Déclaration de M. Nicolas Sarkozy, Président de la République, sur les efforts en faveur de la pratique sportive au niveau professionnel et amateur, à Paris le 17 janvier 2011. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Nicolas Sarkozy, Président de la République, sur les efforts en faveur de la pratique sportive au niveau professionnel et amateur, à Paris le 17 janvier 2011.

Personnalité, fonction : SARKOZY Nicolas.

FRANCE. Président de la République

Circonstances : Voeux au monde sportif, à Paris le 17 janvier 2011

ti : Mesdames, Messieurs


En ce début d'année 2011, je suis particulièrement heureux de réunir ici à l'Elysée la famille du sport. C'est en effet toute votre famille que j'ai voulu rassembler aujourd'hui. Champions, entraîneurs, Présidents de fédération, DTN, responsables fédéraux, animateurs associatifs, bénévoles.

Vous savez que votre passion du sport, je la partage, elle fait partie de mon quotidien. Et j'ai voulu, lors du dernier remaniement que votre ministère, le ministère des sports devienne un ministère de plein exercice. Le sport est fondamental pour notre société, il doit se traduire par un ministère de plein exercice. Et avec Chantal JOUANNO, vous avez la meilleure des interlocutrices : sportive, championne, elle a tout pour comprendre parfaitement les enjeux de votre univers.

Pourquoi le sport est-il si important pour un pays et, au final, pour nous tous ? Parce qu'il n'y a que le sport qui peut nous aider à répondre à des défis contemporains extraordinairement difficiles : le lien social, la transmission des valeurs -- j'y reviendrai -, l'impératif de la santé qui coûte tellement cher et qui coûterait tellement moins cher si chacun faisait un peu de sport. Et de surcroît, le sport est l'un des rares domaines où l'égalité des chances et la notion de mérite sont des réalités très concrètes.

Je félicite encore une fois nos 11 médaillés de Vancouver, Jeux au cours desquels les Français ont pu redécouvrir la magie des sports d'hiver. Mais si on a eu un bel hiver, on a eu un été fantastique.

Avec deux sports olympiques majeurs. Nos nageurs, qui ont quand même remporté 23 médailles lors des championnats d'Europe. C'est simple, il n'y a pas eu une journée sans un podium.

Je pense aussi à l'équipe de France d'Athlétisme qui a été exceptionnelle que j'ai eu la joie de recevoir. Vous ne m'en voudrez pas de faire un clin d'oeil aux 6 victoires d'étapes tricolores dans le Tour de France ! Parce que si je n'aide pas le cyclisme moi, qui va l'aider ? Ce sont des gens qui souffrent, c'est un beau sport qui a beaucoup de difficultés, il n'y a aucune raison de ne pas les soutenir. Mais je pense à toutes les joies que nous avons eues, hier encore avec le patinage, c'est une victoire historique. Le premier champion du monde français de gymnastique depuis 1913, excusez du peu. Le judo qui nous a donné à la fois chez les femmes et chez les hommes des joies merveilleuses. Enfin bref, chacun a fait son travail et je voudrais dire de ce point de vue que j'aimerais qu'il y ait la même mobilisation pour résoudre les problèmes du sport, que celle qui existe pour se réjouir des succès des sportifs. Je vais y venir. Permettez moi pour terminer sur les félicitations qui sont sincères, vous savez avec quelle passion je suis vos exploits, d'étendre ces félicitations aux entraîneurs, aux directeurs sportifs et aux directeurs techniques, parce que l'entraineur il est présent aussi dans les mauvais jours, il est présent quand il pleut, quand il fait froid, qu'il faut aller à l'entrainement, il est présent quand il y a une blessure, il est présent quand il faut tout recommencer et il a une part de vos médailles et de vos succès.

Alors venons-en au fond des choses, je souhaite que la France soit ce pays d'accueil des plus grandes compétitions internationales et moi je n'oppose pas le sport d'élite et le sport de masse, parce que s'il n'y a pas d'élite le recrutement de vos fédérations se tarira. Et il faut vraiment ne rien connaître au sport pour opposer les deux. Quand on a des victoires en athlétisme on engrange des licenciés en athlétisme.

