Déclaration de M. François Fillon, Premier ministre, sur la coopération internationale en vue du financement des travaux de confinement de l'ancien réacteur de Tchernobyl, à Kiev (Ukraine) le 19 avril 2011. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. François Fillon, Premier ministre, sur la coopération internationale en vue du financement des travaux de confinement de l'ancien réacteur de Tchernobyl, à Kiev (Ukraine) le 19 avril 2011.

Personnalité, fonction : FILLON François.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Conférence des donateurs de Tchernobyl, à Kiev (Ukraine) le 19 avril 2011

ti : Monsieur le Premier ministre,
Mesdames et Messieurs,


En ouvrant tout à l'heure cette conférence au nom de la Présidence française du G8, je disais que la catastrophe de Tchernobyl n'engage pas la seule responsabilité du pays où elle s'est produite, mais celle de toute la communauté internationale. Et c'est notre devoir, à nous qui sommes rassemblés aujourd'hui, d'aider l'Ukraine à en surmonter les conséquences.

Je crois que nous pouvons être fiers de l'engagement collectif que nous avons scellé ce matin. 25 ans après Tchernobyl, au moment où le Japon doit faire face à un terrible accident nucléaire, le rendez-vous de ce matin à Kiev était un véritable test pour la communauté internationale : est-ce que nous serions capables en s'engageant sur des moyens très importants de montrer notre volonté de faire aboutir les travaux sur le site de Tchernobyl, et en particulier la nouvelle arche de confinement.

Tandis que nous pouvons apercevoir dans un horizon proche le terme de ce chantier gigantesque, qui aurait compris que nous prenions le risque de retarder une échéance aussi essentielle ?

Quel message aurions-nous adressé au monde et à nos amis japonais, si nous nous étions montrés désunis face aux conséquences de Tchernobyl, alors que l'accident nucléaire de Fukushima nous bouleverse à son tour ?

Nous avons su nous montrer à peu près à la hauteur de l'enjeu. La crise financière a bien entendu laissé des traces sur chacune de nos économies, et rares sont les pays qui échappent aux contraintes budgétaires.

Malgré cela, les engagements que nous avons pris ensemble aujourd'hui représentent une somme considérable de 575 millions d'euros [550 millions après re-calcul et correction, ndlr]. Je veux dire qu'il ne s'agit que d'un montant minimal, plusieurs pays ont affirmé leur engagement en faveur de l'achèvement du chantier, sans toutefois être en mesure d'annoncer un chiffre aujourd'hui.

C'est le cas notamment du Japon pour des raisons que chacun peut bien comprendre, c'est le cas aussi du Canada en période d'élection pour des raisons constitutionnelles, c'est le cas également notamment de l'Italie.

Je suis confiant dans le fait que les contributions déjà annoncées – et celles qui le seront dans les prochaines semaines – permettront à la BERD d'achever le tour de table financier, de telle manière que tous les travaux soient terminés en 2015, selon le calendrier que nous avons fixé ensemble.

Nous avons montré que la volonté politique et la solidarité internationale restent des valeurs indéfectibles, quelles que soient les difficultés conjoncturelles.

Aux efforts consentis par les donateurs historiques se sont ajoutés ceux des nouveaux Etats – européens et non-européens – et je veux les en remercier au nom de la France et au nom de l'ensemble des pays du G8.

Nos amis ukrainiens, en plus d'avoir organisé cette conférence et d'être depuis des années présents sur le terrain dans des conditions difficiles, ont annoncé aujourd'hui un engagement financier supplémentaire. Qu'il leur soit rendu hommage pour leur détermination, pour leur sens des responsabilités face à cette tragédie inouïe qui les a frappés il y a 25 ans.

L'Union européenne a décidé d'apporter 110 millions d'euros, elle aura ainsi contribué à l'ensemble de ce projet pour un montant de 385 millions d'euros. Je veux souligner l'ampleur exceptionnelle de cette mobilisation.

Quant à la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, non seulement elle gère depuis plus d'une décennie ces projets avec un soin et une rigueur remarquable, mais son Président vient aussi de proposer un geste financier important et je veux l'en remercier en votre nom à tous.

Réunir ces moyens considérables, c'est évidemment une étape décisive, mais le travail n'est pas terminé. Ce travail, il repose maintenant sur des entreprises, sur des ouvriers, sur des techniciens, sur des ingénieurs qui vont pouvoir poursuivre leur action sur le site de Tchernobyl jusqu'en 2015. Leur mission exige un degré exceptionnel de courage et de compétences, et je crois que nous devons tout particulièrement leur exprimer notre gratitude et notre confiance.

Et je veux dire que nous saurons trouver prochainement, avec l'ensemble de nos partenaires, les contributions additionnelles nécessaires pour que l'Ukraine et les pays voisins soient durablement mis à l'abri des conséquences de la catastrophe de Tchernobyl.


Source http://www.gouvernement.fr, le 20 avril 2011

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