Déclaration de Mme Nadine Morano, ministre de l'apprentissage et de la formation professionnelle, sur la formation professionnelle, l'enseignement en alternance et l'enseignement agricole, Guyane le 15 novembre 2011. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Nadine Morano, ministre de l'apprentissage et de la formation professionnelle, sur la formation professionnelle, l'enseignement en alternance et l'enseignement agricole, Guyane le 15 novembre 2011.

Personnalité, fonction : MORANO Nadine.

FRANCE. Ministre de l'apprentissage et de la formation professionnelle

Circonstances : Visite du Centre de formation professionnelle et de promotion agricoles (CFPPA) en Guyane le 15 novembre 2011

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C’est parce que le monde agricole est un monde porteur d’avenir et porteur d’emploi que je suis, ici, aujourd’hui.

Je m’adresse à vous avec beaucoup de plaisir à l’occasion de cette visite du centre de formation professionnelle et de promotion agricole (CFPPA) de la Guyane. Je viens saluer l’engagement des femmes et des hommes qui s’investissent au sein de cet établissement pour développer l’emploi et la formation professionnelle.

Je souhaite notamment rendre hommage à l’ensemble de des acteurs de la formation, à vous, pour le travail que vous effectuez chaque jour sur le terrain.

Je veux vous dire ce que je ressens. Comme femme politique, je me bats pour un projet de société. Vos combats et vos valeurs participent selon moi à la construction de ce projet de société. L’agriculture est en effet l’un des piliers de l’histoire et de la culture de notre pays. Nous sommes tous des filles et des fils du monde agricole.

Mais l’agriculture est aussi un pilier de notre économie. L’agriculture guyanaise représente un axe important de développent de la Guyane.

Il n’y a pas beaucoup de secteurs qui réunissent des enjeux aussi fondamentaux que l’alimentation mondiale, l’environnement ou l’aménagement du territoire.

La promotion de l’emploi et de la formation professionnelle dans l’agriculture doit être une priorité. Il faut en effet accompagner le développement des filières agricoles pour permettre à l’ensemble des métiers du secteur de s’adapter aux exigences d’un monde globalisé. C’est pourquoi, j’ai tenu à venir ici pour distinguer celles et ceux qui ont placé l’insertion professionnelle et la formation au cœur de leur démarche.

Avec le Président de la République, nous avons la conviction forte qu’il n’y a pas d’emploi durable sans formation adaptée, ni de formation efficace sans perspective d’insertion dans l’emploi. Notre objectif est d’atteindre 800 000 alternants d’ici 2015. Et pour l’atteindre, je compte notamment développer l’alternance dans le secteur agricole.

Car notre pays compte 420 000 entreprises agricoles, plus d’1,2 million de salariés, près de 290 centres de formation pour plus de 52 000 alternants par an.

En 2010, le taux de réussite aux examens de ces apprentis a été de 82% (69% en 2010 pour le CFPPA).

Mais le chiffre à retenir c’est 90,5%. 90,5% des apprentis du secteur agricole ont trouvé un emploi à l’issue de leur formation (89% en 2010 pour le CFPPA). C’est 20 points de plus que l’ensemble des apprentis.

En Guyane, l’agriculture est un secteur dynamique où le nombre d’exploitations augmente rapidement. Alors que le dernier recensement agricole d’Eurostat montre une diminution du nombre d’exploitations en France de 16,3% entre 2003 et 2010, la Guyane, elle, enregistre une croissance de ses exploitations de +18% en 12 ans.

Malgré les efforts déjà consentis dans les programmes précédents, le secteur agricole guyanais a un besoin important de développement. C’est pourquoi, pour favoriser les conditions d’installation, des actions d’aménagement de surfaces agricoles, engagées sur le contrat de plan Etat-Région 2000-2006, ont été reconduites pour la période 2007-2013.

Car, on le sait, l’installation répond à des enjeux spécifiques : contrairement aux autres régions de France, les installations consistent majoritairement en la création de nouvelles exploitations, et non en la reprise d’exploitations existantes.

Et je le rappelle, pour un jeune, les formations en alternance constituent non seulement un moyen d’insertion immédiate dans l’emploi, mais aussi une voie de qualification permettant une insertion professionnelle durable.

Pour l’entreprise, avoir un jeune bien formé, ce n’est pas seulement un individu qui s’épanouit. C’est aussi une entreprise qui peut se développer parce qu’elle a des salariés avec des qualifications adaptées à ses besoins.

C’est pourquoi le travail que vous faites chaque jour pour la formation professionnelle et l’apprentissage est primordial.

Votre structure regroupe toutes les possibilités de formation : un lycée d’enseignement général et technologique et professionnel agricole, un centre de formation promotionnelle, une section d’apprentissage. Il y a même une exploitation agricole !