Et pareil pour tous les sports. Et je pense que les évènements internationaux c'est quelque chose qui peut soutenir la croissance de notre pays et qui peut habituer notre pays à l'excellence. L'excellence n'est pas contraire à l'égalité, la véritable égalité c'est de tirer tout le monde vers le haut niveau et vers l'excellence, ce n'est pas de ramener tout le monde vers le nivellement. C'est quelque chose que je porte profondément en moi, l'excellence, la compétition, le goût du dépassement, ce n'est pas contraire à l'égalité, c'est au contraire cela l'égalité, tirer tout le monde vers le haut plutôt que de ramener tout le monde vers le bas. Vous les sportifs vous portez cela en vous, vous n'avez pas besoin que l'on vous l'explique, c'est votre vie et c'est votre quotidien. Et notre pays a besoin de cela, j'ose le mot, notre pays a besoin d'excellence, l'excellence ce n'est pas une faute, c'est une vertu, gagner ce n'est pas un hasard, ce n'est pas un défaut, on l'a mérité. La victoire il faut l'aimer, il ne faut pas la détester, le dépassement de soi c'est quelque chose qui compte et qui rend heureux. Le travail à l'entrainement, ingrat souvent, c'est un plaisir, parce que l'on sait qu'au bout il y a la récompense et vous portez cela en vous.

Et j'ai voulu mettre en place une politique d'accueil des grandes compétitions. J'étais avec la famille du football à Genève pour gagner l'Euro 2016 et je crois que c'est extrêmement important.

J'étais heureux que la France obtienne l'organisation des Championnats d'Europe de basket féminin pour 2013. J'aiderai pour la Ryder Cup de golf, pour le Mondial de Handball masculin de 2015 et bien sûr pour les Jeux Olympiques d'hiver à Annecy. Certains expliquent : « c'est difficile donc il faut renoncer ». Quelle curieuse façon de faire ! Ce n'est pas quand les gens sont dans la difficulté que moi j'ai envie de les lâcher. J'ai, au contraire, envie de les aider et je voudrais qu'on continue à être un pays qui accueille les grandes compétitions sportives.

Pour la préparation de l'Euro 2016, j'ai pris des engagements auprès du football d'investir 150 millions d'euros pour la rénovation de 12 stades, c'est important et naturellement nous tiendrons notre promesse. Mais je souhaite qu'on réfléchisse, avec la famille du football, à un modèle économique où le stade serait à la fois le lieu des grandes compétitions internationales, de compétitions nationales mais également un lieu de vie, un lieu de travail. Je voudrais que dans les stades, il se passe quelque chose toute l'année et pas simplement les soirées de gala. Je voudrais dire que la définition d'un nouveau modèle économique et la beauté du sport, ce n'est pas antinomique. Si on veut des stades modernes, ils doivent être des lieux de vie. Si on veut que les gens aiment le sport, ils doivent pouvoir se réapproprier pour eux-mêmes et leur famille les stades. Et combien je soutiens l'action de la ligue et la fédération et les dirigeants de clubs, je pense notamment au PSG, pour qu'on ait la paix dans les stades et qu'on ne soit plus empoisonnés par des gens qui n'ont rien à y faire parce que le stade ne doit pas être un lieu de violence, jamais. Et si on n'a pas compris ça, on n'a rien à faire dans un stade. Et je pense depuis bien longtemps, moi qui ai fréquenté les stades depuis très longtemps, qu'il vaut mieux des tribunes à moitié pleines que des tribunes mal remplies. Je pense cela profondément. Et on va gagner, mais il faut qu'on définisse un nouveau modèle économique

Je voudrais également souligner combien il est important que la voix du sport français pèse dans le monde. On a quelques personnalités, je pense à Jean-Claude KILLY et Guy DRUT, je pense à Bernard LAPASSET, je pense à Jean TODT, je pense à Yves MAININI ou à Michel PLATINI. Il faut que nos dirigeants du sport français n'aient pas de complexes à aller sur l'Europe et sur l'international pour défendre nos valeurs. Dans certains sports, vous me dites souvent : « oui, mais les conditions ne sont pas équitables, faisons évoluer la réglementation ». Mais pour cela, on a besoin qu'il y ait des Français qui prennent des responsabilités et qui défendent les valeurs qui sont les nôtres.

