Déclaration de Mme Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'écologie, du développement durable, des transports et du logement, en réponse à une question sur les mesures envisagées dans les territoires d'outre-mer face aux risques de contamination consécutifs à l'accident nucléaire au Japon, à l'Assemblée nationale le 15 mars 2011. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Déclaration de Mme Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'écologie, du développement durable, des transports et du logement, en réponse à une question sur les mesures envisagées dans les territoires d'outre-mer face aux risques de contamination consécutifs à l'accident nucléaire au Japon, à l'Assemblée nationale le 15 mars 2011.

Personnalité, fonction : KOSCIUSKO-MORIZET Nathalie.

FRANCE. Ministre de l'écologie, du développement durable, des transports et du logement

Circonstances : Question posée par M. Philippe Folliot, député (apparenté Nouveau Centre) du Tarn, lors de la séance des questions d'actualité, à l'Assemblée nationale le 15 mars 2011

ti : Monsieur le Député, dans le contexte de risque de catastrophe nucléaire auquel doit faire face le Japon, et pour ne pas charger davantage les autorités japonaises qui doivent affronter cette crise, nous recommandons à tous les Français qui n'ont pas de bonnes raisons de rester à Tokyo de quitter la ville par avion ou de se diriger vers le sud du Japon. Nous avons demandé à Air France d'augmenter son nombre de rotations sur Tokyo et, surtout, sur Osaka pour rapatrier nos compatriotes qui le souhaiteraient.

Ceux qui resteront sur place devront se conformer aux prescriptions des autorités japonaises, c'est-à-dire envisager de rester confinés et, surtout, ne pas sortir en cas de pluie. Pour eux, des dispositifs sont prévus, comme l'acheminement d'une équipe de spécialistes de l'IRSN - l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire - auprès de l'ambassade de France pour conforter nos équipes sur place.

Vous l'avez signalé, Monsieur le Député, nous avons aussi des territoires d'outre-mer qui sont les territoires français les plus proches du Japon et de cette catastrophe. Nous avons d'abord activé, conforté notre réseau de surveillance. Il existe une balise à Tahiti et nous suivons de très près l'évolution de la situation en matière de radioprotection dans nos territoires. Aujourd'hui, il n'y a pas de risque majeur. La suite dépendra, d'une part, de l'ampleur des rejets au Japon, d'autre part, des déplacements atmosphériques. Les courants atmosphériques passent relativement peu facilement d'un hémisphère à l'autre. En conséquence et même si cela peut paraître curieux, si certains de nos territoires devaient être exposés, ce serait plus probablement Saint-Pierre-et-Miquelon que ceux du Pacifique.

Pour autant, compte tenu des rejets massifs attendus, l'IRSN commence d'ores et déjà à modéliser le nuage pour prévoir son déplacement. Bien sûr, nous anticiperons son éventuelle arrivée si cela s'avérait, avec des mesures de prévention dans nos territoires du Pacifique.

Monsieur le Député, dans le contexte de crise nationale, de catastrophe naturelle, puis de risque de catastrophe nucléaire que connaît le Japon, nous attachons une attention prioritaire à nos territoires d'outre-mer et à ceux du Pacifique. Cela a été le cas dès l'arrivée du tsunami. À travers l'histoire, presque 60 % des tsunamis recensés ont eu lieu dans le Pacifique. Nous avons des outils de détection et de modélisation des tsunamis extrêmement développés dans le Pacifique.

Nous avons pu ainsi, dès vendredi, dès l'arrivée du tsunami au Japon, modéliser, prédire le niveau de la vague, l'heure d'arrivée dans les territoires d'outre-mer, à Wallis-et-Futuna, à Tahiti, et protéger les populations.

Nous essayons de développer cette anticipation, avec les limites que pose l'information dont nous disposons sur le risque de catastrophe nucléaire.

Aujourd'hui, il n'y a pas de risque majeur pour les territoires d'outre-mer. Cependant, compte tenu des rejets massifs attendus, nous commençons d'ores et déjà à modéliser le nuage radioactif qui pourrait se former et à étudier sa circulation en fonction des courants atmosphériques afin d'anticiper une éventuelle arrivée de particules radioactives sur nos territoires. Naturellement, toutes les mesures de précautions seront prêtes et actionnées.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 17 mars 2011

Rechercher