Interview de Mme Marie-Anne Montchamp, secrétaire d'Etat aux solidarités et à la cohésion sociale à France-Inter le 13 décembre 2011, sur l'élection présidentielle 2012, l'UMP et la candidature de Dominique de Villepin. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de Mme Marie-Anne Montchamp, secrétaire d'Etat aux solidarités et à la cohésion sociale à France-Inter le 13 décembre 2011, sur l'élection présidentielle 2012, l'UMP et la candidature de Dominique de Villepin.

Personnalité, fonction : MONTCHAMP Marie-Anne.

FRANCE. Secrétaire d'Etat aux solidarités et à la cohésion sociale

ti :
 
 
 
PASCALE CLARK Bonjour Marie-Anne MONTCHAMP ?
 
MARIE-ANNE MONTCHAMP Bonjour.
 
PASCALE CLARK Pourquoi Dominique de VILLEPIN est-il candidat à la présidentielle, vous qui le connaissez bien ?
 
MARIE-ANNE MONTCHAMP Eh bien écoutez, c'est un peu sa façon de décider parfois sans prévenir, il l’avait fait tout récemment quand il avait quitté la présidence de République solidaire et puis c'est un choix très personnel, c’est son histoire à lui.
 
PASCALE CLARK Pourquoi y va-t-il après tout ?
 
MARIE-ANNE MONTCHAMP Eh bien parce que, il l’a dit lui même, il a l’intention de faire entendre un témoignage très précis sur sa perception de la difficulté que vit notre pays aujourd'hui et ça c’est tout à fait respectable et légitime. Après il y a les contingences d’une campagne électorale, c’est lourd, c’est difficile, le mouvement qu’il présidait naguère est un mouvement qui est tout jeune, avec peu d’adhérents, bref beaucoup de vicissitudes.
 
PASCALE CLARK République solidaire dont vous avez été la porte-parole.
 
MARIE-ANNE MONTCHAMP J’ai été la porte-parole de Dominique de VILLEPIN à République solidaire en effet et j’ai fait le choix de franchir le pas et du rassemblement à un moment où il me semblait que pour notre pays, il était temps de se rassembler et pas simplement de commenter l’actualité.
 
PASCALE CLARK Vous pensez que dans la candidature VILLEPIN, il y a encore l’idée d’en découdre avec Nicolas SARKOZY, de faire preuve de nuisance ?
 
MARIE-ANNE MONTCHAMP Ecoutez Dominique de VILLEPIN affirme le contraire, on lui en donne acte. PASCALE CLARK Non, mais vous, vous pensez quoi ?
 
MARIE-ANNE MONTCHAMP Ca n’aurait aucun sens. Non, je pense que toutes ces difficultés là, toutes ces vicissitudes sont maintenant derrière nous. Il a été consulté sur des choses extrêmement importantes, c’était lors des révolutions des pays arabes, et sa voix pèse, sa voix compte, il a des choses à dire sur ces sujets.
 
PASCALE CLARK Sauf que l’Elysée ne lui a rien confié, alors voilà il faut bien qu’il ait un rôle.
 
MARIE-ANNE MONTCHAMP Mais vous savez, Dominique de VILLEPIN n’est pas une personnalité politique qui puisse comme il le dit lui même se satisfaire d’une négociation de comptoir ou de discuter et je le cite le bout de gras, avec un interlocuteur pour savoir comment se caser ou se recaser dans la vie politique, il a des choses à dire. Simplement j’observe que parce qu’il n’est pas de gauche, ça se saurait, parce qu’il n’est pas de la droite extrême, ça le révulse, parce que ce n’est rien d’un centriste, Dominique de VILLEPIN, sa place naturellement est dans la famille majoritaire et il me semble que sa voix porterait plus fort, plus clairement s’il rejoignait la majorité présidentielle.
 
PASCALE CLARK Oui rejoindre la majorité présidentielle, rejoindre un candidat qui n’est pas déclaré, ce n’est pas évident non plus.
 
MARIE-ANNE MONTCHAMP Vous savez, on peut évidemment conjecturer que peut-être le président de la République ne se représentera pas, la décision lui appartient.
 
PASCALE CLARK Conjecturer…
 
MARIE-ANNE MONTCHAMP Malgré tout je pense qu’aujourd'hui compte tenu des enjeux pour notre pays, cette candidature se profile et je dois dire que je m’en réjouis.
 
PASCALE CLARK A moins que VILLEPIN ne soit un sous marin à l’Elysée pour gêner la candidature BAYROU, on entendait le reportage de Stéphane LENEUF ce matin.
 
MARIE-ANNE MONTCHAMP Oui, je trouve que là les hypothèses sont en train de chauffer dans les cerveaux, je comprends que François BAYROU s’inquiète de cette candidature qui en effet, va sans doute, à la marge mordre sur l’électorat qu’il vise, lui qui parle d’union, de pacte, lui qui se veut au dessus des partis politiques. C’est vrai que c’est assez bien vu et en effet on peut imaginer qu’une partie de l’électorat de François BAYROU soit plus séduite par la prestance de Dominique de VILLEPIN, c’est peut-être un risque en effet.
 
PASCALE CLARK Vous êtes toujours en contact avec Dominique de VILLEPIN depuis que vous avez rallié le gouvernement SARKOZY, vous vous parlez ?
 