Je voudrais également dire combien j'ai été heureux d'avoir les Championnats du monde d'Escrime au Grand Palais, les Championnats du monde de badminton, une première en France. Et j'irai en Nouvelle-Calédonie pour les Jeux du Pacifique et nous aurons aussi les championnats du monde d'haltérophilie, de Judo et de Gymnastique.

Alors nous souffrons d'un manque de grands équipements. Et c'est fantastique parce qu'il y a eu un effort considérable et nécessaire d'équipement de proximité et dans le même temps, il y a des sports majeurs en matière olympique qui n'ont pas leur lieu. Alors, je suis heureux qu'enfin, le vélodrome de Saint-Quentin en Yvelines - je voudrais d'ailleurs, je le dis à Chantal, y aller, moi -- avec 5000 places, parce que franchement, nous à l'époque, quand on était jeunes, on avait la Cipale, qui est toujours en activité d'ailleurs, bon, mais enfin, une piste en ciment, je n'ai rien contre, au contraire, c'est fantastique. On a eu beaucoup d'espérance avec Bercy, mais enfin il n'y a même plus le Vel d'hiv, enfin les six jours qui ont été arrêtés parce que le modèle économique n'y allait pas. Donc je suis très heureux que vous ayez enfin à Saint-Quentin-en-Yvelines, un centre digne de ce nom. Il nous manque un grand centre aquatique pour les compétitions internationales. C'est profondément incompréhensible. Et je ne peux pas, dans le même discours, dire : « ah c'était bien, on était fiers, nous, les Français, d'avoir cette équipe de France de natation formidable », mais, en même temps, il n'y a pas de bassin pour organiser une compétition internationale. On leur avait promis, au moment où il y a eu la candidature de Paris pour les Jeux Olympiques. Il faut toujours tenir ses promesses ! Donc moi je vous demande de voir avec votre ministre, à trouver le meilleur emplacement possible et je vais m'engager pour que cet équipement voit le jour et qu'on mobilise les moyens nécessaires, je pense au Centre National pour le Développement du Sport (CNDS), une quinzaine de millions d'euros pour aider à réaliser cet équipement sportif dont on a besoin. Alors après, où doit-il être ? C'est à vous de le déterminer avec votre ministre, ce n'est pas à moi. Mais il le faut. Ce n'est pas possible, ou alors, c'est désespérant vis-à-vis des athlètes qui ont fait tant d'efforts pour que la natation française redevienne ce qu'elle avait été.

Sur les équipements de proximité, je voudrais vous dire également que j'ai veillé, dans la réforme des collectivités territoriales, à ce que les collectivités locales puissent continuer à financer le sport, donc ce qu'on vous a dit, c'était faux. C'est d'accord ? Et il y a suffisamment de problèmes pour ne pas en créer de faux. Mais je voudrais aller un peu plus loin et parler des athlètes et pas simplement des équipements.

Un athlète qui gagne, qui porte le maillot de l'équipe de France, il sert son pays. Et s'il y en a qui ne le comprennent pas, ils ne comprennent rien à ce que représente une équipe nationale, quel que soit le sport. Quand on porte le maillot de son club, on sert son club, c'est magnifique et, derrière la région, le terroir. Quand on porte le maillot national, on sert son pays. Ça ne veut pas dire que l'on sert un politique ou la politique, on sert quelque chose de plus grand que soi, son pays, sa nation, des gens sont morts pour que le pays reste libre, des générations et des générations ont sacrifié des sueurs, larmes, bonheur parfois pour construire un pays. C'est ça le maillot national, ce n'est pas un maillot comme les autres. Moi qui suis supporter de tant d'équipes, ce n'est pas un maillot comme les autres ! Et quand les Français regardent l'équipe nationale, quel que soit le domaine, ils se passionnent pour un sport même qui peut ne pas les passionner. Est-ce que je me fais comprendre ?

