Déclaration de Mme Valérie Létard, secrétaire d'Etat au développement durable, sur les principaux axes de la politique en faveur de la rénovation énergétique dans le domaine de l'habitat, à Valenciennes (Nord) le 5 novembre 2010. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Valérie Létard, secrétaire d'Etat au développement durable, sur les principaux axes de la politique en faveur de la rénovation énergétique dans le domaine de l'habitat, à Valenciennes (Nord) le 5 novembre 2010.

Personnalité, fonction : LETARD Valérie.

FRANCE. Secrétaire d'Etat aux technologies vertes et aux négociations sur le climat

Circonstances : Inauguration du système de valorisation des eaux usées destiné à chauffer l'hôtel de ville de Valenciennes, à Valenciennes (Nord) le 5 novembre 2010

ti : Monsieur le Préfet,
Monsieur le Maire, Cher Dominique,
Monsieur le Président du Syndicat intercommunal d’assainissement de Valenciennes,
Madame le Directeur Général de Lyonnaise des Eaux,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames, Messieurs,
Chers amis,


Permettez-moi tout d’abord de remercier le Maire de Valenciennes, le Président du SIAV et Madame le Directeur Général de Lyonnaise des Eaux pour leurs présentations du nouveau réseau de chaleur de l’hôtel de ville que nous inaugurons aujourd’hui. Leurs explications vous ont apportés, j’en suis certaine, tous les éclaircissements sur une technique qui est pour nous encore peu familière mais que plusieurs pays européens voisins, en particulier l’Allemagne et la Suisse pratiquent déjà depuis plusieurs années.

Ils ont, à juste titre, mis en évidence tout l’intérêt, à la fois économique, financier et écologique de ce nouveau mode de chauffage.

Comme l’a rappelé Dominique, la Ville de Valenciennes, sous l’impulsion de Jean-Louis Borloo et de son maire actuel, est depuis longtemps entrée dans une démarche de développement durable, s’étant dotée d’un agenda 21 dès 1995, alors même que cette démarche était encore balbutiante au niveau local.

Je voudrais, si vous me le permettez, resituer cette démarche dans le cadre de l’action engagée par l’Etat, et en particulier par le Grenelle de l’Environnement. On se demande parfois ce que ce fameux Grenelle de l’environnement va bien pouvoir apporter concrètement aux populations. Lorsqu’on dit que le Grenelle de l’environnement a pour objectif d’assurer la mutation de notre société et de notre économie vers une société et une économie plus durable, au service des français et de l’avenir de la planète, ça peut paraître un peu éloigné des préoccupations quotidiennes des Français. Pourtant, je puis vous affirmer que petit à petit, sans qu’on s’en rende compte forcément très clairement, nos actes quotidiens, que ce soit à domicile ou sur le lieu de travail sont de plus en plus influencés par les mesures liées à la protection de l’environnement. Cela devient presque « naturel » si j’ose de dire.

Mais au final, pourquoi tous ces efforts pour économiser l’énergie et réduire nos émissions de gaz à effet de serre ? Tout simplement à terme la préservation des ressources naturelles de la planète et le souci d’assurer aux générations futures les moyens de se perpétuer. Notre responsabilité collective, c’est de transmettre à nos enfants une planète en état de marche.

Le développement durable, selon sa définition contenue dans un rapport de l’ONU qui date de 1987, doit « concilier le développement économique, la protection de l’environnement et l’équité sociale afin de répondre aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ».

Nous savons, grâce aux travaux de la communauté scientifique internationale, que la lutte contre le réchauffement climatique et la réduction des émissions de gaz à effet de serre sont plus qu’une nécessité. C’est désormais une urgence qui doit nous amener à revoir en profondeur notre modèle économique et social.

Le Grenelle de l’Environnement est l’outil innovant et consensuel qui va nous permettre d’arriver à cette fin. Le Grenelle de l’Environnement, c’est un processus de concertation parfaitement inédit qui a mis autour de la table des gens qui n’avaient jamais travaillé ensemble. Il leur a été demandé de réfléchir et de proposer des solutions, non pas sur quelques problèmes ou quelques pans d’activité, mais au contraire, de manière globale et transversale, sur toutes les conséquences du réchauffement climatique sur l’ensemble de notre société. Le Grenelle, ce sont 268 engagements sur des sujets aussi divers, aussi complexes que l’urbanisme, le logement, les transports, l’eau, l’énergie et les déchets, la préservation de la biodiversité, les modes de consommation et la gouvernance des entreprises (RSE).

