Entretien de Mme Roselyne Bachelot, ministre des solidarités et de la cohésion sociale, avec "RTL" le 28 juillet 2011, sur le versement de l'allocation de rentrée scolaire (ARS) et la politique familiale, notamment à l'égard des familles monoparentales. | vie-publique.fr | Discours publics

[ Publicité ]

Entretien de Mme Roselyne Bachelot, ministre des solidarités et de la cohésion sociale, avec "RTL" le 28 juillet 2011, sur le versement de l'allocation de rentrée scolaire (ARS) et la politique familiale, notamment à l'égard des familles monoparentales.

Personnalité, fonction : BACHELOT-NARQUIN Roselyne, CORBE Philippe.

FRANCE. Ministre des solidarités et de la cohésion sociale; FRANCE. RTL, journaliste

ti : PHILIPPE CORBE Bonjour, Roselyne BACHELOT.
 
ROSELYNE BACHELOT Bonjour, Philippe CORBE.
 
PHILIPPE CORBE Dans votre portefeuille, vous êtes notamment en charge de la famille, des millions de familles modestes attendent avec impatience, le versement de l'ARS, c'est l'Allocation de Rentrée Scolaire, quand sera-telle exactement versée ?
 
ROSELYNE BACHELOT Alors l'Allocation de Rentrée Scolaire sera versée, très précisément le 19 août, j'ai donné les consignes nécessaires aux Caisses d'Allocations Familiales et à la MSA, qui sont les organismes verseurs. Ce sera donc en moyenne 300 euros, qui seront donnés à 4 600 000 enfants, il n'y a d'ailleurs aucune démarche à faire pour les familles, si elles sont déjà allocataires.
 
PHILIPPE CORBE C'est versé automatiquement.
 
ROSELYNE BACHELOT C'est versé automatiquement. Si vous n'êtes pas encore allocataire, par exemple avec un seul enfant, à ce moment-là, il faut le signaler à votre Caisse d'Allocations Familiales et donner le montant de vos revenus, puisque c'est évidemment une allocation plafonnée.
 
PHILIPPE CORBE En 2008, il y avait eu un coup de pouce pour l'ARS, est-ce qu'il y en a un cette année ?
 
ROSELYNE BACHELOT Oui, il y a une augmentation qui correspond effectivement au coût de la vie, à l'augmentation du coût de la vie de 1,5 %.
 
PHILIPPE CORBE Mais pas au-delà ?
 
ROSELYNE BACHELOT Non. Ce qu'il faut, c'est évidemment, continuer l'effort. Vous savez que la politique familiale est passée pendant le quinquennat de Nicolas SARKOZY de 4,7 % du Produit Intérieur Brut à 5,1 % du Produit Intérieur Brut.
 
PHILIPPE CORBE Plus d'argent pour les familles ?
 
ROSELYNE BACHELOT Plus d'argent pour les familles.
 
PHILIPPE CORBE Concrètement, pour que l'on comprenne bien, une mère qui vit seule avec deux enfants et qui touchent par exemple, un SMIC, elle touche environ d'ARS ?
 
ROSELYNE BACHELOT 600 euros, avec deux enfants, elle touché 600 euros. Ca varie à 10 euros près. Disons selon l'âge de l'enfant.
 
PHILIPPE CORBE C'est un débat qui revient, évidemment, chaque été, à propos de l'ARS, comment est-ce que vous pouvez vous assurer que les sommes que vous allez verser, qui sont importantes, seront vraiment dépensées pour acheter des fournitures, des vêtements sports, enfin pour l'école finalement ?
 
ROSELYNE BACHELOT Alors je sais bien entendu, qu'il y a une polémique là-dessus. Moi, je souhaite qu'on ne mette pas les familles, j'allais dire sous tutelle. Cet argent est donné aux familles, elles font ce qu'elles doivent faire, on est dans un système de responsabilité. Je ne suis pas pour ma part, pour transformer cette allocation de rentrée scolaire en bons d'achat.
 
