Extraits d'un entretien de M. Gérard Longuet, ministre de la défense et des anciens combattants, dans "Direct Matin" du 5 décembre 2011, sur le retrait des militaires français d'Afghanistan, la situation en Syrie et en Iran, les otages français au Sahel et sur la France dans l'OTAN. | vie-publique.fr | Discours publics

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Extraits d'un entretien de M. Gérard Longuet, ministre de la défense et des anciens combattants, dans "Direct Matin" du 5 décembre 2011, sur le retrait des militaires français d'Afghanistan, la situation en Syrie et en Iran, les otages français au Sahel et sur la France dans l'OTAN.

Personnalité, fonction : LONGUET Gérard.

FRANCE. Ministre de la défense et des anciens combattants

ti : Q - Le retrait total d’Afghanistan est prévu fin 2014. Pas avant ?

R - Après 200 légionnaires rentrés en septembre, 200 combattants retourneront en France dans la première quinzaine de ce mois-ci. Ces retours progressifs se poursuivront en 2012 pour atteindre un millier de combattants. Ce calendrier a été arrêté pour coller à celui de la montée en puissance de l’armée afghane et de son redéploiement sur le territoire. Ce «passage de relais» doit s’effectuer de façon responsable. Il doit permettre de s’assurer que les forces de sécurité afghanes sont bien en mesure de protéger leur population. D’où un retrait progressif qui prend du temps et qui s’inscrit dans le respect de nos engagements internationaux vis-à-vis de la coalition dont la France fait partie.

Q - En cas d’intervention internationale en Syrie, à quoi faudrait-il s’attendre ?

R - Le théâtre serait très différent de celui de la Libye car on serait dans un scénario de guerre civile urbaine. En Syrie, les lignes de partage sont complexes. Toutefois, si la décision est prise de protéger les populations, même si cela est difficile, on s’en donnerait les moyens. En attendant, une intervention française ne sera pas décidée unilatéralement. Dans le cas de la Syrie, la Russie et la Chine font obstacle au sein du Conseil de sécurité de l’ONU.

Q- La France a rappelé une partie de son ambassade en Iran. Va-t-on vers un conflit ouvert ?

R - Comme l’a dit le président, ce n’est pas à l’ordre du jour. Nous souhaitons agir par la pression politique et les sanctions. Des frappes aériennes seraient difficiles à conduire. Les sites sont nombreux, les risques de dommages collatéraux élevés. De plus, une agression extérieure ne ferait que ressouder l’opinion iranienne autour de la politique de Mahmoud Ahmadinejad.

Q - Quelles nouvelles avez-vous des otages français à l’étranger ?

R - Nous avons de bonnes raisons de penser que les otages enlevés en septembre 2010 au Niger sont vivants, même si leurs conditions de détention sont sûrement difficiles. La résolution de ces situations prend du temps et réclame de la discrétion, nous l’avons vu au cours des dernières années. Les fils de négociations se nouent et se dénouent, d’autant que c’est une partie du monde qui bouge beaucoup. Nous comptons aussi sur l’implication des gouvernements locaux, comme au Mali : ils sont maîtres chez eux et nous avons besoin d’eux pour avancer. Quant à l’otage retenu en Somalie, c’est une longue affaire et elle n’est pas terminée. Notre priorité est le retour de nos otages le plus tôt possible.

Q - La France dans le commandement militaire intégré de l’Otan : quels avantages la France en a-t-elle retirés ?

R - Des avantages considérables. Par la participation à l’élaboration des décisions, la France fait valoir ses positions : la nécessité d’une légitimité internationale pour agir en appui d’aspirations démocratiques. La réintégration dans la structure de commandement a donc permis à la France de renforcer sa souveraineté, car elle s’adaptait auparavant à des décisions prises sans elle. Et je le dis avec fierté : depuis l’affaire libyenne, les États-Unis parlent les premiers à l’Otan, mais c’est ensuite la France que l’on consulte.

(…).


source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 6 décembre 2011

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