Interview de M. Thierry Mariani, secrétaire d'Etat chargé des transports, à RMC le 20 décembre 2011, sur le mouvement de grève des agents de sûreté dans les aéroports. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Thierry Mariani, secrétaire d'Etat chargé des transports, à RMC le 20 décembre 2011, sur le mouvement de grève des agents de sûreté dans les aéroports.

Personnalité, fonction : MARIANI Thierry, BOURDIN Jean-Jacques.

FRANCE. Ministre des transports;

ti : JEAN-JACQUES BOURDIN Nous sommes avec Thierry MARIANI, bonjour.
 
THIERRY MARIANI Bonjour.
 
JEAN-JACQUES BOURDIN Ministre des Transports. Alors la situation, comment la regardez-vous, comment la voyez-vous ce matin ?
 
THIERRY MARIANI Ecoutez, je vois une situation qui effectivement est bloquée depuis plusieurs jours avec des retards qui se multiplient mais, les départs sont quand même assurés sur la majorité des aéroports et puis des annulations notamment à Lyon. De toute façon je vois surtout une situation qui devient impossible à supporter pour les passagers, qui devient une situation à répétition, où chaque départ en vacances, on a une profession du transport aérien qui décide soit de déposer un préavis, soit d’aller jusqu’au bout de ce préavis. On l’a vu par exemple aux dernières vacances de la Toussaint.
 
JEAN-JACQUES BOURDIN Ce préavis a été déposé quand ?
 
THIERRY MARIANI Ce préavis a été déposé deux jours avant le week-end dernier, mais vous savez en réalité un préavis dans la loi actuelle, on ne sait absolument pas qui viendra travailler à la dernière minute. Vous savez qu’il y a une proposition de loi du député Eric DIARD, qui dit quoi ? Qui dit simplement que le droit de grève est bien sûr maintenu pour tous, il est sacré, il est constitutionnel, il est garanti, simplement qu’on devra déposer un préavis individuel. Vous savez concrètement quand vous êtes le chef des opérations à AIR FRANCE, aujourd'hui vous ne savez pas si vous avez 10 personnes, 20 personnes ou 100 personnes qui viennent travailler, le fait de déposer un préavis individuel pour toutes les professions qui sont concernées par le transport aérien, ça permettra d’avoir un service garanti parce qu’on saura exactement combien de personnes travailleront et on saura exactement quel service pourra être assuré.
 
JEAN-JACQUES BOURDIN A vos yeux qui sont les responsables de cette situation Thierry MARIANI ?
 
THIERRY MARIANI Ecoutez à mes yeux, c’est surtout une sorte de climat en France, où d’abord on fait grève et on négocie après, je crois que le projet de loi d’Eric DIARD d’abord, dit on doit déposer un préavis, obliger l’ouverture de négociations et après s’il n’y a pas eu de solution faire grève et quand je dis ça, je dis très clairement, je pense que dans ce conflit les sociétés qui emploient les personnes qui font les contrôles au point d’inspection fouille n’ont visiblement pas été des modèles au niveau du dialogue social, puisqu’on attend toujours que ces négociations s’ouvrent. Donc, d’où le fait que le gouvernement a décidé de nommer deux médiateurs pour justement faciliter ces négociations, voilà mais je crois que, je le répète les trois derniers départs en vacances, on a eu exactement le même phénomène où les passagers, l’expression est usée, mais c’est la vérité, les passagers sont pris en otage, donc on ne peut plus continuer comme ça et je pense que la proposition d’Eric DIARD qui garantit le droit de grève, mais garantit aussi que les usagers soient informés, puissent savoir si oui ou non ils partiront en vacances, je pense aujourd'hui s’impose.
 
JEAN-JACQUES BOURDIN J’ai Laurent qui est dans le Nord, qui m’a écrit tout à l’heure et qui voulait vous poser une question, comment se fait-il qu’on ait retiré la mission de la sureté aérienne aux agents des douanes en 2003 ? Voilà cette décision nous conduit à la situation actuelle. Pourquoi est-ce que la sureté aérienne n’est pas confiée au public, Thierry MARIANI ?
 
THIERRY MARIANI D’abord je crois que la personne qui vous a posé la question, s’est un peu trompée.
 
JEAN-JACQUES BOURDIN Il est douanier.
 
THIERRY MARIANI Oui douanier, mais ce n’était pas les douaniers, c’était la PAF et la police, puisque la douane, la douane, ils contrôlent…
 
JEAN-JACQUES BOURDIN Oui, c'est vrai.
 
THIERRY MARIANI Donc c’était en réalité la police, mais votre question, c’est pourquoi on a privatisé cette mission, pour être très clair.
 
JEAN-JACQUES BOURDIN Voilà.
 
THIERRY MARIANI Parce que l’Etat tout simplement, c’est normal, doit se recentrer sur les missions de sécurité, plus importantes et les missions de sureté qui ne sont pas négligeables…
 
JEAN-JACQUES BOURDIN Mais attendez la sureté, ce n’est pas la sécurité aérienne ?
 
THIERRY MARIANI Si.
 
JEAN-JACQUES BOURDIN Si.
 
THIERRY MARIANI Pas négligeables, simplement on n’a peut-être pas besoin de faire deux années d’école de police pour faire ce travail, c’est un travail qui nécessite une formation. Cette formation doit être renforcée et je pense que le personnel qui est derrière les points d’inspection filtrage doit être un peu mieux considéré. Mais quand on est policier, quand on a par définition la formation pour porter une arme etc, c’est peut-être un peu disproportionné que de s’occuper de ce poste, ou en tout cas aussi, on avait peut-être besoin d’un peu plus de policiers dans d’autres zones.
 
Source : Premier ministre, Service d’Information du Gouvernement, le 20 décembre 2011

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