PHILIPPE CORBE Polémique qui est alimentée, qui avait été alimentée l'été dernier par des gens de l'UMP. Notamment il y avait un député Edouard COURTIAL, qui avait dit : l'aide est manifestement dévoyée par certaines familles, qui attendent son versement pour acheter un téléviseur ?
 
ROSELYNE BACHELOT Oui, peut-être, bien sûr, comme partout dans toutes les allocations, il peut y avoir certains comportements erratiques. Tout ceci ne doit pas jeter l'opprobre sur l'ensemble, des familles. Alors moi, ce que je veux continuer avec ma secrétaire d'Etat, ma nouvelle secrétaire d'Etat Claude GREFF, nous y sommes très vigilantes, toutes les deux. Nous voulons aider spécialement les familles, qui en ont le plus besoin, c'est-à-dire les familles monoparentales, nous avons donc pris deux décisions importantes, c'est d'augmenter de 40 % le plafond qui permet de toucher une prestation de complément de mode de garde, c'est une allocation qui est de 448 euros, et donc d'augmenter ce plafond tout à fait considérable, 40 % va permettre à beaucoup plus de familles monoparentales de toucher cette allocation.
 
PHILIPPE CORBE Donc notamment des mères célibataires, qui ont des jeunes enfants ?
 
ROSELYNE BACHELOT Voilà ! Alors nous avons aussi, autre chose, vous savez qu'en cas de versement de pension alimentaire, ou du moins de non versement de pension alimentaire, les Caisses d'Allocations Familiales la versent, puis se retournent contre le conjoint défaillant. Mais ce n'était pas possible, s'il y avait versement d'une partie seulement de la pension alimentaire…
 
PHILIPPE CORBE Si le mari payait 200 euros sur 500 euros par exemple ?
 
ROSELYNE BACHELOT Voilà ! Il n'y aura plus besoin de faire appel au juge, aux Affaires familiales, nous simplifions les procédures, et la Caisse d'Allocations Familiales versera le complément. Donc là aussi, c'est une nouvelle aide que nous apportons aux mères isolées.
 
PHILIPPE CORBE Tout ça, ça coûte cher, dans un contexte de finance publique très contraint, comment vous faites pour obtenir ces budgets ? Ou est-ce que finalement c'est de l'argent qui était déjà ailleurs, que vous mettez là-dedans ?
 
ROSELYNE BACHELOT Oui, nous veillons, à ce que la politique familiale ne soit en aucun cas une variable d'ajustement en période de crise. Le président SARKOZY a décidé de sanctuariser les politiques, les politiques sociales qui constituent un véritable filet dans notre société, c'est ainsi que nous avons augmenté de 25 % l'allocation d'adulte handicapé, ou de 25 % du minimum vieillesse.
 
PHILIPPE CORBE Qu'il avait promis en 2007, voilà !
 
ROSELYNE BACHELOT Voilà, promesses tenues, c'est un bon investissement que d'investir dans la politique familiale.
 
PHILIPPE CORBE Toutes ces mesures, vous les annoncez dans un contexte social, très compliqué, qui se tend, c'est très net. Quand on observe les chiffres du chômage, qui ont été publiés hier. Plus 1,3 % en juin, c'est 33 000 chômeurs de plus, deuxième mois de hausse, la courbe est très mauvaise et on se dit que les prochains mois, vont être très compliqués pour le gouvernement ?
 
ROSELYNE BACHELOT Oui, effectivement, depuis le début de l'année, nous avions enregistré 4 mois de baisse. Le ministre de l'Emploi, Xavier BERTRAND a signalé que ces chiffres n'étaient pas bons. Il a aussi indiqué, qu'il nous fallait sans doute forcer le pas, le contrat de sécurisation professionnelle, qui va garantir à chaque licencié des revenus équivalents à 98 % de son dernier salaire net avec un accompagnement renforcé.
 
PHILIPPE CORBE Ça commence en septembre c'est ça ?
 
ROSELYNE BACHELOT Voilà, les outils sont posés dans la boîte pour septembre. Des nouveaux secteurs qui sont ouverts à l'apprentissage, à la professionnalisation, également un Prépa à l'apprentissage, pour les publics qui sont, les jeunes qui sont très éloignés de l'emploi, voilà, nous sommes à la manoeuvre, tout particulièrement, le ministre de l'Emploi.
 
