Déclaration de Mme Nadine Morano, ministre de l'apprentissage et de la formation professionnelle, sur les priorités en matière de formation notamment, le développement de la formation en alternance et la formation continue des salariés, Paris le 9 novembre 2011. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Nadine Morano, ministre de l'apprentissage et de la formation professionnelle, sur les priorités en matière de formation notamment, le développement de la formation en alternance et la formation continue des salariés, Paris le 9 novembre 2011.

Personnalité, fonction : MORANO Nadine.

FRANCE. Ministre de l'apprentissage et de la formation professionnelle

Circonstances : Premier forum de la formation professionnelle à Paris le 9 novembre 2011

ti : Nous fêtons cette année les 40 ans de notre système de formation au service de l'évolution des compétences et des qualifications de nos compatriotes. Depuis la loi du 16 juillet 1971, le paysage de la formation professionnelle a profondément évolué au gré des changements du monde du travail et de notre société. Les besoins des entreprises en particulier ont changé ; tout comme les attentes des salariés.

Aujourd'hui, avec près de 30 milliards d'euros consacrés à la formation professionnelle, nous mobilisons 1,5% du PIB pour sécuriser les parcours professionnels de nos concitoyens et améliorer le niveau global de qualification de la société. Ces chiffres reflètent cependant une réalité contrastée. En effet, alors que 11,4 millions de stagiaires bénéficient de plus de 750 millions d'heures de formation par an, 1 ouvrier sur 7 seulement part en formation, là ou 1 cadre sur 2 bénéficie d'une action de formation.

Depuis 2007, beaucoup a été fait pour développer la formation des jeunes et de l'ensemble des actifs, et ainsi permettre aux entreprises de trouver les compétences dont elles ont besoin pour se développer. Je pense notamment aux nombreux apports de la Loi du 24 novembre 2009 pour renforcer l'information des stagiaires, garantir la traçabilité des parcours, améliorer la transparence des flux financiers et développer un service de proximité au service des TPE/PME.

Le contexte international actuel, marqué par la crise de la dette et le ralentissement mondial de l'activité, doit toutefois nous pousser à poursuivre le processus engagé. C'est indispensable pour améliorer la compétitivité des entreprises et soutenir l'emploi, d'autant plus que c'est dans les périodes difficiles qu'il est nécessaire de préparer l'avenir.

Aussi, je souhaite revenir sur les priorités actuelles en matière de formation.

* La première priorité est de développer les formations en alternance pour permettre aux entreprises de trouver des jeunes motivés et avec les bonnes qualifications. La période actuelle constitue justement une étape cruciale puisque 80% des contrats d'apprentissage et 60% des contrats de professionnalisation sont signés entre les mois de septembre à décembre.
Cette année, entre janvier et septembre, les contrats en alternance (contrats d'apprentissage et contrats de professionnalisation) ont augmenté de 5,7% par rapport à 2010. Ces chiffres sont d'autant plus encourageants qu'ils semblent s'amplifier : au 30 octobre on est à +25% de contrats de professionnalisation par rapport à 2010, contre +23% au 30 septembre. Ces chiffres sont très importants parce que derrière eux, à chaque fois, il y a un jeune en plus à qui l'on donne la possibilité d'acquérir une formation de qualité et parfaitement adaptée aux besoins de notre économie.
Ces chiffres sont le signe que la mobilisation nationale qui a été engagée, notamment par les branches professionnelles, commence à porter ses fruits. A ce titre, je souhaite aussi rappeler l'engagement de l'AFPA et de son Président, Jean-Luc VERGNE. Depuis 2009, pas moins de 15 000 contrats de professionnalisation ont en effet été conclus grâce à l'AFPA. Rien que pour cette année, vous devriez dépasser les 5 500 contrats de professionnalisation !

Fort de ces premiers résultats, nous devons poursuivre nos efforts autour de 3 leviers.

1er levier : la revalorisation des formations
C'est une véritable révolution culturelle qui a été engagée, en mai dernier, avec une campagne de communication : « Un métier, un diplôme, un revenu, c'est ça l'apprentissage ». 65% des jeunes déclarent qu'elle leur donne envie de suivre une formation en apprentissage. Je suis aussi allée à Londres pour soutenir les 44 jeunes de l'équipe de France lors des Olympiades des Métiers et ainsi porter haut les valeurs de l'apprentissage. Par ailleurs, pour poursuivre la revalorisation de ces formations, d'ici janvier, je vais remettre leurs diplômes à un maximum d'apprentis. Et je le rappelle, la carte « étudiants des métiers » sera délivrée dès la fin décembre. Il faut aussi revaloriser les professionnels qui s'engagent à transmettre leurs savoirs. J'organise le donc 29 novembre le premier événement dédié aux maîtres d'apprentissage et aux tuteurs.

