Déclaration de M. Thierry Mariani, secrétaire d'Etat chargé des transports, sur les grandes orientations de la politique du transport maritime, à Paris le 5 avril 2011. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Thierry Mariani, secrétaire d'Etat chargé des transports, sur les grandes orientations de la politique du transport maritime, à Paris le 5 avril 2011.

Personnalité, fonction : MARIANI Thierry.

FRANCE. Secrétaire d'Etat aux transports

Circonstances : Discours de clôture lors de l'assemblée générale des Armateurs de France, à Paris le 5 avril 2011

ti : Monsieur le président,
Mesdames, messieurs,


Je suis heureux d'être parmi vous ce soir, au milieu de la grande famille des armateurs français.
Je vous remercie, monsieur le président, pour la chaleur de votre accueil.
Je tiens en premier lieu à saluer l'action énergique et efficace que vous déployez avec l'assistance de votre déléguée générale pour défendre les intérêts du monde maritime.
Et je me félicite également des relations constructives qu'Armateurs de France entretient avec l'Etat. Elles sont essentielles pour relever les défis de la marine marchande de ce début de 21ème siècle.
Je ne ferai pas un long discours ce soir, soyez en rassurés.

D'une part parce que j'ai déjà exposé il y a quinze jours devant le conseil supérieur de la Marine Marchande les grandes lignes de la politique que j'entends mener au bénéfice du transport maritime.

D'autre part parce que j'entends profiter de ce moment de convivialité à vos côtés pour écouter et apprendre de vous tous.


En préambule, je souhaiterais que nous pensions à ceux qui, en cet instant, vivent leur engagement dans le monde maritime, leur métier de marin, dans l'incertitude et l'appréhension.
J'ai notamment une attention toute particulière pour ces marins embarqués à bord des navires fréquentant les eaux du Japon, surveillant les conséquences d'un sinistre dont l'évolution reste incertaine. Je ne peux que saluer leur sang-froid.
Soyez certains que le gouvernement auquel j'appartiens a le plus vif souci de protéger nos marins et nos navires. Une cellule interministérielle de crise a été créée à cet effet, et elle suit minute par minute le déroulement des évènements.
Ensuite, je voudrais vous dire, monsieur le Président que je vous ai entendu et, je l'espère, compris !

Je connais les contraintes qui sont les vôtres, sur un marché du fret maritime qui est aujourd'hui totalement mondialisé. Je sais également que vous craignez les contraintes d'une réglementation souvent trop tatillonne.

Soyez convaincu, monsieur le Président, de l'importance que j'accorde à la bonne santé de vos entreprises. Les deux années qui viennent de s'écouler ont été difficiles, je le sais. Le nouvel essor du trafic maritime mondial est donc une bonne nouvelle, et je veux croire que la crise conjoncturelle que vous avez traversée est désormais derrière nous.

Pour ouvrir le débat et enrichir nos discussions, je voudrais rappeler les grandes lignes de la politique du Gouvernement pour le transport maritime :
- le soutien aux armateurs et aux entreprises du transport maritime
- le soutien au pavillon français
- un transport sûr et de qualité
- le développement des autoroutes de la mer


[1- le soutien aux armateurs et aux entreprises du transport maritime]

Depuis quatre ans, le Gouvernement conduit avec détermination une politique volontariste en faveur entreprises du secteur maritime.

Ce soutien, nous l'exprimons de multiples façons, et vous avez notamment cité l'action de la France en matière de lutte contre la piraterie [l'opération Atlante].

En sécurisant les grandes routes du trafic maritime, par exemple dans le Golfe d'Aden, nos soldats contribuent à défense de nos intérêts commerciaux et à la protection de vos bateaux.

Cette action est juste et nécessaire. Car vous avez raison, monsieur le Président, la France peut être fière de ses armateurs, fière de ses entreprises, qui participent à son rayonnement à travers le monde, et à la puissance de son économie maritime.

Les groupes CGM, Bourbon, Louis-Dreyfus, Britanny Ferries en sont de brillants exemples, comme la Compagnie générale de géophysique, la Socatra et tant d'autres… que vous me pardonnerez de ne pas nommer.

A l'heure de la mise en oeuvre du Grenelle de la mer, vous êtes évidemment les premiers acteurs de ce que certains ont appelé la « croissance bleue », terme que je préfère pour ma part à la croissance verte.

Pour cette raison, je le dis solennellement devant vous, nous ne toucherons pas au dispositif spécifique d'aide aux entreprises : l'exonération de la Contribution sur la Valeur Ajoutée des Entreprises pour les plus values de cession des navires ou encore la taxe au tonnage.

