Interview de Mme Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'écologie, du développement durable, des transports et du logement, à I-Télé le 24 janvier 2011, sur les enjeux de la présidence française du G20, les relations entre la France et la Tunisie et le développement de l'éolien en mer. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'écologie, du développement durable, des transports et du logement, à I-Télé le 24 janvier 2011, sur les enjeux de la présidence française du G20, les relations entre la France et la Tunisie et le développement de l'éolien en mer.

Personnalité, fonction : KOSCIUSKO-MORIZET Nathalie, DURAND Guillaume, DARMON Michael.

FRANCE. Ministre de l'écologie, du développement durable, des transports et du logement; ;

ti : G. Durand et M. Darmon.- G. Durand : Bonjour N. Kosciusko-Morizet, je rappelle que vous êtes ministre de l'Écologie, du Développement durable et des Transports. Les sujets de la matinée ne manquent pas : le G20, la situation internationale, le discours attendu en milieu de semaine sur la ré-industrialisation, évidemment la situation politique. Nous sommes avec M. Darmon que je salue, bonjour Michaël.
 
M. Darmon : Bonjour.
 
Bonjour.
 
G. Durand : Donc, nous allons commencer par cette fameuse conférence de presse attendue ce matin, est-ce que c'est normal qu'il n'en ait fait que 3 en trois ans, alors qu'il en avait promis une avalanche au départ ?
 
Ça ne veut pas dire qu'il n'a pas d'autres occasions de parler avec les Français, des visites de terrain très nombreuses ou des échanges, des dialogues avec des journalistes à la télévision qui sont aussi...
 
G. Durand : Mais ce n'est pas des conférences de presse ça.
 
Oui, mais enfin c'est aussi un moment d'interpellation par des journalistes, un moment public, un moment d'expression, c'est une autre façon mais c'est un moment qui concourt au même objectif. Là, la conférence de presse, c'est pour le lancement du G8 et du G20, c'est une occasion un peu particulière dans laquelle la France va reprendre le leadership sur un...
 
G. Durand : Elle va tenter de le reprendre.
 
Oui, moi je crois qu'elle va le reprendre, vous avez l'air de douter mais moi je crois qu'elle va reprendre...
 
G. Durand : Non, non, je vous pose la question.
 
Le G20 c'est un instrument qui a été forgé en fait par le président de la République, qui croit à cette idée que le G8, ces discussions entre pays riches ne permet pas de résoudre les grands problèmes du monde, et qu'il faut pouvoir élargir la vision et s'ouvrir à des pays émergents qui, légitimement, doivent participer à la résolution des problèmes...
 
M. Darmon : inaudible.
 
Comment ?
 
M. Darmon : ...Que c'est le G2 qui existe, Obama et Jintao font leurs affaires en marge totale du G20.
 
Non. Le G2 comme vous dites, vous parlez probablement des Etats-Unis et de la Chine, a eu de très graves tensions, et moi je pense que les Chinois - et même les Américains d'ailleurs probablement de leur côté - sont demandeurs... en tout cas ce qui est certain, c'est qu'il y a plein de problèmes, qu'ils ne trouveront pas de solution seulement dans un dialogue entre les Chinois et les Américains. Et des problèmes qui nous concernent, ce n'est pas des sujets qui sont loin de nous. Par exemple dans le G20 et le G8, le président de la République a annoncé son intention de parler des marchés de matières premières et des cours très erratiques de certaines matières premières. Ces cours erratiques de matières premières, ils contribuent à la tension dans certaines sociétés du Maghreb, ils ont contribué à la révolution en Tunisie.
 
G. Durand : Alors justement prenons les problèmes les uns après les autres. D'abord sur les transactions financières, on peut attendre quoi de concret ?
 
Sur les transactions financières... enfin il y a 3 sujets dans le G8 et le G20...
 
G. Durand : Les matières premières.
 
Dans les matières premières, la réforme du système monétaire international et la gouvernance dans toutes ses dimensions...
 
G. Durand : D'accord, prenons...
 
Il y a la gouvernance financière... je voudrais dire un mot quand même, il y a aussi la gouvernance dans le domaine du numérique. Moi j'avais proposé au président de la République qu'il y ait une initiative sur le sujet, et je crois que ça va se faire et je pense que c'est une bonne idée. Il y a la gouvernance...
 
G. Durand : C'est-à-dire ?
 
Dans le domaine de l'environnement.
 
