Interview de Mme Jeannette Bougrab, secrétaire d'Etat à la jeunesse et à la vie associative, à Europe 1 le 4 août 2011, sur la révolte de la jeunesse des pays arabes, les formations en alternance et la discrimination raciale. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Jeannette Bougrab, secrétaire d'Etat à la jeunesse et à la vie associative, à Europe 1 le 4 août 2011, sur la révolte de la jeunesse des pays arabes, les formations en alternance et la discrimination raciale.

Personnalité, fonction : BOUGRAB Jeannette.

FRANCE. Secrétaire d'Etat à la jeunesse et à la vie associative

ti : THIERRY GUERRIER Bonjour Jeannette BOUGRAB.
 
JEANNETTE BOUGRAB Bonjour.
 
THIERRY GUERRIER On va parler avec vous, bien sûr, dont la façon dans toute la classe politique, gauche et droite, cherche à séduire la jeunesse à dix mois de la présidentielle. Mais l'actualité ce matin c'est d'abord cette image qui a fait le tour du monde, celle d'Hosni MOUBARAK en civière dans le box des accusés. Et vous, lorsqu'en pleine révolution égyptienne vous aviez estimé qu'il fallait qu'il parte, je vous cite, vous vous étiez fait taper sur les doigts par le Premier ministre. Alors, aujourd'hui, c'est une revanche cette image ?
 
JEANNETTE BOUGRAB Ecoutez, moi, j'ai dit un peu tôt…enfin, je ne l'ai pas dit un peu tôt, j'ai dit la première que MOUBARAK devait partir parce que quand un homme est depuis trente ans au pouvoir, qu'il a affamé son peuple et que la moitié de la population était sous le seuil de pauvreté, que vous avez un Etat avec 60 % de la population qui est jeune, eh bien ce qui paraissait évident et quelque chose de logique, eh bien ça paraissait indécent de pouvoir le dire.
 
THIERRY GUERRIER Mais vous regrettez l'extrême prudence de la France à l'époque ? Le Premier ministre était peut-être dans son rôle, mais…
 
JEANNETTE BOUGRAB Ecoutez, c'est sans doute parce que moi je suis d'origine arabe, d'origine algérienne, je suis française mais d'origine…
 
THIERRY GUERRIER …vous êtes née dans l'Indre.
 
JEANNETTE BOUGRAB Je suis berrichonne, voilà, pour tout vous dire.
 
THIERRY GUERRIER Et fille de harkis.
 
JEANNETTE BOUGRAB Et fille de harkis et fière de l'être. Et quand on a de la famille de l'autre côté de la Méditerranée, on sait ce qu'est le quotidien de ces jeunes qui n'ont plus aucun espoir, qui font des études et qui pourtant se retrouvent sur le bord de la route.
 
THIERRY GUERRIER Ca vous avait donné cette clairvoyance, en quelque sorte.
 
JEANNETTE BOUGRAB Je crois qu'il fallait…peut-être que quand on est petit peu de là-bas, eh ben effectivement on sait ce qui se passe, et quand on a grandi dans ce pays qui est la France, qui est ce merveilleux pays, et qu'on a été bercé par les principes de liberté, d'égalité et de démocratie, eh ben on apprend qu'on ne fait pas de compromis, voilà. Et moi, je fais partie de cette génération qui ne fait pas de compromis.
 
THIERRY GUERRIER Mais la politique, la diplomatie, ce sont, par essence aussi, les compromis.
 
JEANNETTE BOUGRAB Eh ben, vous avez vu que la jeunesse, eh bien elle a pris son destin en main et que cette jeunesse des pays arabes qu'en disait totalement abîmée, qu'en disait abattue, qu'en disait sans espoir, elle a montré, elle a déjoué tous ces grands plans que les plus grands stratèges ont fait et ont fait tomber les plus grands autocraties.
 
