Déclaration de M. Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat aux transports, sur le développement de réseaux de transports maritimes de marchandises entre la France et l'Espagne et dans le cadre de l'Union européenne, à Gijon (Espagne) le 16 septembre 2010. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Déclaration de M. Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat aux transports, sur le développement de réseaux de transports maritimes de marchandises entre la France et l'Espagne et dans le cadre de l'Union européenne, à Gijon (Espagne) le 16 septembre 2010.

Personnalité, fonction : BUSSEREAU Dominique.

FRANCE. Secrétaire d'Etat aux transports

Circonstances : Inauguration de l'autoroute de la mer entre la France et l'Espagne entre Nantes-Saint-Nazaire et Gijon, à Gijon (Espagne) le 16 septembre 2010

ti : Monsieur le Ministre,
Excellence, Monsieur l'Ambassadeur,
Mesdames et Messieurs les Présidents et les Directeurs,
Monsieur le Représentant de la Commission européenne,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames, Messieurs,


Je suis heureux d'être parmi vous, pour inaugurer la première Autoroute de la mer entre le Port de Gijón et celui de Nantes - Saint-Nazaire. Le Port de Gijón est un lieu privilégié pour établir cette liaison maritime franco-espagnole, vouée à drainer un trafic important de marchandises. C'est l'un des ports les plus dynamiques de la façade Atlantique, et le premier port de vrac sec en Espagne.

Cette Autoroute de la mer est le fruit d'une collaboration exemplaire de nos deux Etats, de nos entreprises et de nos ports. Elle marque notre volonté mutuelle de développer des alternatives performantes à la route pour le transport en Europe. L'Espagne, comme la France, est aussi à la pointe dans le développement de son réseau ferroviaire de Lignes à Grande Vitesse [LGV]. Dans ce domaine, nos construisons également des axes de communication transfrontaliers. L'ouverture du tunnel Perpignan - Figueras, qui aura lieu d'ici la fin 2010, permettra de former un axe Perpignan - Barcelone, puis un axe Perpignan - Madrid, dont l'impact sera très positif pour les échanges franco-espagnols.

Avec l'organisation de la Conférence sur les Réseaux Transeuropéens de transport [RTET] à Saragosse, au printemps dernier, la Présidence espagnole de l'Union Européenne a adressé un signe fort à l'Europe. Elle a posé les bases d'une Europe qui avance et qui innove, en bâtissant des réseaux de transports plus performants et plus propres pour développer les liens entre ses Etats membres.


[ 1. Une volonté forte et partagée de bâtir les Autoroutes de la mer ]

[ 1.1) Faire émerger ensemble le transport maritime de marchandises]

Cette première Autoroute de la mer franco-espagnole est une réussite que nous avons bâtie ensemble. La genèse du projet remonte à 2004, au sommet de Saragosse. Nous partions d'un constat simple : les flux de transport routier de marchandises traversant les Pyrénées ne cessent de croître. Les encombrements de nos axes routiers, sur nos deux façades maritimes, s'intensifient. Il était donc indispensable de mettre en place des solutions complémentaires au transport par route.

Dès octobre 2005, nous avons lancé à Barcelone le processus qui a débouché sur un appel à projets entre nos deux pays. Nous avons retenu deux dossiers, qui ont parfaitement su intégrer nos préoccupations en termes de report modal, et présenter des propositions à la fois réalistes et ambitieuses.

[ 1.2) Un soutien financier massif pour deux services complémentaires]

Les deux services retenus portent sur des marchés complémentaires. Le premier service s'adresse à une demande de transport « accompagné », c'est-à-dire que le tracteur et le chauffeur « suivent » la remorque. Assuré par GLD ATLANTIQUE, nous l'inaugurons dès aujourd'hui. Le second s'adresse à une demande de transport « non-accompagné », où seule la remorque est embarquée. Ce sera l'Autoroute de la mer exploitée par ACCIONA TRANSMEDITERRANEA.

La France et l'Espagne se sont chacune engagées à apporter un soutien important, avec 15 millions d'euros par projet. Au total, ce sont donc 60 millions d'euros de fonds publics qui seront affectés au soutien de cette première Autoroute de la mer. Nous partageons la conviction qu'il existe un « modèle économique » pour ces voies de transport. L'équilibre financier ne pouvant être trouvé tout de suite, elles nécessitent une aide au lancement que nous mettons ici en oeuvre. Lors du sommet franco-espagnol du 28 avril 2009 à Madrid, nous avons ainsi signé les conventions d'exploitation et de financement avec chacune des sociétés exploitantes. Aujourd'hui, l'offre de transport alternative à la route est opérationnelle entre Nantes et Gijón, et va pouvoir démontrer ses mérites.