G. Durand : C'est-à-dire, initiative, laquelle ?
 
Une réunion ministérielle pour travailler... le numérique si vous voulez, ça traverse les frontières...
 
G. Durand : J'ai lu ce matin dans la presse : « un Français sur deux télécharge illégalement ».
 
Oui, le numérique ça traverse les frontières, il n'y a pas que le problème du téléchargement illégal au demeurant. Il y a le problème du lieu de paiement de la TVA, il y a le problème des droits de l'homme sur Internet, comment vous faites pour garantir le droit à l'oubli, comment vous faites pour qu'Internet devienne pas en fait une espèce de mémoire éternelle et dangereuse...
 
M. Darmon : N. Kosciusko-Morizet, on voit bien que tous ces sujets ont été lancés aussi peut-être pour masquer la difficulté d'atteindre ces résultats. Tous les diplomates qui travaillent sur le G20 aujourd'hui disent « c'est inatteignable ».
 
Attendez, c'est difficile, c'est difficile comme tout ce qui est de l'ordre des relations internationales, et plus encore du multilatéral parce qu'il faut mettre d'accord des pays qui ont des intérêts divergents...
 
M. Darmon : ...Trop lourd, trop irréaliste, disent-ils...
 
Mais enfin il y a un truc qui est sûr, c'est que si on n'essaie pas on n'y arrivera pas. Et regardez au moment de la crise financière, cette initiative qu'avait pris le président de la République de dire « c'est une crise financière comme en 1929, au moins aussi importante, on ne s'en sortira qu'avec des stratégies coopératives », au début ça avait été très moqué, finalement on a réussi à ne pas vivre l'horreur de 1929...
 
G. Durand : ...La manière de...
 
Non, qui était lié quand même à un rétrécissement de chacun des Etats sur soi-même, au retour du protectionnisme, on n'a pas eu le retour du protectionnisme. Et on a eu des avancées, je pense à la régulation financière dont on parlait, je pense à la lutte contre les paradis fiscaux, on a eu des avancées sur tous ces sujets...
 
M. Darmon : ...Les hedge funds sont comme d'habitude et business as usual.
 
Non, je ne vous dis pas que c'est parfait mais business as usual, vous ne pouvez pas dire, il y a un certain nombre de pays dont les pratiques...
 
M. Darmon : C'est ce que les financiers disent.
 
Ont été pointées du doigt et qui ont été obligés d'évoluer.
 
G. Durand : Donc vous avez l'impression que cette conférence de presse va bien se passer, qu'on va y annoncer quelque chose de concret ? Dans Les Echos de ce matin...
 
On va y annoncer le programme.
 
G. Durand : D'accord, mais dans Les Echos de ce matin, 7 Français sur 10 - sondage BVA - considèrent qu'ils n'ont strictement (je ne dis pas) aucune confiance, mais qu'ils sont horriblement dubitatifs à l'égard des résultats que l'on peut obtenir. Vous leur diriez quoi ?
 
Mais parce que les questions internationales, c'est toujours comme ça, ça paraît très loin au début et puis ça paraît très difficile et c'est très difficile. On se dit « oh la la, on ne va pas réussir à mettre les Chinois et les Américains d'accord, de toute façon ils sont plus gros que nous, et puis est-ce que ça nous intéresse bien tout ce qui va se passer là-dedans ». Et puis chemin faisant, on se rend compte qu'on peut y arriver parce que la France a quand même une position particulière dans le monde, qu'on peut jouer le rôle de catalyseur sur des accords qui sont indispensables pour tout le monde...
 
G. Durand : Mais quels sont les atouts de Sarkozy dans cette affaire ?
 
C'est la volonté, c'est clairement la volonté, c'est d'y croire, c'est d'avoir forgé lui-même ces instruments. Le G20 c'est son idée à lui, élargir le Conseil de sécurité des Nations Unies à des pays émergents...
 
M. Darmon : ...Influence...
 
C'est son action à lui.
 
M. Darmon : Mais qui dilue l'influence, plus vous faites une gouvernance mondiale, moins vous avez l'influence d'un pays.
 
