Déclaration de Mme Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'écologie, du développement durable, des transports et du logement, sur la mise en oeuvre du plan national d'adaptation au changement climatique, à Paris le 23 novembre 2010. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'écologie, du développement durable, des transports et du logement, sur la mise en oeuvre du plan national d'adaptation au changement climatique, à Paris le 23 novembre 2010.

Personnalité, fonction : KOSCIUSKO-MORIZET Nathalie.

FRANCE. Ministre de l'écologie, du développement durable, des transports et du logement

Circonstances : Table ronde faisant le bilan de la concertation pour l'élaboration du plan national d'adaptation aux changements climatiques, à Paris le 23 novembre 2010

ti : * Les enseignements de la concertation

Je voudrais tout d’abord souligner l’exceptionnelle participation aux travaux de cette concertation et exprimer mes remerciements à tous les contributeurs. Un travail énorme a été fourni dans un temps limité. Il est rare de voir une mobilisation de cette ampleur :

- près de 4 000 personnes ont répondu au questionnaire de la consultation publique ;
- plus de 800 participants issus des collèges du Grenelle se sont investis dans les réunions en régions métropolitaines et ultramarines ;
- Enfin, je n’oublie pas les 180 experts qui ont amorcé la réflexion dans les groupes de travail nationaux.

Cela est le signe d’une forte attente de la part de l’ensemble des parties prenantes sur la question de l’adaptation au changement climatique.

L’exercice est exigeant à de nombreux points de vue :

- exigeant en termes de déclinaison en mesures concrètes : les participants à la concertation l’ont souligné, les recommandations doivent se traduire dans l’action.
- exigeant en termes de décision : il s’agit de décider dans un contexte d’incertitude ;
- exigeant en termes de responsabilité : le plan établira les valeurs de référence et les scénarios climatiques sur lesquels l’ensemble des acteurs fonderont leurs actions. Je remercie à ce propos Jean JOUZEL du travail essentiel qu’il réalise dans le cadre de sa mission pour élaborer ces scénarios. Il nous appartient également de mieux faire connaître les enjeux de l’adaptation aux citoyens, aux acteurs économiques, ou encore aux élus ;
- exigeant en termes d’adaptation aux contextes spécifiques des territoires.


* Les prochaines étapes

Il s’agit maintenant de rentrer dans la phase opérationnelle de l’élaboration du plan national d’adaptation.

J’ai demandé au Directeur Général de l’Énergie et du Climat, Pierre-Franck CHEVET, de coordonner les travaux d’élaboration de ce plan avec l’ensemble des départements ministériels concernés, en associant plus largement l’ensemble des parties prenantes. Une première réunion avec l’ensemble des départements ministériels est d’ores et déjà programmée après-demain.

Je souhaite que ce plan d’adaptation hiérarchise les mesures en fonction des scénarios que la mission de Jean JOUZEL remettra en décembre.

Je souhaite également que les recommandations soient déclinées en mesures concrètes et opérationnelles. Enfin, qu’elles soient chiffrées.

Ce plan doit également obéir aux principes directeurs suivants :

- Il doit permettre d’éclairer sur la « juste adaptation » par rapport aux effets attendus du changement climatique. Il convient ni de travailler sur le scénario du pire, ni de sous-estimer l’ampleur des effets à gérer dans les décennies à venir.
Une politique d’adaptation est d’abord et avant tout une politique de l’anticipation. Il est souvent reproché aux décideurs publics de se laisser surprendre par les événements. Le présent exercice a justement vocation d’éviter l’événementiel, à permettre à la société de percevoir ces changements et de s’organiser en conséquence.

- Il doit donner un cadre d’action national et préciser les responsabilités entre l’échelon national et l’échelon local. La politique d’adaptation doit être décidée à la bonne échelle géographique. Ce sera un enjeu majeur du plan de dessiner ces zones de gouvernance.
Le plan devra aussi tracer la limite entre ce qui relèvera de l’action publique et ce qui relèvera de la responsabilité privée.

- Il doit s’intégrer dans l’ensemble des politiques publiques et veiller à la cohérence des politiques menées. Il faut par exemple intégrer les enjeux du changement climatique dans les études d’impacts des projets, dans les décisions d’infrastructures…

- Il doit enfin s’assurer du traitement des inégalités économiques et sociales générés par les effets du changement climatique. Certains évènements extrêmes climatiques récents nous rappellent que ce sont les personnes les plus pauvres qui seront sans doute les plus affectées par les conséquences négatives de l’évolution du climat.


* Quel est le calendrier ?

L’objectif est de finaliser ce plan en relation avec toutes les parties prenantes au premier semestre 2011.
Je présenterai le plan final à la presse.
Nous serons ainsi un des premiers pays à avoir élaboré un plan d’adaptation.
Nous entrerons ensuite dans la phase de mise en oeuvre.

La démarche que nous avons ici, les travaux que nous menons, je les promouvrai au niveau européen, et dans les instances internationales. La France a un rôle moteur à jouer sur cette thématique au niveau international, d’autant que des territoires liés à la France, comme la Polynésie française, seront aux avant-postes des conséquences du changement climatique.
Adaptation et réduction des émissions sont deux sujets complémentaires et liés, il nous faut agir sur les deux dimensions.


Source http://www.developpement-durable.gouv.fr, le 24 novembre 2010

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