Déclaration de Mme Nadine Morano, ministre de l'apprentissage et de la formation professionnelle, sur les relations entre les entreprises et l'enseignement par le développement de l'apprentissage et des formations en alternance, Paris le 28 juin 2011. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Nadine Morano, ministre de l'apprentissage et de la formation professionnelle, sur les relations entre les entreprises et l'enseignement par le développement de l'apprentissage et des formations en alternance, Paris le 28 juin 2011.

Personnalité, fonction : MORANO Nadine.

FRANCE. Ministre de l'apprentissage et de la formation professionnelle

Circonstances : Mobilisation des entreprises du CAC 40 en faveur de l'alternance à Paris le 28 juin 2011

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Je tiens à remercier l’ensemble des intervenants de cette matinée de travail et de mobilisation pour la qualité de leurs présentations. La richesse des échanges montre que cette réunion ouvre d’ores et déjà des perspectives concrètes et durables pour l’emploi des jeunes.

Je salue également l’Association Française des Entreprises Privées (AFEP), l’Institut de l’Entreprise (IDEP) ainsi que l’Association Nationale des Directeurs des Ressources Humaines (ANDRH), pour leur engagement en faveur des formations par alternance. Leur rôle pour informer, conseiller et accompagner les entreprises est plus que jamais nécessaire afin de développer ces formations.

Nous le voyons bien, les plus grandes entreprises françaises sont désormais en ordre de marche. Elles prennent toutes leurs responsabilités en s’engageant à être exemplaires en matière d’alternance et d’apprentissage. Ensemble, c’est donc un message d’espoir que nous pouvons adresser aux jeunes en leur disant : « N’hésitez plus à faire le bon choix en vous orientant vers ces formations. Formez-vous par l’alternance, nos fleurons nationaux sont prêts à vous embaucher. Vous aurez un emploi, vous serez rémunérés, vous serez autonomes. »

Aujourd’hui, 35 entreprises du CAC 40 se mobilisent en signant une charte d’engagement en faveur du développement des formations par alternance. Je le rappelle, elles représentent plus d’1,1 million de salariés et près de 38 500 alternants, avec un taux moyen d’alternants dans leurs effectifs de 3,4%.

Le but n’est pas de classer ou de décerner des bons et des mauvais points, mais de voir comment nous pouvons tous nous améliorer en saluant les efforts qui vont être accomplis par l’ensemble des entreprises, et en partageant les bonnes pratiques.

1. Au travers de cette charte, des engagements quantitatifs importants ont été pris, qui s’inscrivent pleinement dans l’objectif de 800 000 alternants fixé par le Président de la République.

S’agissant des engagements quantitatifs, je retiens notamment la forte mobilisation de SFR et de DEXIA : ils s’engagent à maintenir leurs taux actuels d’alternants au sein de leurs effectifs, qui sont particulièrement exemplaires : respectivement 5,7% et 5,2%.

EDF, qui emploie plus de 4700 alternants, s’engage également à maintenir à des niveaux élevés ses efforts en conservant un taux de 4,5% d’alternants.

De son côté SANOFI-AVENTIS s’engage à atteindre dès cette année le seuil de 4% d’alternants. Cela permettra l’embauche supplémentaire de 1030 alternants.

Je salue également la mobilisation de CAPGEMINI qui veut atteindre 4% d’alternants d’ici 2013, contre 1,5% en 2010. Cela représente un effort conséquent pour l’entreprise !

Les groupes EADS et CREDIT AGRICOLE se fixent également des objectifs ambitieux, puisqu’ils visent les 4% d’alternants. Rien que pour EADS, cela représente l’embauche de 600 alternants supplémentaires.

VALLOUREC, qui n’emploie que 1% d’alternants, s’est engagé sur un plan d’action volontariste et détaillé afin de développer ces formations. L’objectif est d’atteindre le seuil de 2% en 2012, puis celui de 3% en 2013. Cela représente un triplement du nombre d’alternants en 3 ans !

De même, SUEZ ENVIRONNEMENT veut doubler son effectif actuel en recrutant 1000 apprentis supplémentaires.

TOTAL emploie plus de 850 alternants, ce qui représente 3% de ses effectifs. Au travers de cette charte, le groupe s’engage à conserver ce niveau. Mais il prend aussi des engagements quantitatifs forts, puisqu’il veut maintenir les niveaux de rémunération de ses alternants au dessus des minima légaux. Il ne faut en effet pas l’oublier, l’alternance est une voie d’accès à l’autonomie pour un jeune.

