Interview de M. Thierry Mariani, secrétaire d'Etat chargé des transports, à la Chaîne info LCI le 25 janvier 2012, sur le "service garanti" dans le transport aérien, le vote de la loi pénalisant la négation du génocide arménien, SeaFrance et la campagne pour l'élection présidentielle. | vie-publique.fr | Discours publics

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Interview de M. Thierry Mariani, secrétaire d'Etat chargé des transports, à la Chaîne info LCI le 25 janvier 2012, sur le "service garanti" dans le transport aérien, le vote de la loi pénalisant la négation du génocide arménien, SeaFrance et la campagne pour l'élection présidentielle.

Personnalité, fonction : MARIANI Thierry.

FRANCE. Ministre des transports

ti : GUILLAUME ROQUETTE  Vous avez veillé tard. Hier soir, l’Assemblée nationale a adopté  vers une heure moins le quart du matin, le service garanti dans le  transport aérien. Service garanti, ce n'est pas service minimum. Quelle est  la différence ? 
 
THIERRY MARIANI  Service minimum, ça veut dire qu’on pourrait dire qu’il y a au  minimum 30 à 40 % du trafic assuré. Garanti, ça veut dire qu’on pourra  informer à l’avance. En clair, si 100 % des pilotes décident de faire grève,  eh bien aucun avion ne décolle, mais au moins on peut le dire à l’avance.  Si 30 % des pilotes font grève, on le sait à l’avance là aussi. 
 
GUILLAUME ROQUETTE  Donc, c'est garanti, mais vous ne garantissez pas grand-chose  finalement. 
 
THIERRY MARIANI  Si, on garanti, une chose principale, c'est que les passagers, ils  seront informés. Donner un préavis individuel pour chaque membre du  transport aérien, 48 heures à l’avance, ça permet aux compagnies  aériennes de dire à chaque passager : « Votre avion il part, votre avion il  ne part pas », c'est ça le service garanti. C’est éviter d’avoir des dizaines  de milliers de personnes qui s’entassent dans les aéroports en attendant  des informations. 
 
GUILLAUME ROQUETTE  Est-ce que c'est suffisant, est-ce que vous auriez aimé aller plus  loin, pour éviter les grèves, les pagailles, pendant les vacances  notamment ? 
 
THIERRY MARIANI  Ecoutez, je pense que la tradition française, là, est bien respectée,  à savoir le droit de grève est maintenu et n’est absolument pas remis en  cause, mais les droits des voyageurs existent enfin. Je rajoute enfin que  c'est à une période où les compagnies aériennes sont fragilisées, le  moyen d’éviter ces grèves à répétition. Les trois derniers départs en  vacances, trois grèves, trois préavis de grève. 
 
GUILLAUME ROQUETTE  Alors, justement, un préavis de grève, il y en a un, un nouveau, de  plusieurs syndicats, de pilotes, de navigants commerciaux, du 5 au 9  février. Le 9 févier, c'est la veille des vacances d’hiver pour la zone A ; ça  recommence. 
 
THIERRY MARIANI  J’espère que ça ce sera le dernier, c'est tout. Je veux dire que  c'est l’illustration, ce préavis de grève, qu’il fallait déposer ce genre de  proposition, parce que, je le répète, trois dernières vacances, trois préavis  de grève ou trois grèves, réalisées, le quatrième en février, voilà. On ne  peut pas, à chaque départ en vacances, attendre de savoir qui sera le  premier à déposer un préavis de grève, si c'est les agents de sûreté, si  c'est ceux qui remplissent, j’allais dire, les citernes, ou si c'est simplement  le personnel navigant. 
 
GUILLAUME ROQUETTE  Autre loi qui vient d’être votée, mais par le Sénat, une loi  pénalisant la négation du génocide arménien. Si vous aviez été  parlementaire, auriez-vous voté cette loi ? 
 
THIERRY MARIANI  Je me serai posé la question. 
 
