Déclaration de M. Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères et européennes, lors du point de presse conjoint avec son homologue britannique William Hague, sur les questions d'actualité commune aux deux pays, à savoir l'Iran, l'Afghanistan et le Proche-Orient, Paris le 6 juin 2010. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères et européennes, lors du point de presse conjoint avec son homologue britannique William Hague, sur les questions d'actualité commune aux deux pays, à savoir l'Iran, l'Afghanistan et le Proche-Orient, Paris le 6 juin 2010.

Personnalité, fonction : KOUCHNER Bernard.

FRANCE. Ministre des affaires étrangères et européennes

Circonstances : Visite en France du ministre britannique des affaires étrangères Wiliam Hague à Paris le 6 juin 2010

ti : Bonsoir. J'ai eu le plaisir de recevoir mon collègue, le ministre des Affaires étrangères du Royaume-Uni, William Hague. Je suis très satisfait de l'avoir reçu et je suis heureux qu'il ait songé à visiter notre pays avant de se rendre à Rome et dans d'autres pays européens. Nous avons abordé - je lui laisserai le soin de les énumérer et peut-être d'en parler plus profondément - un nombre de sujets communs des deux pays, du Royaume-Uni et de la France, qui sont des sujets d'actualité, hélas ! depuis des années.

Nous avons parlé de l'Afghanistan, de la Somalie, du Moyen-Orient, de l'Europe et nous avons parlé du programme de la prochaine réunion des ministres des Affaires étrangères. Nous avons aussi parlé du rôle que nous pourrions jouer tous les deux. Je vais donc laisser William Hague vous en faire le récit.

J'ai été très heureux et je remercie beaucoup William de nous avoir rendu visite, pour cette discussion sincère. Nous avons des intérêts communs sur tous les sujets que nous avons évoqués. Une nouvelle fois, bienvenue à vous et à votre équipe !

(...)

Q - Concernant l'Iran, pouvez-vous nous confirmer qu'un vote va intervenir cette semaine à l'ONU ?

R - Je ne sais pas, nous étions supposer présenter un texte commun le 13 juin. Nous devions, nous avions l'espoir que ce vote pourrait avoir lieu le 13 juin, mais il est également subordonné à la réponse qui doit être apportée à l'Agence internationale de l'Energie Atomique de la part de ceux qui sont impliqués. Ce n'est pas le cas de nos amis Britanniques mais des Russes, des Américains et des Français qui devaient répondre à la lettre qui a été adressée à l'Agence par les Iraniens, les Brésiliens et les Turcs.

Nous avons cette lettre, elle est prête. Il y a peut-être quelques retards mais, à quelques jours près, la lettre serait envoyée et la résolution serait présentée, la semaine suivante, au Conseil de sécurité.

Q - Est-ce une réponse négative pour les trois pays que vous avez mentionnés, les Etats-Unis, la France et la Russie ? Est-ce une réponse négative à la lettre de l'AIEA ?

R - Attendez la lettre ! Je ne pense pas qu'elle soit trop positive mais, s'il vous plaît, laissons tout d'abord l'accord se faire.

Q - Une question qui s'adresse à vous deux, Messieurs Hague et Kouchner. Israël a fait savoir aujourd'hui qu'elle refuserait toute enquête internationale indépendante après ce qui s'est passé avec la flottille. Je voudrais connaître votre réaction à ces déclarations ?

R - Oui, nous avons parlé avec William de cette question de l'enquête nécessaire. Je partage le sentiment de mon collègue britannique. J'ajouterai que cette enquête est forcément internationale puisque plusieurs nations sont impliquées. Nous avions indiqué, puisqu'il s'agissait des Nations unies, que c'était au Secrétaire général des Nations unies de choisir la forme de cette enquête. Nous avons évoqué la Croix Rouge internationale et une enquête qui serait dirigée par les Nations unies mais qui aurait plusieurs participants, des protagonistes internationaux, forcément. Nous en sommes là et nous pensons que c'est tout à fait dans l'intérêt de nos amis israéliens d'avoir une enquête large et donc forcément internationale. C'est à eux de répondre maintenant. Je crois qu'une proposition assez précise a été faite par les Américains, par les Français et par les Nations unies. La réponse de nos amis britanniques va dans ce sens.

Deuxièmement et peut-être le point le plus important, la situation de Gaza n'est pas tenable. La situation de Gaza est intenable pour les gens qui y sont assiégés depuis si longtemps. Et tout cela profite à qui ? Cela profite aux gens qui alimentent les tunnels, à ceux qui prennent des taxes sur les produits qui rentrent et ce n'est pas possible de continuer ainsi.

Je comprends la nécessité d'un contrôle sur les armes, William vient d'en parler, nous devons tous comprendre pourquoi il ne faut plus qu'il y ait d'armes dans cet enclos de Gaza. Vous savez, l'Union européenne avait été chargée, il fut un temps, du contrôle du passage de Rafah : nous pouvons proposer à nouveau que l'Union européenne réactive le contrôle de ce passage. Nous pouvons aussi très bien contrôler la cargaison des bateaux qui se dirigent vers Gaza. Nous pouvons le faire, nous souhaitons le faire et nous le ferions très volontiers. Il faut que l'Union européenne participe plus encore qu'elle ne le fait, et elle le fait beaucoup, mais participe pratiquement, politiquement, matériellement à emprunter plus encore le chemin de la paix, profitant de la poursuite des "proximity talks" qui doivent continuer, je l'espère, à apporter des éléments positifs.

Voilà. Ces deux propositions sont faites par les deux ministres britannique et français. Il faut se saisir de cette crise dramatique, qui a été pour l'opinion publique un vrai choc, pour aller de l'avant sur le chemin de la paix.

(...)

Q - (Concernant le poids symbolique des déclarations faites à l'encontre d'Israël)

(...)

R - Nous ne faisons pas que des déclarations, désolé de le dire. Deux ans après la Conférence de Paris, nous continuons, avec le Premier ministre palestinien, Salam Fayyad, à proposer, à développer des projets. Et précisément à Gaza, nous menons des projets particuliers comme celui de l'hôpital Al Quds, ou encore concernant la mise en place de stations d'épuration à Betlaya. Les projets sont nombreux et ce ne sont pas seulement des déclarations. Nous ne voulons offenser personne, mais nous, le monde entier, sommes totalement convaincus et d'accord que la solution réside dans la mise en place de deux Etats. Nous connaissons la procédure, la voie à suivre, désormais qu'attendons-nous ? (...).


source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 8 juin 2010

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