Déclaration de Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la santé et des sports, sur la reconstructiondu Centre hospitalo-universitaire de Caen et sa place dans la formation et la recherche médicales, Caen le 27 septembre 2010. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la santé et des sports, sur la reconstructiondu Centre hospitalo-universitaire de Caen et sa place dans la formation et la recherche médicales, Caen le 27 septembre 2010.

Personnalité, fonction : BACHELOT-NARQUIN Roselyne.

FRANCE. Ministre de la santé et des sports

Circonstances : Visite du centre de lutte contre le cancer à Caen le 27 septembre 2010

ti : Monsieur le préfet, cher Didier Lallement,
Monsieur le député-maire, monsieur le président du conseil d'administration, cher Philippe Duron,
Monsieur le directeur, cher Angel Piquemal,
Monsieur le président de la commission d'établissement, cher Professeur Henri Besnsadoun,
Monsieur le directeur général de l'ARS, cher Pierre-Jean Lancry,
Monsieur le directeur du centre de lutte contre le cancer François Baclesse, cher Professeur Khaled Meflah,
Monsieur le Doyen de la Faculté de médecine, cher Professeur Jean-Louis Gérard,
Mesdames, messieurs,


« On peut combattre une armée. On ne peut pas combattre une idée dont le temps est venu », écrivait Victor Hugo.

Aujourd'hui, le temps est venu, pour le CHU de Caen, d'écrire une nouvelle page de son histoire.

Aujourd'hui, le temps est venu, pour le CHU de Caen, de dépasser le passé pour bâtir l'avenir.

Aujourd'hui, le temps est venu, pour nous , de reconstruire le CHU de Caen.

Si j'ai tenu à venir aujourd'hui à votre rencontre, c'est précisément pour vous l'annoncer : l'Etat va s'engager dans ce projet de reconstruction et y apporter une contribution financière déterminante.

Ministre de la qualité et de la sécurité des soins, je considère qu'un hôpital est un lieu de vie, dans lequel chacun doit pouvoir soigner ou être soigné dans les meilleures conditions.

Ces conditions, nous devrons les imaginer et les bâtir pour répondre aux attentes et aux besoins de nos concitoyens à l'échelle de la région Basse-Normandie, en coordonnant le plateau caennais tout entier.

Donc, que l'on ne s'y trompe pas : l'engagement que prend solennellement l'Etat aujourd'hui repose sur la confiance pour faire naître un véritable projet de santé.

L'enjeu est clair : il faut bâtir l'hôpital de demain, l'hôpital du XXIe siècle, capable de répondre aux grandes problématiques de santé à l'horizon 2025-2030.

C'est la mission qui vous revient à toutes et à tous, qui revient à toute la communauté hospitalière. C'est la feuille de route que je donne à Angel Piquemal, le directeur général, une feuille de route partagée, je le sais, par le Professeur Khaled Meflah.

Tout d'abord, la reconstruction architecturale du CHU de Caen devra être le fruit d'un véritable projet médical et d'une organisation des soins renouvelée.

Ensuite, cette reconstruction devra être mise en perspective à l'échelle territoriale pour redéfinir l'offre de soins.

Enfin, pour construire un groupe de santé hospitalo-universitaire ambitieux, il faut faire une large part à la formation et à la recherche.


Tout d'abord, je vous le disais, un CHU, c'est un projet médical, c'est une organisation des soins.

La proximité géographique du CHU et du centre François Baclesse a déjà permis aux équipes médicales d'envisager un projet médical commun.

Ainsi, les deux établissements se sont engagés ensemble dans un contrat de performance avec l'agence nationale d'appui à la performance. Quand on sait l'importance de l'architecture pour l'organisation des soins, la reconstruction du site devra se nourrir de ces travaux qui auront pour objectif cardinal la meilleure prise en charge des patients.

