Interview de M. Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat aux transports, à Europe 1 le 2 juillet 2010, sur les départs en vacances, la sécurité routière et les augmentations du tarif des transports RATP et SNCF en Ile-de-France. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat aux transports, à Europe 1 le 2 juillet 2010, sur les départs en vacances, la sécurité routière et les augmentations du tarif des transports RATP et SNCF en Ile-de-France.

Personnalité, fonction : BUSSEREAU Dominique, FOGIEL Marc-Olivier.

FRANCE. Secrétaire d'Etat aux transports;

ti : M.-O. Fogiel.- Bonjour D. Bussereau.
 
D. Bussereau : Bonjour M.-O. Fogiel.
 
Question : Vous êtes donc le secrétaire d'Etat chargé des Transports. Premier jour de grands départs en vacances, c'est le début des vacances scolaires en France, on attend une affluence très importante sur les routes, dans les trains ; 1,5, million de personnes dans les gares, dans les aéroports. Vous attendez un week-end compliqué, vous, sérieusement ?
 
D. Bussereau : Ce qui complique un peu, c'est ce que vous expliquez sur l'antenne depuis ce matin, c'est-à-dire la chaleur qui va donner des orages, qui va donner des conditions de circulation difficiles. On est « Orange » aujourd'hui dans toute la France, sauf en Ile-de-France, et demain...
 
Question : Là on est « Rouge » en Ile-de-France !
 
D. Bussereau : Voilà. Demain même chose en Ile-de-France et en vallée du Rhône. Donc ça veut dire beaucoup de monde sur les routes, et puis beaucoup de monde dans les gares, les aéroports et tous les lieux de départ en vacances.
 
Question : Très bien. Alors prévention évidemment, mais répression. 200 nouveaux radars vont être mis en place à partir du mois d'août sur les routes, ils seront moins faciles à repérer, on l'a dit sur Europe 1, c'est-à-dire qu'ils ne seront plus signalés 400 mètres en amont, mais 1 à 2 kilomètres. C'est bien ça ? Il faut expliquer ça, D. Bussereau ce matin.
 
D. Bussereau : Si vous voulez, les radars actuels, les radars automatiques, ceux - on connaît le phénomène : je fais un petit coup de frein et je redonne un petit coup d'accélérateur - on va les laisser dans la signalisation en l'état, sauf dans certains cas où on constate vraiment que les automobilistes ré-appuient trop vite sur l'accélérateur, on pourra mettre les nouveaux panneaux. Et comme vous venez de le dire, les nouveaux radars, à partir du mois d'août, des panneaux plus lointains, donc une zone d'incertitude, dans laquelle il y aura à la fois des radars fixes et des radars mobiles, donc une...
 
Question : Mais pourquoi les signaler quand même ? Excusez-moi de la question naïve, mais pourquoi les signaler ?
 
D. Bussereau : Parce que l'objectif ce n'est pas de faire du chiffre, je vous l'ai déjà expliqué sur cette antenne à plusieurs reprises, l'objectif ce n'est pas de gagner de l'argent pour l'Etat par les amendes, l'objectif c'est de ralentir la vitesse pour éviter des morts et des blessés. Donc c'est un geste de prévention.
 
Question : De ce point de vue là, les chiffres des morts sur les routes ?
 
D. Bussereau : Ecoutez, vous savez qu'on a eu un peur en fin d'année puisque on était quasiment au chiffre de l'année précédente, on a quand même eu un petit peu moins de morts l'année dernière. Là, depuis le début de l'année c'est bon. Si je prends l'exemple du mois de mai - je n'ai pas encore les chiffres, avec J.-L. Borloo, du mois de juin - mois de mai par rapport à l'année dernière, -13% de blessés, -14% quasiment de morts, et puis depuis le début de l'année, -13% de blessés, quasiment -9% de morts. Donc c'est plutôt bien. On n'a pas juin, juin il y a beaucoup de monde, il a fait beau, voilà, on aura peut-être malheureusement des chiffres un peu moins bons pour le mois de juin.
 
Question : Un mot sur les économies et les augmentations importantes, on en parle depuis les augmentations du 1er juillet. Hier, la RATP, augmentation aussi pour la SNCF. En période de départs en vacances et à l'heure où on parle beaucoup d'éco-mobilité, ça ne devient pas de plus en plus compliqué ?
 
D. Bussereau : Il faut distinguer les choses. La RATP c'est le STIF, le Syndicat des Transports d'Ile-de-France, dont la région Ile-de-France est responsable, qui prend ses responsabilités, qui annonce ses tarifs, donc l'Etat n'est pas responsable. En ce qui concerne la SNCF, elle nous a en effet informés de cette hausse...
 
Question : Non, mais l'Etat a un avis quand même. L'Etat n'est pas forcément responsable, mais l'Etat peut avoir un avis quand même.
 
D. Bussereau : Oui, enfin si vous voulez, mais du point de vue de l'organisation, c'est le président Huchon qui est le patron des transports en Ile-de-France.
 
Question : Je sais bien, mais vous avez un avis.
 
D. Bussereau : Oui, oui. Ecoutez, moi je pense qu'il faut, de temps en temps, adapter les tarifs, parce que le transport ne peut pas être gratuit, il y a une participation des entreprises, il y a une participation par nos impôts, donc il faut de temps en temps ajuster les tarifs un peu partout. L'Ile-de-France, je n'ai pas d'avis spécifique, je ne suis pas élu en Ile-de-France. Sur le plan de la SNCF, c'est une augmentation un peu classique, un peu normale, qui ne se fait pas sur les cartes de réductions, mais qui a pour but de tenir compte de l'augmentation des coûts, des péages.
 