Avec au terme de la démarche, un objectif, comment construire une démocratie écologique qui améliore la vie de tous les français, tout en préservant la biodiversité et les ressources naturelles de la planète ?

Les transformations que nous commençons à percevoir dans la vie de nos collectivités sont les fruits de cet immense chantier que 450 articles de lois et 70 dispositifs fiscaux ont mis en oeuvre.

Jean-Louis Borloo en a justement présenté la première évaluation mardi matin, parce qu’il ne suffit pas de voter des lois, encore faut-il qu’elles soient ensuite appliquées. Dans le cas du Grenelle, une formidable impulsion est en marche : sur les 268 engagements pris, 18% sont d’ores et déjà complètement réalisés, 77% sont en cours de réalisation et seuls une dizaine d’engagements n’ont pas connu de concrétisation et demanderont donc à être redéfinis. Cela prouve que des décisions concertées avec tous les acteurs de la société, sur le mode de la gouvernance à 5, débouchent sur des propositions réalistes, proches des besoins et dont la traduction concrète peut ensuite se construire efficacement.

J’en citerai deux exemples : le bâtiment, le secteur de l’énergie.

Le secteur du bâtiment est certainement l’un de ceux qui occupe une place majeure dans notre stratégie pour accéder à une société plus respectueuse de l’environnement puisqu’à lui seul, il représente plus de 40% des consommations énergétiques de notre pays, et près du quart des émissions de gaz à effet de serre.

En outre, le secteur de la rénovation énergétique est un secteur-clé pour la relance de l’économie et le développement des métiers de la croissance verte. Avec la mise en oeuvre du Grenelle de l’environnement, le chiffre d’affaires de ce secteur devrait être multiplié par plus de deux d’ici 2012, pour atteindre 18 à 22 milliards d’euros par an. Cela doit se traduire également par la mobilisation de 120 000 emplois supplémentaires dans ce secteur très intensif en emplois, qui présentent le double avantage d’être non délocalisables et répartis sur l’ensemble de nos territoires, ce qui est très important en terme de développement de nos espaces les plus ruraux.

Nous avons, le mois dernier, annoncé la signature du 100 000ème éco-prêt à taux zéro, moins d’un an après le lancement de ce nouvel outil de financement. La diffusion très rapide de l’éco-prêt ainsi que la rénovation programmée de près de 40 000 logements sociaux – grâce à l’éco-prêt « logement social » géré par la Caisse des dépôts - induisent déjà un investissement de près de 3 milliards d’euros. Un tel rythme d’investissement correspond à la mobilisation de près de 40 000 emplois.

Voilà ce qu’est le Grenelle de l’Environnement. Un constat, un objectif, une traduction concrète dans la vie quotidienne de nos concitoyens qui va dans le sens d’une amélioration de leur qualité de vie et d’un développement plus durable.

De même en matière d’énergie, l’objectif, c’est la diminution des énergies fossiles et la montée en puissance des énergies renouvelables (23% de notre consommation issue d’énergies renouvelables en 2020), et une efficacité énergétique accrue de 20%.

Pour cela, l’Etat apporte des moyens considérables pour aider au décollage de nouvelles filières comme l’éolien ou le solaire photovoltaïque. Mais il soutient aussi l’innovation et tous les développements industriels pouvant faire émerger de nouveaux leaders dans le secteur de l’énergie.

Par l’intermédiaire de l’ADEME, qui est le bras armé du ministère du développement durable dans la promotion de ces nouvelles technologies, par la création de nouveaux pôles de compétitivité, par la mobilisation d’un milliard d’euros pour le fonds Chaleur Renouvelable sur la période 2009-2011, par le choix des priorités du programme des investissements d’avenir ( autrement dit « le grand emprunt ») qui affecte 6,1 milliards d’euros à la recherche dans le domaine du développement durable dont 1,35 milliards d’euros pour les énergies renouvelables et décarbonées sur la période 2010-2014, on voit bien que l’Etat, dans cette stratégie de développement durable, joue pleinement son rôle d’incitation et d’impulsion.

