Entretien de M. Henri de Raincourt, ministre de la coopération, dans "Libération" du 15 février 2011, sur la lutte contre le terrorisme en Afrique de l'Ouest. | vie-publique.fr | Discours publics

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Entretien de M. Henri de Raincourt, ministre de la coopération, dans "Libération" du 15 février 2011, sur la lutte contre le terrorisme en Afrique de l'Ouest.

Personnalité, fonction : RAINCOURT Henri de.

FRANCE. Ministre de la coopération

ti : Q - En Mauritanie, les autorités ont déjoué, début février, un projet d'attentat contre l'ambassade de France. Al Qaïda au Maghreb islamique est-il derrière cette tentative ?

R - Elles ont intercepté trois véhicules, certains bourrés d'explosifs. L'un d'entre eux était destiné à exploser devant l'ambassade de France. Des terroristes présumés ont pu être arrêtés. Compte tenu de la charge explosive contenue dans chacun des véhicules, les victimes auraient été extraordinairement nombreuses. Tout converge pour penser qu'il s'agissait bien d'un groupe lié à Aqmi.

Q - Comment contrecarrer cette menace ?

R - Le renseignement est primordial. Il faut que les populations locales comprennent l'enjeu de la lutte contre le terrorisme et participent par l'observation de ce qui se passe dans l'entourage immédiat en recensant ce qui pourrait paraître étrange. C'est de cette manière que les autorités mauritaniennes ont su que quelque chose se tramait. Des habitants ont observé des mouvements qui leur paraissaient anormaux et les ont signalés.

Q - L'aide au développement a-t-elle un rôle à jouer ?

R - Il faut couper la relation qui pourrait exister entre les terroristes et la population. Quand vous enlevez des otages et percevez des rançons, cela peut permettre d'acheter la neutralité ou le silence des populations qui n'ont pas le nécessaire pour vivre. C'est pour cela que le développement économique et social des populations est indissociable de la lutte contre le terrorisme.

Q - Le gouvernement français va-t-il renforcer son aide ?

R - Nous sommes déjà très présents : la France est le deuxième bailleur au Mali, le premier au Niger et en Mauritanie. Notre engagement sera encore accentué par la mise en oeuvre du plan européen en cours de finalisation par Catherine Ashton, la Haute représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères, pour le Sahel. Il vise à financer un grand programme de sécurité et de développement dans la zone.

Q - Comment assurer à distance la sécurité des Français ?

R - Nous avons émis depuis plusieurs mois des consignes très strictes de vigilance à nos compatriotes résidant dans le Sahel, certaines régions étant formellement déconseillées. Sur place, ce sont les autorités locales qui assument leurs missions régaliennes. Ce n'est pas à nous de nous substituer à elles sur leur propre territoire. Mais il faut être honnête : la sécurité totale ne peut jamais être garantie. Pas plus là-bas qu'à Paris, d'ailleurs.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 16 février 2011

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