Déclaration de Mme Nadine Morano, Ministre de l'apprentissage et de la formation professionnelle, sur le développement de l'enseignement en alternance et l'apprentissage en Alsace, Strasbourg le 24 juin 2011. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Nadine Morano, Ministre de l'apprentissage et de la formation professionnelle, sur le développement de l'enseignement en alternance et l'apprentissage en Alsace, Strasbourg le 24 juin 2011.

Personnalité, fonction : MORANO Nadine.

FRANCE. Ministre de l'apprentissage et de la formation professionnelle

Circonstances : Signature d'un accord cadre pour le développement de l'apprentissage avec la région Alsace à Paris le 24 juin 2011

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Je souhaite d’abord remercier les 47 salariés, en particulier les 3 apprentis, de TRAU pour la qualité de leur accueil. Sachez que Philippe RICHERT et moi, nous avons pris un grand plaisir à visiter vos installations.

Pour les entreprises, et en particulier les PME comme TRAU, l’alternance est une chance de préparer l’avenir. C’est une chance, d’abord parce qu’un jeune que l’on forme est un salarié que l’on garde. C’est aussi une chance, parce que transmettre un métier, un savoir faire, c’est transmettre toute la culture d’une entreprise. Nos PME ont besoin des meilleures compétences possibles. Or, la meilleure compétence est souvent celle que l’on a soi-même transmise.

Aujourd’hui, notre pays doit rompre avec les vieilles recettes du passé et avoir 100% de jeunes formés. Pour y parvenir, le Président de la République a fixé un objectif volontariste pour notre jeunesse : atteindre 800 000 alternants d’ici 2015, dont 600 000 apprentis. La feuille de route qu’il a tracée se fonde sur une conviction partagée : les formations en apprentissage sont un véritable « prêt à l’emploi » et garantissent une solide insertion professionnelle et sociale. Cette feuille de route se fonde aussi sur un constat : 80% des jeunes apprentis ont un emploi à l’issue de leur diplôme.

C’est tout le sens de ma présence, ici, à Geispolsheim, près de Strasbourg, pour signer avec Philippe RICHERT, qui est l’un des plus ardents défenseurs des formations en alternance, un accord-cadre relatif au développement de l’apprentissage en Alsace pour les cinq ans à venir.

La signature de cet accord montre que notre pays se mobilise pour donner à sa jeunesse les moyens de faire le bon choix pour son avenir. Ce bon choix, c’est celui des formations par alternance.

1. En matière d’apprentissage, l’Alsace est une Région exemplaire qui se distingue par des pratiques innovantes, cohérentes et efficaces.

Historiquement, l’apprentissage a toujours été très développé en Alsace. Mais cela n’a pas empêché votre Région, cher Philippe RICHERT, de s’investir encore plus fortement pour développer l’apprentissage, entre 2005 et 2010, lors de la première génération des Contrats d’Objectifs et de Moyens (COM). Pour vous accompagner, l’Etat a mobilisé 43,6 millions d’euros en tout, soit 7,3 millions d’euros en moyenne par an.

Grâce à cette mobilisation commune et active entre l’Etat et la Région, l’Alsace a su mettre en place la dynamique nécessaire au développement de l’apprentissage. En six ans, le nombre d’apprentis a ainsi augmenté de 18%. Il atteint désormais 15 000.

Votre Région est aujourd’hui en pointe dans le développement de ces formations, qui concernent actuellement près de 6% des jeunes alsaciens âgés de 16 à 25 ans, soit plus que la moyenne nationale de 5,2%.

Grâce à des élus locaux fortement mobilisés, sous votre impulsion, cher Philippe RICHERT, et des professionnels de la formation engagés de longue date, l’Alsace se distingue par des caractéristiques très intéressantes, qui en font une région pilote et innovante en matière d’apprentissage.

Certaines de ces caractéristiques marquantes peuvent servir d’exemple pour les autres Régions qui souhaitent s’engager activement, comme vous le faites, dans le développement de l’apprentissage. Je pense notamment à la structure spécifique des organismes porteurs de CFA : en Alsace, 45% des apprentis sont dans des CFA qui dépendent de l’Education nationale contre seulement 10% pour la moyenne nationale. Cela témoigne du lien fort que nous devons davantage construire entre formation théorique et formation pratique.

Je pense également au poids de l’enseignement supérieur dans l’apprentissage : en 2009, le nombre d’apprentis post bac est passé de 13% à 23% en 5 ans. C’est un élément très important, car c’est seulement en développant aussi l’apprentissage dans l’enseignement supérieur que l’on pourra augmenter le nombre d’apprentis.

