Déclaration de M. Jean Leonetti, ministre des affaires européennes, en mémoire des victimes de l'holocauste, à Paris le 31 janvier 2012. | vie-publique.fr | Discours publics

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Déclaration de M. Jean Leonetti, ministre des affaires européennes, en mémoire des victimes de l'holocauste, à Paris le 31 janvier 2012.

Personnalité, fonction : LEONETTI Jean.

FRANCE. Ministre des affaires européennes

Circonstances : Cérémonie en mémoire des victimes de l'holocauste, à Paris le 31 janvier 2012

ti : Madame la Présidente de la Conférence générale,
Madame la Présidente du Conseil exécutif,
Madame la Directrice générale,
Monsieur le Président du Mémorial de la Shoah,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs


Tout d’abord, je voudrais vous remercier, Madame la Directrice générale, Monsieur le Président du mémorial de la Shoah, pour avoir organisé, dans le cadre de la journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de l’Holocauste, cette cérémonie plus particulièrement consacrée, cette année, aux enfants victimes de la Shoah. L’UNESCO démontre ainsi la vitalité avec laquelle elle continue de poursuivre les idéaux qui ont présidé à sa création.

Alors que la majorité de nos concitoyens n’ont pas vécu l’époque tragique de l’Holocauste, nous avons aujourd’hui la responsabilité de transmettre la mémoire vivante du plus inhumain des crimes. Nous devons faire ressentir l’inimaginable réalité de la Shoah et adapter l’enseignement de l’Holocauste au monde actuel. Le souvenir des enfants pose avec acuité une question essentielle : comment évoquer aux enfants insouciants d’aujourd’hui le terrible destin des enfants assassinés d’hier ?

La Shoah a commencé par des mots. Le malheur commence toujours par des mots. Nous devons donc toujours combattre fermement les discours haineux et négationnistes. Je voudrais saluer l’action de l’UNESCO qui lutte contre toutes les formes de déni de l’Holocauste avec les armes qui sont les siennes : la connaissance, l’éducation, la diplomatie. Grâce au projet Aladin, lancé à l’UNESCO en juin 2009, une délégation de 200 personnalités, venues du monde arabo-musulman, d’Europe et d’Amérique du Nord, a visité le camp de concentration et d’extermination d’Auschwitz-Birkenau. Dans ce lieu qui abrita le désespoir le plus profond, ce projet a insufflé l’espoir le plus fort.

Si l’enseignement de l’Holocauste rappelle la puissance d’extermination dont l’homme est capable, il doit également témoigner des actes de résistance face à la barbarie. Face aux tentatives de nier l’humanité de certains, la solidarité a su demeurer vivace. Je suis très touché du fait que l’UNESCO accueille actuellement une exposition sur les Justes de France. Les Justes témoignent de ce que chacun a la possibilité de lutter contre la barbarie. Cette possibilité est en réalité un devoir. En sauvant un homme, nous sauvons l’humanité.

Le terrible souvenir de l’Holocauste doit nous fournir l’énergie nécessaire pour mener nos combats contemporains contre tous les crimes. L’Homme et ses droits doivent demeurer l’horizon indépassable de notre action quotidienne. Pour s’en convaincre, nous conserverons précieusement la mémoire vivante de ces enfants déportés, assassinés.

J’ai visité Yad Vashem. Je conserve un souvenir bouleversé du mémorial des enfants. Dans l’obscurité, cinq bougies, comme celles qui éclairent aujourd’hui cette scène, éclairent la pièce et se reflètent dans un jeu de miroir qui donne l’impression de voir scintiller des milliers d’étoiles. On songe alors aux 1,5 millions d’enfants tués durant la Shoah, dont les noms s’égrainent et résonnent dans la pièce. Chacun d’entre eux est une étoile destinée à ne jamais s’éteindre. En les oubliant, nous commettrions un nouveau crime. En rappelant leur mémoire, nous les ressuscitons un peu.


Je vous remercie de votre attention.


Source http://www.diplomatie.gouv.fr, le 9 février 2012

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