Il n'y a pas besoin d'être un passionné de rugby, un passionné de football, un passionné de hand, un passionné de volley, un passionné de natation, un passionné de judo. On regarde d'abord l'équipe nationale. C'est une fierté. Et si on ne comprend pas cela, on n'a pas sa place en équipe nationale. On ne vous en fait pas le reproche, mais on n'a pas sa place en équipe nationale.

J'ai vu tous les débats, l'hymne, pas l'hymne...Quand vous gagnez, quand vous êtes sur le podium et que les 3 couleurs sont hissées, c'est une émotion qui va au-delà de la satisfaction personnelle. Et quand l'hymne retentit, c'est tout un pays qui est derrière vous. C'est respectable et ça doit être respecté. Profondément respecté, sinon on ne comprend rien à la logique de l'équipe nationale. Mais disant cela, je dois être cohérent moi-même. On ne peut pas dire un jeune sportif, quand il porte le maillot national, il sert son pays et ne tenir aucun compte dans sa carrière des années que ce jeune sportif a passées à servir. Ca ne peut pas être : vous donnez tout, on ne donne rien. Et donc clairement, je vais m'engager devant vous à ce que les sportifs amateurs inscrits sur les listes de haut niveau puissent valoriser ces années au service de la France dans le calcul de leurs droits à la retraite. Je pense que c'est juste et simplement cohérent.

Alors bien sûr il y a ..., vous savez, je dis ça parce que bien sûr j'ai un discours, je sais ce qu'il y a dans mon discours, et je pense ce qu'il y a dans mon discours surtout, ce n'est pas quelque chose que je découvre. Je crois qu'il faut être cohérent avec ça. Bien sûr il y a des sports où il y a plus de moyens que d'autres. Chacun le connaît parce qu'il y a des impératifs économiques, parce qu'il y a la télévision. Là il n'y a pas de problème. Ils sont payés, bien payés. Chacun peut juger, c'est son avis si parfois trop ou pas mais ils cotisent et ils peuvent organiser leur retraite. Mais la réalité du sport de haute compétition, c'est qu'il y a beaucoup plus de sport et de sportifs de haut niveau, qui n'ont pas cette chance. La réalité, le grand public voit quelques exemples mais la réalité n'est pas là. La réalité c'est que ce sont des jeunes, jeunes hommes, jeunes femmes, qui passent 10 ans, 15 ans...

Pour les plus chanceux on leur trouve un emploi dans une de nos administrations, c'est très bien, je l'ai beaucoup fait moi-même et je connais quantité de douaniers qui ne vont pas à la douane, de gendarmes qui ne vont pas à la gendarmerie mais... Je ne m'en plains pas d'ailleurs. Je ne vois pas pourquoi je m'engage là-dedans mais vous voyez ...Tant mieux si après en plus ça vous plaît, tant mieux. Mais les 10 ans ou 15 ans où vous avez mis entre parenthèses votre carrière professionnelle future. Parce que comme le dit Alain SOUCHON, votre petite mort, elle arrive à la fin de votre carrière sportive.

Ces années-là, elles sont valorisées par qui ? Qui en tient compte ? Parce qu'un jour vous serez à la retraite. Ce jour là, on vous dira : « dommage, votre retraite est toute petite parce que vous avez 10 ou 15 ans de cotisations de moins que les autres ! J'étais en équipe de France ! »

Ce problème nous allons le régler avant la fin de l'année. Je m'y engage.

