Entretien de M. Laurent Wauquiez, ministre des affaires européennes, dans "Le Parisien" du 28 juin 2011, sur la lutte contre la cybercriminalité au sein de l'Union européenne. | vie-publique.fr | Discours publics

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Entretien de M. Laurent Wauquiez, ministre des affaires européennes, dans "Le Parisien" du 28 juin 2011, sur la lutte contre la cybercriminalité au sein de l'Union européenne.

Personnalité, fonction : WAUQUIEZ Laurent.

FRANCE. Ministre des affaires européennes

ti : Q - Pourquoi vous attaquez-vous aujourd’hui à la cybercriminalité ?

R - Parce que c’est devenu une vraie menace, à la fois pour les internautes comme vous et moi mais aussi pour les Etats et les entreprises. On a encore trop l’image sympathique du pirate informatique, celle du jeune hacker génial qui pénètre sans le savoir dans le système informatique d’un Etat dans l’espoir de dénoncer une injustice.

Aujourd’hui, le pirate est un véritable criminel qui escroque les gens. Un internaute sur 30 a perdu de l’argent en Europe ces douze derniers mois à cause d’un pirate informatique et 7 000 sites répertoriés en France ont été victimes d’attaques sur le réseau.

Q - Comment lutter efficacement contre ces attaques ?

R - A la différence du monde réel, Internet n’a pas de frontières. Un pirate peut être installé en Lettonie, intervenir sur un site en France tout en passant par un serveur canadien. Nous avons une guerre de retard en restant chacun dans notre coin. L’Europe doit donc se doter d’une sorte de cyber-FBI adossé à Europol, qui lutte déjà contre le cybercrime, mais de manière insuffisante. Il faut que ces policiers du Web puissent agir sur la Toile de la même manière qu’Eurocorps, le corps militaire européen. Dans le même esprit, il est nécessaire d’inventer une force d’intervention rapide composée de cyberpompiers européens, qui pourrait éteindre le feu rapidement en cas d’attaque contre un Etat ou une grande organisation. Des équipes existent mais, là encore, elles n’agissent qu’à un niveau national aujourd’hui.

Q - L’action de l’Europe, à elle seule dans ce domaine, peut-elle suffire ?

R - Avec les bons outils, oui. Une directive déjà présentée au Conseil des ministres européen le 9 juin et bientôt discutée au Parlement peut rapidement entrer en action. Elle pose les bases du principe de compétence universelle.

Si une attaque informatique est commise hors Europe, à partir d’un serveur informatique extra-européen, il sera quand même possible de l’attaquer si le criminel possède une résidence en Europe. Avec ce principe, je considère que l’on peut traiter les trois quarts des attaques de cybercriminels.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 29 juin 2011

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