Déclaration de Mme Marie-Anne Montchamp, secrétaire d'Etat aux solidarités et à la cohésion sociale, sur l'accessibilité des personnes sourdes ou malentendantes aux événements culturels, Paris le 14 décembre 2011. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de Mme Marie-Anne Montchamp, secrétaire d'Etat aux solidarités et à la cohésion sociale, sur l'accessibilité des personnes sourdes ou malentendantes aux événements culturels, Paris le 14 décembre 2011.

Personnalité, fonction : MONTCHAMP Marie-Anne.

FRANCE. Secrétaire d'Etat aux solidarités et à la cohésion sociale

Circonstances : Lancement du mode d'emploi de l'accessibilité évènementielle à Paris le 14 décembre 2011

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Permettez-moi tout d’abord de vous remercier pour votre accueil, monsieur le président, monsieur le délégué général, et de vous dire combien je suis heureuse d’intervenir à l’occasion du lancement de votre mode d’emploi toutes les clés de l’accessibilité événementielle, ici à la gaité lyrique, ce centre culturel très contemporain, véritable opéra des arts numériques, qui nous accueille et dont je veux saluer l’administrateur général, Alain Herzog.

Je veux en premier lieu vous dire toute la considération que j’éprouve pour votre jeune et très dynamique association que j’ai eu à connaître dès ses premiers pas.

La loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, qui est l’honneur de ma vie publique, pose le socle de la politique du handicap en France. Elle fait de l’accessibilité un principe fondamental de la participation et de la citoyenneté des personnes handicapées. L’accessibilité, c’est en effet le droit commun et la condition même du vivre ensemble.

C’est tout à l’honneur d’Aditus d’en avoir fait son objet, par la promotion, la conception et le développement d’outils et de modèles d’accessibilité permettant aux personnes handicapées de participer pleinement à la vie sociale.

Je constate à vous voir si nombreux réunis aujourd’hui le beau succès de la démarche d’Aditus et les nombreuses énergies que fédère ce projet associatif visant à inventer l’accessibilité de demain, comme vous le dîtes vous-même!

Réussir un tel rassemblement autour de votre mode d’emploi, c’est déjà, je le disais, une belle réussite. C’est surtout l’aboutissement d’un important travail de concertation avec les associations représentatives des personnes handicapées, l’APF, l’UNAPEI, le CFPSAA, l’UNAFAM, l’UNISDA, dont je veux saluer ici les représentants. C’est aussi l’aboutissement d’un partenariat efficace avec des organisations aussi diverses que la Croix Rouge française, Sciences Po Paris, la MACIF, SFR, TF1, Thalès, la société générale… Que tous ici en soient remerciés.

Les clés de l’accessibilité événementielle que nous lançons aujourd’hui participent pleinement à la mise en œuvre de la loi du 11 février 2005.

En effet, le principe de l’accessibilité de tout pour tous à l’horizon 2015, c’est l’esprit et la lettre de la loi. La détermination du Président de la République et de son Gouvernement est inébranlable sur ce sujet. Nicolas Sarkozy l’a encore réaffirmé, lors de la Conférence nationale du handicap, le 8 juin dernier.

La volonté politique est là. La loi est claire.

Il reste à la faire vivre. Il faut, pour cela, que son esprit soit approprié par tous les acteurs de sa société civile. Aujourd’hui, cela demande d’abord que cet objectif soit compris. L’accessibilité ne doit pas être vue comme une simple démarche de mises aux normes, car cela donne naissance aux objections en tous genres, à une hiérarchisation des priorités qui laisse peu de chance à la grande démarche de la mise en accessibilité de la Cité.

Lorsque les acteurs travaillent ensemble à atteindre cet objectif prioritaire, ils parviennent souvent à trouver les solutions.

C’est précisément ce qui a été fait avec votre mode d’emploi les clés de l’accessibilité événementielle, qui pourra permettre à chacun de s’approprier une véritable stratégie d’accessibilité qui prenne en compte tous les handicaps en s’adressant aux organisateurs d’événements de toutes natures et de toutes dimensions : conférences, congrès, soirées d’entreprise, ateliers, réunions professionnelles, séminaires, événements culturels…

Trois niveaux d’exigence ont été dégagés, ce qui permettra aux organisateurs de trouver leur point d’équilibre sans abdiquer sur l’objectif de qualité et de confort d’usage pour tous.