GUILLAUME ROQUETTE  Ça veut dire non ? Thierry MARIANI 
 
THIERRY MARIANI  Ça veut dire que je me serais posé la question. 
 
GUILLAUME ROQUETTE  Le président de la République a fait état, auprès de journalistes, de  ses doutes, d’un échec possible à la présidentielle. Les sondages sont en  berne, le candidat socialiste a réussi son entrée en campagne, la majorité  a un peu le moral dans les chaussettes ces temps-ci. 
 
THIERRY MARIANI  Non, attendez, cet extraordinaire. François HOLLANDE a réalisé  enfin son premier meeting, où on a eu beaucoup d’applaudissements,  mais peu de propositions, et finalement, on nous explique que c'est enfin  le vrai départ en campagne. Moi je n’ai rien vu d’extraordinaire dimanche.  J’ai vu, comme d’habitude, quelqu’un qui passait son temps à nous  donner des leçons, à nous expliquer l’égalité, la lutte contre la fraude  fiscale, qui faisait, même si ça fait sourire, introduire son meeting par  quelqu’un qui, certes est très populaire, mais pas un exemple de  nationalisme financier... 
 
GUILLAUME ROQUETTE  Yannick NOAH. 
 
THIERRY MARIANI  Absolument, Yannick NOAH. Ecoutez, si Nicolas SARKOZY faisait  introduire ses meetings par quelqu’un qui a toujours des problèmes avec  le Fisc, parce qu’il est parti à l’étranger, je pense qu’on aurait de grandes  leçons. 
 
GUILLAUME ROQUETTE  Le président, justement, doit parler, il doit parler dimanche à la  télévision, annoncer des mesures courageuses, dont la fameuse TVA  sociale. Votre ami Lionnel LUCA, qui est membre de la Droite populaire,  comme vous, dit ce matin dans LE PARISIEN : « C’est un suicide  politique, cette TVA sociale ». 
 
THIERRY MARIANI  On verra ce qui est annoncé. Ce qui est un suicide politique, ce qui  est un suicide pour notre pays, c'est de ne rien faire. Nicolas SARKOZY a  décidé que pendant ces trois mois de campagne électorale, contrairement  à ses prédécesseurs, il n’allait pas rester, attendre et uniquement faire  campagne, eh bien tout simplement il agit et il fait des propositions pour  que la France ne perde pas de temps. 
 
GUILLAUME ROQUETTE  Vous avez dit que... 
 
THIERRY MARIANI  Attendez dimanche, avant de juger les propositions qui seront  faites par le président.
 
GUILLAUME ROQUETTE  Vous-même, vous avez dit : « La TVA sociale, c'est un terme qui  porte malheur ». 
 
THIERRY MARIANI  La TVA sociale, c'est très difficile à expliquer, tout le monde est  d’accord pour dire qu’il faut une sorte de taxe pour protéger l’emploi, ici il y  a un gros effort pédagogique à faire. 
 
GUILLAUME ROQUETTE  Le président doit-il entrer plus tôt dans la campagne ? Est-ce que  mars, c'est trop tard ? 
 
THIERRY MARIANI  Je pense que ça suffit. Franchement, tout le monde connait  Nicolas SARKOZY, il a un bilan qui, petit à petit, commence quand même  à être un peu mieux compris. Moi, j’ai entendu ce matin, par exemple, sur  une radio, que finalement le déficit était encore plus faible que prévu et  l’impôt sur les grandes fortunes n’avait jamais autant rapporté, alors que  depuis des mois, j’entends monsieur HOLLANDE expliquer qu’au  contraire les riches paient de moins en moins. Une fois de plus un  mensonge qui est expliqué. Et puis, en quelques semaines, je pense 5/6  semaines, ça suffit pour expliquer aux Français quelle est sa vision de la  France. 
 