2. Les entreprises mobilisées aujourd’hui ont également pris des engagements qualitatifs concrets afin de renforcer l’accompagnement des apprentis et leur assurer la meilleure insertion professionnelle possible.

Ainsi, en proposant à l’ensemble de ses alternants un CDI à l’issue de leur formation, VEOLIA Environnement envoie un signal fort aux jeunes à la recherche d’une entreprise qui donne sa chance à notre jeunesse.

Le groupe VINCI, qui veut embaucher 1 300 alternants supplémentaires pour atteindre le seuil de 4%, souhaite également faire passer le taux d’embauche en CDI des alternants à l’issue de leur formation de 34% à 50%, car l’apprentissage est une voie d’accès à un emploi durable.

RENAULT, qui se fixe un objectif quantitatif ambitieux (atteindre 5% d’alternants en 2013 contre 2,6% en 2010), a décidé de renforcer l’accompagnement des alternants dans leur projet professionnel.

Le groupe ACCOR, qui compte d’ores et déjà 4,39% d’alternants, s’est aussi engagé à mieux accompagner les alternants tout au long de leur formation et à renforcer leur intégration au moment de leur arrivée dans l’entreprise. C’est important, car c’est avec ce type de démarches que l’on pourra lutter efficacement contre le décrochage de certains alternants.

Je tiens également à saluer l’initiative du groupe AIR LIQUIDE : il va développer une base de données des alternants commune à toutes les sociétés du groupe afin de faciliter leur embauche à l’issue de la formation.

3. Cette mobilisation exemplaire est également le signe que les mesures prises par le Gouvernement pour inciter les entreprises à recourir aux formations en alternance commencent à porter leurs fruits.

Ainsi, la hausse de 3% à 4% du quota d’alternants pour les entreprises de plus de 250 salariés, annoncée par le Président de la République le 1er mars dernier, a été actée. Dans le cadre de l’examen du Projet de Loi de Finances Rectificative pour 2011, le Gouvernement a d’ailleurs pris en compte la piste proposée par les partenaires sociaux dans l’accord national interprofessionnel des jeunes afin de mieux accompagner et de valoriser les branches professionnelles qui s’engagent et qui ont des résultats.

Parce qu’il faut également développer les formations en alternance dans les PME, des mesures fortes et concrètes ont aussi été prises. Je le rappelle, pour les entreprises de moins de 250 salariés deux dispositifs sont effectifs depuis le 1er mars :

* la compensation « zéro charge » pendant un an pour toute embauche supplémentaire d’un jeune en apprentissage ou en contrat de professionnalisation
* la prime de 2 000 euros pour inciter les entreprises à conclure des contrats de professionnalisation pour des personnes de plus de 45 ans

La présence aujourd’hui de 35 fleurons de l’économie et de l’industrie française est un signe fort pour l’ensemble des jeunes. Elle témoigne de la volonté du monde économique de proposer des objectifs volontaristes, qui seront ensuite mis en œuvre sur le terrain, afin de soutenir l’emploi des jeunes. Ces entreprises recèle un important potentiel de croissance pour l’emploi et donc pour les formations par alternance. Pour des jeunes désireux de se former et d’apprendre un métier, ces entreprises renferment de nombreuses et de riches opportunités.

Cette réunion de mobilisation démontre que notre pays est prêt à impulser un vrai développement des formations en alternance. Atteindre l’objectif de 800 000 alternants, dont 600 000 apprentis d’ici 2015, suppose des efforts importants à tous les niveaux. C’est vrai au niveau de l’Etat avec les Contrats d’Objectifs et de Moyens ou le Grand Emprunt par exemple. C’est aussi vrai au niveau des Régions à qui je demande de s’engager financièrement à parité avec nous. Mais c’est aussi vrai au niveau des grandes entreprises. Leur poids économique et les emplois qu’elles représentent en font des acteurs incontournables. Aujourd’hui, en faisant preuve d’une telle mobilisation, ces entreprises répondent présentes.

Très concrètement, j’invite donc les jeunes et leurs familles à se renseigner sur les entreprises présentes aujourd’hui. Ils découvriront sans aucun doute des perspectives de formation en alternance porteuses pour leur avenir.


Je vous remercie.


Source http://www.travail-emploi-sante.gouv.fr, le 30 juin 2011

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