Déclaration de M. Michel Mercier, ministre de l'espace rural et de l'aménagement du territoire, sur les appellations d'origine contrôlées (AOC) et les mesures mises en oeuvre à la suite du dernier CIADT, Oudry (Saône-et-Loire) le 7 juin 2010. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Michel Mercier, ministre de l'espace rural et de l'aménagement du territoire, sur les appellations d'origine contrôlées (AOC) et les mesures mises en oeuvre à la suite du dernier CIADT, Oudry (Saône-et-Loire) le 7 juin 2010.

Personnalité, fonction : MERCIER Michel.

FRANCE. Ministre de l'espace rural et de l'aménagement du territoire

Circonstances : Lancement de l'Appellation d'Origine Contrôlée (AOC) fromage de chèvre Charolais à Oudry (Saône-et-Loire) le 7 juin 2010 ; Comité interministériel d'aménagement et de développement du territoire (CIADT) le 11 mai 2010

ti : Monsieur le Maire d'Oudry, M. MARTIN
Monsieur le Président de l'INAO, M. ARNAUD
Monsieur le promoteur de l'AOC fromage de chèvre Charolais, M. RIZET
Mesdames et Messieurs,


C'est un bonheur pour moi de venir à Oudry pour lancer l'Appellation d'Origine Contrôlée du « Charolais ». Ce fameux fromage de chèvre devient ainsi le 46ème fromage à bénéficier d'une AOC en France. Je vous en félicite !

C'est une belle victoire pour nos terroirs, pour nos territoires et pour le patrimoine culinaire et gustatif français. Au total, l'aire géographique du fromage de Charolais s'étend sur le territoire de 219 communes de la Saône-et-Loire, 31 communes de la Loire, 21 communes du Rhône et 16 communes de l'Allier !

1. La procédure d'appellation contrôlée, ancienne et reconnue, est un précieux outil d'aménagement du territoire.

Elle permet en effet la reconnaissance d'un travail, d'une qualité et participe de ce fait à la promotion et à l'attractivité des territoires.

De fait, la richesse, la diversité de nos productions, leur saine émulation, appelle, de la part des pouvoirs publics, un appui, une aide à la reconnaissance, dont l'appellation d'origine contrôlée fait pleinement partie.

D'ailleurs, c'est bien la démarche que nous privilégions dans tous les domaines de l'aménagement du territoire : la consécration d'une dynamique collective alliant partage d'un savoir-faire, atouts locaux et engagement humain. Dans le cadre des orientations fixées par le Président de la République, le Premier Ministre a labellisé en CIADT, sur ma proposition, des pôles de compétitivité qui rassemblent des entreprises, des universités et des centres de recherche autour d'une production innovante ; il en va de même des grappes d'entreprises qui associent des acteurs économiques sur un secteur identifié.

Je trouve donc particulièrement positif que l'aménagement du territoire oriente son action vers les produits les plus traditionnels, les plus enracinés dans nos terroirs, et en même temps, vers les nouvelles technologies, les écotechnologies.

A travers cette diversité des champs d'application de l'aménagement du territoire, nous avons une des clés d'un développement réussi et harmonieux. Le local ne s'oppose pas au global, la synthèse des deux est possible, la mondialisation ne détruit pas l'enracinement. Les nouvelles technologies n'annulent pas les produits traditionnels, bien au contraire, il nous revient en fait d'organiser leur complémentarité.

C'est donc en valorisant, en promouvant nos productions traditionnelles et de qualité, comme nous le faisons aujourd'hui à travers le fromage « Charolais », que nous pourrons, dans un cadre concurrentiel, conquérir de nouveaux marchés, attirer de nouveaux publics, séduire d'autres touristes.

Nous le savons tous, la France, sur ce sujet, est particulièrement riche par sa géographie, son histoire, son agriculture. A nous de faire découvrir ces richesses dans leur diversité, c'est ce à quoi je m'emploie depuis mon arrivée dans ce beau ministère !

2. Ce qui nous réunit aujourd'hui, à travers le lancement de cette nouvelle AOC, c'est aussi l'attachement à l'excellence, l'excellence de nos territoires, l'excellence de nos terroirs, l'excellence de notre agriculture !

? C'est la recherche d'émulation qui a inspiré le Lancement d'une seconde génération de Pôles d'Excellence Rurale, en lien avec Bruno Le Maire, fondée sur deux axes fondamentaux :
- le renforcement de la capacité économique des territoires ruraux,
- la prise en compte des besoins des populations dans le domaine des services publics et des services au public en fonction des évolutions des territoires.

Certains produits d'origine ont d'ailleurs constitué le socle de pôles d'excellence rurale, la dynamique de leurs territoires d'implantation.

