Déclaration de Mme Claude Greff, secrétaire d'Etat à la famille, sur la politique familiale et le financement des aides à la famille via les caisses d'allocations familiales, Paris le 7 septembre 2011. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Claude Greff, secrétaire d'Etat à la famille, sur la politique familiale et le financement des aides à la famille via les caisses d'allocations familiales, Paris le 7 septembre 2011.

Personnalité, fonction : GREFF Claude.

FRANCE. Secrétaire d'Etat à la famille

Circonstances : Clôture de la rencontre annuelle des présidents des Caisses d'allocations familiales à Paris le 7 septembre 2011

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Je suis très heureuse d’être aujourd’hui parmi vous pour clôturer cette rencontre annuelle des Présidents des Caisses d’allocations familiales. Je le suis au moins pour trois raisons :

1. D’abord, parce que c’est un moment important à la veille du renouvellement des conseils d’administration.

2. Ensuite, parce que je viens à votre rencontre en tant que nouvelle Secrétaire d’Etat chargée de la famille auprès de Roselyne BACHELOT. Ma nomination est le symbole de l’engagement du Gouvernement aux côtés des familles et de son intérêt pour les politiques qui leurs sont destinées – je vous rassure donc sur ce point, cher Président DEROUSSEN.

3. Enfin, il s’agit d’un moment privilégié pour la ministre chargée de la famille, puisqu’il permet de rencontrer l’ensemble du réseau des conseils d’administration des CAF, et d’être à l’écoute des problématiques locales et opérationnelles

Depuis ma nomination, j’ai déjà visité les CAF de Bourges, de Tours et je me rendrai bientôt à celle de Vannes. Sur le terrain, j’ai pu mesurer l’investissement exemplaire des conseils d’administration et des agents. Je me suis aussi exprimée dans le magazine « Vies de familles » pour m’adresser directement aux familles.

Mais cette première rencontre avec les présidents des CAF est vraiment pour moi l’occasion de saluer le travail de fond effectué par les administrateurs. Ils sont, comme vous l’avez rappelé, ceux qui connaissent le mieux les attentes de nos concitoyens.

Je veux d’abord vous dire que nous pouvons être fiers de notre politique familiale.

C’est l’une des plus ambitieuses et des plus généreuses du monde. Elle mobilise un budget d’environ 100 milliards d’euros, soit plus de 5% de la richesse nationale, là où les autres pays développés arrivent à peine à la moitié de cet effort.

La politique familiale française est un vrai succès national, et la plupart des pays européens nous l’envient.

Faut-il rappeler que la France - et ce n’est pas un hasard - a l’un des meilleurs taux de fécondité en Europe, avec plus de 2 enfants par femme.

Mais faut-il également rappeler que ce résultat exceptionnel n’est pas atteint au détriment des femmes ? Leur taux d’activité est également l’un des plus élevés d’Europe, avec 81.9% des femmes de 25 à 49 ans qui sont actives. C’est la politique familiale qui assure ce résultat, grâce aux solutions de garde qu’elle finance.

Notre politique familiale est aussi exemplaire car elle est à la fois démocratique et citoyenne. Elle est financée via les CAF, qui associent dans leur gouvernance les forces sociales du pays, que vous représentez. Et sa mise en œuvre est aussi assurée par une multitude d’initiatives citoyennes et associatives.

Au cours des quatre – presque cinq - dernières années, malgré une crise économique mondiale et un contexte budgétaire devenu extraordinairement difficile, le Gouvernement a conforté les crédits de la politique familiale.

Ils ont même continué d’augmenter.

Beaucoup d’autres politiques publiques aimeraient bénéficier d’un tel traitement de faveur… Il faut rappeler encore et encore cette situation privilégiée de la politique familiale.

Je m’y emploierai sans relâche au cours des prochains mois, car il faut que les Français en soit encore plus conscients qu’ils ne le sont aujourd’hui. Cette valorisation de la politique familiale et de ses résultats, c’est aussi la valorisation de votre action et des agents qui travaillent chaque jour à vos côtés.

Je compte donc sur vous pour m’aider à mieux faire comprendre aux Français la chance qu’ils ont de bénéficier des politiques familiales – et la chance qu’ils ont de vous avoir pour les mettre en œuvre !