THIERRY GUERRIER Est-ce que vos collègues du gouvernement, d'une manière ou d'une autre, après tous ces évènements vous rendent hommage ou vous ont appelé pour vous dire, « tu avais eu raison avant nous » ?
 
JEANNETTE BOUGRAB Non, mais je crois que ce n'est pas l'objet. Ce que j'aimerais aujourd'hui c'est qu'on puisse, parce que vous savez que sur la place Tahrir il y a encore des évènements…
 
THIERRY GUERRIER …au Caire.
 
JEANNETTE BOUGRAB Qu'on est à quelques semaines d'élections cruciales dans ces pays, et ce que je ne voudrais pas c'est que ces mouvements de révolte de la jeunesse soient accaparés, appropriés par des fondamentalistes.
 
THIERRY GUERRIER Alors, la jeunesse en France, révolte ou pas, depuis cette affaire on vous avait donc jugée trop bavarde à l'époque. On vous a moins entendu. Et puis, aujourd'hui, c'est le PS qui annonce faire de la jeunesse une de ses priorités pour 2012. On dit que ce sera un des thèmes, avec l'éducation aussi, du candidat SARKOZY, mais qui du gouvernement à propos de la jeunesse ?
 
JEANNETTE BOUGRAB Moi, je peux vous dire que de manière générale je trouve que la gauche est juste un peu déplacée à dire cela alors que généralement, et ça on peut le dire depuis au moins les trente dernières années, la jeunesse a été l'angle mort de toutes les politiques publiques, droite comme gauche.
 
THIERRY GUERRIER Y compris celles de Nicolas SARKOZY depuis quatre ans ?
 
JEANNETTE BOUGRAB Non, parce que depuis 2007 il y a eu un discours, en tout cas en 2009, qui est le discours d'Avignon, qui a posé un certain nombre de principes et qui sont mis en oeuvre. Moi, je prends quelques réformes : l'autonomie des universités, c'est une réforme essentielle où on a intégré la question de l'insertion professionnelle dans les missions de l'université ; les internats d'excellence en matière d'égalité des chances, ça, ça fait partie des mesures. Je vous l'annonce, en tout cas, mon ministère, j'ai demandé à François FILLON la réunion d'un comité interministériel de la jeunesse pour faire le point…
 
THIERRY GUERRIER …fin août.
 
JEANNETTE BOUGRAB Le 26 août. Pour faire le point sur l'ensemble des mesures qui ont été prises depuis le début du quinquennat, et relancer un certain nombre de réformes parce qu'il y a ceux qui parlent…
 
THIERRY GUERRIER …quoi, par exemple, très concrètement ?
 
JEANNETTE BOUGRAB Oui, parce qu'il y a ceux qui parlent de la réforme…
 
THIERRY GUERRIER …parce que vous venez de citer le discours de 2009 de Nicolas SARKOZY. Il avait proposé, par exemple il avait dit « je verserai, nous verserons, l'Etat versera un 10e de bourse aux étudiants modestes ». Ils ne l'ont toujours pas vu venir ce 10e mois ! On est toujours à 9.
 
JEANNETTE BOUGRAB Si vous lisez le discours dans son entier, c'était lié, en fait, au 10e mois de scolarisation en plus, voilà.
 
THIERRY GUERRIER Pas de promesse alors ?
 
JEANNETTE BOUGRAB Ah si ! Mais de toute façon, Laurent WAUQUIEZ, mon collègue en charge du dossier, a dit que les choses seraient très clairement annoncées fin août.
 
THIERRY GUERRIER Mais BAROIN dit, « on n'a plus l'argent », le ministre de l'Economie, et « on ne fera pas ».
 
JEANNETTE BOUGRAB Ecoutez, je ne suis pas venue pour en tout cas…Laurent WAUQUIEZ…
 
THIERRY GUERRIER …polémiquer là-dessus.
 
