Déclaration de M. Frédéric Mitterrand, ministre de la culture et de la communication, sur la politique en faveur de la musique et de la danse et les missions du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris (CNSMDP), Paris le 7 décembre 2010. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Frédéric Mitterrand, ministre de la culture et de la communication, sur la politique en faveur de la musique et de la danse et les missions du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris (CNSMDP), Paris le 7 décembre 2010.

Personnalité, fonction : MITTERRAND Frédéric.

FRANCE. Ministre de la culture et de la communication

Circonstances : Célébration des 20 ans du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris (CNSMDP) à Paris le 7 décembre 2010

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Messieurs les Ministres,
Monsieur le Président du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, cher Rémy Pflimlin,
Madame la Vice-Présidente, chère Brigitte Lefèvre,
Monsieur le Directeur, cher Bruno Mantovani,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,


Plus d'un siècle à l'Hôtel des Menus-Plaisirs au Faubourg Poissonnière, 80 ans rue de Madrid, et déjà 20 ans à La Villette : trois lieux parisiens qui on marqué le brillant parcours, depuis sa création après Thermidor, de votre prestigieuse institution.

Il y a donc 20 ans exactement, le Président François Mitterrand inaugurait ce projet pour le site de La Villette qui lui tenait à coeur depuis les débuts de son premier mandat. Depuis lors, le Conservatoire a bénéficié, dans des locaux mieux adaptés, d'une dynamique nouvelle, bénéficiant des liens avec la Cité de la Musique, l'ensemble intercontemporain et le Centre national de la danse, et axée sur la diversification des enseignements ainsi que sur l'ouverture au monde professionnel.

Avec l'arrivée de la jeunesse, de l'imagination, de la dynamique et de la renommée internationale en la personne de Bruno Mantovani, le Conservatoire a toutes les cartes en main pour poursuivre sa modernisation et renforcer ses missions. Ces défis, cher Bruno, j'ai pleinement confiance en vous, comme vous le savez, pour les relever, avec à vos côtés François Laurent, dont je connais bien les éminentes qualités professionnelles et humaines, Daniel Agésilas pour le département des études chorégraphiques, et l'ensemble de vos équipes.

Je ne voudrais pas empiéter sur la magnifique programmation musicale et chorégraphique que vous nous offrez ce soir pour cet anniversaire, et qui parle d'elle-même. Néanmoins, si l'on veut faire un bilan très rapide des 20 ans qui viennent de s'écouler pour le Conservatoire, je commencerai bien sûr par l'évolution profonde de son enseignement. De fait, cet établissement d'enseignement supérieur emblématique, pour la musique comme pour la danse, pour les métiers de la création comme pour ceux de l'enseignement, qui a formé tant d'artistes reconnus, a su pleinement s'adapter aux évolutions du contexte de l'enseignement supérieur de ces dernières années, en lien et en complémentarité avec l'université.

Aujourd'hui, les étudiants du Conservatoire se sont pleinement approprié cette redéfinition de leur parcours. La mise en place progressive des 3 niveaux LMD (licence-maîtrise-doctorat) garantit, à chacun de ces niveaux de formation, la reconnaissance et la visibilité dont ces étudiants auront besoin dans leur vie professionnelle.

Vous le savez, l'Enseignement supérieur a récemment reconnu le diplôme du conservatoire en musique comme valant grade de master, après une évaluation très positive de l'AERES. C'est là une forme de reconnaissance que j'ai, avec ma collègue Valérie Pécresse, saluée. Les écoles d'art sont actuellement soumises à ce processus, et je me réjouis de voir progressivement l'enseignement supérieur artistique combiner reconnaissance de ses spécificités et reconnaissance de sa valeur et de son niveau - même s'il reste encore un peu de chemin à parcourir au niveau de la recherche.

L'enseignement supérieur s'inscrit désormais, et c'est un processus encore en devenir, dans des logiques partenariales, qu'il vous appartient de développer : avec l'université, je le disais à l'instant, mais aussi bien sûr avec le CNSMD de Lyon et avec les autres écoles supérieures, de musique, de danse, de théâtre, d'arts plastiques, ... Il importe que les complémentarités pédagogiques et artistiques jouent pleinement, afin que les étudiants soient armés pour des carrières qui leur feront rencontrer des modes d'expression souvent croisés.

Cette transition vers le format LMD participe aussi de la reconnaissance internationale du Conservatoire, puisque les gains en visibilité pour les cursus que vous proposez s'inscrivent dans le processus de Bologne, afin de structurer l'espace européen de l'enseignement supérieur. Cette visibilité, vous avez tout le prestige et la notoriété pour pouvoir l'accroître encore ; reste donc à achever ce mouvement de mise en forme, et à multiplier les initiatives de partenariats et de projets, afin d'inscrire votre action dans des réseaux durables, au niveau européen notamment.

La modernisation du Conservatoire, c'est aussi la poursuite de la professionnalisation des cursus et l'amélioration de l'insertion, par des expériences diversifiées, y compris des stages en milieu professionnel, comme l'enseignement supérieur le développe dans les autres secteurs.

Sur ces divers chantiers, la dynamique est bien lancée et je suis sûr, cher Bruno, que vous saurez la poursuivre et l'approfondir avec vos équipes.

Ces équipes, je souhaiterais leur rendre hommage. Le personnel du Conservatoire accompagne en effet ces multiples transitions qui appellent des efforts importants en matière de changement des modes de gestion, et je suis pleinement conscient de la charge assumée et de la qualité du travail que vous effectuez dans ce domaine.

Pour finir, je voudrais saluer aussi la tâche remarquable accomplie par les enseignants de ce lieu prestigieux, que je sais fortement impliqués dans toutes les évolutions passées et à venir. Pour beaucoup d'entre vous, vous êtes également des artistes très reconnus, et vous réussissez l'impossible en conciliant ce que cela exige en termes de répétitions et d'engagements multiples, et de l'autre votre travail pédagogique. Vous faites preuve en cela d'une implication qui ne peut que susciter l'admiration. Vous êtes, avec les jeunes talents que vous aidez à s'épanouir, les forces vives qui donnent à cet établissement tout son rayonnement.


Je vous remercie.


Source http://www.culture.gouv.fr, le8 décembre 2010

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