Déclaration de M. Nicolas Sarkozy, Président de la République, sur les 14e Jeux du Pacifique organisés en Nouvelle-Calédonie, à Nouméa le 27 août 2011. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Nicolas Sarkozy, Président de la République, sur les 14e Jeux du Pacifique organisés en Nouvelle-Calédonie, à Nouméa le 27 août 2011.

Personnalité, fonction : SARKOZY Nicolas.

FRANCE. Président de la République

Circonstances : Ouverture des 14e Jeux du Pacifique, à Nouméa (Nouvelle-Calédonie) le 27 août 2011

ti : Mesdames et messieurs les chefs d'Etat et de Gouvernement,
Mesdames et messieurs les Ministres,
Monsieur le Président du Conseil des Jeux,
Madame la Présidente du Comité d'organisation,
Mesdames et messieurs les sportifs,
Mesdames et Messieurs,


Depuis six ans, depuis ce 31 juillet 2005 où les jeux lui ont été attribués, la Nouvelle-Calédonie se prépare aux jeux du Pacifique, qui vont débuter dans quelques minutes.

Depuis six ans, la Nouvelle-Calédonie met tout en œuvre pour être au rendez-vous de ces « jeux olympiques » du Pacifique.

Depuis six ans, la Nouvelle-Calédonie mobilise toutes ses ressources, toutes ses compétences, tous ses savoir-faire pour être à la hauteur de cet événement majeur.

Je souhaite saluer tout particulièrement le travail patient, résolu, efficace de la Présidente du Comité d'organisation, Pascale BASTIEN-THIRY, qui fut l'incarnation de tout un territoire déterminé à ce que ces 14e jeux du Pacifique soient une réussite totale. Je crois pouvoir associer l'ensemble des responsables calédoniens pour vous exprimer, Madame, toute notre reconnaissance et nos félicitations pour votre travail : pari tenu !

Je veux aussi remercier les 4 000 bénévoles de ces jeux : ils ont été et vont être, pendant ces 15 jours de compétition, les forces vives des Jeux, la colonne vertébrale d'une organisation pensée dans les moindres détails pour être irréprochable. Le moteur d'une manifestation qui restera dans notre mémoire à tous comme une des plus belles manifestations sportives donnée au monde entier. Qu'ils en soient félicités.


C'est la troisième fois que la Nouvelle-Calédonie reçoit ces jeux. Ceux de 1987, certains s'en souviennent sans doute, se sont déroulés dans un contexte politique particulièrement troublé. La Calédonie vivait alors des heures sombres, les violences avaient débuté, et la politique avait pris le dessus sur les enjeux sportifs.

Que de chemin parcouru depuis lors. Avec les Accords de Matignon-Oudinot en 1988, puis ceux de Nouméa en 1998, la Nouvelle-Calédonie a souhaité s'inscrire dans une démarche d'émancipation concertée, pacifique et démocratique. La Calédonie est aujourd'hui un territoire de dialogue, aux institutions originales et aux larges compétences. Ses relations avec la France sont apaisées, et fondées sur un partenariat loyal : notre pays met la Calédonie en situation de choisir, à partir de 2014, si elle souhaite ou non rester dans la France. C'est en témoignage de ces relations apaisées et de confiance que j'ai tenu à venir ouvrir moi-même ces 14e Jeux.

D'ailleurs, il y a un signe qui ne trompe pas : en 1987, les drapeaux indépendantistes étaient à l'extérieur du stade, et faisaient l'objet d'une contestation violente pendant les jeux. En 2011, il y a quelques minutes, la délégation de Nouvelle-Calédonie a défilé derrière ce même drapeau, flottant aux cotés du drapeau tricolore. Cela nous permet de mesurer combien, en un peu moins de 25 ans, les choses se sont apaisées, sans que chacun renie ses convictions profondes.


Mesdames et messieurs, j'ai beaucoup de respect pour le sport et les sportifs. D'abord parce qu'il s'agit d'une discipline où l'égalité des chances et la notion de mérite ont une place centrale. Le sport permet de dépasser les différences de cultures, de religions, d'opinions. Il transmet des valeurs qui sont positives : celles de l'effort, du travail, de la recherche de l'excellence.

Et à la fin, quelle joie quand ça marche ! Quelle récompense quand ces heures passées à répéter les mêmes gestes, les mêmes gammes, se concrétisent par une montée sur un podium ! Quel bonheur pendant ces épreuves, durant lesquelles tout va se jouer en quelques minutes, en quelques secondes, en quelques centièmes même parfois... Ce sont des instants très courts, des instants décisifs, des instants de grâce, des instants de communion avec le public qui est là, et qui vous admire.

C'est ce qui fait de vous des championnes et des champions. Dans notre société, vous êtes bien souvent des modèles positifs pour vos compatriotes, et vous faites honneur à chacun des territoires que vous représentez.

Ces valeurs du sport, elles sont l'un des ciments de la communauté des États et territoires du Pacifique. Malgré son immensité et l'extraordinaire dispersion de ses terres, les peuples, les États. les territoires qui le composent n'ont sans doute jamais été aussi proches au cours de l'Histoire.

Oui, il existe une communauté de destin dans le Pacifique. Et, oui, la France partage cette communauté de destin, avec la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie et Wallis-et-Futuna.

Les enjeux qui sont devant nous nous rassemblent : donner au Pacifique toute sa place dans la nouvelle économie mondiale, lutter avec la plus grande détermination contre le changement climatique, alors que la montée des eaux est déjà aujourd'hui une triste réalité pour beaucoup de vos pays, assurer la préservation de l'environnement, de la biodiversité, des cultures et du patrimoine. Tous ces défis, la France, et ses territoires du Pacifique, entendent les relever avec vous.