Cher Président DEROUSSEN, j’ai bien conscience de la charge de travail des CAF, au regard du nombre de chantiers engagés depuis 2007.

Le Gouvernement, dans l’élaboration de la COG 2009-2012, a d’ailleurs pris en compte la spécificité des organismes de la branche famille. Des règles strictes ont été imposées aux autres branches de la Sécurité sociale. Mais elles ont été assouplies pour la branche famille.

Le supplément de travail généré par les politiques impulsées par le Président de la République et le Gouvernement a donc été reconnu, et les moyens des CAF ont été sauvegardés.

Mais le fait que les CAF aient été fortement sollicitées par ces réformes n’est-il pas, en quelque sorte, la rançon du succès ?

N’est-ce pas parce que les CAF ont la réputation d’être efficaces, et que leur gestion est le plus souvent exemplaire, que le Gouvernement leur confie des missions dont il sait qu’elles seront remplies ?

Et le Gouvernement a raison de faire confiance aux CAF, de vous faire confiance ! Quel travail accompli en 5 ans ! Aujourd’hui, au cours de vos réunions, vous avez vous-mêmes pu faire cette rétrospective. Vous avez pu constater à quel point vos efforts ont été couronnés de succès !

La démarche partenariale de la COG a fait ses preuves. Les indicateurs mis en place ont prouvé leur robustesse. Ils ont tiré les performances de gestion vers le haut.

Je sais aussi que vous avez intégré l’exigence de réactivité qui s’impose désormais à tous les services de l’Etat et à tous ses opérateurs, sans exception. Cette réactivité vous honore, car elle est au service des populations.

J’en profite aussi pour saluer l’implication des CAF dans la recherche de partenaires pour améliorer les conditions d’accès à la garde d’enfants. C’est grâce à vos efforts que l’objectif de 200 000 solutions de garde d’ici à 2012 est en passe d’être atteint !

J’ai pu vérifier sur le terrain l’engagement des personnels et des instances dans le montage des projets. Il faut poursuivre cet effort, et démarcher toutes les collectivités de vos départements, les unes après les autres, pour faire émerger les projets et les accompagner.

J’entends que vous avez parfois eu l’impression que le contrat n’était pas exécuté de manière parfaitement équilibrée. C’est vrai, l’action politique a parfois ses contingences. Mais en réalité, rien ne peut être totalement figé dans le contexte économique et social perturbé qui est le nôtre en ce début de décennie.

La gestion des CAF ne peut pas ignorer les à-coups violents qui s’imposent à l’action publique. Lorsque le besoin d’actions s’exprime, l’Etat a le devoir d’élaborer et de mettre en œuvre des réponses. Le RSA, en particulier, répondait à une demande sociale forte qui a été entendue par le Président de la République.

Il va falloir, demain, être encore plus réactifs, car notre mission à tous est aujourd’hui de faire mieux avec les moyens qui nous sont alloués. Chaque euro doit être dépensé de manière utile.

En ce qui me concerne, en tant que Secrétaire d’Etat chargée de la Famille, je m’engage à tout faire pour que la prévisibilité des moyens soit assurée autant qu’il est possible.

Cet engagement que je prends devant vous est valable dans la fin d’exécution de cette COG comme dans la conception de celle qui va lui succéder.

Je suis d’ailleurs ouverte à l’introduction dans la prochaine COG de mécanismes d’ajustements lorsque cela est nécessaire. Rien n’interdit d’y réfléchir ensemble, cher Président DEROUSSEN.

Mais je pense aussi que la future COG devra favoriser une démarche de projet, et garantir des moyens améliorés à ceux qui s’engageront dans ces projets. Pour cela, il nous faut travailler étroitement ensemble.


Ce ministère a plus que jamais besoin d’un réseau des CAF proactif et dynamique. Être réactif, c’est bien. Mais être proactif, c’est mieux !

Je veux préserver l’ADN des CAF. Il serait absurde de casser ce qui marche aujourd’hui. Mais je souhaite aussi que les CAF de demain soient de véritables centres de ressources pour les familles, et notamment les familles qui traversent des circonstances difficiles.

