Déclaration de M. Xavier Bertrand, ministre du travail, de l'emploi et de la santé, sur les priorités gouvernementales pour 2011 en matière d'emploi et de préservation du système de santé, Paris le 18 janvier 2011. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Déclaration de M. Xavier Bertrand, ministre du travail, de l'emploi et de la santé, sur les priorités gouvernementales pour 2011 en matière d'emploi et de préservation du système de santé, Paris le 18 janvier 2011.

Personnalité, fonction : BERTRAND Xavier.

FRANCE. Ministre du travail, de l'emploi et de la santé

Circonstances : Voeux aux parlementaires de la majorité à Paris le 18 janvier 2011

ti : Mesdames les Ministres, chère Nadine, chère Nora,
Mesdames, Messieurs les Députés et les Sénateurs,
Chers amis,


2011, c'est une année préélectorale, vous ne l'ignorez pas. Et que doit être une année préélectorale ? Je pense que ce doit être une année utile, comme le Président de la République et le Premier ministre l'ont rappelé. Et 2011 sera une année utile, tout simplement parce que j'ai le sentiment que moins d'un an avant les élections présidentielles, avec vous, parlementaires de notre majorité, dans tous les champs d'action de ce ministère, il est possible d'être utile aux Français jusqu'au bout.

Je pense que le rôle de la politique, notre rôle, pour un ministre comme pour un député ou un sénateur, c'est celui-ci : les Français se posent des questions, est-ce que nous savons leur apporter les bonnes réponses ?

C'est là l'enjeu essentiel. Je suis persuadé que si les élections sont dans la tête de beaucoup de responsables politiques, dans la tête de nos concitoyens les enjeux sont très simples : est-ce que mes enfants auront des emplois ? Vais-je pouvoir retrouver du travail ? Et en matière de santé, puis-je faire confiance au système ? Puis-je vraiment avoir confiance dans le médicament que je prends tous les matins ? Est-ce que je pourrai voir un médecin, que j'habite à la campagne ou que j'habite un quartier difficile ?

L'enjeu pour moi, avec Nora Berra et Nadine Morano, c'est d'apporter avec vous des réponses à ces questions-là. Celui qui vous dit cela est aussi le maire d'une commune qui compte 60 000 habitants et qui voit bien que ce sont des questions cruciales pour les Français.

Ce sont des questions cruciales et pour y répondre, je pense que nous ne sommes pas sur de grands textes qu'il faudrait absolument faire voter, mais qu'il est possible de mettre en oeuvre des mesures simples, des mesures pragmatiques, des mesures efficaces rapidement.

Nous le savons, 2010 a été une année de réformes importantes : il y a eu la réforme des retraites par exemple. Comme vous, j'en ai été l'un des acteurs au Parlement. Comme vous, j'ai voté cette réforme, parce quelle était nécessaire et que chacun voyait bien que si nous voulions sauver notre système de retraites, nous devions avoir le courage de sortir du dogme de la retraite à 60 ans. La loi a été votée, nous allons maintenant assurer ce que j'appelle « le service après le vote » : j'y crois profondément. Il s'agit bien sûr de publier les décrets d'application nécessaires, mais aussi de donner à nos concitoyens toutes les informations dont ils ont besoin sur leur situation. Je compte sur vous pour être à leur écoute sur le terrain et nous faire remonter leurs questions.

Je ne dis pas qu'en 2011 il n'y aura pas de réformes ou de lois : vous savez comme moi par exemple qu'à la fin du mois de janvier, la proposition de loi sur la médecine du travail sera discutée au Sénat. C'est une réforme essentielle pour améliorer la prévention et il n'est que temps de la faire aboutir. Mais une fin de quinquennat, ce n'est pas un début de quinquennat. On doit avoir la même implication, mais on doit chercher des mesures encore une fois, je le répète, simples, efficaces et rapides.

Nos priorités en matière de travail et d'emploi, vous les connaissez. L'enjeu, c'est bien de poursuivre la politique que mène notre majorité depuis 2007 : redonner un sens à la valeur travail.

Nous avons une obligation de résultat : faire baisser le chômage. Nous devons trouver des outils efficaces pour obtenir des résultats sur l'emploi des jeunes ; faire en sorte aussi qu'on ne soit pas exclu du marché du travail : c'est l'emploi des seniors, l'accès des travailleurs handicapés sur le marché de l'emploi, et c'est la question du chômage de longue durée, voire même de très longue durée.