Vous l'aurez compris, je suis de ceux qui se réjouissent quand nos entreprises prospèrent et se développent à l'étranger. Mais, en tant que Ministre de la République, je souhaite aussi que cette création de richesse profite directement à notre pays et à l'emploi français.


[2- Le soutien au pavillon français]

Sur le soutien au pavillon, j'ai demandé au président du conseil supérieur de la Marine Marchande et à travers lui, à l'ensemble de votre communauté un sursaut. Les politiques qui ne marchent pas sont des politiques condamnées : aujourd'hui, le registre international français (RIF) ne parvient pas à attirer à lui vos bateaux, malgré de nombreux efforts et un dispositif fiscal coûteux pour l'Etat.

Pourtant, ici encore, le Gouvernement a pris toute une série de mesures fiscales et financières pour renforcer la compétitivité de la flotte française. Il y consacre plus de 70 millions d'euros par an. Nous avons même créé un nouveau registre, le registre international français (RIF), en remplacement du très exotique registre Kerguelen.

Je veux savoir aujourd'hui pourquoi ce qui marche chez nos voisins ne donne pas les mêmes résultats chez nous.

Il convient donc de définir ensemble et au plus vite les moyens d'enrayer le déclin du pavillon français et de faire cesser cette aberration que constitue le classement du pavillon français en pavillon de complaisance. Je sais que ce travail a déjà commencé, et je m'en félicite.

J'ai besoin de votre soutien et vos idées maintenant, car je sais que le compte-à-rebours a déjà commencé.

Vous l'avez compris, je serai toujours à vos côtés pour favoriser le redressement et l'essor de marine marchande comme je l'ai été pour la réforme portuaire.


[3-Un transport plus sûr et de qualité]

Un transport plus sûr, plus respectueux de l'environnement, tels sont évidemment les préoccupations des pouvoirs publics.

Vous vous êtes impliqués dans les nombreux chantiers que nous avons lancés sur ces deux thèmes depuis deux ans, que ce soit dans le cadre du Grenelle de la mer ou autour de la transposition du paquet européen pour la sécurité maritime, dit « Erika 3 ». Je vous en remercie.

En retour, je veillerai à ce que notre action ne se fasse pas au détriment des intérêts de nos entreprises.

Oui, monsieur le Président, il y a d'abord dans « développement durable » le mot développement. S'il nous faut réglementer, c'est en bonne intelligence et en étroite collaboration avec vous.

J'ai notamment entendu vos observations sur le projet de décret relatif à l'affichage de la pollution en CO2 et j'ai donc demandé à mes services de le revoir avec vous.

Un transport plus sûr signifie aussi des marins mieux formés. Nous avons lancé une réforme ambitieuse de l'enseignement maritime. La nouvelle école nationale de l'enseignement maritime, dont je salue le Président, Eudes Riblier, ne pourra réussir qu'avec votre soutien à tous.

Tous ces efforts contribuent à faire de notre pavillon un des pavillons les plus sûrs du monde. Comme vous, je veux saluer encore une fois les bons résultats du pavillon français en terme de sécurité, qui consacrent une réussite collective. Il nous faut poursuivre cet effort sans relâche.


[4-Le développement des autoroutes de la mer]

Un mot enfin pour parler des autoroutes de la mer, cette mesure phare du Grenelle de la mer.

J'observerai simplement que beaucoup n'y croyaient pas, même parmi vous. Or je suis heureux de constater que l'autoroute de la mer lancé en septembre entre Nantes et Gijon est un succès, et que, sur la base de premiers résultats très encourageants, Philippe Louis-Dreyfus y consacrera prochainement un navire de plus grande capacité.

Je salue aussi le projet de Britanny Ferries, dont une nouvelle ligne devrait relier Portsmouth à Bilbao. Une belle réussite pour une compagnie née de la volonté d'un agriculteur breton visionnaire.

Des entreprises qui se développent et font vivre l'économie de ce pays, c'est que je souhaite pour le monde maritime et pour la France.

Je voudrais conclure, en rappelant, comme le Chevalier Isaac de Razilly, gouverneur de l'Acadie, inspirateur de la politique de Richelieu, que "celui qui commande sur la mer possède un grand pouvoir sur la terre".

Travaillons ensemble, pendant l'année à venir, à accroitre la prospérité des entreprises du transport maritime, et par là-même la prospérité de notre pays.

Nous en ferons le bilan lors de votre prochaine assemblée générale, en 2012.


Je vous remercie.


Source http://www.armateursdefrance.org, le 18 avril 2011

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