion hertzienne terrestre, nous avons avec le Parlement défini plusieurs outils. Tout d'abord et si elles le souhaitent, les collectivités territoriales pourront choisir de s'équiper elles-mêmes d'un émetteur hertzien pour diffuser la TNT par l'antenne « râteau ». Par ailleurs, l'ensemble des foyers français ont accès aux 18 chaînes gratuites de la TNT et aux chaînes de la TNT en haute définition via le satellite et les offres TNT Sat d'Astra et FranSat d'EutelSat. Je souhaite à ce titre mener un travail exemplaire avec les élus pour bien identifier les zones de couverture de la TNT. Cherbourg sera pour nous un test à grande échelle.


Je vous remercie et vous donne rendez-vous le 27 mai prochain.


Source http://www.prospective-numerique.gouv.fr, le 22 avril 2010

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