Conférence de presse de Mme Valérie Pécresse, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, sur la lutte contre les maladies rares, Paris le 28 février 2011. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Conférence de presse de Mme Valérie Pécresse, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, sur la lutte contre les maladies rares, Paris le 28 février 2011.

Personnalité, fonction : PECRESSE Valérie.

FRANCE. Ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche

ti : Avant de vous présenter le volet recherche de ce deuxième Plan national maladies rares, je voudrais, si vous me le permettez, commencer par saluer devant vous le travail remarquable de nos chercheurs qui, par leur talent et leur créativité, ont effectué ces dernières années des progrès décisifs dans la connaissance et le traitement de certaines de ces maladies.

Je pense en particulier aux équipes du Professeur Nicolas Lévy à l'Université de la Méditerranée et à celles d'Isabelle Richard du laboratoire Généthon d'Evry, qui, ensemble, ont mis à jour l'existence d'un « mini-gène », le dysferline et ouvert ainsi de nouvelles voies thérapeutiques dans le traitement de certaines dystrophies musculaires.

Je voudrais citer aussi les Professeurs Patrick Aubourg et Nathalie Cartier de l'hôpital Saint Vincent de Paul qui ont réalisé avec succès le tout premier essai de thérapie génique sur deux enfants atteints de cette maladie neurologique particulièrement douloureuse et souvent mortelle, qu'est l'adréno-leuco-dystrophie.

Ces découvertes récentes de tout premier plan justifient les ambitions et la confiance très fortes que ce plan national fonde sur nos équipes de recherche.

Et mon rôle aujourd'hui est de vous dire que la mobilisation de la communauté scientifique française sera totale pour progresser encore dans la lutte contre les maladies rares et apporter des réponses à tous ceux qui en souffrent.


Pour cela, nous devons tirer pleinement parti des initiatives qui ont vu le jour ces dernières années : c'est le premier point sur lequel je souhaitais insister ce matin.

Car vous le savez, nous ne partons pas de rien, loin s'en faut.

Un mouvement puissant est né en France depuis plus de 10 ans pour lutter contre ces maladies, avec la création de l'Alliance Maladies rares qui regroupe les différentes associations de patients, avec le GIS-Institut des maladies rares, avec le portail d'information Orphanet qui a désormais une visibilité internationale, et enfin bien entendu avec l'adoption du premier Plan national en 2004.

Notre ambition aujourd'hui est de renforcer ces initiatives pour mobiliser l'ensemble des acteurs concernés, qu'ils soient publics, industriels ou associatifs, et de définir avec eux, des stratégies scientifiques communes, dans le prolongement du travail initié par le GIS Institut des maladies rares, l'ANR et par le programme Hospitalier de Recherche Clinique.

Avec un objectif fort : celui de créer un véritable continuum de recherche qui aille du laboratoire au chevet du patient, en passant par la recherche clinique et la recherche thérapeutique translationnelle.

Pour répondre à cet objectif, nous avons décidé de créer une structure nationale, la fondation Maladies Rares, qui fédérera l'ensemble de nos forces de recherche - INSERM, CNRS, CHU, Universités - aux côtés des associations de malades et des industriels concernés avec l'ambition de fédérer ainsi nos forces de recherche et d'assurer la visibilité et la cohérence dont les structures et les actions de recherche sur les « maladies rares » ont besoin.

J'ajoute que le Ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche financera cette fondation à hauteur d'1 Million d'euros pour soutenir aux côtés de l'Association Française contre les Myopathies le développement des programmes de séquençage indispensables à l'avancée des connaissances sur les maladies rares.


A côté de ce travail nécessaire de structuration de nos forces de recherche, nous poursuivrons nos efforts pour soutenir les projets scientifiques les plus porteurs, que ce soit au travers des financements courants de l'ANR ou des moyens exceptionnels du plan d'investissements d'avenir.

Car si de manière générale la recherche bio-médicale est une priorité de ce gouvernement, les maladies rares sont naturellement au coeur de l'effort national sans précédent que nous maintenons depuis 4 ans pour renforcer nos laboratoires de recherche.

Dans le cadre de la programmation de l'ANR, les maladies rares bénéficieront ainsi chaque année d'une enveloppe d'au moins 10 millions d'euros. Je dis bien « au moins » : si d'autres projets méritent d'être soutenus parce qu'ils sont excellents, ils le seront, au-delà de cette somme.

