Déclaration de Mme Chantal Jouanno, ministre des sports, sur la préparation des Jeux Olympiques de Londres 2012, Paris le 15 mars 2011. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Chantal Jouanno, ministre des sports, sur la préparation des Jeux Olympiques de Londres 2012, Paris le 15 mars 2011.

Personnalité, fonction : JOUANNO Chantal.

FRANCE. Ministre des sports

Circonstances : J-500 avant les Jeux Olympiques et Paralympiques de Londres le 15 mars 2011

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Cet événement des J-500 est une première. Nous voulions avec Denis et Gérard marquer cette entrée dans la phase préolympique de manière solennelle et festive. Car les Jeux Olympiques et Paralympiques ne sont pas une compétition comme les autres. C’est une forme de communion mondiale. Et pour vous tous, ces Jeux sont le rêve, l’obsession, la quête ultime qui guident et rythment votre vie au quotidien. Ils donnent un sens à votre engagement de tous les jours. Ils vous donnent la force de surmonter les échecs, les blessures et les souffrances auxquels tout sportif est forcément confronté, un jour ou l’autre, au cours d’une carrière sportive.

Une médaille olympique, c’est la récompense suprême. Elle occupe à jamais une place à part dans le palmarès, dans le cœur et dans la vie d’un sportif.

I. Au-delà de vos ambitions individuelles, au-delà de l’ambition de chaque fédération, cette journée est l’occasion d’affirmer notre ambition collective.

La France est dans le peloton de tête des nations mondiales. Mais, il est vrai que nous perdons du terrain. Nous étions 5e à Atlanta, 10e à Pékin. En paralympiques, on observe la même tendance : 6e à Atlanta, 12e à Pékin.

Paradoxalement, c’est à Pékin que nous avons battu notre record de médailles, en remportant 41 médailles. Cependant, aux Jeux Olympiques et Paralympiques, ce n’est pas le nombre global de médailles qui compte, c’est le nombre de titres. Quand on regarde les 15 premières nations mondiales, il n’y a qu’en France que les titres représentent moins d’un quart de la moisson totale de médailles. Chez les autres nations leaders, les titres représentent en moyenne 30 à 40% du total des médailles remportées. Nous avons une vraie marge de progression sur l’or.

Par conséquent, nous devons avoir l’ambition de :

- Gagner plus de titres :
Pour les Jeux Olympiques, l’objectif sera de doubler le nombre de médailles d’or obtenues à Pékin : nous viserons les 14 médailles d’or ;
Pour les Jeux Paralympiques, l’objectif sera d’atteindre 16 médailles d’or.

- Faire mieux qu’à Pékin en nombre global de médailles. Vous avez obtenu 41 médailles à Pékin aux Jeux Olympiques, 52 aux Jeux Paralympiques. Nous pouvons aller encore plus loin.

Vous en êtes capables. J’ai vu vos exploits. J’ai vu les victoires récentes du handball, de l’escrime, du judo, de l’athlétisme que ce soit en compétitions valides ou handisport. J’ai vu à quel point vous êtes performants, ambitieux, déterminés. Tout cela me conforte dans l’idée que nous pouvons et que nous devons atteindre cet objectif.

Ces résultats doivent nous rapprocher du top 5 au sein duquel la France a toute sa place en tant que grande nation sportive. Pour les Jeux Paralympiques, nous devons viser le top 10. Ce sera une première étape avant de viser plus haut pour Rio.

Une autre ambition qui doit nous animer, c’est de porter plus de femmes sur les podiums. Les Françaises ont rapporté 7 médailles sur 32 en 2008 à Pékin. Mais songez qu’en 2004 à Athènes, elles ont remporté 16 médailles sur 33. Elles ne présentaient que 35% de la délégation et elles ont remporté près 50% des médailles. C’est bien la preuve que nous avons des championnes exceptionnelles.

II. Gagner, ce n’est pas seulement avoir de l’ambition, c’est également une question de méthode.

L’excellence requiert une action ciblée. C’est la perfection dans les détails qui fait la victoire. Nous concentrerons donc nos efforts et nos moyens sur les sportives et sportifs les plus à même d’aller chercher une médaille olympique. L’INSEP sera chargé de nous aider à identifier les projets de performance olympique les plus ambitieux. L’avis de la direction des politiques sera pris en compte sur la partie haut-niveau des conventions d’objectifs.

