Déclaration de M. François Fillon, Premier ministre, en réponse à une question posée sur la réforme des retraites, à l'Assemblée nationale le 12 octobre 2010. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. François Fillon, Premier ministre, en réponse à une question posée sur la réforme des retraites, à l'Assemblée nationale le 12 octobre 2010.

Personnalité, fonction : FILLON François.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Question posée par M. Jean-François Copé, député de Seine-et-Marne et président du groupe UMP, à l'Assemblée nationale le 12 octobre 2010

ti : Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les députés,
Monsieur le Président Copé,


Avec le Président de la République, nous n'avons jamais pensé que cette réforme serait facile. Pas plus d'ailleurs que l'ont été la réforme de 1993, celle de 2003 ou celle de 2007, qui pourtant aujourd'hui sont acceptées par la plus grande partie de nos concitoyens et par une grande partie de ceux qui siègent sur les bancs de l'opposition. Nous écoutons, nous respectons les inquiétudes qui s'expriment, mais en même temps je veux dire très solennellement à cette heure, devant l'Assemblée nationale, nous sommes décidés à mener cette réforme à son terme.

Nous sommes décidés à la mener à son terme, d'abord parce que c'est une réforme qui est raisonnable. Porter l'âge légal de la retraite à 62 ans quand la quasi-totalité des autres pays européens la portent à 65, à 66, à 67 voire à 68 ans, c'est un choix raisonnable que nous revendiquons avec la majorité.

Nous sommes décidés à mener cette réforme à son terme parce que c'est une réforme juste qui comporte des avancées sociales, que ceux qui crient sur ces bancs n'ont jamais eu le courage de mettre en oeuvre ! La pénibilité, les carrières longues, que vous avez promises maintes fois et que jamais vous n'avez mises en oeuvre ! Les deux gestes qui ont été faits au Sénat pour les mères de famille et pour les parents d'enfants handicapés, dont d'ailleurs plusieurs organisations syndicales ont reconnu qu'il s'agissait d'avancées sociales notables.

Enfin, nous sommes décidés à mener cette réforme à son terme, parce qu'elle est tout simplement indispensable au financement des retraites de nos concitoyens.

En démocratie, la voix de ceux qui manifestent, la voix de ceux qui font grève doit être respectée. Mais en démocratie, la voix du Parlement qui représente le peuple français doit aussi être respectée. Et vous avez voté cette réforme et le Sénat est en train de la voter.

Enfin, en République, les voix de l'intérêt général ont leurs exigences. L'exigence de vérité devant les défis démographiques ; l'exigence de l'effort, parce que nous ne pourrons pas financer les régimes de retraite sans un effort supplémentaire partagé. Et enfin, l'exigence de la solidarité intergénérationnelle, parce que ce n'est pas à nos enfants de payer le prix de notre imprévoyance ou de notre démagogie.

Je n'ai pas de leçon à donner aux jeunes lycéens, qui ont été appelés à la rescousse pour étoffer les manifestations. Je dis simplement que le sort de leur retraite ne sera pas garanti par ceux qui leur promettent de sauver l'avenir en sacrifiant le présent !


Source http://www.gouvernement.fr, le 13 octobre 2010

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