Déclaration de M. Frédéric Mitterrand, ministre de la culture et de la communication, sur l'accessibilité des handicapés aux lieux culturels, Paris le 8 juin 2011. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Frédéric Mitterrand, ministre de la culture et de la communication, sur l'accessibilité des handicapés aux lieux culturels, Paris le 8 juin 2011.

Personnalité, fonction : MITTERRAND Frédéric.

FRANCE. Ministre de la culture et de la communication

Circonstances : Ouverture de la conférence nationale du handicap à Paris le 8 juin 2011

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La loi de 2005 « Pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées » offre un programme d’action à la fois ambitieux et réalisable pour mon ministère, un programme auquel j’apporte une attention toute particulière. Car je suis convaincu de la nécessité de rendre la culture accessible à chaque public, dans sa singularité, dans sa spécificité, dans son humanité aussi.

Dans notre pays, sur la question du handicap, c’est notre état d'esprit qui doit évoluer, ce sont les mentalités qui doivent changer. C’est une condition préalable pour mener toute action pérenne. Un travail de pédagogie est nécessaire pour sensibiliser les professionnels de la culture, comme ceux du milieu associatif. C'est un travail de longue haleine, un travail exigeant ; c’est un travail que nous avons engagé.

J’ai tenu en septembre dernier, une Commission nationale Culture-Handicap qui nous a permis, en lien étroit avec les associations représentatives des personnes handicapées, de définir un plan d’action et des priorités partagées. Je me suis engagé afin que la concertation avec les associations représentative des personnes handicapées soit renforcée. La commission nationale Culture et Handicap se réunira désormais une fois par an et des sous-commissions seront organisés en fonction des sujets spécifiques. Par ailleurs, le ministère de la Culture et de la Communication entend maintenir et renforcer les temps de rencontres, sur des sujets aussi essentiels que l’accès à l’offre culturelle ou le développement des pratiques artistiques.

Lors de la commission nationale Culture-Handicap nous avons présenté les trois chantiers sur lesquels les services de mon Ministère ont travaillé, en lien les associations représentatives. Ils recouvrent les domaines de :

- l’accessibilité aux lieux culturels ;
- la formation ;
- l’accessibilité aux oeuvres des industries culturelles.

En ce qui concerne l’accessibilité des lieux de culture, mon ministère s'est engagé dans un plan renforcé en matière d'accessibilité des équipements culturels. Des campagnes de diagnostics de l’accessibilité ont été menées par les établissements publics. Des guides ont été publiés – accessibles en braille – afin de sensibiliser un très large public à cet enjeu décisif en terme de formation de l’individu, mais aussi de citoyenneté. Des réalisations exemplaires ont été valorisées, notamment à travers le prix « Musée pour tous, musée pour chacun ».

Le guide « Equipements culturels et handicap mental » a été présenté lors de la dernière Commission nationale, signe de l’attention portée à un handicap qui peut susciter la gêne pour qui en est le témoin mais qui est aussi une souffrance pour qui en est porteur. Jean-Jacques Aillagon va pouvoir témoigner de ce qu'il a engagé dans ce domaine à Versailles.

Dans le domaine de la formation : Notre plan d’action concerne la formation initiale et continue des architectes et plus largement tous les professionnels du design d’objet, d’espace, de communication et du secteur de l’image et du son. La mise en oeuvre de cette obligation de formation initiale à l’accessibilité au sein du réseau de ces écoles sous tutelle du ministère de la culture donnera lieu à une évaluation, à l'issue de sa deuxième année de mise en application, soit lors de la rentrée 2011/2012.

Afin d’engager la table ronde d’aujourd’hui, je souhaite aborder la question cruciale de l'accès à l’audiovisuel et aux industries culturelles, qui sont un horizon quotidien pour la plupart de nos concitoyens mais pour lesquelles beaucoup reste à faire pour les personnes handicapées

La première avancée concerne la mobilisation du centre national du cinéma et de l'image animée (CNC), en concertation avec les associations et l’ensemble des professionnels de la filière cinéma, pour faciliter l’accès aux films en salle, en DVD ou en VOD. La généralisation du numérique est une chance et un formidable tremplin pour l’accès à la création et au patrimoine. C’est aussi l’une des conditions nécessaires à la réussite d’une véritable politique d’accessibilité aux films pour les personnes atteintes par un handicap sensoriel. A ce titre, je me suis engagé à veiller à la mise en accessibilité des films du patrimoine concernés par le plan de numérisation prévu dans le cadre du grand emprunt. Cet engagement implique la mise en oeuvre du sous-titrage et de l’audio-description pour les oeuvres du patrimoine (potentiellement 10 000 films). Les associations et les professionnels du secteur seront bien entendu associés à la sélection des oeuvres rendues accessibles.

Au-delà des oeuvres du patrimoine, il est essentiel que chacun puisse avoir accès aux films qui font l’actualité. C'est pourquoi, je souhaite que ces films soient rendus le plus souvent accessibles à chacun dès la sortie en salles.

En ce qui concerne l’accès aux programmes télévisuels, je souhaite que nous tenions les objectifs fixés par la loi de février 2005. Il s’agit bien d’adapter la totalité des programmes du groupe France Télévisions par le développement du sous-titrage à destination des personnes sourdes et malentendantes et de l'audio-description. M. Rémy Pflimlin, Président du groupe France Télévisions, est particulièrement investi sur ce sujet. Il l’est tout autant sur la question de la représentativité des personnes handicapées au sein des programmes télévisuels. J’ai d’ailleurs tenu à ce que ce thème soit inscrit dans le prochain contrat d’objectifs et de moyens (COM) du groupe France Télévisions qui sera conclu d’ici à la fin 2011.

Avant de laisser la parole à nos interlocuteurs, je tiens à saluer l’engagement et les compétences développé par le CSA comme va l'indiquer Christine Kelly pour la mise en oeuvre de l’accessibilité des programmes télévisuels. Il s’agit là d’un chantier de première importance qu’il nous faut engager en lien avec nos partenaires associatifs représentant les personnes handicapées.


Source http://www.culture.gouv.fr, le 9 juin 2011

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