JEANNETTE BOUGRAB Mais par contre, moi, je peux annoncer ce que je fais, voilà. THIERRY GUERRIER Oui !
 
JEANNETTE BOUGRAB Et ce que je fais et ce que l'on va annoncer, c'est par exemple une réforme très simple : le permis de conduire. Ca concerne tout le monde. Vous connaissez le coût d'un permis de conduire aujourd'hui en France ? Entre 1 500…
 
THIERRY GUERRIER …1 000 € minimum, oui.
 
JEANNETTE BOUGRAB
 
Non, non, pas 1 000 € minimum, c'est 1 500 € minimum, c'est-à-dire plus que le salaire minimum, à 3 000 €, parce que…moi, je n'ai pas eu mon permis du premier coup.
 
THIERRY GUERRIER Et alors ? Alors ?
 
JEANNETTE BOUGRAB Eh bien, il y aura des réformes qui seront des mesures qui seront annoncées concrètement, en tout cas lors de ce comité interministériel, parce que le permis de conduire c'est le moyen pour trouver un emploi, permettre la mobilité, parce que tous ces grands discours en disant qu'on va permettre aux jeunes d'aller dans tel pays européen, quand vous habitez à Châteauroux, là où je vis, voilà, eh bien quand vous devez aller à Montières, Chaumont, Poinçonnet, si vous n'avez pas de voiture, eh ben vous ne pouvez pas y aller. Donc, vous ne pouvez pas aller dans votre CFA, vous ne pouvez pas trouver un boulot, et si vous trouvez un boulot vous ne pouvez pas y aller.
 
THIERRY GUERRIER La question de la jeunesse aujourd'hui c'est celle notamment de l'emploi plutôt de que des fêtes de la jeunesse. Vous en avez lancé une à Paris en juin très bien, mais est-ce que plutôt des fêtes ce ne sont pas d'abord des emplois ? 43 % des jeunes de moins de 24 ans en âge de travailler sont au chômage, en France, aujourd'hui.
 
JEANNETTE BOUGRAB Alors, un, pour revenir sur la question de la Fête de la jeunesse, un, il y avait un colloque où j'avais eu l'occasion d'inviter mon homologue tunisien, Slim AMAMOU, et notamment des blogueurs. Nous avons eu notamment la culture. L'accès à la culture fait aussi partie des enjeux de la jeunesse parce qu'on peut expliquer tout ce qu'on…
 
THIERRY GUERRIER …non, mais, les fêtes c'est une chose…
 
JEANNETTE BOUGRAB …non, non, mais je vous dis juste…
 
THIERRY GUERRIER … mais la question c'est l'emploi.
 
JEANNETTE BOUGRAB Non, non, c'était pas… l'emploi, eh bien par exemple…
 
THIERRY GUERRIER C'est ça qu'on attend notamment en banlieue, même si toute la jeunesse ne se résume pas à la banlieue.
 
JEANNETTE BOUGRAB Eh bien, si les gens étaient venus un peu plus, notamment lorsqu'on a installé des cellules entreprises, jeunesse et quartiers dans les Hauts de Seine, on va en installer une à Sevran, on va en installer une dans l'ensemble de la France parce qu'on est convaincus que c'est au niveau micro local, parce qu'il y a un drame dans ce pays, et ce drame se déroule d'une certaine manière en silence…
 
THIERRY GUERRIER C'est quoi ce drame ?
 
JEANNETTE BOUGRAB Eh bien, ce drame c'est que c'est le chômage, c'est le chômage des jeunes, et que je trouve parfois indécent que tout d'un coup certains à la veille des élections présidentielles se retrouvent d'une certaine manière à se dire, « mon dieu, quelle horreur, il y a des jeunes au chômage ». Et ce qui est dramatique, et moi je vais vous le dire, c'est que des jeunes qui font des études, et notamment dans des quartiers populaires, qui ont bac +4, bac +5, qui ont montré plus que les autres que, eh bien ils avaient envie de s'en sortir, eh bien on les laisse…
 
THIERRY GUERRIER …mais c'est quoi, c'est une forme de ségrégation ? Mais c'est quoi, c'es une ségrégation par les prénoms Mohamed ou Steven ou Bernard, ou c'est une ségrégation par le quartier difficile ?
 
