Déclaration de M. Eric Besson, ministre de l'industrie, de l'énergie et de l'économie numérique, sur la valorisation de la filière agro-alimentaire et l'importance du "Fabriqué en France", Paris le 23 novembre 2010. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Eric Besson, ministre de l'industrie, de l'énergie et de l'économie numérique, sur la valorisation de la filière agro-alimentaire et l'importance du "Fabriqué en France", Paris le 23 novembre 2010.

Personnalité, fonction : BESSON Eric.

FRANCE. Ministre de l'industrie, de l'énergie et de l'économie numérique

Circonstances : Installation du Comité stratégique de l'agroalimentaire et de l'agro-industrie, à Paris le 23 novembre 2010

ti : L'industrie agroalimentaire est une filière stratégique pour le gouvernement.

* C'est la première filière industrielle française, occupant la seconde place mondiale derrière les Etats-Unis avec 154 Mdseuros de chiffre d'affaires, plus de 420 000 salariés ; c'est d'ailleurs le deuxième employeur français après l'industrie mécanique.
* Elle compte 13 000 entreprises avec à la fois de très grands groupes alimentaires (Danone, Lactalis, Bongrain, Pernod Ricard, Terrena,...) et un tissu de PMI très important, 70 % ont moins de 20 salariés et seules 5 % ont plus de 250 salariés.
* Elle contribue de manière déterminante à la balance du commerce extérieur français mais elle perd du terrain sur les marchés internationaux : premier exportateur mondial de produits alimentaires transformés jusqu''en 2004, la France figure aujourd''hui à la quatrième place (avec 33,8 Mds euros) derrière les Etats-Unis, l'Allemagne, les Pays-Bas.

Il était donc essentiel de mieux cordonner les acteurs, de dynamiser les actions pour que la France se positionne mieux que les autres et avant les autres sur les segments d'avenir comme, par exemple, l'alimentation liée au capital bien-être et santé mais aussi les agro-industries, notamment la valorisation des matières végétales.

Désormais, tous les acteurs d'une même filière définiront ensemble une stratégie commune au sein du Comité stratégique de l'agroalimentaire et de l'agro-industrie.

* Pour être collectivement plus fort et plus compétitif face à la concurrence internationale, que ce soit sur nos marchés ou à l'export, nécessite de réunir ses forces.
* Cela passe par un effort important pour rééquilibrer, ré-humaniser les relations entre donneurs d'ordre et sous-traitants, en lien avec Jean-Claude VOLOT.
* Ce comité stratégique n'est donc pas seulement une instance d'aide à la décision pour le gouvernement sur la filière. Il est aussi une structure permanente de dialogue qui veillera à associer les partenaires sociaux, les grandes, moyennes et petites entreprises, les fédérations et l'ensemble des acteurs publics concernés à la définition de la politique de filière.

Le comité nous fera des propositions d'ici la fin du premier semestre 2001 pour :

* renforcer l'image des industries agroalimentaires ;
* doper les exportations où cette filière pèse lourd via le recensement des feins à l'export et des préconisations de traitement de ces freins, la mutualisation des moyens à l'export, l'action en faveur des Entreprises de taille intermédiaire - ETI ;
* améliorer les relations donneurs d'ordre/ sous-traitants ;
* et enfin diffuser les meilleures pratiques favorisant un développement durable.

J'ai souhaité lors de notre réunion insister sur 3 points clefs à mes yeux.
1. Le Comité doit dès maintenant mobiliser l'ensemble des acteurs de la filière afin de préparer et d'identifier les projets permettant de répondre à l'appel à projets « structuration des filières » lancé le 27 septembre dernier et dont la première vague de sélection s'effectuera en janvier 2011.

* C'est un des vecteur de solidarisation capital ente les acteurs autour de projets concrets structurants pour la compétitivité de la filière : cette action vise les projets collaboratifs associant grands groupes donneurs d'ordre leader et PME sous-traitantes dans nos régions.
* Destiné à chacune de nos 11 filières industrielles stratégiques et doté de 69 millions d'euros de soutien de l'Etat, cette mesure permettra de mobiliser 300 millions d'euros de co-investissement public/ privé au total.
* Nous avons identifié un premier projet d'accompagnement stratégique des PME agro-alimentaires qui est en cours d'étude, M. Jean-René Buisson pourra y revenir.

2. Le « Fabriqué en France » doit être au coeur de toutes les réflexions et préconisations du comité. Fabriquer en France est un objectif central de notre politique industrielle. Fabriquer en France, c'est réunir tout le savoir-faire et toute la diversité du tissu industriel français dans la chaîne de valeur des produits.

Il faut lui donner une réalité juridique tangible, c'est l'objectif de la mission administrative en cours au sein de mes services : faire des propositions concrètes au Gouvernement pour mettre en oeuvre début 2011 les préconisations du rapport d'Yves JEGO, conformément au souhait du Président de la République. Elle vise en particulier à

* proposer des textes législatifs et règlementaires nécessaires sur la transparence et la traçabilité ;
* rédiger un mémorandum pour la Commission européenne en lien avec l'Ambassadeur de l'industrie M. Yvon JACOB, afin d'agir auprès de ses services en faveur de la révision de la législation européenne sur le marquage d'origine ;
* faire des recommandations pour la mise en oeuvre d'un label d'origine et d'une carte d'identité des produits.

Ce travail comportera une approche par filière et une concertation avec les professions, qui pourrait faire l'objet de groupes de travail au sein des Comités stratégiques de filières, notamment celui de l'agroalimentaire.

Enfin, nous avons présidé, avec Bruno LEMAIRE, à la signature de la convention passée entre l'ANIA et OSEO pour renforcer leur collaboration. L'objectif est d'améliorer l'efficacité du financement des PME et PMI de la filière à travers la création d'un comité de pilotage associant les administrations, ainsi qu'un meilleur partage d'informations et de bonnes pratiques.

3. Le comité associera pour la première fois les syndicats salariés à la définition de la stratégie de filière.

* C'était essentiel car les salariés français sont reconnus à l'international pour leurs qualités (formation, autonomie, organisation) qui sont autant de points forts pour notre compétitivité.
* Depuis le début des années 90 et Michel ROCARD, on en appelle en France à la culture du contrat, du compromis, du consensus telle qu'on la pratique dans l'Europe nordique. Nous la mettons enfin en place dans notre pays grâce aux comités de filière et la CNI.
* Les 11 comités stratégiques de filière dont celui de l'agroalimentaire et de l'agro-industrie composent une véritable « équipe de France de l'industrie » qui incarne à mes yeux la modernité de notre ambition industrielle.


Source http://www.economie.gouv.fr, le 1er décembre 2010

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