? Les AOC sont une composante essentielle de cette recherche d'excellence. Elles offrent des saveurs authentiques, reflets de la variété de notre patrimoine culturel et culinaire.

Le savoir-faire humain, enrichi de l'expérience d'une longue histoire, allié aux sols et au climat, confère une typicité et une notoriété à ces produits. A la croisée de la préservation de nos cultures, mais aussi de l'évolution de la société, les indications géographiques répondent aux attentes actuelles des consommateurs. A travers ses préférences alimentaires, la société exprime un attachement parfois associé à une dimension identitaire. Fruits d'un lieu géographique dont ils portent le nom, à l'instar du Charolais que nous célébrons aujourd'hui, les produits d'origine sont autant de repères dans le domaine alimentaire dont on sait l'importance culturelle et sociale.

? Les AOC constituent également de véritables outils modernes de développement local.

Le concept de produits ancrés sur un territoire s'est imposé au-delà même des limites de l'Europe où ils ont contribué au développement rural et à la mise en valeur du patrimoine gastronomique de nombreux pays.

La France, comme l'Italie, compte aujourd'hui près de180 produits (hors vins et spiritueux) en AOC et en IGP, à comparer avec 121 produits pour l'Espagne, 114 pour le Portugal, 72 pour l'Allemagne et 31 pour la Grande-Bretagne.

Près d'une exploitation agricole sur quatre est engagée dans ces démarches, le chiffre d'affaires de ces filières, viticulture comprise, avoisine 15 milliards d'euros.

En dehors des filières elles-mêmes, les retombées économiques et sociales locales sont notables. Sur le plan touristique notamment, les paysages façonnés par les hommes et la notoriété des produits contribuent à l'attractivité d'un territoire.

Outils de développement durable, les appellations d'origine protégée et les indications géographiques protégées permettent au consommateur d'être en phase avec les attentes sociétales actuelles.

Ainsi, les Appellations d'Origine Contrôlées participent au maintien d'activités rémunératrices en zones rurales, contribuent à maintenir des filières de qualité et consacrent des produits uniques à forte typicité.

3. Je voudrais vous dire quelques mots des mesures qui seront mises en oeuvre à la suite du CIADT du 11 mai dernier.

Le CIADT a officialisé un peu plus de 40 mesures pour le monde rural. Alors bien sûr je ne vais pas toutes les énumérer devant vous. Mais permettez-moi de citer celles qui vous intéressent directement.

En matière agricole, je mentionnerai un exemple très concret : les producteurs agricoles auront désormais un accès plus direct et plus facile à la commande publique grâce à une modification de la loi et du code des marchés publics. Les cantines scolaires et des lieux de restauration collective pourront donc être approvisionnés en produits locaux ! J'ai porté cette mesure via un amendement gouvernemental au Sénat qui a été voté à l'unanimité.

Pour le développement économique local. Je pense aux avantages sociaux et fiscaux dans les zones de revitalisation rurale, qui vont être étendus à la transmission des entreprises. C'est une mesure essentielle pour stabiliser le tissu économique rural, quand on sait qu'une large part du développement économique des territoires ruraux repose sur la reprise d'activités préexistantes. Coiffeur, boucher, boulanger, café restaurant, autant d'activités qui font vivre les villages ! C'est un sujet complexe. Car il s'agit souvent d'artisans et de commerçants, qui ne bénéficient pas de grosses retraites et qui comptent essentiellement sur la vente de leur fonds, de préférence le plus cher possible... Or les jeunes en mesure de racheter n'ont pas forcément le même métier.

Il y a également la question du maintien des commerces de proximité, pour lequel l'intervention du FISAC sera majorée en zone de revitalisation rurale.

Je pense enfin à la filière chasse, pour laquelle nous allons mettre en place une chaîne de commercialisation, en liaison avec la fédération nationale des chasseurs, en application de la nouvelle réglementation sanitaire de décembre 2009.

Ces mesures seront financées pour moitié par fléchage vers les territoires ruraux de moyens budgétaires et d'opérateurs de l'Etat. L'autre moitié sera financée par les ressources du grand emprunt au titre des dépenses d'avenir.

L'aménagement du territoire est un tout, dont je souhaite favoriser l'ensemble des facettes. C'est pourquoi, nous devons faire porter nos actions sur tous les secteurs de la vie rurale : agriculture et agroalimentaire, bien sûr, mais aussi tourisme, aide aux jeunes, soutien aux entrepreneurs... C'est ainsi que nous maintiendrons et créerons des emplois dans les terroirs.

Je vous remercie, et surtout, j'aurai plaisir à revenir pour lancer avec vous l'AOC du boeuf de Charolles, en cours de finalisation.


Source http://www.datar.gouv.fr, le 21 juin 2010

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