[ 2. Pour une alternative performante au transport routier]

[ 2.1) Un service propre, fiable et compétitif]

Le service exploité par GLD ATLANTIQUE s'adresse directement aux transporteurs routiers. Ceux-ci pourront l'utiliser simplement, sans avoir besoin de se munir d'un matériel spécifique. La durée de la traversée, qui n'excède pas quatorze heures, améliorera les conditions de travail des conducteurs routiers, qui bénéficieront ainsi d'une large plage de repos.

A la différence du cabotage ou des liaisons maritimes classiques, les Autoroutes de la mer visent la performance d'un bout à l'autre de la chaîne de transport. Le service proposé est fréquent, régulier et cadencé selon des horaires fixes. Il est à la fois rapide et fiable. De plus, son prix est attractif par rapport à une prestation équivalente par la voie routière. La compétitivité des Autoroutes de la mer est un enjeu majeur. A ce titre, je tiens à souligner la mobilisation des autorités portuaires de Nantes - Saint-Nazaire et de Gijón, qui ont mis en place des installations, des terminaux et des équipements spécialement aménagés pour accueillir de nouveaux flux de marchandises.

[ 2.2) Les Autoroutes de la mer, une dynamique européenne qui se poursuivra]

Pour que les Autoroutes de la Mer soient une dynamique européenne, j'ai tenu à ce qu'elles soient intégrées dans le réseau Transeuropéen de Transport [RTE-T]. J'ai également demandé à la Commission européenne de mettre de l'ordre dans les soutiens apportés à ces projets. Il est important que la Commission dresse un cadre harmonisé pour organiser l'appui financier des Etats membres aux Autoroutes de la mer, et qu'elle les soutienne fortement.

D'ores et déjà, les Etats Espagnol et Français poursuivent les efforts pour promouvoir leur développement. Nous avançons également sur des projets avec le Portugal, l'Italie et Malte. Toutes ces initiatives nous permettront d'atteindre l'objectif d'un report sur le transport maritime de 5 à 10% des trafics routiers qui traversent les Alpes et les Pyrénées, pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Par ailleurs, un effort commun doit être soutenu pour rendre les Autoroutes de la mer toujours plus compétitives par rapport au tout routier. L'Europe a un rôle à jouer pour y parvenir, en réfléchissant par exemple au développement d'un système « d'écobonus » attribués aux transporteurs faisant le choix du maritime, comme il en existe déjà chez nos amis Italiens.


[ Conclusion]

Pour conclure, je voudrais rendre hommage à toutes celles et ceux qui ont contribué à la réussite de ce projet innovant : les actionnaires de GLD ATLANTIQUE et notamment Philippe LOUIS-DREYFUS, le Cercle pour l'Optimodalité en Europe [COE], l'Union Européenne, le port de Gijón et le Port de Nantes - Saint-Nazaire, les Gouvernements et les services de nos deux Etats. Je me félicite de la qualité de la collaboration des entreprises et des autorités portuaires françaises et espagnoles. La liaison Nantes - Saint-Nazaire - Gijón préfigure un réseau d'Autoroutes de la mer à l'échelle de l'Europe, interconnecté entre nos différentes façades maritimes et mers intérieures. Nous voulons construire ce réseau efficace, soucieux de l'environnement et adapté aux attentes du monde des transports.

Je voudrais vous inviter, vous les chargeurs, les transporteurs et tous les utilisateurs potentiels, à recourir sans réserve aux nouveaux services offerts par les Autoroutes de la mer. Ces services sont la marque de la vitalité de la coopération franco-espagnole, et représentent l'avenir des échanges commerciaux, toujours intenses, entre nos deux pays. Ils seront bientôt enrichis par l'Autoroute de la mer exploitée par ACCIONA TRANSMEDITERRANEA, qui reliera entre les Ports de Vigo, Nantes - Saint-Nazaire et Le Havre. Nous nous retrouverons très prochainement pour inaugurer cette nouvelle liaison, qui sera mise en service à l'été 2011.


Je vous remercie.


Source http://ambafrance-es.org, le 23 septembre 2010

Rechercher