Ainsi, c’est à nous au niveau local, de tirer parti des opportunités qui nous sont offertes. C’est ce que fait la Ville de Valenciennes à travers sa politique de déplacement, sa politique immobilière et des intitiatives telle que le réseau de chaleur qui va se traduire par une économie substantielle en énergie comme en coût de chauffage.

Il était donc essentiel que l’ADEME participe financièrement à cette opération. En contribuant à hauteur de 880 000 € à la réalisation du réseau de chaleur de notre hôtel de ville, soit 80 % du coût total de l’opération, l’ADEME et par voie de conséquence le ministère que dirige Jean-Louis Borloo, soulignent très fortement l’exemplarité du projet que nous inaugurons aujourd’hui.

C’est aussi à son échelon, ce que fait la communauté d’agglomération de Valenciennes Métropole, en particulier à travers la mise ne oeuvre d’un plan climat territorial, ciblé en priorité sur le domaine de l’habitat.

Plusieurs actions sont d’ores et déjà engagées :

* Une étude « Conseil d’orientation énergétique » est en cours de réalisation auprès des 35 communes membres pour effectuer le diagnostic complet de la facture énergétique de plus de 600 bâtiments publics dont 80 sur la commune de Valenciennes, pour un montant total de 250 000 euros. L’objectif est de définir ensuite des pistes pour réduire les charges énergétiques sur ce patrimoine communal et améliorer l’isolation des bâtiments.
* Un autre chantier considérable nous attend : il s’agit de mettre en place les aides nécessaires à la rénovation thermique du parc de logements. Cela se fera selon des priorités à définir en fonction des objectifs fixés par le Grenelle et des financements mobilisables. D’ores et déjà, pour les propriétaires occupants les plus modestes éligibles aux aides de l’Anah, j’engagerai la communauté d’agglomération à mobiliser au plus vite les crédits alloués dans le cadre du grand emprunt à la lutte contre la précarité énergétique. La loi ouvre également la possibilité de conclure un contrat de performance énergétique, qui permet aux collectivités de financer les travaux sur leur parc immobilier grâce aux économies d’énergie réalisées.
* Valenciennes Métropole procède également à une étude pour la création d’un autre réseau de chaleur sur l’éco quartier de la ZAC du parc des rives de l’Escaut afin d’alimenter les futures constructions et notamment le Plateau Numérique. C’est dire si l’initiative de la ville va être suivie avec intérêt et va permettre d’ouvrir la voie aux projets en devenir.

Enfin, je voudrais également signaler que le Grenelle 2 a étendu à l’ensemble des collectivités et établissements et organismes qui en dépendent, les tarifs d’achat de l’électricité renouvelable – solaire, éolien, biomasse, …; et que les collectivités territoriales seront éligibles aux certificats d’économies d’énergie, dispositif qui va monter fortement en puissance puisque l’objectif de la seconde période sera 5 fois plus important que celui de la 1ère période.

Vous le voyez, la boîte à outils du Grenelle est désormais très complète : nous disposons de moyens juridiques, techniques et financiers multiples. A nous d’en tirer le meilleur parti.

C’est ce qu’a fait Valenciennes au fil du temps, on ne compte plus les initiatives de notre ville qui la rendent à bien des égards exemplaire. Elle le doit à son maire qui n’a cessé de piloter le changement vers une ville plus durable pour le plus grand bénéfice des habitants et du dynamisme de la cité.

La crise doit nous inciter à aller encore plus loin, encore plus rapidement, car la mutation vers des modes de vie plus durables peut constituer un moyen supplémentaire de générer de la croissance et du développement économique, avec l’avantage que cette croissance « verte » sera à la fois source de progrès et de solidarité envers les générations futures, et j’en suis certaine, créatrice également d’emplois de proximité.


Je vous remercie.


Source http://www.developpement-durable.gouv.fr, le 8 novembre 2010

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