Avec Nadine Morano, en lien avec vous, avec Pôle emploi, les partenaires sociaux et tous les acteurs de la politique de l'emploi, nous allons mobiliser tous les outils existants, notamment développer l'alternance, et nous allons en créer d'autres. Nous avons besoin de vos remontées de terrain pour mettre en oeuvre des mesures concrètes. Il est clair que s'il doit y avoir un volet législatif sur ce sujet, ce sera sous la forme d'une proposition de loi et non d'un projet de loi.

Je pense que nous aurons aussi à porter les questions d'emploi au plan international, puisque nous aurons cette année l'occasion de présider le G8 et le G20.

En matière de santé, nous devons nous poser une question : au-delà de l'année et demie qui est devant nous, pour les dix ans qui viennent, qu'allons-nous faire pour que notre système de santé soit toujours le meilleur ? Qu'allons-nous faire pour redonner confiance dans notre système de santé ?

Nous devons bien évidemment redonner confiance dans le circuit du médicament. Le sondage CSA/ Le Parisien qui vient d'être publié montre qu'il y a près d'un tiers des Français qui s'inquiètent pour leurs médicaments. Ils se demandent : « Est-ce qu'il n'y a pas d'autre Médiator en circulation ? ». La seule façon d'enlever ce doute, parce que les médicaments sont aussi utiles, c'est de bien expliquer que nous allons prendre en compte les dysfonctionnements que nous avons constatés et que nous sommes capables de changer radicalement le système.

Le rapport de l'IGAS est allé au fond des choses pour la partie administrative du dossier. Les missions parlementaires vont pouvoir nous permettre d'aller au fond des choses dans les autres aspects de ce dossier : la mission présidée à l'Assemblée nationale par Gérard BAPT, avec Jean-Pierre DOOR comme rapporteur ; et la mission d'information du Sénat, avec François AUTAIN et Marie-Thérèse HERMANGE.

J'ai indiqué que je souhaitais être entendu le plus vite possible par ces missions parlementaires, de même que l'ensemble des anciens ministres. Je ferai un certain nombre de propositions : par exemple, concernant la direction de l'AFSSAPS, que les personnalités susceptibles d'être nommées puissent être auditionnées par les commissions parlementaires de l'Assemblée nationale et du Sénat. Je proposerai aussi qu'il y ait des parlementaires dans chacun des conseils d'administration des agences de santé.

Tout cela débouchera sur un projet de loi d'ici la fin de l'année, parce que notre mission, c'est de garantir la santé des Français, et notre responsabilité, c'est de rebâtir ce système. Je l'ai dit, il faut certainement des mesures radicales pour redonner de la confiance : c'est ce que nous voulons mettre en oeuvre dès cette année.

Nous devrons aussi renforcer le dialogue avec l'ensemble des professionnels de santé, ceux qui exercent à l'hôpital comme ceux qui exercent en ville, parce que si j'ai bien une logique, c'est de marcher sur deux jambes, la médecine de ville comme l'hôpital.

Nous allons donc poursuivre avec vous la mise en oeuvre de la loi Hôpital, patients, santé et territoires. La Proposition de loi Fourcade nous permettra d'ajuster certaines de ses dispositions.

Nous travaillerons aussi avec vous sur la médecine de proximité, à partir des préconisations du rapport Hubert : là aussi, il faut des mesures simples et rapides pour redonner aux médecins du temps médical et augmenter l'offre de santé dans les zones où l'accès aux soins est plus difficile, en particulier les zones rurales.

Je pense également à un texte attendu et sensible, le projet de loi sur la bioéthique. Je voudrais saluer le travail remarquable accompli par la commission spéciale. C'est un rendez-vous majeur, parce qu'il s'agit de prendre en compte les évolutions de la société et de la médecine.

Ces chantiers, nous allons les porter ensemble. Notre méthode, vous la connaissez. J'irai sur le terrain, notamment dans vos circonscriptions, parce qu'avec l'expérience, je crois à une gestion ministérielle de proximité. C'est sur le terrain que l'on peut être le plus au contact des besoins concrets de nos concitoyens. Vous pouvez compter sur mon soutien et sur ma disponibilité. Avec Nicolas Sarkozy, nous avons déjà mené ensemble des réformes importantes, le service minimum dans les transports et la réforme de la représentativité syndicale par exemple. Je continuerai à être à votre écoute sur tous les dossiers qui vous occupent, à condition bien sûr que ces dossiers soient suffisamment étoffés : vous le savez, un dossier mal ficelé, mal conçu, ne devient jamais un bon dossier.


Source http://www.travail-emploi-sante.gouv.fr, le 28 janvier 2011

Rechercher