MARIE-ANNE MONTCHAMP Je continue de porter les idées d’une République des solidarités parce qu’à dire vrai, elle n’est pas simplement …
 
PASCALE CLARK Mais vous vous parlez avec Dominique de VILLEPIN ?
 
MARIE-ANNE MONTCHAMP Non, parce que la décision que j’ai prise, est une décision qui a été difficile, ce n’est pas si simple, mais je parle avec mes amis de République solidaire avec qui j’ai beaucoup de contacts et pour lesquels j’ai beaucoup d’affections, parce que nous partageons tout simplement les mêmes idées, le même engagement politique et moi au gouvernement je porte cette idée d’une République des solidarités.
 
PASCALE CLARK Vous le voyez aller jusqu’au bout, Dominique de VILLEPIN ?
 
MARIE-ANNE MONTCHAMP C’est une longue route, c’est difficile une campagne présidentielle.
 
PASCALE CLARK Donc oui, non ?
 
MARIE-ANNE MONTCHAMP Il en faut du temps. En tout cas pour ce qui me concerne, je continuerai d’incanter à l’union encore et toujours et je pense qu’il aura l’occasion, parce qu’il peut y avoir pleins d’événements qui se déroulent d’ici 2012, d’ici mai 2012, de rejoindre la majorité présidentielle.
 
PASCALE CLARK Ah vous le voyez rejoindre l’UMP comme si de rien n’était ?
 
MARIE-ANNE MONTCHAMP Peut-être pas comme si de rien n’était, regardez ce qui se passe et regardez les étapes qu’il faut pour que ce chemin se fasse, mais je pense que c’est le seul chemin qui vaille, à dire vrai. Quand on veut peser sur la vie politique de notre pays, les candidatures de témoignages, c’est souvent un peu court, en tout cas l’homme d’Etat qu’est Dominique de VILLEPIN ne pourrait s’en satisfaire totalement à dire vrai.
 
PASCALE CLARK Alors vous Marie-Anne MONTCHAMP, si vous avez accepté de revenir au gouvernement après l’avoir copieusement critiqué, est-ce que c’était aussi pour assurer vos arrières, c’est ce qu’on dit, parce que votre circonscription dans le Val de Marne a disparu après un redécoupage électoral ?
 
MARIE-ANNE MONTCHAMP C’est pratique pour troquer un engagement politique contre une circonscription, oui je vois bien le commentaire.
 
PASCALE CLARK Non, parce qu’on n’a pas très bien compris.
 
MARIE-ANNE MONTCHAMP Vous avez, je vais vous dire, quand je suis entrée au gouvernement…
 
PASCALE CLARK Vous étiez porte-parole…
 
MARIE-ANNE MONTCHAMP C’est très simple, quand je suis entrée au gouvernement, j’ai fait deux choix. D’abord le choix de dire stop aux risques des candidatures dissidentes à un moment où la situation pour notre pays est compliquée.
 
PASCALE CLARK C’était il y a un an déjà.
 
MARIE-ANNE MONTCHAMP Et quelque part…
 
PASCALE CLARK 15 novembre 2010.
 
MARIE-ANNE MONTCHAMP Oui mais vous savez la situation était difficile déjà à ce moment là et je n’ai pas fait le choix du candidat qui, à l’époque était le mieux placé dans les sondages, ça n’est pas un calcul, je me suis simplement rapprocher de ma famille politique parce que je ne voterai jamais pour une gauche dont je ne partage ni la doctrine, ni la vision des choses. Ca c’est le premier point. Et puis j’ai rejoint un périmètre ministériel où je porte la politique du handicap, sur laquelle je me suis toujours engagée, la politique des solidarités, et quelque part j’ai le sentiment d’être utile au moins pour mes compatriotes. Quand je soutiens, comme c’est le cas aujourd'hui, l’augmentation de l’allocation adulte handicapé, quand avec le plan de rigueur et le plan de retour à l’équilibre, eh bien je veille avec mes collègues du gouvernement à ce que plan là n’affecte pas le niveau de vie des plus fragiles.
 
PASCALE CLARK Pour terminer une réaction à une info France Inter ce matin, info de Corinne AUDOUIN, une discrimination contre les handicapés dans les agences immobilières FONCIA, le défenseur des droits est saisi, FONCIA s’engage à modifier ses procédures, autre réaction, non les handicapés ne sont pas intouchables, rapidement ?
 
MARIE-ANNE MONTCHAMP Ecoutez, le Défenseur des droits a parfaitement agi et réagi et d’ailleurs je me félicite que cette institution, somme toute assez récente de notre République, fonctionne aussi bien. Il y a en effet suspicion de discrimination, tout simplement parce que, comme on ne peut pas saisir l’allocation adulte handicapé, cette agence a fait le choix de ses protéger. C’est très intéressant et très efficace cette saisine du Défenseur des droits, l’agence FONCIA, d’après ce que j’ai lu, va réfléchir à sa politique et sans doute changer de pratiques, ce sera une excellente chose.
 
PASCALE CLARK Marie-Anne MONTCHAMP, merci, bonne journée.
 
Source : Premier ministre, Service d’Information du Gouvernement, le 20 décembre 2011

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