Non, ce n'est pas vrai pour la France parce que la France en fait a un rôle de catalyseur dans ces jeux à plusieurs. Ça peut se discuter pour des pays comme les Etats-Unis ou la Chine, qui ont une position assurée dans le monde. Mais la France, de part ses relations, de part sa position historique a intérêt au multilatéralisme. Et quand les pays discutent entre eux, la France occupe souvent une position importante, bien supérieure à son poids par exemple maintenant dans l'économie mondiale. Et moi je gage qu'à la fin de la présidence G8, G20, les Français verront à quoi ça a servi. Je comprends qu'aujourd'hui, ils ne voient pas vraiment, mais si on a réussi à avancer par exemple sur la régulation du marché des matières premières, je pense au marché des matières premières agricoles mais aussi des matières premières énergétiques, je pense que les Français verront la différence à la fin.
 
G. Durand : Je vais être facétieux mais vous considérez qu'à la fin de ce G20, il aura une position internationale aussi importante que celle de DSK ?
 
 Ce n'est pas vraiment les mêmes sujets, vous savez DSK est responsable...
 
G. Durand : Pas pour l'essentiel des dirigeants de la planète, le Français qui a le plus grand rôle dans le monde c'est DSK.
 
Parce que c'est le FMI, parce que c'est banquier. Vous aussi, vous avez de la considération pour votre banquier et vous y faites attention. Mais est-ce que votre banquier pour autant...
 
G. Durand : Non mais il y a une compétition derrière tout ça, qui est une compétition présidentielle.
 
Enfin, ça...
 
G. Durand : Tous les éditorialistes ce matin écrivent : c'est son souhait du rebond qu'il va tenter d'utiliser, je ne dis pas d'une manière péjorative, mais qu'en tout cas il a l'intention d'utiliser cette séquence pour arriver à la proximité des présidentielles dans des conditions d'opinion qui sont plus favorables que celles qu'on connaît actuellement.
 
Certes, mais le président de la République...
 
G. Durand : Ce n'est un mystère pour personne.
 
N'a rien à démontrer de sa dextérité, de son habileté sur les relations internationales. La présidence française de l'Union européenne avait été un grand moment du retour du politique, de retour de la volonté, de retour de l'action dans l'Union européenne. Est-ce que vous entendez beaucoup parler de la présidence de l'Union européenne depuis que le président de la République en a quitté la position ? Non. Il n'a rien à démontrer sur le sujet. En revanche, il peut être utile et il souhaite être utile.
 
G. Durand : Alors il y a beaucoup de questions, on va notamment parler de votre ministère avec Michaël dans une seconde sur les éoliennes, l'affaire de Roissy. Mais je voudrais terminer sur la position française dans le monde, puisque justement c'est un moment clé pour nous, vous l'avez dit tout à l'heure. Or l'affaire de la Tunisie, je ne dis pas que c'est une débâcle mais après les déclarations de M. Alliot-Marie, même si elles ont été mal interprétées, les regrets de François... F. Mitterrand, vous voyez le lapsus est là, considérant qu'il a peut-être été trop compréhensif avec ce pays, est-ce que vous avez vraiment le sentiment que la diplomatie française reste intacte ?
 
Je crois qu'on...
 
G. Durand : Est-ce que ça a servi à quelque chose de changer Kouchner finalement ?
 
On ne saurait pas juger de la diplomatie française et de son influence dans son ensemble à travers le seul oeil de la Tunisie. Pourquoi ? Parce que c'est très particulier. La Tunisie c'est un ancien protectorat, et donc on est dans cet espèce de relation étrange dans laquelle on est très, très proches...
 
G. Durand : On a gaffé !
 
Non mais attendez, on est très, très proches...
 
G. Durand : On a gaffé dans cette affaire-là...
 
Et en même temps on a peur, à chaque fois qu'on en dit un peu trop, d'être accusés de néocolonialisme...
 
G. Durand : D'accord mais...
 
Vous le savez bien ça.
 
G. Durand : Mais le...
 
Et donc, on n'arrive jamais à trouver l'équilibre, et là manifestement on ne l'a pas trouvé...
 
G. Durand : Je ne cherche pas à vous interrompre systématiquement, mais le concret de l'affaire c'est que Ben Ali a été exfiltré par les Américains via les généraux tunisiens. Nous, on n'a joué aucun rôle...
 
Je ne sais pas par qui Ben Ali a été exfiltré...
 
G. Durand : C'est ce qui s'écrit partout.
 
La France n'a pas vu venir les choses comme elle aime le voir et comme elle aime le faire. Mais je ne cherche pas à dire que tout est parfait, simplement je crois qu'il faut voir que la Tunisie est un ancien protectorat, nous avons une difficulté à trouver la bonne distance et le bon mode de relation. Et ça n'est pas manque d'intérêt ou par indifférence vis-à-vis des Tunisiens, c'est parfois par trop grande proximité.
 