Quant aux moyens exceptionnels prévus dans le cadre des investissements d'avenir, ils iront, vous le savez, pour une part importante à la recherche bio-médicale, au travers notamment des 1,55 milliards d'euros pour les différents appels à projets dans les sciences du vivant et des 850 millions d'euros prévus pour les Instituts hospitalo-universitaires.

Certains des projets qui ont déjà été sélectionnés concernent naturellement les maladies rares. Je pense notamment au projet de cohorte RaDiCo porté par le Pr Amselem qui vient de recevoir 10 millions d'euros dans la cadre du programme Santé et Biotechnologies. Ce projet très fédérateur permettra de recueillir sur le long terme des données nécessaires aux études épidémiologiques et de stimuler ainsi des programmes de recherche clinique et translationnelle de grande envergure. Je pense aussi aux résultats à venir, pour les infrastructures nationales de recherche, les démonstrateurs pré-industriels, les Instituts Hospitalo-Universitaires. De très ambitieux projets qui serviront la recherche sur les maladies rares ont été déposés. Des projets pour accroître nos capacités à créer et à analyser des modèles animaux, pour accroître nos capacités de séquençage à l'échelle nationale pour identifier de nouveaux gènes impliqués dans les maladies génétiques, ou encore pour augmenter nos capacités de production de lots de vecteurs cliniques pour permettent les essais de «gène médicament». Je suis confiante, ces projets innovants et ambitieux, devraient retenir l'intérêt des jurys internationaux.


Je veux dire enfin que cet effort national pour lutter contre les maladies rares est prolongé et amplifié par la stratégie que nous poursuivons au niveau européen.

Je pense en particulier à l'Infrastructure européenne de recherche clinique, ECRIN [European Clinical Research Infrastructure Network], que la France coordonne et qui permettra de décupler nos forces de recherche clinique et translationnelle. Cette infrastructure, qui facilitera les études cliniques multi-nationales, est particulièrement importante pour les maladies rares puisqu'elle permettra de solliciter des malades à l'échelle de l'Union Européenne.

Mais aussi à l'Infrastructure européenne des Biobanques BBMRI [BioBank and BioMolecular Research Infrastructure] qui prolongera au niveau européen le réseau des Centres de Ressources Biologiques que nous construisons en France et qui nous permet d'améliorer le recueil, la conservation, et la standardisation des procédures, pour tous les échantillons biologiques humains et pour les rendre accessibles aux programmes de recherche. La Cohorte RaDiCo que j'évoquais à l'instant jouera un rôle de tout premier plan, pour les maladies rares, dans la montée en puissance de ce projet européen.

Enfin, vous le savez, nous disposons avec l'ERA-Net (European Research Area-Network) Erare- 2 d'un outil puissant pour fédérer nos efforts de recherche au niveau européen et lutter ensemble contre ces pathologies. L'ANR du reste s'est très fortement engagé dans cet ERANet, et a lancé en décembre dernier son premier appel à projets.


Vous l'aurez compris, mesdames et messieurs, derrière le plan national que nous lançons aujourd'hui, il y a des projets de recherche concrets portés par l'ambition et le talent de la communauté scientifique française. Et dans le sillage des découvertes qui ont vu récemment le jour dans nos laboratoires, je ne doute pas que la France s'installe durablement ?? la pointe de la connaissance et du progrès dans ce domaine crucial où se joue en partie l'avenir de notre médecine.

C'est aussi la raison pour laquelle je tenais à remercier toutes celles et ceux qui ont oeuvré à l'élaboration de ce Plan et donné suite à l'excellent rapport du Professeur Gilles Tchernia. Je pense en particulier aux associations de patients dont l'engagement est inestimable, à l'image du travail qu'ils effectuent tout au long de l'année et particulièrement l'AFM qui est un financeur très important de la recherche sur les maladies rares grâce au travail de nombreux bénévoles, aux donateurs du Téléthon, et à l'implication de sa présidente.

Je tenais également à remercier le Professeur Nicolas Lévy pour son engagement sans failles et qui a accepté de prendre la tête de la future Fondation ainsi que le Professeur Hélène Dollfus qui assume la lourde tâche d'assurer la vice-présidence du Plan et de mettre ainsi en cohérence l'ensemble de nos actions de recherche.

Mesdames et messieurs, pour les malades, pour leurs proches, pour la société tout entière, nous avons le devoir de poursuivre et d'amplifier ce grand et beau combat que nous menons contre les maladies rares. Je sais que je peux compter sur votre engagement, sur votre ambition et sur votre compétence. Et vous pouvez compter sur ma détermination à vos côtés.

Source http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr, le 1er mars 2011

Rechercher