Déclaration liminaire de M. François Fillon, Premier ministre, suivie d'un point de presse, sur la politique de réduction des déficits publics, le budget de l'Education nationale et la lutte contre les initiatives visant à exclure les enfants de chômeurs des cantines scolaires, à Arpajon le 15 septembre 2011. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration liminaire de M. François Fillon, Premier ministre, suivie d'un point de presse, sur la politique de réduction des déficits publics, le budget de l'Education nationale et la lutte contre les initiatives visant à exclure les enfants de chômeurs des cantines scolaires, à Arpajon le 15 septembre 2011.

Personnalité, fonction : FILLON François.

FRANCE. Premier ministre

Circonstances : Visite du lycée René Cassin sur le thème de la réforme des lycées, à Arpajon (Essonne) le 15 septembre 2011

ti : Je voulais avec le ministre de l’Education nationale venir dans ce lycée René Cassin - et je veux remercier les enseignants et le proviseur qui ont organisé cette visite - pour faire le point de la réforme du lycée, de sa deuxième étape. Loin de toutes les caricatures et toutes les polémiques autour de la politique d’éducation du Gouvernement, autour des questions liées aux réformes, nous mettons en place avec beaucoup de volontarisme mais en même temps avec un grande écoute du terrain, des expérimentations qui vont toutes dans le même sens : faire évoluer notre système d’enseignement vers une personnalisation pour mieux prendre en compte les besoins des élèves et pour mieux adapter l’enseignement à l’évolution de la société, sans procéder de cette façon centralisée que l’on a connue dans le passé. […] Si vous avez des questions à poser, je suis prêt à y répondre.


Journaliste - Monsieur le Premier ministre, un sondage publié ce soir à 18 heures montre que 64 % des Français n’ont plus confiance dans l’école…

François Fillon - Oui enfin, je me méfie de tous ces sondages. La France est un pays qui est toujours très pessimiste dans les sondages. On dit parfois que nous sommes l’un des pays qui croit le moins en l’avenir de tous les grands pays développés. Je pense que cela ne correspond pas à la réalité et surtout cela ne correspond absolument pas à ce que je viens de voir sur le terrain, c’est-à-dire des enseignants passionnés, qui montent des expérimentations très ambitieuses et qui sont suivies par des élèves. Je crois que c’est aussi le devoir des responsables politiques d’arrêter de critiquer en permanence l’école et d’essayer de construire un projet éducatif qui soit un projet sérieux et qui soit en même temps un projet réaliste, qui corresponde aux moyens financiers qui sont ceux de la Nation.

Journaliste - Monsieur Fillon, est-ce qu’il faudrait un moratoire sur les suppressions des postes dans l’Education nationale ?

François Fillon - Non, le moratoire c’est un mot que je bannis de mon vocabulaire parce que "moratoire" cela veut dire ne rien faire. Le moratoire c’est une caractéristique souvent de notre pays qui, devant la difficulté de faire des choix, préfère le statu quo. Le moratoire n’est pas possible. Chacun voit bien la situation financière qui est celle de la France et qui est celle des pays européens aujourd’hui. Nous sommes en train de nous battre pour maintenir notre monnaie, pour maintenir notre rang dans le monde, pour maintenir notre capacité à créer des emplois demain pour les Français. Donc c’est cela l’enjeu de la politique de réduction des déficits publics qui a été engagée. Et on voit bien qu’il y a dans une politique de réduction des déficits publics des marges, en organisant autrement l’école, en organisant autrement le service des enseignants, en organisant autrement le cursus scolaire, qui permette de faire mieux avec moins de moyens, ou en tout cas avec les moyens d’aujourd’hui.

Journaliste - François Hollande dit qu’il recréera les postes supprimés, s’il est élu Président ?

François Fillon - Ecoutez, c’est encore une promesse en l’air, comme le Parti socialiste en a fait beaucoup dans le passé. Je me souviens de la réforme des retraites que j’avais conduite, qui devait être abrogée. Je me souviens de certaines privatisations qui devaient être annulées. C’étaient toujours des engagements de campagne du Parti socialiste qui ne sont jamais tenus, parce que ce sont des engagements qui ne sont pas réalistes. Et d’ailleurs même dans le camp socialiste, j’ai compris que cette drôle d’idée avait suscité beaucoup de surprises et beaucoup de critiques.

Journaliste - Vous parlez de polémique. Qu’est-ce que vous dites aux parents, aux enseignants, qui sont en train de bloquer les écoles en ce moment et puis surtout qui vont faire la grève le 27 septembre, avec aussi les syndicats du privé, pour la première fois ?

François Fillon - Je leur dis qu’il faut qu’ils regardent la réalité des choses. Le budget de l’école a augmenté dans notre pays malgré la situation financière. Nous sommes le pays en Europe qui a le niveau de dépenses publiques le plus élevé. Le budget de l’Education est le premier budget de la Nation. Il y a sûrement des améliorations à faire, il y a sûrement encore des réformes à conduire. Il y a sûrement une meilleure répartition encore des moyens à rechercher et, de ce point de vue-là, le dialogue avec les organisations syndicales et avec les parents est absolument nécessaire. Mais la revendication de moyens supplémentaires sans réforme est une revendication qui n’a pas d’avenir, et qui ne peut pas prospérer dans le monde d’aujourd’hui.

Journaliste - Et les cantines scolaires, les enfants qui sont mis de côté en ce moment aussi dans plusieurs villes ?

François Fillon - Cela c’est une politique contre laquelle nous luttons, avec le ministre de l’Education nationale. Les cantines scolaires doivent être ouvertes et l’ensemble des moyens permettant à tous les élèves de faire en sorte que l’égalité soit une réalité, que l’égalité des chances soit une réalité, c’est un combat que l’Etat mène, et là où il y a des abus nous ferons tout pour les combattre.


Source http://www.gouvernement.fr, le 16 septembre 2011

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