G. Durand : Culpabilité ?
 
Non, par trop grande proximité, tout simplement. Moi dans ma ville à Longjumeau, la plus grande communauté émigrée, c'est la communauté tunisienne, on a une relation avec...
 
G. Durand : Et ils vous applaudissent ?
 
Ils m'applaudissent, ils ne m'applaudissent pas, ils savent bien que c'est difficile, on a une relation avec la Tunisie qui est une relation très particulière et qui fait que... les relations internationales et la diplomatie ne jouent pas toujours le rôle de la manière la plus parfaite...
 
G. Durand : Alors conférence de presse ce matin à 11h 00 très importante du président de la République, et puis après au cours de la semaine le discours de Saint-Nazaire sur la ré-industrialisation, tout le monde en parle. Et il y a un certain nombre de sujets qui vous concernent directement et dont on va parler avec Michaël, qui sont les éoliennes en pleine mer, et puis après donc l'affaire de Roissy.
 
M. Darmon : Oui mais tout d'abord, est-ce qu'on peut être ministre de l'Environnement lorsque l'énergie est repartie à Bercy, c'est-à-dire chez les ennemis du Grenelle de l'environnement, et que finalement vous n'avez plus la possibilité de développer une politique environnementale ?
 
Mais l'énergie n'est pas repartie à Bercy, les entreprises de l'énergie sont - comme vous dites - reparties à Bercy. Honnêtement, la question des mouvements de capitaux à l'intérieur d'AREVA, vous pensez qu'elle a vraiment toujours été traitée au ministère de l'Ecologie ou à Bercy ? Non, elle est traitée à l'Elysée, ça ne change rien, ça, ça ne change rien. Et les questions qui intéressent le Grenelle de l'environnement et qui m'intéressent moi, qui sont par exemple la lutte contre le changement climatique, c'est entièrement au ministère de l'Ecologie, les énergies renouvelables notamment dans leur dimension tarifaire, c'est totalement partagé entre Bercy et l'Ecologie. Au passage, ça a toujours été plus ou moins le cas, parce que quand on discute tarifs sur les énergies renouvelables, bien sûr que Bercy y met toujours son nez. Toutes ces choses-là servent à créer un buzz qu'on espère négatif autour du Grenelle de l'environnement...
 
M. Darmon : ...Une partie de l'électorat voulait que le Grenelle de l'environnement...
 
Pour dire « c'est moins bien qu'avant, ce n'est plus pareil »...
 
M. Darmon : Comment relancer le Grenelle de l'environnement ?
 
Moi, je suis la garante que tout le Grenelle de l'environnement sera appliqué et intégralement mis en oeuvre. Et cette semaine, et cette semaine, je compte beaucoup sur les annonces que le président de la République doit faire à Saint-Nazaire demain...
 
G. Durand : Par exemple, combien d'éoliennes en pleine mer...
 
Par exemple...
 
G. Durand : Combien d'éoliennes en pleine mer...
 
Attendez, attendez...
 
G. Durand : Combien d'éoliennes en pleine mer ?
 
Je viens de vous dire que le président de la République dira (je le crois) des choses intéressantes sur le Grenelle de l'environnement demain, ce n'est pas à moi de vous les dire.
 
G. Durand : Combien ? Ça concerne...
 
Mais...
 
G. Durand : Non mais il y a des cartes dans les journaux... non mais pardonnez-moi...
 
Je ne sais pas qui a mis ces cartes dans les journaux, mais la personne qui l'a fait n'aurait pas dû le faire...
 
G. Durand : Avec Michaël, on voit...
 
M. Darmon : Est-ce que Bercy...
 
G. Durand : Saint-Nazaire... enfin tous les lieux sont...
 
Moi je milite, et ça je peux vous le dire, moi je milite pour qu'il y ait un appel à projets solide sur l'éolien offshore, pourquoi ? On a un engagement de 23 % d'énergie renouvelable en France en 2020. C'est à la fois un engagement du Grenelle de l'environnement et un engagement vis-à-vis de l'Europe. Aujourd'hui, l'essentiel de notre électricité d'origine renouvelable, on l'a fait avec l'hydraulique, avec des barrages, ce qui est bien mais on ne peut pas en faire tellement plus. Il faut développer les nouvelles énergies renouvelables, c'est l'éolien sur terre qui trouve parfois certaines limites, notamment dans l'acceptabilité des personnes, mais on le développe et...
 