J’ai pu moi-même constater la qualité de l’approche et la pertinence de la démarche de votre mode d’emploi au travers de 2 événements pilotes auxquels j’ai participé : la Conférence nationale du handicap, qui s’est tenue le 8 juin dernier, à Beaubourg, et, plus récemment, le 27 octobre, à la maison de la chimie à l’occasion du forum des entreprises de Sciences Po Paris.

Mesdames et messieurs les membres et partenaires d’Aditus, vous avez raison, votre approche est la bonne pour ce qui concerne l’accessibilité événementielle. Ces clés de l’accessibilité événementielle sont une ressource formidable de précision et de richesse pour les entreprises et les professionnels de la communication. Je les invite tous à emprunter le chemin de l’innovation, de l’intelligence, chemin que vous contribuez à tracer avec ce mode d’emploi.

L’accessibilité événementielle est une dimension importante des travaux d’aditus, mais ce n’est pas la seule. Je veux saluer la création d’un fonds de dotation, que Philippe Bas a accepté de présider, ouvrant au mécénat le financement des centres relais téléphoniques, pour lesquels l’établissement d’un cahier des charges est en cours par mes services. En concertation avec les opérateurs de téléphonie et les associations représentatives des personnes sourdes ou malentendantes, leur expérimentation est prévue en 2012, pour un montant de 3 millions d’euros.

Aux côtés de ces initiatives en matière d’accessibilité téléphonique, vous développez des projets visant à promouvoir l’accessibilité citoyenne.

A l’approche de l’élection présidentielle de 2012, vous êtes en passe de monter un média éphémère pour permettre à la fois à de jeunes sourds de s’initier aux métiers des médias, mais surtout pour que les personnes sourdes ou malentendantes puissent suivre en temps réel ce temps fort de notre vie démocratique.

En effet, la question de l’accessibilité à la campagne électorale et aux nombreux débats qui s’inscriront dans ce cadre est particulièrement déterminante.

Je l’évoquais au CSA lundi dernier, en présence de bon nombre d’entre vous, à l’occasion de la signature de la charte sur la qualité du sous-titrage des programmes télévisés, c’est essentiel : par l’attention portée désormais à la qualité du sous-titrage, nous ancrons collectivement la participation des personnes sourdes, devenues sourdes, malentendantes, aux échéances démocratiques qui font appel à la citoyenneté de chacun.

Cher Jérémie Boroy, vous avez diffusé un appel pour l’accessibilité des campagnes électorales, c’était dans le journal Libération du 18 novembre dernier. Cet appel, j’ai été parmi les premières à le signer.

Aux côtés des pouvoirs publics, qui œuvrent pour le bon déroulement de la campagne officielle et des opérations de vote, les partis politiques doivent également favoriser la citoyenneté de nos compatriotes handicapés.

Il est en effet de leur responsabilité de rendre le contenu de leurs travaux accessibles, de rendre leurs programmes accessibles, de rendre leur meetings accessibles. Cela suppose bien évidemment des aménagements pour tous les types de handicap, un accompagnement et des prestations effectuées par des professionnels qualifiés.

Mais nous le constatons aujourd’hui, aucun parti n’est exemplaire. C’est la raison pour laquelle, je l’ai annoncé hier à l’Assemblée nationale, je souhaite que le Conseil national consultatif des personnes handicapées, cher Patrick Gohet, puisse faire des préconisations à destination des partis politiques.

Et je suis très heureuse que les clés de l’accessibilité événementielle prennent en compte cette dimension citoyenne de la communication, en proposant des solutions et des outils pour rendre les réunions politiques accessibles à tous.

Ce n’est pas une question subsidiaire, c’est un enjeu démocratique, au cœur de notre pacte républicain. Nous le voyons bien, l’accessibilité si elle est bien comprise est l’expression du progrès social.

Mesdames et messieurs, vos réflexions, votre expérience, votre dynamisme sont un renfort précieux pour nous. C’est un encouragement pour ceux qui, comme moi, croient que les politiques ne peuvent pas uniquement venir d’en haut. Ce sont la vitalité de la société civile, ses initiatives, sa capacité à expérimenter et à adapter, qui doivent nourrir nos politiques publiques.

C’est le partenariat social entre les pouvoirs publics et les représentants de cette société civile qui trouvera les solutions pragmatiques et efficaces dont notre République a besoin.

Votre référentiel est pour moi une de ces solutions, et je tiens à féliciter chaleureusement chacun de ceux qui y ont contribué.

Alors sans plus attendre, faisons vivre ensemble ce mode d’emploi, ces clés de l’accessibilité événementielle, à qui je souhaite une longue vie.


Source http://www.aditus.fr, le 28 décembre 2011

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