JEANNETTE BOUGRAB Non ! Moi, je vais vous dire, c'est une ségrégation liée aux réseaux. C'est la raison pour laquelle notamment lors…
 
THIERRY GUERRIER …parce qu'on n'a pas de réseau quand en vient de banlieue, quoi, d'en parler, dans les milieux décideurs.
 
JEANNETTE BOUGRAB Exactement, mais de manière générale. Mais ça me permet juste de rebondir sur quelque chose, une chose concrète qu'on va proposer au comité interministériel, c'est l'accès aux stages et aux entreprises, parce que on a un objectif…
 
THIERRY GUERRIER … ça ne fait pas des années qu'on entend ça ?
 
JEANNETTE BOUGRAB Non, non, non !
 
THIERRY GUERRIER Ben si !
 
JEANNETTE BOUGRAB Non, non, parce que la réforme que je vais proposer, vous allez vite comprendre qu'elle est utile, efficace. Aujourd'hui, quand vous devez trouver un maître d'apprenti, on vous parle d'alternance, mais par contre vous devez trouver votre entreprise pour vous prendre en alternance. Les jeunes sont prêts, parce qu'en plus vous gagnez de l'argent.
 
THIERRY GUERRIER C'est très dur ça.
 
JEANNETTE BOUGRAB Eh ben, oui ! Eh bien, nous, nous allons proposer notamment quelque chose d'efficace, eh bien ce sera aux établissements de trouver le stage. Quand vous êtes élève dans un lycée, quand vous êtes étudiant à l'université, on ne vous demande pas de chercher votre professeur de droit ou de sciences, eh bien quand on sait que l'entreprise contribue à la formation professionnelle, eh bien c'est à l'établissement de trouver le stage. Et là, vous verrez, eh bien que la discrimination notamment liée aux réseaux, eh bien va s'arrêter.
 
THIERRY GUERRIER Jeannette BOUGRAB qui se réclame de sa passion pour la laïcité et pour la France, pour l'Indre dont elle est originaire, mais qui se réclame aussi de son arabisme et puis de ses origines arabes.
 
JEANNETTE BOUGRAB Son arabité, bien sûr.
 
THIERRY GUERRIER Et voilà, d'être harki. Vous n'avez pas le sentiment d'être la caution diversité après Rachida DATI, Fadela AMARA, Rama YADE qui sont parties, la caution diversité du gouvernement ?
 
JEANNETTE BOUGRAB Alors, là, je ne sais pas si je dois répondre à une telle question.
 
THIERRY GUERRIER Ben pourquoi ?
 
JEANNETTE BOUGRAB Non, parce que, voyons voir, je suis maître des requêtes au Conseil d'Etat.
 
THIERRY GUERRIER C'est vous qui l'avez évoquée d'emblée en début de cet entretien.
 
JEANNETTE BOUGRAB Oui, mais oui, mais oui, mais, enfin de penser aujourd'hui que quand on est quelqu'un issu de l'immigration c'est parce que on veut une caution, c'est quand même ne pas nous faire honneur. On fait plus d'études, par exemple, que les autres, on se bat…
 
THIERRY GUERRIER …vous êtes docteur en droit, vous êtes issue du Conseil d'Etat.
 
JEANNETTE BOUGRAB Exactement ! Alors, qu'est-ce que je dois faire aujourd'hui pour que vous me voyez comme une femme française comme les autres ?
 
THIERRY GUERRIER Mais, ne plus l'évoquer dès l'entretien. Moi, je me réfère juste à votre…
 
JEANNETTE BOUGRAB Non, mais parce que, enfin…
 
THIERRY GUERRIER …et c'est pas insultant, au demeurant.
 