Cette communauté de destin, ce sont aussi des valeurs que nous partageons : les États et territoires d'Océanie ont fait le choix du dialogue, de la coopération et de la solidarité pour construire le Pacifique de demain. La Nouvelle-Calédonie, comme la Polynésie, y prennent d'ailleurs toute leur part.

De son côté, la France apporte aussi son savoir-faire lorsque vous en exprimez le besoin : aide après le passage de cyclones comme récemment encore au Vanuatu, lutte contre la pêche illicite, pour éviter l'épuisement des ressources ou encore financement de centaines de projets dans les secteurs de la santé, de l'environnement, de la coopération universitaire et de la recherche, à travers le Fonds Pacifique.

Vous savez, le temps où la France se sentait menacée par l'émergence de ses territoires d'Outre-mer dans le domaine des relations internationales est révolu. Bien au contraire, je trouve que la France est plus forte, plus sûre d'elle-même lorsqu'elle confie aux autorités élues de chaque territoire la tâche de la représenter, notamment dans les organismes régionaux.

Aujourd'hui, je suis heureux et, pourquoi ne pas le dire, fier que la Calédonie négocie directement avec les États du Pacifique des accords de coopération dans les secteurs de compétence qui sont les siens. Nous sommes même allés plus loin dans notre relation de confiance, en permettant à la Calédonie de représenter la France, sur la base d'un mandat, dans toutes les discussions bilatérales ou multilatérales dans le Pacifique. Sous mon impulsion, le réseau diplomatique Français a même été ouvert à la Calédonie pour que celle-ci puisse bénéficier d'une représentation dans chacune de nos Ambassades du Pacifique. Ce sera le cas dès cet automne en Nouvelle-Zélande, et à l'automne 2012 en Australie, au Vanuatu et en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Je trouve que tout cela est très bon pour la Calédonie, qui s'affirme progressivement comme un acteur international de premier plan dans la zone Pacifique, et fait la fierté de la France.

C'est la raison pour laquelle je souhaite consolider la place de la Nouvelle-Calédonie, notamment au sein du « Forum des Iles du Pacifique ». Aujourd'hui, la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie Française sont membres associés de ce forum et Wallis et Futuna y jouit du statut d'observateur. C'est le signe que l'avenir de ces territoires se joue avec celui tous les peuples et États du Pacifique. Et c'est pourquoi je tiens à vous exprimer le vœu de voir prochainement la Nouvelle Calédonie accéder au statut de membre de plein droit du Forum des Iles du Pacifique, comme le souhaite le gouvernement de Nouvelle Calédonie.


Les Jeux du Pacifique sont l'expression par excellence de cette communauté de destin et d'engagement, mais ils sont aussi et avant tout un grand moment de sport, avec des performances de haut-niveau et des émotions profondes pour le public, nombreux, venu assister aux compétitions qui se tiendront sur l'ensemble de la Calédonie.

Il suffit de regarder les cinq ambassadeurs sportifs de ces Jeux pour constater que les territoires d'Océanie ont toujours fait émerger de grands champions. Et quels champions !

Trois champions du monde tout d'abord : Christian KAREMBEU, qui est né ici, à LIFOU, et qui nous a fait vivre pendant cet incroyable été 1998 l'un des plus beaux moments de football et de sport que la France n'ait jamais connu. Mais aussi Michel QUINTIN en planche à voile ou Pierre FAIRBANK en athlétisme handisport.

Et puis deux sportifs qui ont, chacun à leur manière, marqué l'histoire des jeux du Pacifique : c'est le cas de l'athlète la plus titrée de l'histoire des Jeux du Pacifique, la nageuse Diane BUI-DUYET, ou encore du premier porte-drapeau de la délégation calédonienne aux Jeux de 1963 à FIDJI, l'ancien sauteur en hauteur Nyipiengo PASSA.

Je me suis permis d'en ajouter un au dernier moment, associé par le cœur au Comité de parrainage officiel, en proposant au champion du monde de windsurf Robert TERIITEHA, né à Nouméa, de m'accompagner lors de ce déplacement.

Mes chers amis, en 2007, lors de la précédente édition des jeux, la Nouvelle-Calédonie avait ramené 227 médailles et la Polynésie 118, se plaçant ainsi aux premiers et deuxième rangs. Je ne peux donc, si vous m'autorisez un court moment de soutien national, que les encourager à faire aussi bien. Et dire tous mes vœux de réussite à la délégation de Wallis-et-Futuna, et bien entendu, à l'ensemble des délégations présentes pour ces Jeux.

Désormais, la vasque des Jeux va s'embraser. La flamme est là, venue de Samoa, arrivée à Ouvéa, passée par toutes les communes de Nouvelle-Calédonie, comme le signe d'une solidarité sans cesse renouvelée, inébranlable.

Cette flamme va éclairer le Pacifique pendant les deux prochaines semaines, et le fera briller à travers le monde entier.

Et puis, dans 4 ans, nous transmettrons cette flamme à la PAPOUASIE-NOUVELLE-GUINEE, dans un même esprit de fête et de fraternité.


Pierre de COUBERTIN, qui a inventé le sport moderne, a écrit que « l'important dans la vie, ce n'est pas le triomphe, mais le combat. L'essentiel n'est pas d'avoir vaincu, mais de s'être bien battu ».

C'est en ayant cette phrase en tête que je déclare ouverts, avec le Président du Gouvernement et celui du Congrès de la Nouvelle-Calédonie, les 14e Jeux du Pacifique !

Je vous remercie.

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