Déclaration de M. Maurice Leroy, ministre de la ville, sur la politique en faveur des zones urbaines sensibles, Paris le 23 décembre 2010. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Maurice Leroy, ministre de la ville, sur la politique en faveur des zones urbaines sensibles, Paris le 23 décembre 2010.

Personnalité, fonction : LEROY Maurice.

FRANCE. Ministre de la ville

Circonstances : Remise du rapport 2010 de l'Observatoire national des zones urbaines sensibles à Paris le 23 décembre 2010

ti : Madame la Présidente de l'Onzus,
Chers amis,


Permettez-moi tout d'abord de vous dire combien je suis heureux d'être parmi vous aujourd'hui, pour recevoir officiellement, le rapport annuel de l'Observatoire national des zones urbaines sensibles (Onzus).

Je voudrais saluer le travail de Bernadette Malgorn et de ses équipes qui, depuis 2004, mesurent et évaluent l'évolution des quartiers de la politique de la ville.

La remise de votre rapport, Chère Bernadette, constitue, et j'en suis très heureux, un « événement ».

Un événement non seulement médiatique, mais avant tout un point d'orgue annuel sur notre action publique, où il s'agit de se poser et de réfléchir ensemble à l'avenir des quartiers ; là où se joue la vivacité de notre pacte républicain.

Créé en 2003, par mon ami Jean-Louis Borloo, afin de mesurer l'évolution des inégalités sociales et des écarts de développement territoriaux dans chacune des zones urbaines sensibles (ZUS), l'Observatoire s'intéresse également à la mise en oeuvre des politiques publiques. Il évalue la performance des politiques et des dispositifs mis en oeuvre, avec exigence, rigueur scientifique et objectivité.

Elu de terrain, je suis imprégné de la culture de l'expérimentation et de l'évaluation. Sans outils et sans analyses, nous ne savons pas adapter nos dispositifs. Je suis donc heureux que chaque année, votre regard indépendant et sans concession vienne ainsi questionner notre action.

Les travaux de l'Onzus, ces 6 dernières années, ont aidé les pouvoirs publics à comprendre et à prendre la pleine mesure des difficultés des quartiers fragiles.

Les conclusions du rapport de l'Onzus confirment l'approche du gouvernement.

Le Président de la République et le Premier ministre ont choisi de renforcer la politique de la ville en faisant de la ville un ministère de plein exercice. C'est un acte fort, qui témoigne de leurs volontés renouvelées d'agir pour les populations les plus fragiles et les territoires sur lesquels se sont accumulées des difficultés mises en exergue par le rapport de l'Onzus.

Je veux que notre action soit l'expression d'une nouvelle cohésion et qu'apparaisse le visage d'une solidarité réaffirmée ; une solidarité entre les personnes, mais aussi entre les territoires. J'animerai avec détermination cette politique partenariale et interministérielle qui engage toute la Nation.

Je veux aussi que notre action soit pilotée avec efficacité, en ciblant nos efforts sur les besoins prioritaires.

De l'étude du rapport de l'Onzus 2010, je retiens avant toute chose que nos efforts commencent à porter leurs fruits dans le domaine de l'activité économique, de la réussite éducative, de la rénovation urbaine, mais aussi de la sécurité.

Le développement économique est une priorité du gouvernement. Je suis heureux de constater, que malgré la crise qui n'a pas épargné nos territoires en 2009-2010, la hausse du chômage y est moins forte que celle constatée dans les quartiers non classés en ZUS. Nos territoires attirent de plus en plus d'entreprises. Le dynamisme économique y bénéficie pleinement du statut d'auto-entrepreneur. Dans les zones franches urbaines, le taux d'installation de nouveaux établissements atteint 30 %. Et après 5 ans d'exonérations - soit au moment où ces dernières disparaissent -, il n'y a pas de chute brutale du nombre d'établissements. Je m'en réjouis.