PHILIPPE CORBE Vous savez bien, Roselyne BACHELOT, vous êtes en politique depuis longtemps, que depuis 30 ans, aucun pouvoir en place n'a été reconduit quand le chômage était en hausse dans les mois précédents l'élection ?
 
ROSELYNE BACHELOT C'est pour ça qu'il faut, tout à fait, forcer le pas, il faut maintenir nos acquis sociaux, le président de la République y est extrêmement attaché. Mener des politiques actives en matière d'emploi, nous verrons à la fin de l'année, car les statistiques du chômage, les statistiques de l'emploi ne s'apprécient pas mois par mois.
 
PHILIPPE CORBE C'est une tendance.
 
ROSELYNE BACHELOT Un clignotant a été allumé, et nous prenons les mesures nécessaires.
 
PHILIPPE CORBE Le président de la République, enfin on entendait Martine AUBRY tout à l'heure, dans le journal de 7 heures et demi dire : le président de la République s'intéresse beaucoup plus à sa courbe de popularité, qu'à sa courbe du chômage ? Il joue peut-être sa réélection là-dessus ?
 
ROSELYNE BACHELOT C'est un propos polémique qui est injuste…
 
PHILIPPE CORBE Il joue quand même son élection là-dessus peut-être ?
 
ROSELYNE BACHELOT Je peux vous dire que le président de la République est entièrement au service de la France, sur l'ensemble de ces dossiers.
 
PHILIPPE CORBE Roselyne BACHELOT, avant de se quitter, je voudrais quand même vous demander ce que vous ressentez en tant que femme, en tant que ministre quand vous observez les images de ces enfants qui souffrent de la famine en Afrique en ce moment ?
 
ROSELYNE BACHELOT Je suis bouleversée, ces images absolument atroces que l'on revoit, une nouvelle fois, dans cette région du monde interpelle tous les citoyens, tous les hommes et les femmes de coeur. Le gouvernement pour sa part a décidé de doubler son aide, son aide financière…
 
PHILIPPE CORBE 10 millions d'euros.
 
ROSELYNE BACHELOT Plus les 20 millions que nous donnons à l'Europe, pour cette intervention. Mais il y a de plus une mobilisation internationale, c'est à l'initiative de la France, que la réunion de l'organisation onusienne, la FAO s'est réunie à Rome, il y a quelques jours. Et puis des mesures structurantes, qui sont prises également dans le cadre du G20 par Nicolas SARKOZY, par Bruno LE MAIRE avec un plan d'action sur les prix alimentaires et l'agriculture.
 
PHILIPPE CORBE Un auditeur de RTL disait hier, avec beaucoup de bon sens : nous, Français, le plan d'aide à la Grèce nous coûte 15 milliards d'euros et la communauté internationale dans son ensemble, ne peut pas trouver 1 milliard et demi, pour sauver des millions de personnes qui risquent leur vie en ce moment ?
 
ROSELYNE BACHELOT Il faut dire à votre auditeur, le périmètre d'action n'est pas le même, bien entendu. Et je dois dire qu'aider la Grèce, c'est une mesure de survie pour l'économie, pour la monnaie européenne, si l'économie européenne n'est plus en situation comment pourra-t-elle aider les pays qui sont en graves difficultés ? Donc il faut d'abord que notre économique se solidifie, se structure, que notre monnaie soit protégée pour que nous puissions aider les autres.
 
PHILIPPE CORBE Roselyne BACHELOT, ministre des Solidarités, de la Cohésion sociale était l'invitée de RTL, ce matin. Bonne journée !
 
ROSELYNE BACHELOT Bonne journée !
 
PHILIPPE CORBE Vous allez prendre des vacances ?
 
ROSELYNE BACHELOT Oh ! Oui ! Mais la semaine prochaine.
 
Source : Premier ministre, Service d'Information du Gouvernement, le 2 août 2011

Rechercher