Interview de Mme Marie-Luce Penchard, ministre de l'Outre-mer, dans "Les Nouvelles calédoniennes" du 19 avril 2010, sur l'évolution du processus politique issu de l'accord de Nouméa. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Marie-Luce Penchard, ministre de l'Outre-mer, dans "Les Nouvelles calédoniennes" du 19 avril 2010, sur l'évolution du processus politique issu de l'accord de Nouméa.

Personnalité, fonction : PENCHARD Marie-Luce.

FRANCE. Ministre de l'outre-mer

ti : Vous devez venir en Nouvelle-Calédonie pour préparer le comité des signataires. Pourquoi recevoir le FLNKS à Paris avant votre venue ?

J'ai souhaité avoir un contact direct avec les responsables du FLNKS, comme j'en ai avec l'ensemble des forces politiques de Nouvelle-Calédonie. Il n'y a là rien de plus normal et, je dirais même, de plus républicain pour un Ministre que de procéder à des consultations régulières de ses interlocuteurs. Dans cet esprit, j'ai proposé de recevoir les responsables du FLNKS, sans ordre du jour préétabli. Bien évidemment, nous échangerons sur l'orientation proposée par le Chef de l'Etat le 19 janvier dernier pour que, lorsqu'elle interviendra, la consultation prévue par l'Accord de Nouméa se traduise par un résultat approuvé par une très large majorité des électeurs. Il n'y a aucune volonté de ne pas appliquer l'accord de Nouméa. Nous entendrons toutes les propositions qui permettront de construire l'avenir des calédoniens dans l'esprit du « vivre ensemble ».

Vous avez déjà reporté le comité prévu fin avril. Comment faut-il interpréter le report du comité ? Pourquoi toutes ces précautions ?

Rien ne serait plus contraire à l'Accord que de faire du comité une instance qui se réunit à échéance fixe. C'est une rencontre solennelle, placée sous l'autorité du Premier ministre, à l'occasion de laquelle la mise en oeuvre de l'Accord est discutée. C'est une rencontre qui doit être utile, qui doit contribuer au bon déroulement du processus auquel nous sommes tous collectivement attachés depuis plus de vingt ans. Cela justifie pleinement que nous prenions, ensemble, dans le souci constant du consensus, le temps nécessaire pour préparer la prochaine rencontre du comité. C'est aussi pour cela que je consulte l'ensemble des forces politiques de Nouvelle-Calédonie.

A quelles dates sont prévus votre voyage et le comité des signataires ?

J'ai prévu de me rendre en Nouvelle-Calédonie durant la deuxième quinzaine de mai. Quant à la date du comité des signataires, le Premier ministre l'arrêtera en concertation avec l'ensemble des parties.

Le comité sera-t-il aussi politique que le souhaite Pierre Frogier ? Ce comité sera-t-il un tournant ?

Le comité des signataires est nécessairement politique : je vous rappelle que, le 8 décembre 2008, il a pris des décisions majeures sur le transfert de nouvelles compétences au Territoire ou encore sur les modifications de la loi statutaire. Ce n'était pas un comité technique, loin s'en faut. Le comité n'est pas figé : il est ce que les signataires veulent en faire, dans le respect de la vocation que l'Accord lui a donnée.

Que pensez de la proposition Frogier des deux drapeaux ? Est-elle dans l'esprit des accords ?

Les signes identitaires sont incontestablement un élément majeur de l'accord de Nouméa. Selon l'Accord, ils sont destinés à « exprimer l'identité kanake et le futur partagé entre tous ». Un travail important a été engagé depuis plusieurs années sur l'hymne et la devise. Visiblement, le débat sur le drapeau a été lancé. L'Etat sera à l'écoute des propositions qui seront formulées. Mais je rappelle que le statut de la Nouvelle-Calédonie confie au Congrès - et non au comité des signataires - la décision en ce domaine : il doit en effet se prononcer par une loi de pays adoptée à la majorité qualifiée.


Propos recueillis par David Martin (Agence de presse GMH)


source http://www.outre-mer.gouv.fr, le 17 mai 2010

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