Déclaration de Mme Marie-Anne Montchamp, secrétaire d'Etat aux solidarités et à la cohésion sociale, sur l'accès à la conduite automobile et le handicap, Paris le 15 septembre 2011. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Marie-Anne Montchamp, secrétaire d'Etat aux solidarités et à la cohésion sociale, sur l'accès à la conduite automobile et le handicap, Paris le 15 septembre 2011.

Personnalité, fonction : MONTCHAMP Marie-Anne.

FRANCE. Secrétaire d'Etat aux solidarités et à la cohésion sociale

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Permettez-moi tout d’abord de vous dire combien je suis heureuse de clore les travaux de cette Conférence « Automobile et Handicap » organisée par le Centre de Ressources et d’Innovation Mobilité et Handicap, le CEREMH, avec l’Association des Paralysés de France, l’Université de Versailles Saint Quentin et MACIF EGALIS.

Cette journée d’échanges et de dialogue a été, je le sais, très enrichissante, de par les témoignages qu’elle a permis de recueillir, au premier rang desquels celui de Jean-Marie Barbier, président de l’APF, dont les actions et travaux sont reconnus jusque dans son partenariat incontournable avec le CEREMH.

Enrichissante, cette journée l’a été par les présentations qui ont été faites par les nombreux experts et médecins réunis aujourd’hui, qu’ils se soient exprimés au nom du CEREMH, de la délégation interministérielle à la sécurité et à la circulation routières, de la Fondation Sainte-Marie, de la CRAMIF ou encore du réseau COMETE France.

Je le vois aujourd’hui, et vous avez sans nul doute pu le constater au cours de cette matinée, la question de « l’automobilité », comme se plaît à le dire Philippe Streiff, qui est parmi vous et que je salue, sait fédérer de nombreuses ressources, et de nombreuses énergies.

La création du CEREMH, en décembre 2007, sur une intuition brillante de Philippe Denormandie, a permis d’améliorer considérablement ce que beaucoup décrivaient comme le parcours du combattant pour accéder à l’automobile, qu’il s’agisse de l’obtention du permis de conduire aménagé grâce à un réseau d’auto-écoles spécialisées que le CEREMH recense, ou bien d’aménagements des postes de conduite des véhicules.

Ainsi, la formation « conduite et handicap » qui permet de connaître les démarches administratives, la législation, les homologations, les différentes adaptations de véhicules est reconnue pour sa qualité, je tiens à saluer son succès.

De même, avec le concours actif du délégué interministériel à la sécurité et à la circulation routière, un dépliant d’information très bien fait a pu être largement diffusé en 2010.

Je ne vais pas me livrer plus avant à l’énumération des nombreuses actions menées par le CEREMH, les acteurs de la sécurité routière et leurs partenaires, vous avez pu largement les évoquer ensemble au cours de cette matinée.

Ce que je veux dire, c’est que leurs missions sont au cœur du droit à l’autonomie pour les personnes handicapées. Ce n’est pas pour rien que le CEREMH est reconnu Centre d’expertise national mobilité par la CNSA ! Il est également important, et je m’en félicite, que tous ces travaux soient conduits au sein du pôle de compétitivité MOV’EO, qui place la recherche et la mise au point de nouveaux matériels, de nouvelles technologies d’adaptation des véhicules au cœur de son activité.

Si l’on déroule le fil de la pelote, l’accès à l’automobile, si vous me passez l’expression, c’est aussi pouvoir accueillir facilement un passager handicapé ou bien encore installer dans de parfaites conditions de sécurité son enfant porteur de handicap à l’arrière de son véhicule, comme le font tous les parents. Pouvoir se déplacer librement, avec sa famille, ses enfants est donc une condition indispensable du vivre ensemble.

Ce vivre ensemble, c’est précisément l’ambition de la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, qui, vous le savez, est l’honneur de ma vie publique.

Cette loi porte en effet tous les principes fondamentaux et intangibles qui constituent le socle de la politique du handicap en France. C’est le projet de vie d’abord, qui fait définitivement de la personne l’acteur de sa vie. C’est la compensation ensuite, ce droit nouveau dans notre système de protection sociale, qui est la garantie de l’égalité des chances. C’est l’accessibilité de tout pour tous évidemment, car c’est le droit commun et le rejet des discriminations. C’est la participation enfin, car rien ne peut être décidé pour les personnes handicapées sans elles.

Nous pouvons être fiers de ce qui a été fait pour nos compatriotes handicapés, afin que leur vie puisse être celle de tous les Français.

Au-delà de la loi, il y a l’esprit de la loi. L’esprit de la loi, c’est celui d’une société inclusive, permettant à tous les hommes, par-delà leurs différences et capacités, d’être des acteurs de leur destin, de notre destin commun, en associés véritables dans cette République des solidarités qu’il nous faut consolider.

La conférence nationale du handicap du 8 juin dernier a été l’occasion de le rappeler et de faire le point avec les associations, la société civile et les pouvoirs publics sur la politique en direction des personnes handicapées, comme cela était prévu par la loi de février 2005.

Pas moins de 11 ministres étaient d’ailleurs présents à la conférence, ce qui montre la mobilisation du Gouvernement tout entier autour de cette question. La politique du handicap n’est pas seulement l’affaire du ministère des affaires sociales. La question du handicap interpelle désormais tous les rouages de la société.

Comme le Président de la République l’a souligné dans son allocution de clôture, nous sommes au milieu du gué. Certes, la société est devenue plus accessible pour les personnes handicapées, mais il reste encore beaucoup à faire.

Le Président de la République a fixé un cap très clair : tout sera mis en œuvre pour rendre la société accessible à tous, dans le respect de l’échéance de 2015 fixée par la loi.

Pour relever le défi de l’accessibilité, nous avons besoin de la mobilisation de l’ensemble de la société. Car les progrès dépendent de tous.

C’est d’autant plus vrai alors qu’approche l’échéance de 2015, à laquelle certains se sont toujours refusé à croire ; que d’autres, empêtrés dans une vision technicienne et normative, semblent aujourd’hui vouloir remettre en cause. Je vous le dis, pour moi c’est clair : ils n’ont tout bonnement pas compris que c’est le confort d’usage, et la participation sociale que permet l’accessibilité !

A l’heure où cette question de l’accessibilité semble à beaucoup difficile à appréhender, à prendre à bras le corps, vous démontrez que c’est possible, vous démontrez qu’en étant intelligents et mobilisés, on peut déplacer des montagnes !

C’est tout à votre honneur d’avoir compris, d’avoir anticipé ce nouveau paradigme, en inscrivant vos travaux dans le cadre d’une collaboration pertinente entre tous types d’acteurs, la recherche et le développement via le CEREMH et le pôle de compétitivité MOV’EO.

Vous le voyez, mesdames et messieurs, quand les partenariats s’engagent, quand les industriels, les associations, les pouvoirs publics travaillent ensemble, nous parvenons à construire des dispositifs innovants, avec comme seule préoccupation la qualité du service rendu et l’accès pour tous aux services de droit commun.

Cet objectif et cette ambition, vous les portez collectivement, et je m’en réjouis pleinement.


Félicitations à tous.


Source http://www.solidarite.gouv.fr, le 15 septembre 2011

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