Question : Tout ça est normal.
 
D. Bussereau : Vous savez, on va quand même construire à partir de l'année prochaine 2.000 kilomètres de lignes nouvelles de TGV en France, qui sont payées par la SNCF, par le biais des péages qu'elle paye, et donc il est un peu normal que tout ça se paye, naturellement.
 
Question : Un mot encore sur les transports, simplement. Est-ce que vous êtes inquiet pour aujourd'hui ? Est-ce que vous avez une inquiétude ? La dernière fois qu'on vous avait en ligne un jour de grands départs en vacances, vous nous aviez dit « non », et ça a été une catastrophe dans le week-end !
 
D. Bussereau : Vous savez, donc je vais dire oui. L'inquiétude ce sont les conditions météo exceptionnelles. B. Hortefeux aura l'occasion de préciser demain les dispositifs de police et de gendarmerie qui sont en place. J'ajoute que, en dehors des radars, que vous avez cités tout à l'heure, on met également en place des radars sur les passages à niveau, j'ai inauguré le premier il y a quelques jours, parce qu'on a beaucoup d'accidents sur les passages à niveau, et des radars tronçons. C'est-à-dire des radars qui vont contrôler la vitesse sur certains tronçons, il n'y aura pas encore pendant cet été, mais on a les testés récemment chez moi sur le pont d'Oléron en Charente-Maritime, et ça permettra de contrôler la vitesse sur des passages un peu dangereux comme les ponts, les tunnels.
 
Question : Justement, chez vous, donc une question plus locale, vous êtes le président du Conseil général de Charente-Maritime, un département, on le sait, hélas sinistré il y a quelques mois par la tempête Xynthia. La Vendée avait été aussi très touchée. Ça a eu un impact touristique chez vous ?
 
D. Bussereau : Non, écoutez, je ne crois pas. D'ailleurs, dès les semaines qui ont suivi, les touristes sont revenus pour les week-ends de printemps. Il y a même une solidarité d'un certain nombre de touristes qui nous disent « je viens pour vous aider parce que vous avez des soucis ». Je crois que c'est la même chose en Vendée, et je souhaite que ce soit la même chose dans le Var, qui vient de souffrir également. Ça entraîne plutôt, ce genre de phénomène, un sentiment de solidarité plutôt qu'un sentiment de se détourner de ces destinations.
 
Question : Vous êtes donc secrétaire d'Etat chargé des Transports, pour l'instant en tout cas. Remaniement en octobre ?
 
D. Bussereau : Je vous remercie.
 
Question : Est-ce que vous craignez de perdre votre poste en octobre, D. Bussereau ?
 
D. Bussereau : Vous savez, moi ça fait plus de 8 ans que je suis au Gouvernement, c'est un honneur de servir son pays. Je suis à la disposition du Président, s'il veut me garder il me garde, s'il souhaite me remplacer il me remplace, c'est la règle de la Vème République.
 
Question : Je comprends bien, mais un gouvernement resserré, avec des économies d'ailleurs, est-ce que, finalement, un secrétariat d'Etat chargé des Transports peut être touché, à votre avis, au-delà de votre personne évidemment ?
 
D. Bussereau : Ecoutez, je pense que la politique des transports est au coeur de la vie quotidienne, vous venez de le démontrer par cette émission, c'est aussi économiquement important. J'étais à Tripoli, à la demande du président de la République, avant hier, on vient de vendre un grand paquebot qui va créer plusieurs années d'emplois autour de Saint-Nazaire, hier en Grèce pour parler du TGV et (...) voilà, c'est important...
 
Question : On sent que vous voulez le garder ce secrétariat d'Etat.
 
D. Bussereau : ...Mais ce n'est pas à moi d'en juger. Vous savez que ministre en latin c'est minister et ça veut dire serviteur.
 
Question : En revanche, vos collaborateurs, eux, c'est une certitude, vous allez devoir les réduire, 4 par secrétaire d'Etat, vous en avez 7, c'est les nouvelles économies annoncées, vous renoncez à 3 donc !
 
D. Bussereau : Ecoutez, on va s'organiser différemment. Vous savez, on est dans un grand ministère avec J.-L. Borloo, avec l'écologie, les transports, l'énergie, et donc on peut mutualiser un certain nombre de fonctions tous ensemble.
 
Question : Vos collègues, C. Blanc, A. Joyandet, les cigares etc., vous pensez qu'ils ont porté atteinte, un peu, à la crédibilité de votre gouvernement ?
 
D. Bussereau : Ecoutez, je pense que ce sont de bons ministres, que tout ça c'est un peu l'écume des choses. Je comprends la réaction de nos concitoyens...
 
Question : Et de N. Sarkozy, sur les cigares il n'a pas été content !
 
D. Bussereau : Oui, mais je comprends la réaction des uns et des autres, et celle de nos concitoyens, mais je veux dire que quand on observe le bilan des uns, des autres, pour moi C. Blanc c'est le Grand Paris avant les cigares, A. Joyandet c'est le travail qu'il a fait pour Haïti et F. Amara c'est le travail pour les banlieues. Après, c'est au Président, au Premier ministre, à l'opinion publique, d'apprécier.
 
M.-O. Fogiel : Merci D. Bussereau, secrétaire d'Etat chargé des Transports. Grand jour de départs en vacances aujourd'hui. Bonne journée.
 

Source : Premier ministre, Service d'Information du Gouvernement, le 5 juillet 2010

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