Depuis l’ouverture de la section d’apprentissage en 2008, vous avez augmenté d’un tiers le nombre d’apprentis (13 en 2008, 21 en 2011). A terme, vous souhaitez la création d’un centre de formation pour apprentis de l’agriculture (CFAA) et l’extension de l’internat.

Sur ce dernier point, je tiens à vous rappeler que j’ai lancé avec Xavier BERTRAND et René RICOL, Commissaire Général à l’investissement, un appel à projets dotés de 500 millions d’euros pour la création de nouvelles places et de 15 000 solutions d’hébergement pour les apprentis.

Vous avez fixé des objectifs ambitieux pour maintenir l’apprentissage agricole en Guyane : reconduire tous les ans les formations existantes pour répondre aux demandes des employeurs, augmenter la lisibilité et la notoriété de la carte de formation auprès des jeunes, pérenniser les formateurs.

Je ne peux que vous en féliciter !

Avec le Président de la République, nous voulons mieux accompagner les exploitants agricoles qui souhaitent recourir davantage à l’alternance.

De nombreuses mesures ont d’ores et déjà été prises. Je pense notamment à l’exonération totale de charges sociales pendant un an pour toute embauche supplémentaire d’un apprenti dans les entreprises de moins de 250 salariés. Je pense à la simplification et à l’assouplissement des conditions d’ancienneté pour devenir maître d’apprentissage, ou encore à la possibilité pour un apprenti de signer un contrat en alternance avec deux employeurs saisonniers distincts.

Les fonctionnalités du Portail de l’alternance viennent également d’être améliorées, pour permettre à terme la dématérialisation des contrats.

Toutes ces mesures bénéficieront naturellement au monde agricole. Car, vous le savez mieux que quiconque, l’agriculture est un secteur qui recrute et qui a donc besoin de jeunes motivés, dévoués et formés.

Outre la formation des jeunes, il faut également renforcer la formation professionnelle des agriculteurs installés pour leur permettre de s’adapter aux exigences de demain.

Le monde agricole est un monde qui attire. Toutefois, les nouveaux agriculteurs ou ceux déjà en activité ne disposent pas toujours des outils nécessaires au développement de leur exploitation.

Ainsi, grâce à une formation sur l’acquisition ou l’amélioration des compétences, à une diffusion de connaissances et de références, à un accompagnement des exploitations agricoles, vous permettez à ces exploitants d’améliorer leur outil de travail et vous les aidez à progresser sur la voie de la professionnalisation.

Pour compléter vos initiatives, depuis 2007, un nouveau parcours de professionnalisation a été mis en place : le « plan de professionnalisation personnalisé ». il est obligatoire pour toutes les personnes de moins de 40 ans qui souhaitent s’installer sur une exploitation agricole. Ces personnes bénéficient ainsi, depuis juillet 2009, d’un parcours élaboré de façon plus personnalisée et d’un tutorat renforcé. Elles doivent notamment participer à des formations obligatoires qui vont leur donner les connaissances nécessaires pour concrétiser leur projet d’installation.

Pour les demandeurs d’emploi, je le rappelle, il y a le dispositif d’accès des demandeurs d’emploi aux métiers agricoles (ADEMA), qui permet de leur faire découvrir les métiers de l’agriculture, gr??ce à une formation financée par le Fonds national d’Assurance Formation des Salariés des Exploitations et entreprises Agricoles (FAFSEA, OPCA des salariés de l’agriculture).

D’ailleurs, les branches, telles que la Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles (FNSEA) ou l’Union Nationale des Entreprises du Paysage (UNEP), ne s’y sont pas trompées. Elles connaissent votre dévouement et ont choisi de s’engager davantage en matière de formation par alternance, lors de la journée de mobilisation des branches le 27 avril dernier.

Je tiens vraiment à vous remercier. Les professionnels de l’agriculture, comme vous, apportent aux jeunes tout leur savoir-faire, leur compétence et l’amour du métier agricole.

Le soutien au monde agricole est l’une des priorités du Gouvernement. C’est particulièrement vrai en matière d’apprentissage et de formation professionnelle.

C’est une priorité parce que préparer l’avenir de l’agriculture de notre pays, c’est d’abord préserver et transmettre les savoir-faire des exploitants agricoles et de leurs salariés.

Ensemble, nous devons faire preuve de détermination pour accompagner les français qui veulent se diriger vers le monde agricole. Nous devons également faire preuve de volontariste pour développer les parcours professionnels tout au long de la vie pour adapter le monde agricole aux exigences de demain, en matière d’environnement et d’aménagement du territoire par exemple.

Ce sont des enjeux vitaux pour l’économie de notre pays, pour celle de votre belle région qu’est la Guyane et pour la sécurité alimentaire de nos compatriotes.


Je vous remercie.


Source http://www.travail-emploi-sante.gouv.fr, le 16 novembre 2011

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