C’est aussi l’expérience partagée qui favorise la victoire. En novembre 2010, les DTN se sont réunis dans le cadre d’un séminaire consacré à la culture de la victoire. Ce moment d’échange a été, je le sais, particulièrement instructif. Il y a là une vraie richesse d’expériences à exploiter, pour vous aider à construire votre propre stratégie de conquête de titres et de médailles à Londres. Cela vaut particulièrement pour les DTN et les entraîneurs qui n’ont encore jamais connu l’atmosphère si particulière des Jeux Olympiques ou Paralympiques. C’est également vrai pour ceux qui ont déjà connu les Jeux. Ces échanges peuvent les conduire à travailler des aspects en apparence secondaires, mais qui ont fait la victoire d’autres sportifs.

Je demande donc à L’INSEP de fixer dès maintenant un calendrier prévoyant des journées d’échange avec l’encadrement des équipes de France et bien évidemment le CNOSF et la direction des sports. Vous y aborderez les thèmes les plus importants dans le cadre de la préparation et de la réussite des Jeux : de la préparation physique des athlètes à la gestion de la vie au sein des Villages Olympique et Paralympique.

Nous avons de grands champions paralympiques. J’ai eu l’occasion d’en rencontrer certains. J’ai été extrêmement impressionnée par leurs performances sportives et je les sais animés d’une vraie culture de la victoire. Un groupe de travail associant le ministère des Sports, l’INSEP et le CNOSF vient de nous remettre ses recommandations pour améliorer leurs conditions de préparation aux Jeux Paralympiques. Il met en évidence l’importance de travailler sur l’individualisation de l’accompagnement. Dans ce cadre, l’expertise des fédérations valides peut être précieuse. Vous pouvez donc compter sur moi pour faciliter la mise en œuvre de partenariats entre fédérations.

Enfin, je tenais à vous dire que les primes olympiques et paralympiques seront reconduites. Pour les sportifs, elles seront de 50 000 € par médaille d’or, 20 000 € pour l’argent et enfin 13 000 € pour le bronze. Pour l’encadrement, la fédération recevra une enveloppe financière égale à 50% du montant total des primes versées à ses médaillés. C’est ensuite le DTN qui se chargera de la répartition entre les cadres concernés.

III. Nous sommes à un moment charnière pour le haut niveau français.

Nos sportifs bénéficient d’un encadrement performant. C’est une chance. Nous devons nous appuyer sur cette expertise pour asseoir notre place dans la compétition mondiale.

Je souhaite donc créer une « Académie des entraîneurs » qui constituera un cursus d’excellence pour nos cadres du haut niveau et qui permettra de capitaliser les connaissances et l’expertise acquises au cours de leur carrière.

L’Académie aura notamment pour missions d’être un espace de mutualisation, d’échanges et de formalisation de documents de référence en matière de haut niveau. Elle permettra également d’instaurer des dispositifs d’accompagnement des entraîneurs pour que nos cadres puissent bénéficier de l’expérience des plus expérimentés. Cette Académie doit nous permettre de valoriser nos entraîneurs, ces acteurs majeurs de la performance qui sont parfois oubliés lorsque la médaille est obtenue.

Je demande à l’INSEP et à sa Direction des Politiques Sportives d’engager la réflexion pour que cette Académie puisse voir le jour en septembre 2011.

Nous devons par ailleurs faire aboutir cette année le dossier concernant le régime indemnitaire de l’encadrement sportif pour mieux prendre en compte leurs responsabilités et leurs résultats. Les DTN doivent bénéficier d’un statut et d’un traitement comprenant une prime de fonction et de résultat. Leur mérite doit être valorisé à sa juste hauteur.

J’ai longuement parlé des entraîneurs, mais je n’oublie pas les principaux acteurs de l’excellence sportive, tous ces champions qui honorent notre pays sur les plus beaux podiums. A ces sportifs, je veux confirmer que nous allons régler la question de leur retraite avant la fin de l’année 2011.

J’ai eu la chance de rencontrer beaucoup d’entre vous. Ce que je constate, c’est que vous êtes très enthousiastes. Il y a dans le sport une immense joie de vivre. Vous avez un esprit de conquête. Je sais que ce n’est pas ce qu’on dit habituellement, mais on ne va pas à une compétition pour participer, mais pour gagner. Enfin, vous savez que rien n’est impossible. Je ne vous souhaite donc qu’une chose : c’est de réaliser vos rêves et les Jeux, c’est le rêve suprême.


Source http://www.sports.gouv.fr, le 17 mars 2011

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