Vous l’aurez compris, je parle de l’offre globale de service. Il s’agit vraiment d’une nouvelle manière de voir notre action et nos politiques que je veux approfondir dans la prochaine COG. Les CAF doivent servir de repère aux familles, devenir un lieu où on anticipe leurs besoins.

La situation est encore très hétérogène, mais des initiatives remarquables sont expérimentées. Il nous faut évidemment partir de ce qui marche déjà, et en tenant compte de la grande diversité des CAF. Tout le monde ne peut pas marcher du même pas quand les situations en termes de moyens, de taille, de caractéristiques sociales locales sont très différentes.

C’est pourquoi, il nous faut inventer des mécanismes vertueux pour soutenir fortement ceux qui s’engageront dans cette révolution du service aux familles, mais sans laisser sur le bord de la route les caisses dont les difficultés étaient les plus grandes au départ.

Je vais demander à mes services d’étudier avec vous une logique d’appel à projets pour dynamiser le déploiement de l’offre globale.

Pour moi, l’offre globale de service porte en elle la promesse de faire des CAF de véritables maisons de la famille. C’est ce projet politique que je veux construire avec vous.

Comme vous avez su relever le défi de la mise en place du RSA, je suis sûre que vous saurez anticiper et embrasser cette mutation. Demain, si nous travaillons bien, les familles pourront trouver à leur CAF un guichet unique pour tous les services dont elles ont besoin.

A ce sujet, je veux vous dire mon souci de soutenir toutes les familles. Nombreuse, traditionnelle, recomposée, monoparentale, tous ces modèles de familles co-existent dans une société qui a évolué.

Le délitement des solidarités traditionnelles, les mutations de la famille, les nouvelles réalités du monde du travail….

Tous ces défis, nous devons les prendre à bras le corps. C’est déjà le cas à travers la diversification des solutions de garde, mais le grand défi qui est juste devant nous, c’est l’exercice de la parentalité.

Les relations entre parents et enfants n’ont jamais été simples. Mais elles ont été véritablement bouleversées au cours des dernières décennies. Les familles s’interrogent sur leur rôle de parent au quotidien. Elles ont aujourd’hui des besoins qui ne sont pas parfaitement exprimés, mais qui appellent évidemment des réponses de notre part.

D’ailleurs, vous qui êtes au plus près des préoccupations des familles, vous avez sûrement constaté qu’elles veulent plus de services, et pas forcément plus de prestations.

Comme vous le savez, le Gouvernement a installé fin 2010 le Conseil National de Soutien à la Parentalité (CNSP). Avant de s’aventurer dans une structuration institutionnelle au niveau départemental, il est indispensable de bien définir ce qu’il est utile de faire en matière de soutien à la parentalité. Le CNSP est compétent pour répondre à cette question et je vais prendre son avis. Je rencontrerai les membres du conseil cet automne pour en discuter.

Mais je suis aussi et surtout dans l’action. Avec Roselyne Bachelot, nous allons adresser nos instructions aux services déconcentrés dans les semaines qui viennent. Notre ambition sera :

* de recenser l’existant, dans toute sa diversité ;
* d’en évaluer l’efficacité ;
* et d’en clarifier le pilotage local.

L’accompagnement de la parentalité est une ambition majeure de ma feuille de route pour les mois à venir. Il s’agit d’une nouvelle demande sociale, et je veux que nous trouvions les moyens d’y répondre.

Cette politique de la parentalité devra être ambitieuse, c’est-à-dire universelle.

Nous devons absolument insérer cette nouvelle politique dans la construction de l’offre globale des CAF.


Comme vous le voyez, les chantiers qui nous attendent sont nombreux et ambitieux. Je sais que je peux compter sur vous pour les mener. Sur toutes ces questions qui touchent à la vie quotidienne des familles, nous devons avancer ensemble.

Vous avez su démontrer votre dévouement à la cause des familles. Je veux encore une fois vous remercier tous, pour le travail colossal que vous avez accompli au cours de votre mandat. Je sais que vos successeurs, pour ceux d’entre vous qui cèderont leur place, auront à cœur d’être à la hauteur de votre dévouement.

Je vous assure qu’ils pourront compter sur moi pour défendre la politique familiale et pour être aux côtés de ceux qui la servent au quotidien.


Je vous remercie.


Source http://www.solidarite.gouv.fr, le 9 septembre 2011

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