C'est aussi, à mes yeux, une belle illustration de votre sens des responsabilités. Vous avez bien compris que l'Etat ne peut intervenir qu'en appui de vos initiatives, que c'est vous qui tenez votre avenir dans vos mains et que celui-ci passe par une interrogation systématique sur les organisations actuelles. Je ne doute pas que vous aurez à coeur de poursuivre la réflexion en ce sens.

Votre projet médical sera le socle de travail des architectes, qui devront imaginer un espace à taille humaine, capable de faciliter les échanges, d'optimiser les déplacements des patients comme des soignants.


Mais je vous propose d'aller plus loin encore et ce sera l'objet de mon deuxième point : un grand centre hospitalo-universitaire a une responsabilité territoriale vis-à-vis de la région qu'il dessert.

C'est lui qui forme les médecins.

C'est lui qui est le plus souvent en pointe sur les projets de recherche.

C'est encore lui qui est le recours en cas de pathologies lourdes ou complexes.

Votre projet devra intégrer cette dimension régionale, non seulement vis-à-vis des autres établissements publics, mais aussi vis-à-vis des établissements privés et des professionnels libéraux.

Car, nous le savons bien, notre paysage sanitaire évolue. Ainsi, par exemple, les alternatives à l'hospitalisation se développent considérablement, ce qui doit nous inviter à repenser les dimensions de nos structures hospitalières.

Les technologies de l'information, notamment la télémédecine, sont porteuses aujourd'hui de beaucoup de promesses.

De nouvelles pratiques en matière de prise en charge des patients vont se pouvoir développer. Il y a là une véritable chance à saisir pour renforcer vos liens avec les professionnels libéraux Bas-Normands.


Enfin, votre projet devra réfléchir à la question de la formation et proposer une stratégie de développement des compétences.

A quoi servirait-il, en effet, d'organiser les soins si nous ne disposons pas des compétences pour les mettre en oeuvre ?

Votre objectif doit donc être d'adapter vos stratégies d'enseignement aux besoins particuliers de votre région.

L'enseignement et la formation sont les fondations de l'avenir.

En lien avec l'université, le conseil régional, l'agence régionale de santé, vous devrez construire les filières de formations correspondant à une vision de notre système de santé à l'horizon 2025-2030.

Les soins, l'enseignement et la recherche constituent le socle d'un complexe hospitalo-universitaire.

Vous avez la chance de vous inscrire dans un environnement particulièrement favorable pour la recherche.

Caen, en effet, est connu pour ses équipes de recherche sur les matériaux supra conducteurs. La présence du centre national de la recherche scientifique (CNRS) et du grand accélérateur national d'ions lourds (GANIL) ont permis des avancées significatives en matière de recherche fondamentale et de recherche clinique.

Le centre d'imagerie cérébrale et de recherche en neurosciences-CYCERON - qui associe les grands opérateurs de recherche, le CHU, le centre François Baclesse et l'université, en est une illustration.

La région porte également un projet de recherche sur l'hadronthérapie - le projet ARCHADE -, technologie prometteuse pour le traitement de certaines formes de cancer.

Tous ces exemples attestent bien la vitalité et le dynamisme de votre environnement dans le domaine de la recherche.

Dans ce domaine également, votre projet devra donc créer les synergies qui feront du plateau hospitalo-universitaire de Caen un phare de la recherche en médecine.


Vous l'aurez compris, je fais confiance aux professionnels de santé de la région, je vous fais confiance pour faire émerger collectivement un projet adapté et innovant.

Ouvert sur l'international et ancré dans la proximité, coordonné avec la médecine de ville comme avec les autres établissements de santé, publics ou privés, ambitieux en matière de formation et de recherche : tels sont les traits de l'hôpital dont Caen doit se doter.

C'est la responsabilité que je prends aujourd'hui devant vous.

Mais cette responsabilité, c'est aussi la vôtre et je compte sur vous pour la faire vivre pleinement.

A vos côtés, l'Etat accordera un suivi tout particulier à l'avancement de ce projet.

Soyez les acteurs de votre avenir !


Source http://www.sante-sports.gouv.fr, le 28 septembre 2010

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