Entretien de M. Jean Leonetti, ministre des affaires européennes, avec l'Agence France Presse le 4 juillet 2011, sur les restrictions apportées à l'espace Schengen et sur le budget communautaire. | vie-publique.fr | Discours publics

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Entretien de M. Jean Leonetti, ministre des affaires européennes, avec l'Agence France Presse le 4 juillet 2011, sur les restrictions apportées à l'espace Schengen et sur le budget communautaire.

Personnalité, fonction : LEONETTI Jean.

FRANCE. Ministre des affaires européennes

ti : Q - La Pologne, qui a pris les rênes de l’Union européenne vendredi, a critiqué l’égoïsme de certains États, accusés de chercher à défendre leurs intérêts plutôt que l’intérêt commun. Elle a notamment évoqué les restrictions apportées à l’espace Schengen, visant implicitement la France, que lui répondez-vous ?

R - Je ne pense pas que la Présidence polonaise visait particulièrement un pays. Que l’on doive lutter contre les égoïsmes, c’est une évidence. Mais avec la réponse graduée qui est proposée aujourd’hui, consistant d’abord à apporter une aide immédiate aux pays exposés à des pressions migratoires et, dans un second temps, devant une défaillance, à faire jouer la clause de sauvegarde, nous ne défendons pas les intérêts nationaux mais les intérêts de l’Europe.

Q - La Commission européenne a proposé mercredi une hausse globale du budget de l’Union européenne de 5 % pour la période 2014-2020. Qu’en pensez-vous ?

R - Il faut que nous trouvions, comme dans tous les États, une stabilité. Nous pouvons réfléchir aux dépenses et aux recettes. Concernant ces dernières, la France n’est pas opposée à une contribution sur les transactions financières internationales. Mais plutôt que de dépenser plus, elle souhaite que l’on réfléchisse à dépenser mieux. On pourrait envisager de revoir l’aide de l’Union européenne aux régions qui ont atteint les objectifs de convergence fixés. Nous souhaitons qu’il y ait une expertise approfondie d’un certain nombre de situations budgétaires, avant d’envisager une augmentation forte de la contribution des États.

Q - Vous êtes le cinquième ministre des Affaires européennes nommé en quatre ans, la France n’envoie-t-elle pas un mauvais signal à ses partenaires européens en changeant si souvent de ministre ?

R - L’Europe est au cœur des préoccupations du président de la République et du gouvernement. Elle l’a été quand, arrivé à la présidence, il a négocié un traité simplifié qui a permis à l’Europe de repartir alors qu’elle était à la peine. La Présidence française a montré dans une période difficile combien elle était déterminée, volontaire et capable de réunir l’Europe pour faire face à la crise. Et aujourd’hui encore, face à la crise de la dette souveraine de certains pays, l’action du gouvernement est déterminée. Oui, il y a eu plusieurs personnes qui se sont succédé, mais dans une volonté politique forte.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 6 juillet 2011

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