Déclaration de M. Eric Besson, ministre de l'industrie, de l'énergie et de l'économie numérique, sur la valorisation du patrimoine culturel réalisée avec l'aide de l'Etat pour la numérisation d'oeuvres cinématographiques, Cannes le 15 mai 2011. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Eric Besson, ministre de l'industrie, de l'énergie et de l'économie numérique, sur la valorisation du patrimoine culturel réalisée avec l'aide de l'Etat pour la numérisation d'oeuvres cinématographiques, Cannes le 15 mai 2011.

Personnalité, fonction : BESSON Eric.

FRANCE. Ministre de l'industrie, de l'énergie et de l'économie numérique

Circonstances : Signature de l'accord-cadre pour la numérisation des oeuvres cinématographiques du patrimoine, à Cannes le 15 mai 2011

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Monsieur le Ministre de la Culture et de la Communication,
Monsieur le Commissaire général,
Mesdames et Messieurs les présidents et directeurs,
Mesdames et Messieurs les parlementaires,
Mesdames, Messieurs,


Le numérique constitue une révolution pour l’industrie du cinéma et de la culture, comme pour le reste de notre société, et l’ensemble de la filière cinématographique est concernée.

C’est tout d’abord une révolution des réseaux de diffusion.

Premièrement, les salles de cinéma se sont modernisées et numérisées. Plus d’une salle sur cinq utilise désormais des moyens de projection numérique. L’Etat a contribué à la numérisation des salles, parce qu’il considère qu’elles restent les piliers principaux de la diffusion cinématographique. Le succès rencontré par les films en 3D devrait accélérer cette transformation.

Deuxièmement, la télévision numérique terrestre propose désormais 19 chaînes gratuites, en qualité numérique pour l’image et le son, dont 5 en haute définition. La TNT a multiplié par trois le nombre de chaînes nationales et donc les possibilités d’exposition des oeuvres françaises !

Troisièmement, le développement de l’internet, et plus généralement des réseaux à haut débit, modifie en profondeur les usages, en autorisant la consommation non linéaire de contenus audiovisuels. Les services de vidéo à la demande et les plateformes de vidéo de rattrapage connaissent un succès significatif, que le développement des téléviseurs connectés devrait encore accentuer.

L’essor de ces nouveaux services en ligne doit s’accompagner des mesures adéquates de protection des droits d’auteur, de préservation de la diversité culturelle. Il s’agit également de veiller à une répartition équitable de la valeur entre l’ensemble des acteurs.

Parallèlement à cette révolution des réseaux s’effectue une révolution des contenus cinématographiques. L’intégralité de la chaîne de production de ces oeuvres est désormais numérisée, depuis la captation des images jusqu’à la diffusion en salle.

Les avantages de la numérisation des contenus sont de trois ordres :
- la qualité de l’image. Le numérique permet la diffusion en haute définition, et apporte de nouvelles possibilités de création, comme des effets spéciaux innovants ou les effets relief, « la 3D » ;
- la résistance au temps. Les contenus numériques s’altèrent en effet beaucoup moins facilement que les contenus et supports analogiques ;
- la diversité des modes de diffusion. Une fois numérisés, les contenus peuvent bénéficier d’une « seconde vie » d’exploitation en salles, à la télévision ou sur internet.

Etant donné la richesse du catalogue cinématographique français, sa numérisation constitue donc un enjeu culturel majeur pour notre pays. C’est pourquoi je soutiens toutes les actions qui y contribuent dans le respect des droits de propriété intellectuelle.

En février dernier, l’Etat avait déjà apporté son soutien pour la numérisation de 500 000 livres dont le tirage était épuisé. L’accord-cadre de financement de la numérisation des oeuvres cinématographiques, qui nous réunit cet après-midi, est une nouvelle étape que je salue. L’enrichissement de l’offre légale, et sa mise à disposition sous une forme simple et ergonomique, sont la meilleure réponse de fond face aux téléchargements illicites, non respectueux des droits d’auteur. J’encourage à ce titre de nouveaux détenteurs de catalogues d’oeuvres à rejoindre ultérieurement ce dispositif. Ils pourront bien entendu bénéficier, dans les mêmes conditions, de ces financements.

Grâce à cet accord-cadre, plus de 1000 oeuvres, soit plusieurs milliers d’heures de longs métrages, seront numérisées et restaurées en haute qualité, au format « 2K ». Cette opération représente des dizaines de milliers d’heures de travail, avec des outils de haute technologie. Ces outils utilisent des algorithmes de traitement numérique de plus en plus performants : c’est donc une formidable occasion pour que nos industriels et nos centres de R& D valorisent leur savoir-faire, déjà reconnu par ailleurs. J’encourage ainsi vivement l’ensemble des acteurs de la filière de la numérisation et de la restauration des oeuvres, en liaison avec les pôles de compétitivité, à saisir cette opportunité unique pour se développer.

Enfin, cet enrichissement du catalogue d’oeuvres disponibles sous forme numérique est également une opportunité de développement pour nos acteurs de l’Internet. Il n’existe pas encore aujourd’hui de plateforme de diffusion, associant un nombre conséquent d’éditeurs, de diffuseurs nationaux ou européens, et de catalogues d’oeuvres, capable de se positionner de manière pérenne face à l’arrivée prochaine, inéluctable, d’acteurs mondiaux tels que Netflix ou Hulu. C’est pourtant autour des contenus originaux et des contenus locaux, auxquels les utilisateurs et les cyber-spectateurs s’identifient plus aisément, que se construit la réussite des services de diffusion en ligne. J’invite en conséquence les acteurs français à se mobiliser largement autour de l’opportunité constituée par ces nouveaux contenus. En liaison avec le commissariat général à l’Investissement, je suis à cet égard prêt à évaluer dans quelle mesure les investissements d’avenir pourraient en accompagner le développement.

En conclusion, la signature de cet accord-cadre est une étape essentielle pour la valorisation du patrimoine culturel. C’est surtout l’occasion, pour tous les acteurs de la filière, de prendre de nouvelles initiatives pour tirer un plus grand profit des atouts multiples et des opportunités apportés par le numérique.


Je vous remercie de votre attention.


Source http://www.minefe.gouv.fr, le 17 mai 2011

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