2e levier : la mobilisation des entreprises
Pour cela, nous avons augmenté, le quota de 3 à 4%, c'est-à-dire le pourcentage de jeunes en alternance que les entreprises de plus de 250 salariés doivent former. Cette mobilisation s'appuie aussi sur deux aides à l'embauche particulièrement incitatives dans les entreprises de moins de 250 salariés : une aide pour l'embauche d'un alternant supplémentaire ; et une aide pour l'embauche d'un demandeur d'emploi de 45 ans et plus en contrat de professionnalisation. Au 4 novembre, 25 300 demandes d'aides ont été enregistrées. C'est le signe que la campagne de communication, que j'ai lancée au mois d'octobre, porte ses fruits. En complément, la Loi sur le développement de l'alternance et la sécurisation des parcours professionnelle, du 28 juillet dernier, a apporté de nombreuses mesures de simplification.

3e levier : le développement de l'offre de formation
A présent, nous sommes à 13 régions qui ont signé le Contrats d'Objectifs et de Moyens (COM), dans lesquels l'Etat mobilise 1,75 milliard d'€. 2 autres régions ont signé un accord-cadre ; et 8 régions devraient avoir signé d'ici la fin du mois. Concernant le Programme d'Investissements d'Avenir, 9 premiers projets bénéficient de 50 millions d'€ pour créer 2814 places en formation et 517 places d'hébergement. Je le rappelle l'enveloppe total est de 500 millions d'€.

* La deuxième priorité est de développer la formation continue pour donner à chaque salarié la possibilité de devenir acteur de son parcours professionnel.

La loi du 24 novembre 2009 « relative à l'orientation et à la formation professionnelle tout au long de la vie » est un outil formidable pour permettre aux Français de travailler mieux. C'est pourquoi, je suis entièrement mobilisée pour assurer la mise en œuvre de la réforme des OPCAs. Cette réforme constitue une étape majeure pour accroître la performance du système. Elle s'adresse aux entreprises et à leurs salariés, car ils en seront les principaux bénéficiaires en matière de qualité et d'efficacité. A ce titre, je me réjouis de voir que les choses avancent bien s'agissant notamment des regroupements et des nouveaux agréments des OPCAs. Je rappelle que la procédure d'agrément est le premier pas vers la négociation de la Convention d'objectifs et de moyens, qui sera négociée entre l'Etat et chacun des OPCAs. C'est une étape essentielle, car elle fixera les conditions d'exercice financier, les indicateurs et les objectifs attendus.

Le déploiement du Service Public de l'Orientation (SPO) est également un chantier prioritaire pour que l'accès à la formation soit le plus adapté aux besoins des individus. Le SPO est marqué par une ambition forte : permettre à chacun de disposer d'une information fiable et actualisée sur les métiers, les formations qui y conduisent, et surtout leurs perspectives d'emploi. Et tout cela au plus près des besoins des territoires et des entreprises ! C'est comme cela que chacun pourra prendre conscience de sa responsabilité dans la construction de son parcours professionnel, et que les entreprises pourront bénéficier de salariés formés à leurs besoins.

Par ailleurs, je veux orienter les moyens vers ceux qui en ont le plus besoin. C'est pourquoi, je fais de la lutte contre l'illettrisme une priorité en matière de formation. Je le rappelle, en France, 9% de la population de 18 à 65 ans est en situation d'illettrisme. Ce sont donc plus de 3 millions de personnes qui souffrent au quotidien. Plus de la moitié d'entre eux sont pourtant dans l'emploi (1,9 millions). Nous devons tous continuer à nous mobiliser pour lever ce frein à l'emploi et à l'insertion sociale.

* La troisième priorité est de permettre aux demandeurs d'emploi d'acquérir des formations adaptées aux besoins des entreprises et aux métiers en tension

Ma détermination est très forte s'agissant des métiers en tension, d'autant plus qu'il existe environ 250 000 offres d'emploi non pourvues, faute pour les entreprises de trouver les compétences adéquates.

C'est pourquoi, le Gouvernement a promu des dispositifs novateurs qui permettent de faire se rencontrer le besoin et l'offre de formation. Ainsi, la Préparation Opérationnelle à l'Emploi (POE) valorise, au travers d'un cofinancement conjoint de Pole Emploi et des organismes collecteurs, la formation pour le retour à l'emploi. C'est un dispositif utile, pragmatique et qui répond avec précision aux demandes des entreprises : bénéficier d'une main d'œuvre qualifiée pour les emplois qu'elles ne parviendraient pas à pourvoir. Il permet aussi au demandeur d'emploi d'accéder à une formation en lui donnant la certitude qu'elle débouchera sur un emploi. A fin octobre, plus de 6900 demandeurs d'emploi ont déjà bénéficié d'une POE.


Mesdames et Messieurs, aujourd'hui, je viens saluer l'engagement des acteurs de la formation professionnelle (partenaires sociaux, entreprises, entreprises de formation, organismes collecteurs…). Vous jouez un rôle de premier plan pour permettre à nos concitoyens de s'adapter aux exigences d'une économie globalisée. Grâce à vous, le monde du travail joue son rôle de repère, car que l'on soit un salarié, un demandeur d'emploi ou un chef d'entreprise, c'est en étant préparé et armé pour le changement que l'on peut y faire face et le vivre comme une opportunité.


Je vous remercie.


Source http://www.travail-emploi-sante.gouv.fr, le 10 novembre 2011

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