Certains appelleront cela un « statut », je ne suis pas enthousiaste du mot. Je pense que cela concerne 2 500 à 3 000 athlètes de haut niveau. Ce sont des sommes qui sont parfaitement assimilables par l'Etat. Je souhaite que l'Etat assume directement auprès de la Sécurité Sociale les cotisations correspondantes. Ce sera notre façon de vous remercier pour ce que vous faites au service du pays. La Ministre va dès la semaine prochaine prendre contact avec vous. Ce n'est pas à moi de définir le détail du système mais le système sera le suivant : on prendra en charge, c'est normal, vous servez l'Etat, l'Etat vous remerciera pour cet engagement.

On aura d'autres grands chantiers à poursuivre cette année. Je voudrais que Chantal JOUANNO s'en occupe avec vous : le sport en entreprise, extrêmement important. J'aimerai tellement convaincre les chefs d'entreprises qu'avoir des salariés qui peuvent faire du sport, ce n'est pas du temps perdu mais au contraire c'est de la qualité au travail. Je pense que c'est une erreur de n'avoir comme seule ambition que de réduire le temps de travail. J'aimerai tellement qu'au lieu de parler du travail en termes de quantité, on en parle en termes de qualité. Parce que même 35 heures, si on est malheureux dans son travail, c'est très long. Et plus, si on est heureux dans son travail, c'est très court. Le sport dans l'entreprise, ça peut aider à la qualité de la vie dans le travail.

Et je voudrais surtout que la Ministre se préoccupe avec Valérie PECRESSE des universités. Nous avons mobilisé des moyens considérables pour nos universités à la fois pour qu'elles soient autonomes, pour qu'elles aient des campus, pour qu'elles refassent leurs équipements. Je voudrais que les universités créent des filières sportives - je vais employer un gros mot - sur le modèle américain. Je ne suis pas fasciné par le modèle américain dans son ensemble, mais quand on voit le sport et les installations sportives dans les universités américaines, on se demande vraiment pourquoi nous, en Europe, en France, on n'aurait pas des universités avec des filières sportives ? Pourquoi ? Quelle est la raison ? Parce qu'on a renoncé ? Parce qu'il faut choisir entre faire des études et faire du sport ? Ca n'a pas de sens ! Et donc je voudrais vraiment qu'avec les dirigeants du mouvement sportif, votre ministre puisse développer de véritables filières sportives et je veillerai dans le plan Campus à ce que l'on ait les équipements sportifs et des équipements dont vous puissiez vous servir.

Je continuerai d'être attentif à ce que l'on applique les nouveaux principes à nos propres fédérations sportives. Les Etats généraux du football français finalement cela s'est plutôt bien passé que n'ai-je entendu sur le sujet. On est passé d'un excès d'amour à un excès de détestation, on brûle instantanément ce que l'on a adoré. Il y a manifestement un problème de renouvellement de la gouvernance surtout dans des sports à impact économique fort mais je continuerai à vous aider afin que l'on puisse au maximum valoriser le travail de la Fédération. Je pense également à quelque chose qui me semble essentiel et c'est mon travail de chef d'Etat de vous rappeler, à vous sportifs qu'il y a des millions de gens qui vous regardent dans une compétition sportive. Ce n'est pas rien. Vous avez une responsabilité, vous êtes des exemples, vous êtes des modèles et un sportif qui se comporte mal il n'y a pas que lui qu'il met en cause, c'est toute la chaîne du sport qui est mise en cause. C'est des éducateurs qui ne peuvent plus tenir les jeunes le dimanche sur le terrain. C'est pour cela qu'il faut me semble-t-il que nous ayons collectivement le courage de dire que quand il y a des comportements inacceptables, on ne doit pas les accepter. Il ne s'agit pas d'accabler qui que ce soit, faire des erreurs cela peut arriver à tout le monde mais cela a un impact tellement lourd sur ce que vous faites et sur le travail extraordinaire de ces milliers et de ces milliers de bénévoles, que l'on ne peut pas accepter des dérapages. Je vous le dis parce que je le pense profondément. Le sport, ce n'est pas que l'argent, ce n'est pas que les droits TV, c'est des bénévoles, c'est des stades où il y a 50 spectateurs ou parfois il n'y en a pas du tout et cela compte. Ils doivent être reconnus dans la conception que nous avons du sport français.