GUILLAUME ROQUETTE  Marine LE PEN est très haut dans les sondages. Vous êtes le chef  de file de la droite populaire, cette aile droite de l’UMP, qui était supposée  garder dans la majorité les électeurs tentés par le vote Front national. Est-ce  que c’est un constat d’échec, pour vous, ce haut niveau de Marine LE  PEN ? 
 
THIERRY MARIANI  C'est un constat, enfin, c'est-à-dire que c'est une préoccupation,  parce que, pas tellement pour des raisons électorales, mais ça veut dire  surtout qu’un nombre de plus en plus important de Français, se sentent un  peu oubliés, délaissés, dans cette période de crise. Quand vous discutez  avec eux, ils vous disent : mais bien sûr, on sait très bien que Marine LE  PEN ne gagnera jamais, elle ne présente aucune vraie solution. On a vu  que son programme économique ne tenait pas la route, simplement c'est  une manière de montrer sa déception, et je pense que ça doit être pour un  certain nombre d’élus, une manière de se motiver un peu plus en matière  de convictions. 
 
GUILLAUME ROQUETTE  Qu’est-ce que vous avez raté, vous, dans la majorité, qui explique  cette fuite des électeurs vers Marine LE PEN ? 
 
THIERRY MARIANI  Je crois que, qu’est-ce qu’on a raté, ça peut vous faire sourire, on  a raté le calendrier. C'est la plus grande crise économique au monde, on  tombe au pire moment. Je pense qu’on a certainement, depuis ces 30  dernières années, l’un des présidents dont la France avait enfin besoin,  quelqu’un qui a le courage de réformer, le courage de secouer les choses,  le courage de faire avancer notre pays, bref, de faire ce qui s'est fait en  Allemagne à une époque, ce qui s'est fait en Grande-Bretagne à une  époque, on tombe en pleine crise économique. Avouez qu’on aurait  préféré mieux comme climat. 
 
GUILLAUME ROQUETTE  Très rapidement, vous étiez l’homme qui gérait le dossier  SeaFrance, que va-t-il se passer pour les salariés qui ne seront pas repris  par la maison mère de la compagnie, la SNCF ? 
 
THIERRY MARIANI  Eh bien écoutez, à peu près 200 ont répondu qu’ils étaient  intéressés à des offres de la SNCF, donc à la sortie, je pense qu’à peu  près la moitié vont être repris par la SNCF, parce qu’il y en a plusieurs qui  ont répondu sur la même offre. Et puis, les choses continuent. Je pense  qu’il y a un armateur, notamment le groupe DREYFUS, qui va bientôt  remettre un, puis deux navires en ligne, ça devrait faire encore à peu près  300 personnes qui pourraient retrouver un travail. C'est un dossier  qu’avec Nathalie KOSCIUSKO-MORIZET je suis de très près, parce que  je tiens qu’à ce que le maximum d’employés puisse être, j’allais dire,  retrouver un travail. Ceci dit, pour avoir beaucoup investi de temps sur ce  dossier, je rappelle quand même qu’il y a eu un gros gâchis des  responsables syndicaux, qui aujourd'hui nous donnent des leçons. Je  trouve qu’ils feraient mieux d’être modestes. 
 
GUILLAUME ROQUETTE  En quelques secondes. Vous organisez demain les « Rencontres  nationales du vélo ». C’est un peu gadget ou il y a une vraie politique  derrière ça ? 
 
THIERRY MARIANI  Non, ce n'est pas du tout gadget, c'est d’abord un député de Paris,  Philippe GOUJON, qui travaille sur le sujet depuis des années, avec des  associations, avec des personnes impliquées. L’idée c'est quoi ? C’est  que l’on sous-utilise le vélo, et que par des améliorations techniques, on  peut faciliter les déplacements, et notamment entre le travail et le  domicile, c'est ce que l’on veut faire. Le vélo c'est à la fois, j’allais dire,  écologique, sportif, il faut quelques aménagements, c'est ce que l’on veut  proposer. 
 
Source : Premier ministre, Service d’Information du Gouvernement, le 26 janvier 2012

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