Déclaration de M. François Fillon, Premier ministre, en réponse à une question au sujet du mouvement de protestation des magistrats à la suite des propos de Nicolas Sarkozy sur la gestion du suivi judiciaire du principal sucpect de la la mort de Laëtitia Perrais à Pornic et sur les moyens de la Justice, à l'Assemblée nationale le 8 février 2011. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. François Fillon, Premier ministre, en réponse à une question au sujet du mouvement de protestation des magistrats à la suite des propos de Nicolas Sarkozy sur la gestion du suivi judiciaire du principal sucpect de la la mort de Laëtitia Perrais à Pornic et sur les moyens de la Justice, à l'Assemblée nationale le 8 février 2011.

Personnalité, fonction : FILLON François.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Question posée par M. Jean-Marc Ayrault, député (PS et président du groupe SRC) de Loire-Atlantique, lors de la séance des questions au gouvernement, à l'Assemblée nationale le 8 février 2011

ti : Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les députés,
Monsieur le Président Ayrault,


La République c'est notre bien commun, et l'autorité de l'Etat c'est à nous tous de la faire respecter. Et faire respecter l'autorité de l'Etat cela n'est pas fuir les responsabilités, cela n'est pas refuser de regarder les réalités en face. Le martyre de Laetitia a ému toute la France, et je veux dire avant toute chose que c'était le devoir du Président de la République de se faire l'écho de cette émotion avec coeur.

On peut avoir des débats sur les responsabilités, on peut avoir des débats sur la question des moyens de la justice, mais je ne comprends pas que l'ensemble des acteurs dans cette affaire ne fasse pas preuve de la même compassion à l'égard des victimes. Le « présumé coupable » : il suffit d'un mot, il suffit d'un mot pour le dire, je ne l'ai pas entendu. Je ne parle pas de vous, naturellement.

S'agissant maintenant du fonctionnement de la justice, le principal présumé dans cette affaire, qui a été mis en examen, est bien connu de la justice et il a passé de longues années en prison. Il était prévu qu'à sa sortie il soit suivi. Il ne l'a pas été. C'est un dysfonctionnement, personne ne peut le nier. Nous avons diligenté des enquêtes qui diront si les fautes sont des fautes personnelles ou si ce sont des fautes qui sont liées à l'organisation de notre système judiciaire.

Eh bien, chacun doit assumer ses responsabilités ; s'il y a eu des fautes personnelles, elles doivent être sanctionnées. S'il y a des fautes dans l'organisation même de l'appareil judiciaire, alors c'est notre responsabilité au Gouvernement, au Garde des Sceaux, au ministre de l'Intérieur, à la justice que de proposer les corrections pour y remédier. Et c'est d'ailleurs tout le sens du communiqué commun du ministre de la Justice et du ministre de l'Intérieur, il y a quelques jours, qui commençait à donner les pistes nécessaires pour faire en sorte que cette situation ne se reproduise pas.

Je connais parfaitement la lourdeur de la tâche des magistrats, je sais les difficultés auxquelles ils sont confrontés et je vous invite, sur la question des moyens, à faire preuve de modestie car lorsque vous étiez aux affaires, vous n'avez pas donné les moyens nécessaires à la justice. Nous essayons de rattraper le retard. Il y a encore beaucoup de retard, c'est une responsabilité collective. Mais la lourdeur de cette mission, la responsabilité écrasante qui est celle des magistrats ne doit pas conduire, comme c'est le cas aujourd'hui, à faire en sorte que ce soit l'ensemble de nos concitoyens qui soient victimes de leurs mouvements de protestations.


Source http://www.gouvernement.fr, le 9 février 2011

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