G. Durand : ...Surtout quand il n'y a pas de vent...
 
Et on l'a déjà beaucoup développé.
 
G. Durand : Ça ne sert à rien.
 
Les énergies renouvelables sont des énergies intermittentes, excusez-moi, vous faites un peu votre C. Allègre. C'est le photovoltaïque...
 
G. Durand : J'ai essayé.
 
Le photovoltaïque qu'on a beaucoup développé et qu'on va relancer...
 
M. Darmon : Et dont les mesures incitatives fiscales ont été totalement démantelées...
 
Et qu'on va relancer... mais qu'on a suspendu... oui, mais qu'on a suspendu (moi je l'assume complètement) qu'on a suspendu parce qu'on était parti sur un pied dans lequel, l'essentiel des équipements était importé de l'étranger, et on n'avait pas réussi à construire la filière industrielle qui nous permettait de bénéficier... de faire bénéficier l'emploi en France...
 
M. Darmon : Donc vous dites : un effet d'aubaine avait été créé artificiellement...
 
Mais bien sûr, et une bulle spéculative...
 
M. Darmon : Par J.-L. Borloo en fait ?
 
Et une bulle spéculative... J.-L. Borloo a voulu lancer le solaire photovoltaïque et il y a réussi, simplement il y a des effets connexes qui ne sont pas des effets agréables. Je veux dire, la subvention de l'industrie... de la filière industrielle chinoise du photovoltaïque n'est pas quelque chose qui peut...
 
G. Durand : Alors...
 
Attendez, je finis. Il y avait des très beaux projets et moi, je souhaite qu'on puisse renouer le fil avec eux et les relancer sur le photovoltaïque. Mais ça valait le coup de percer cette bulle spéculative parce qu'il y avait des gens qui faisaient de l'argent d'une manière qui n'était pas légitime, tout le monde le sait, il y avait de la spéculation...
 
G. Durand : Voire même totalement illégal.
 
Moi ce que je voudrais, c'est que le Grenelle de l'environnement rime avec des emplois, y compris des emplois industriels. C'est pour ça qu'on refonde la filière photovoltaïque et c'est pour ça que je suis une fervente militante de l'éolien offshore, pourvu qu'on s'organise...
 
M. Darmon : Que le président va annoncer mardi ?
 
Pour que l'éolien offshore, ce soit la structuration d'une filière industrielle en France sur la façade atlantique. Pourquoi ? Pour construire nous-mêmes nos éoliennes pour l'éolien offshore, et pour pouvoir exporter parce qu'il y a beaucoup de pays européens qui veulent se lancer dans l'éolien offshore pour atteindre leurs objectifs européens. On en a tous des objectifs, nous 23 %, d'autres pays ont des objectifs équivalents.
 
G. Durand : Je disais ça parce qu'il semblerait que le président de la République ne soit pas un fana de l'éolien, notamment pour des raisons esthétiques. On imagine le C. Monet d'aujourd'hui, puisque finalement ça doit avoir lieu en Normandie et peut-être aussi en partie en Bretagne, les falaises d'Etretat version C. Monet avec les éoliennes au milieu de la mer à 300 m...
 
Je mets un bémol à ce que vous dites, c'est vrai que les éoliennes sont souvent contestées sur le plan esthétique. Pour ce qui est de l'éolien à terre, on développe maintenant des schémas régionaux qui intègrent toutes les dimensions paysagères pour avoir une meilleure acceptabilité des équipements. Et pour ce qui est de l'éolien offshore, on n'est pas très près des côtes, donc c'est... si vous voulez, on n'est pas du tout sur le même type d'impact, les gens ne doivent pas se représenter...
 
G. Durand : Les gens au bord de la plage en Normandie...
 
Non, ce n'est pas l'éolienne au bord de la plage...
 
G. Durand : Et en Bretagne.
 
Non, ce n'est pas du tout ça, c'est beaucoup plus loin.
 
G. Durand : Un tout petit mot sur Roissy, parce que je crois que vous avez 2 réunions aujourd'hui et demain concernant les nuisances à Roissy. Qu'est-ce qu'on peut faire pour que les avions fassent moins de bruit, parce que c'est aussi votre circonscription qui est dans la région...
 
La mienne est au bout des pistes d'Orly, c'est au Sud de Paris.
 
G. Durand : Oui mais enfin... c'est ce qui est consacré...
 
Mais je connais bien le sujet...
 