Le rôle des chambres consulaires, qui pour des raisons historiques a, comme en Moselle, un champ plus large que dans les autres Régions, est un autre élément qui fait la force du modèle alsacien.

2. La signature aujourd’hui de cet accord-cadre entre l’Etat et l’Alsace permettra à votre Région d’accroitre cette dynamique exemplaire afin de développer l’apprentissage, conformément à la feuille de route fixée par le Président de la République.

Au niveau national, je le rappelle, l’Etat mobilise au total 1,75 milliard d’euros au financement des Contrats d’Objectif et de Moyens (COM) 2011-2015, contre 1,4 milliard d’euros pour les Contrats d’Objectif et de Moyens (COM) 2005-2010.

Pour votre Région, l’Etat consacrera 45 millions d’euros au développement de l’apprentissage sur les cinq ans qui viennent. Cela représente 9 millions d’euros par an en moyenne, soit une hausse de près de 25% par rapport au premier Contrat d’Objectifs et de Moyens (COM).

Au travers de cet accord-cadre, Philippe RICHERT et moi-même, nous mobilisons tous les moyens nécessaires. Il nous permet notamment d’acter le nombre d’apprentis que nous voulons atteindre d’ici 2015 et confirme les financements qui seront mis en place. Les objectifs ambitieux que nous nous fixons sont rendus possibles par un travail déjà bien engagé, qui permettra d’identifier minutieusement toutes les pistes de développement de l’apprentissage.

Concrètement, pour la période 2011-2015, ensemble, nous avons arrêté un objectif de 20 000 apprentis, ce qui représente une augmentation de 33% par rapport à 2010. Si toutes les Régions suivent cet exemple, l’objectif de 600 000 apprentis d’ici 2015 sera atteint et même dépassé !

Pour parvenir à 20 000 apprentis d’ici 2015, des plans d’action concrets seront précisés dans le cadre du Contrat d’Objectifs et de Moyens (COM), qui sera signé après avoir être examiné par les instances régionales.

Je ne doute pas que des efforts spécifiques soient consacrés à la formation des personnes handicapées. C’est une priorité que Philippe RICHERT et moi partageons. Et nous sommes fiers de savoir que c’est une cause qui mobilise l’ensemble des acteurs alsaciens de l’apprentissage.

Je sais également que l’apprentissage transfrontalier va être encouragé pour permettre à des apprentis de suivre une formation dans un pays et d’avoir un contrat de travail dans un autre. Si le cœur de l’Europe était quelque part, il serait sans aucun doute en Alsace. C’est pourquoi, mettre l’accent sur cette spécificité afin que des apprentis aient la chance de suivre une formation dans deux pays européens est un projet emblématique de la fraternité et de la solidarité entre les peuples que nous voulons construire en Europe.

Par ailleurs, je souhaite saluer la démarche engagée au travers des Contrats d’Initiative et de Progrès, impulsés par la Région, et la démarche d’auto contrôle du Rectorat, afin de mettre l’accent sur la qualité des formations dispensées.


Mesdames et Messieurs,

L’emploi des jeunes doit être un objectif national partagé. Au travers de mon Tour de France des Régions – j’étais il y a deux semaines en Languedoc Roussillon, lundi dernier en Bourgogne, et je serai bientôt en Lorraine – je constate qu’une dynamique s’est mise en place dans ce sens.

Aujourd’hui, la signature à Geispolsheim de cet accord-cadre illustre ce que la coopération entre l’Etat et une Région, sur un sujet aussi essentiel que l’apprentissage, peut apporter de meilleur à notre pays. L’Alsace est une terre de solidarité qui a compris depuis longtemps l’importance de la transmission des savoirs et des compétences. Par le passé, elle s’est peut-être d’ailleurs parfois un peu sentie seule ou isolée lorsqu’elle vantait les mérites de l’apprentissage.

Mais cette fois, plus que jamais, il faut dire que l’Alsace avait raison, que l’apprentissage est une voie d’excellence vers l’emploi. Nous avons besoin d’une véritable révolution culturelle. C’est pourquoi, avec Philippe RICHERT, nous nous donnons les moyens de réaliser notre ambition pour la jeunesse de notre pays. Je suis fière d’être avec vous et de voir que dans le combat que nous menons pour l’emploi des jeunes, l’Alsace fait figure de partenaire privilégié et exemplaire.


Je vous remercie.


Source http://www.travail-emploi-sante.gouv.fr, le 28 juin 2011

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