J'espère que vous avez compris que pour moi -- je n'aurai pas tout à fait réussi ma carrière politique, j'ai rêvé d'être ministre des Sports - décidément je crains que cela ne se réalise pas en tous cas à brève échéance mais je voudrais que vous compreniez que je serai très à votre écoute parce que j'ai conscience de l'importance de ce que vous représentez et des défis auxquels vous êtes confrontés.

Je voudrais dire deux mots en terminant pour saluer tout particulièrement les athlètes du handisport parce que vous, non seulement vous êtes un exemple comme tout sportif mais en plus vous avez dû surmonter des épreuves qui peuvent arriver à tout le monde et j'aimerais là aussi convaincre que le handicap, hélas ça peut frapper n'importe quelle famille, à n'importe quel moment et à n'importe quel âge. Quand vous voyez une personne qui a un handicap, la seule bonne réaction c'est de se dire, cela pourrait être moi, cela pourrait être mes enfants et cela peut parfaitement m'arriver après. Je trouve que la médiatisation sur le handisport est la meilleure chose qui peut arriver parce que cela donne une belle leçon. Dans notre pays, on a tous tendance à se plaindre, c'est un bel exemple et cela doit être pour nous une priorité.

Monsieur le Président du CNOSF, je n'oublie pas que 2012, ce n'est pas que ce que l'on croit, pour moi, c'est les Jeux Olympiques de Londres. Tout le monde me parle de 2012. Je me dis, je n'ai jamais cru qu'il y aurait autant de gens passionnés par les jeux olympiques. Je ne vous dirai pas que j'espère être aux Jeux Olympiques de Londres, comme j'étais aux Jeux Olympiques de Pékin. Je voudrais vous dire une chose très simplement. Le sport c'est beaucoup plus important que la seule politique. J'avais entendu certains qui demandaient de boycotter les Jeux Olympiques mais on ne boycotte pas un quart de l'humanité et on ne boycotte pas le sport. Vous les sportifs qui êtes allés à Pékin, vous avez participé à des Jeux qui étaient magnifiques, exceptionnels et vous avez contribué à ouvrir un continent, le sport. De la même façon j'ai vu qu'il y avait une polémique sur l'attribution des prochains évènements du football. Je ne comprends pas ceux qui disent que les évènements doivent toujours être dans les mêmes pays, sur les mêmes continents. Le sport est universel, le sport n'appartient pas à quelques pays, le sport c'est le monde, c'est l'Asie, c'est les pays arabes et par le sport on va ouvrir le monde et on va lui donner une dimension vraiment universelle. Bien sûr dans cette année de préparation olympique, on essaiera de vous donner tous les moyens pour que vous nous fassiez des Jeux Olympiques aussi magnifiques pour les équipes de France et mieux si affinités à Londres que ce ne fut le cas à Pékin.

Voilà Mesdames et Messieurs. J'espère que vous avez compris que pour moi, c'était un moment très heureux que celui qui me permettait de retrouver la famille du sport. Je vais dans quelques instants partir dans le Nord pour participer aux obsèques de nos deux jeunes compatriotes qui ont été assassinés de façon si sauvage et si barbare. Mon devoir est d'être à leur enterrement mais je voudrais vous dire combien j'étais heureux pour moi de vous avoir avant comme occasion de présenter mes voeux au monde du sport. Au fond, ces deux évènements, le plus extrême du drame avec les décès de nos deux jeunes qui ne demandaient qu'à vivre et la joie de vous voir, vous le monde sportif qui êtes l'incarnation de la vie. C'est le quotidien d'un chef de l'Etat mais il y a une liaison entre les deux. C'est mon devoir d'être aux côtés des familles qui pleurent des enfants mais c'est mon devoir d'être aux côtés de ceux qui donnent tant de bonheur à nos compatriotes.


Bonne année.

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