G. Durand : Voilà, c'est l'aéroport, là c'est Roissy mais Orly c'est la même chose.
 
Alors ce qu'on peut faire... je vais vous dire, ce qu'on peut faire c'est à la fois travailler...
 
G. Durand : Et après, on parlera de la majorité avec Michaël...
 
Sur les procédures d'approche, sur l'exclusion des plages les plus sensibles, par exemple la nuit, des avions les plus bruyants. Ce qu'on peut faire surtout - et on va le faire, et ça concerne l'ensemble de l'Ile-de-France - c'est relever les trajectoires. C'est quelque chose qui est maintenant possible pour toutes sortes de raisons techniques dans lesquelles je n'entre pas, il y a des avions aujourd'hui qui, ce qu'on appelle... interceptent l'ILS, c'est leur trajectoire d'approche à 1.200 mètres, on peut les relever à 1.500, il y en a qui étaient à 900 m, on peut les relever à 1.200...
 
G. Durand : Ça diminue le bruit ?
 
Ça diminue beaucoup le bruit parce que l'échelle du bruit n'est pas linéaire, là aussi je n'entre pas dans les détails, c'est une échelle logarithmique. Et donc quand vous relevez un peu les avions, vous avez beaucoup moins de bruit au sol.
 
G. Durand : Avant qu'on termine avec Michaël, concernant la majorité, je voudrais poser une question sur la proposition de S. Royal hier chez nos confrères de RTL et du Figaro et de LCI, elle s'est prononcée pour inscrire dans la loi qu'on lutte contre les licenciements boursiers, c'est-à-dire qu'on interdise carrément par la loi les licenciements boursiers.
 
Vous savez, il y a des primaires au Parti socialiste, il y a beaucoup de candidats, ils ont chacun besoin d'exister. Et le monde médiatique est ainsi fait que pour exister, il faut toutes les semaines lancer un débat...
 
G. Durand : Non mais sur le fond ?
 
Y compris le plus impossible, parce que qu'est-ce que c'est un licenciement boursier, comment vous définissez un licenciement boursier ?
 
G. Durand : Une entreprise qui est saine, une entreprise qui est en croissance, une entreprise qui n'a pas de problème économique et qui licencie pour améliorer son cours de bourse.
 
D'accord. Et donc dans ce cas-là, ça veut dire qu'en fait vous remettez quelque chose qui existait dans les années 80, et dont on sait qu'il a été très, très nuisible à l'emploi...
 
G. Durand : L'autorisation administrative...
 
L'autorisation administrative de licenciement. Est-ce que vous avez un souvenir formidable de la courbe de chômage à la fin des années 80 ? Ça croissait, ça croissait, ça croissait. Ecoutez, c'était l'autorisation administrative de licenciement qui était en place...
 
G. Durand : Alors dernier...
 
S. Royal nous propose d'y revenir...
 
G. Durand : Dernière question de Michaël. M. Darmon : Un débat agite aujourd'hui droite et gauche, c'est comment parler au Front national, est-ce qu'il faut continuer à boycotter ou au contraire discuter avec M. Le Pen ? Vous, est-ce que vous feriez un débat avec M. Le Pen ?
 
Moi je débats avec tous ceux qui sont dans le monde politique, aujourd'hui M. Le Pen est dans le monde politique, même si ce n'est pas ma tasse de thé...
 
M. Darmon : Est-ce que le groupe de surveillance mis en place par J.-F. Copé est une bonne méthode selon vous ?
 
Je pense que le terme groupe de surveillance n'est pas adapté, d'ailleurs je ne pense pas que J.-F. Copé le reprendrait à son compte. Je crois qu'il veut qu'on réfléchisse à ce sujet sereinement, comme à tous les sujets de la vie politique. Le terme « groupe de surveillance » me semble loin de la réalité et probablement loin de sa pensée.
 
G. Durand : Merci N. Kosciusko-Morizet, vous serez à la conférence de presse ce matin ?
 
Non, non...
 
G. Durand : Parce que les gaullistes, il y avait tout le gouvernement qui était à côté du général de Gaulle pendant les conférences de presse.
 
Oui, certes, écoutez-là on fait autrement, c'est le président de la République qui parlera, je ne suis pas sûre qu'on ait vraiment besoin d'aller faire le décor, mais je suivrai avec attention ce qui s'y dira.
 
G. Durand : Merci beaucoup.
 
Source : Premier ministre, Service d'Information du Gouvernement, le 28 janvier 2011

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