JEANNETTE BOUGRAB Non, mais d'être…enfin, on a toutes les trois des parcours extrêmement différents, et donc pourquoi vous me comparez pas à Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET ? Je ne comprends pas !
 
THIERRY GUERRIER Mais pourquoi pas ?
 
JEANNETTE BOUGRAB C'est vrai ! D'accord, je ne veux pas…Mais non, mais ce que je veux dire c'est que…
 
THIERRY GUERRIER …vous soutiendrez Nicolas SARKOZY à nouveau ?
 
JEANNETTE BOUGRAB Mais bien sûr que je soutiendrai Nicolas SARKOZY, c'est lui qui m'a nommée au gouvernement.
 
THIERRY GUERRIER Avec des exigences particulières, parce que…
 
JEANNETTE BOUGRAB Mais non, je n'ai pas d'exigence particulière à lui faire. C'est lui qui m'a nommé aujourd'hui, c'est lui qui m'a fait confiance à chaque fois, et pourtant j'avais fait le choix à un moment dans ma vie de me retirer de la vie politique. Il m'a proposé une chance, c'est celui d'intégrer son gouvernement et de m'occuper d'un sujet qui est essentiel…
 
THIERRY GUERRIER …mais vous ne regrettez pas la HALDE ? Vous n'avez pas l'impression que vous auriez été plus efficace et plus concrète à la HALDE que dans un….
 
JEANNETTE BOUGRAB Ecoutez, je m'occupe aujourd'hui de vingt millions de Français. Il y a aujourd'hui vingt millions de Français qui ont moins de 25 ans. Et quand je vois parfois l'image que véhicule les jeunes, et notamment l'image qu'ont les adultes sur les jeunes, c'est-à-dire des gens qui ne veulent pas se lever le matin, qui sont paresseux, ou qui fument des joints, eh bien…
 
THIERRY GUERRIER Qui dit ça ?
 
JEANNETTE BOUGRAB Oh ben, il suffit de lire les sondages. Si vous prenez certains sondages de l'AFEV ou… qui a fait des sondages sur l'image des adultes sur les jeunes, 60 % des adultes ont une mauvaise image de la jeunesse. Eh bien, moi, je suis là pour faire tomber les clichés et les stéréotypes et de dire qu'on devrait avoir confiance en cette jeunesse, en ces jeunesses, parce qu'elle est belle. Moi, je les vois chaque jour, moi pendant tout l'été je fais un tour de France des centres aérés, j'ai l'occasion d'aller dans les quartiers, là où personne ne veut y aller, et j'aimerais que de temps en temps on m'accompagne, parce que comme, vous, vous verriez que la jeunesse française est belle.
 
THIERRY GUERRIER Jeannette BOUGRAB, la collègue brune de Nathalie KOSCIUSKOMORIZET, la blonde du gouvernement, était l'invitée donc d'EUROPE 1 ce matin. Merci d'avoir répondu à nos questions.
 
JEANNETTE BOUGRAB C'est moi qui vous remercie.
 
BENJAMIN PETROVER Et merci Thierry GUERRIER. Comment la trouvez-vous cette jeunesse aujourd'hui ? Est-ce qu'elle est belle, est-ce qu'elle est dépravée, est-ce qu'elle est ratée ? 3921, c'est le numéro du répondeur EUROPE 1. On entendra vos messages d'ici cinq minutes. Oui, Jeannette BOUGRAB ?
 
JEANNETTE BOUGRAB Mais ne dites pas « dépravée », enfin, elle est exceptionnelle.
 
BENJAMIN PETROVER On laisse les auditeurs s'exprimer. Ils nous appelleront au 3921. On verra ce qu'ils en pensent.
 
Source : Premier ministre, Service d'Information du Gouvernement, le 4 août 2011

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