Un groupe de travail présidé par Eric Raoult, est chargé de me faire des propositions sur l'emploi et le développement économique pour la fin du 1er trimestre 2011. Je serai très attentif à ses propositions.

Le travail de transformation des quartiers fait par l'Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU), est aussi l'une des évolutions réelles et positives relevée par le rapport de l'Onzus. Le financement des projets s'accélère. Près de 12 milliards d'euros ont été apportés par l'ANRU et ont déjà généré 42 milliards d'euros d'investissements.

Les résultats sont donc maintenant visibles sur le terrain. 480 quartiers sont ainsi en cours de rénovation et plus de 3 millions de personnes en bénéficient.

Je voudrais aussi évoquer la réussite scolaire dans les quartiers en ZUS. Certes, des efforts sont encore à faire, mais je relève aussi des résultats encourageants.

Les redoublements ont diminué au collège, les taux de réussite au brevet des collèges comme au bac ont augmenté en 4 ans. Cela nous incite à poursuivre nos efforts en matière de réussite éducative et de valorisation de l'excellence. La lutte contre le décrochage scolaire est l'un des axes prioritaires de la politique de la ville. Nous travaillons donc étroitement avec Luc Chatel, ministre de l'éducation nationale, et les départements pour identifier au plus vite, les risques de décrochage, et construisons des réponses d'accompagnement adaptées. Nous pilotons aussi, avec un succès reconnu par tous, les parcours d'excellence comme les internats d'excellence ou les cordées de la réussite. La politique de la ville peut se féliciter de porter des projets comme ceux-là. La réussite éducative se mesure non seulement à la réussite scolaire mais aussi à la qualité de l'accompagnement individuel proposé.

Par ailleurs, je voudrais souligner les résultats dans le domaine de la sécurité et de la prévention de la délinquance, qui viennent contredire les stéréotypes sur les quartiers fragiles et leurs habitants. La délinquance globale a diminué en moyenne de 11 % dans les ZUS entre 2005 et 2010 et jusqu'à 30 % dans certains quartiers. Ces résultats encourageants ne doivent évidemment pas masquer les difficultés. Nous devons concentrer nos moyens sur certains territoires où beaucoup reste à faire.

Le rapport de l'Onzus indique aussi que nous devons redoubler d'efforts en matière d'emploi et de santé.

Le chômage, comme conséquence directe de la crise économique, touche tout particulièrement les jeunes des quartiers, pour lesquels nous devons continuer à développer une politique volontariste ; je pense en particulier aux premiers résultats des contrats d'autonomie avec 40 % de sorties positives. Je veux aussi souligner le recul sensible de l'inactivité des femmes.

En ce qui concerne la santé, le manque d'information, les difficultés d'accès aux soins et parfois le renoncement à se soigner, expliquent cette situation. La mise en place des agences régionales de santé doit être une opportunité pour les populations des quartiers. Ces agences sont chargées d'identifier les futures maisons de santé qui viendront mailler le territoire, notamment dans les quartiers. Mon ministère travaille ainsi étroitement avec mes collègues ministres sur ces sujets, pour réduire les inégalités sociales et territoriales de santé.

Le rapport que vous venez de me remettre nous apprend, enfin, que la situation des ZUS entre elles, n'est pas homogène. Afin d'adapter notre action aux spécificités et aux besoins de chaque territoire, je pense qu'il faudrait que nous disposions, dans les prochains rapports de l'Onzus, des informations sur l'évolution comparée des territoires.


Enfin, je voudrais terminer mon propos en évoquant les millions d'hommes et les femmes qui vivent dans ces quartiers fragiles.

Mobiles, certains y arrivent et entament leur parcours d'intégration. D'autres les quittent. Les études de cohorte, que l'Onzus vient d'entamer, nous aideront à l'avenir à mieux connaitre les parcours et stratégies des habitants de ces quartiers fragiles. Je les attends avec impatience.


Je vous remercie.


Source http://www.ville.gouv.fr, le 4 janvier 2011

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